avril 2014 archive

Madame « attention » bonjour !

attention

Je suis une de ces mères flippées. Flippée que le tout p’tit tombe et se fasse mal. Flippée qu’il se coince les pieds dans les barreaux de son lit. Flippée qu’il se balance trop dans sa chaise haute. Flippée, flippée, flippée !

Le corollaire de cette trouille est l’activation du réflexe « attention ! ». Et oui, il est bien sûr évident que c’est en disant au tout p’tit « attention » qu’il va arrêter de suite de tendre dangereusement sa main vers le four. C’est en lui rabâchant les oreilles avec un « attention » qu’il va cesser de vouloir grimper dans l’escalier. C’est en le soulant avec mes « attention » qu’il va arrêter d’être un petit garçon de 14 mois qui découvre la vie…

La seule personne pour qui mes « attention » sont rédhibitoires c’est moi (et éventuellement mon homme). Sans déconner, entre le moment où le tout p’tit rentre à la maison (18h) et son coucher (19h30), je dois utiliser ce foutu mot au moins 20 fois.

Si au moins je l’utilisais de façon appropriée… Mais non, pensez bien… Je dis « attention » à tout-va : quand il essaie d’enchaîner quelques pas au milieu de dizaines de Lego, quand il essaie de se relever près du coin de la table basse, quand il remue comme un fou dans le bain, etc. Et je me demande : à force de le dire, est ce que le mot ne risque pas de perdre son sens premier à savoir celui d’un danger imminent ?

Evidemment, le tout p’tit risque de se faire mal, d’autant plus qu’en ce moment il est en période d’acquisition de la marche. Mais est-ce que risquer de tomber sur les fesses constitue un vrai danger en soi ? Est-ce qu’avaler un peu d’eau dans son bain risque d’entraîner une mort imminente ? Je ne suis pas convaincue…

Il faut que j’apprenne à lâcher du lest. Plutôt que de le freiner dans ses initiatives, ne devrais-je pas plutôt l’accompagner dans ses découvertes ?

D’ailleurs il en va de la survie auditive de mon homme qui, si je continue ainsi, risque de s’arracher les oreilles pour avoir la paix !

Quand une amitié s’achève…

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Dans l’un de mes billets, j’ai évoqué très brièvement le fait d’avoir connu une déception amicale. Je souhaitais donc aujourd’hui développer un peu autour de cette histoire.

2002, je viens d’obtenir mon bac. Je quitte le domicile parental, mes amis, mes repères pour aller faire mes études. Certes, je ne pars pas bien loin mais c’est le début d’une nouvelle vie. A moi l’autonomie !

Le quotidien chez mes parents est assez stricte. Discipline sévère, sorties plus que limitées, je suis donc joie de me retrouver seule… D’ailleurs, j’ai souvenir d’avoir pris la voiture, comme ça, pour le plaisir de rouler et de m’être retrouvée paumée sur l’autoroute…

Les premiers jours à la fac se révèlent plus difficiles que je ne l’avais imaginé. Un grand campus, beaucoup d’étudiants, la parfaite recette pour se sentir noyée dans la masse. J’erre donc de cours en cours à la recherche de visages familiers, tâche plus que complexe étant donné qu’en première année, nous sommes près de 600.

Je prends pour habitude de m’installer au fond de l’amphithéâtre. Là, je me sens plus à l’aise, moins étouffée par la masse. Je constate qu’une jeune femme a également pris ce réflexe. De cours en cours, nous nous retrouvons donc souvent à la marge de toute cette cohue. Nous n’osons pas nous parler, difficile d’aborder quelqu’un (enfin pour moi et pour elle aussi visiblement).

Puis, un jour, à la pause, nous osons enfin. Je ne sais plus qui fait le premier pas. Je me rappelle simplement de quelque chose de naturel, d’allant de soi. Nous parlons dans un premier temps de nous, d’où nous venons. Nous nous apercevons que nous sommes originaires de la même ville, que nous fréquentons les mêmes endroits et ce, sans jamais s’être aperçues… Puis, nous poussons les confidences jusqu’à parler de nos amoureux de l’époque. Nous nous confions à tel point l’une à l’autre que c’en est indécent. Nous oublions même de retourner en cours…

Je n’ai pas pour habitude de me livrer aussi facilement. Je suis désarçonnée par cette rencontre. Nous partageons beaucoup de points communs dont celui d’être seules dans une grande ville. Le lendemain, nous nous retrouvons en cours. Nous discutons encore et encore, avides d’en découvrir davantage l’une sur l’autre.

