juillet 2014 archive

Le tout p’tit, le meilleur anti-dépresseur qui soit…

antidepresseur

Absente depuis quelques temps sur la blogo, je reviens aujourd’hui sur les raisons de cette désertion. Il y a peu notre famille a été confrontée à un drame familial : celui qui te fait te lever à l’aube, celui dont tu ne connais pas l’issue, celui qui finit en traumatisme… Bref, je ne suis pas là aujourd’hui pour vous faire part des détails qui incombent à cet évènement Mais plutôt pour vous parler de lui…

Quand mon homme m’a dit à 7 heures du matin « non, ne venez pas avec moi, ça vaut mieux », je ne l’ai pas écouté. J’ai préparé le tout p’tit et nous sommes tous partis. Je ne savais pas encore si je faisais bien. Je prenais de gros risques à l’emmener. Je savais que la journée risquait d’être on ne peut plus difficile. J’étais loin de la vérité…

La journée est passée, les proches se sont réunis. Dans l’attente, le tout p’tit et moi nous sommes occupés. Nous avons joué, ri. Je craignais ce moment où tous allaient réintégrer l’appartement. Portant le deuil de la journée, ils sont arrivés un à un. Ils ont réintégré le domicile pour nous trouver le tout p’tit et moi. Comment faire ? Comment ne pas déraper ? Comment « contrôler » un enfant de 17 mois auquel la notion de deuil échappe ? Comment lui faire comprendre que les gens ne sont pas fâchés mais tristes ?

Et finalement… Voir son sourire, entendre ses éclats de rire, observer ses mimiques, tout en lui sonnait la joie de vivre. Ce jour là, plus d’une fois, j’ai entendu la phrase « la vie prend le dessus ». Jamais cette expression n’a autant pris sens à mes yeux… Le tout p’tit, avec sa joie de vivre, sa bonne humeur, ses fous rires, tout en lui criait « la vie continue ».

Je suppose qu’après lecture mes propos sont encore confus. Mais je tenais à rédiger cet article, pour lui, pour mon tout p’tit. Bien malgré lui, il a été notre thérapie. Pour notre famille, pour son père, pour tous ses proches, il a été plus fort que les mots. Il a été lui. Alors merci mon tout p’tit…

Et si…

remonter le temps

Avec les « si », je sais bien qu’on referait le monde. Mais parfois, regarder en arrière permet aussi d’aller de l’avant. Petite rétrospective des premiers mois du tout p’tit :

  • Si nous avions fait diagnostiquer plus tôt son intolérance aux protéines de lait de vache, nous aurions évité au tout p’tit de souffrir pendant des mois. Et oui, à chaque biberon, nous contribuions à son « intoxication ». Ce n’est que vers ses 11 mois que le problème a été pris au sérieux. Entre temps, nous avons eu droit à plusieurs passages aux urgences, à des traitements plus ou moins lourds, à des généralistes, homéopathes, ostéopathes, sans qu’aucun ne fasse lien entre ses différents symptômes. Dès la naissance de notre enfant, on nous rabâche les oreilles avec « les coliques sont monnaie courante », « rien de plus normal que les régurgitations », « le seul moyen d’expression d’un bébé ce sont les pleurs donc votre enfant pleure », etc. Et bien je ne suis pas d’accord avec toutes ces assertions. Pour quelles raisons, sous prétexte qu’il est un nouveau né, doit on nécessairement passer par ces phases ? Notre erreur : avoir trop fait confiance aux médecins et pas assez au tout p’tit… En tant que jeune parent, je pense que nous avons tous tendance à douter. Mais il y a une règle que j’ai maintenant intégrée : nous sommes les parents de notre enfant, nous vivons avec lui, nous le connaissons mieux que quiconque. Alors faisons-nous confiance et faisons leur confiance… Si c’était à refaire, j’aurais écouté ce que me donnait à entendre mon fils de sa souffrance et non ce que m’en traduisait le corps médical.
  • Si je m’étais confiée plus tôt sur mon mal-être de jeune mère, je n’aurais pas aussi mal vécu mon congé maternité. Ceci n’est évidemment pas sans lien avec ce que je viens d’évoquer. Le tout p’tit pleurait beaucoup et ne me laissait que peu de répit. Maintenant j’en ai compris les raisons. Mais à l’époque c’était bien moins clair. Aujourd’hui je regrette ne pas en avoir discuté autour de moi. Je me suis enfermée dans une sorte de mutisme. Je me réjouissais de chaque jour passant qui me menait vers la fin de mon congé. Je comptais les heures avant que mon homme ne rentre du boulot. J’ai ruminé, pleuré, angoissé. Je me suis coupée de mes amis. La seule personne à qui j’ai demandé de l’aide c’est ma mère. Et encore, il me fallait être forte face à elle : j’étais mère, il fallait que j’assume. Si j’avais su, j’aurais parlé. Je serais retournée voir la sage femme qui m’avait dispensé les cours de préparation à l’accouchement. D’ailleurs, elle m’avait plus qu’incité, avant mon accouchement, à revenir vers elle après la naissance du tout p’tit. Je serais allée à la PMI pour pouvoir déposer de mon angoisse auprès de professionnels. J’aurais cherché des réseaux de jeunes mères près de chez moi. J’aurais parlé à mes amis qui, j’en suis sûre, serait venus m’aider dans mon quotidien. Si j’avais su, je me serais détachée de ces diktats de jeune mère épanouie et j’aurais osé dire mon mal être à qui voulait bien l’entendre…
  • Si j’avais fait confiance à mon fils, j’aurais cessé de croire qu’il était un être fragile. Et oui, à mes yeux c’était un bébé et un bébé devait rester au chaud chez lui et éviter toute rencontre avec l’extérieur. Jamais je ne faisais de ballade avec lui. Jamais je n’ai fait de courses avec lui. Jamais je ne suis allée chez des amis avec lui. J’avais trop peur. Peur qu’il tombe malade, qu’il soit dépaysé, perturbé, etc. Quand je vois de jeunes mères continuer à sortir (ballade, magasins), profiter de leur entourage, vivre tout simplement, je regrette. Les bébés ont certes besoin d’un cadre mais ils ont un pouvoir d’adaptation extraordinaire. Si j’avais su, je nous aurais fait confiance à mon fils et à moi-même et je ne serais pas restée cloitrée chez moi pensant que là était la clé de son bien être. Au contraire…
  • Si c’était à refaire, j’aurais « cadré » les choses. Cela peut paraître paradoxale avec ce que je viens d’évoquer. Je posais du cadre mais pas là où cela était nécessaire. Je le sais aujourd’hui, un enfant a besoin de repères. Et croyez-le ou non, j’ai mis beaucoup de temps à assimiler cette donnée. Je pensais qu’un nouveau né vivait sa vie sans se soucier de son environnement. Je pensais qu’il était uniquement dans l’émotionnel et le physiologique. Quelle erreur… Par exemple, lorsqu’il était bébé, le tout p’tit s’endormait partout : dans mes bras, dans son lit parapluie, dans le coussin d’allaitement, etc. mais bizarrement rarement dans son lit. Ce n’est qu’une fois endormi que nous le transportions dans son lit. A cette époque, nous ne comptions plus les réveils nocturnes. Un jour, l’homme m’a dit « peut être qu’il se réveille en pleurant car il ne sait pas où il est. Regarde toi si tu t’endormais à un endroit X pour te réveiller à un endroit Y, tu flipperais pas ? ». Pas idiot. Et dès lors que nous avons habitué le tout p’tit à son lit, les choses se sont nettement mieux déroulées. Si j’avais su, j’aurais cessé de croire que mon fils était bien trop petit pour capter certaines choses. Si j’avais su, je l’aurais considéré comme un être humain (avec tout ce que cela implique au point de vue intellectuel, émotionnel, cognitif, etc.) plutôt que comme un nouveau né (notez d’ailleurs que ce terme prête à confusion, ils en savent bien plus que nous le pensons).