Notre complicité évolue de jours en jours. A deux, nous nous sentons plus fortes pour affronter cette nouvelle vie. Nous découvrons cette ville qui est désormais la nôtre. A force d’en arpenter les rues, elle n’a bientôt plus de secret pour nous. A la fac, nous sommes le repère l’une de l’autre.

Plus les mois passent et plus la sagesse s’efface. Nous arpentons les pubs, les restos, les boîtes, etc. Nous nous investissons à fond dans notre rôle d’étudiante ! Nous nous créons un groupe de potes mais nous savons que ce qui compte c’est notre amitié. C’est notre phare dans cette vie qui parfois nous échappe.

Le temps passe, nous grandissons. Fini les fiestas à gogo. Nous rencontrons l’une comme l’autre l’Homme. Loin de nous éloigner, nos histoires amoureuses respectives nous rapprochent. Nous partageons la naissance des sentiments, la passion, les pleurs, l’amour.

En 2009, nous obtenons notre diplôme. Fini les études, place à la vie active. Nous retournons donc dans notre ville d’origine où chacune s’installe avec son homme. Nous trouvons du boulot. Nous restons l’une pour l’autre un repère dans cette nouvelle vie d’adulte.

Nous avons pris pour habitude de nous voir une fois par semaine. Il n’est pas question qu’on se laisse bouffer par ce quotidien. Lors de nos rencontres, nous nous surprenons à parler maison, mariage, bébé. Nous grandissons, l’une à côté de l’autre.

En 2010, elle est la première à se lancer dans le projet « maison ». Elle me raconte les méandres des visites décevantes, des simulations de prêts, des compromis qu’elle doit faire compte tenu des envies de son homme, etc. Jusqu’au jour où ils trouvent enfin la maison de leur rêve. Une magnifique maison à la campagne. A sa crémaillère, je la regarde évoluer parmi ses convives. Je suis fière d’elle. Très prise par son rôle de maîtresse de maison, nous trouvons peu de temps pour discuter. Pas grave, me dis-je, nous débrieferons autour de notre rendez-vous hebdomadaire.  Sauf que…

La semaine suivante, je lui envoie un message lui disant à quel point je trouve sa maison superbe, la façon dont  elle m’a impressionnée dans la réalisation de ce projet. Je lui fais part de toute ma fierté. Pas de réponse de sa part. Pas grave, je réitère dans la semaine en lui proposant de se retrouver pour déjeuner. Toujours pas de réponse. Je m’inquiète. Elle ne peut décemment pas ne pas me répondre. Il a du lui arriver quelque chose. J’appelle encore et encore, en vain… Il m’est impossible d’imaginer qu’elle m’ignore.

Pourtant, les jours passent, les semaines passent, et rien… Je n’ai plus aucune nouvelle de sa part. Je ne comprends pas ce qu’il se passe. Je ne parviens pas à m’expliquer ce qui arrive. Comment le pourrais-je ? Mon amie de toujours vient de couper les ponts avec moi du jour au lendemain et ce sans aucune explication. Incompréhension, colère, tristesse, déception, je passe par tout un panel d’émotions qui me malmènent.

Enfin  je réalise : elle ne veut plus de moi dans sa vie. Elle n’a pas le courage de me le dire mais elle a tiré un trait sur notre amitié. 1000 fois dans ma tête je me repasse cette pendaison de crémaillère en me demandant si j’ai pu faire quelque chose qui l’aurait heurté. Je cherche une explication rationnelle à tout ça. Il n’y en a pas. Elle n’a simplement plus eu besoin de moi.

J’ai appris par des connaissances communes qu’elle est maman. J’aurais tellement aimé que l’on partage ça ensemble. Elle a fait le choix du contraire.

En 2012, mon amie a rompu avec moi. Et je ne m’en remets toujours pas…

 

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