Bon stop à l’article à rallonge. Déjà je vous tire mon chapeau si vous êtes arrivé jusqu’ici. J’aurais encore de nombreux « et si… » à conter. Beaucoup de personnes pensent qu’il ne sert à rien de revenir sur le passé (« ce qui est fait est fait » me dirait mon homme). Je ne suis pas d’accord. Je trouve utile et riche d’enseignements de regarder la façon dont se sont déroulées les choses.

Alors évidemment, je ne pourrais pas changer ce passé mais je sais à quel point celui-ci me permet de comprendre le présent et m’évitera peut être à l’avenir de commettre les mêmes erreurs…

Et vous, si c’était à refaire ?…

Et si tu décalais l’heure du coucher ?

reveil mouton

Que les oreilles me tombent de suite si je n’ai pas entendu cette phrase au moins une dizaine de fois ces derniers temps. Hier encore, je me plains du tout p’tit (ô combien de fois je vous ai confessé être une mère en carton) et, en particulier de l’heure de son réveil. Le coq du village n’a qu’à bien se tenir, le tout p’tit a du niveau dans le domaine ! Car voyez vous, à 7 heures grand max (la moyenne se situant davantage vers 6h30), notre fils décide qu’il est grand temps de se lever, jouer, manger, foutre le bronx dans la barraque, bref de sortir de son lit. Il émet alors toute une gamme de sons passant des couinements tout mignons aux hurlements à te percer les tympans. Je vous passe les bruits d’animaux (singe, poule), les « oura » (très fréquents depuis le début de la coupe du monde de foot) et les « kiki » (nom dont il a baptisé l’horloge que nous avons acheté récemment).

Bref tout ça pour dire que les réveils par chez nous (comme chez bon nombre d’entre vous j’imagine) sont « dynamiques » je dirais. En même temps comment lui en vouloir ? Le tout p’tit ferme boutique à 20 heures grand max’ ce qui fait des nuits de 10 voire 11 heures, ce que je trouve respectable. Mais cela implique, si nous souhaitons nous aussi faire de telles nuitées, qu’il nous faut nous coucher à 20 heures. Et bizarrement l’homme et moi avons du mal à nous coucher dès lors que le soleil n’en a pas fait de même…

Nous n’allons pas nous plaindre. En règle générale, nous faisons de bonnes nuits. Mais nous ne serions pas contre un peu de rab’ le week-end. Ainsi lorsque les gens nous demandent comment cela se passe avec le tout p’tit, un élément que nous évoquons régulièrement c’est cette fameuse histoire de réveil avec les poules. Et c’est donc dans ce cadre que nous entendons à tout va cette réplique qui désormais nous brûle littéralement les oreilles (si si je vous jure, j’ai regardé encore ce matin et j’ai des marques) : mais pourquoi vous décalez pas l’heure du coucher ???

Mais c’est bien sûr ! Comment n’y ai-je pas pensé ? Bientôt 17 mois que le tout p’tit est dans nos vies et, con comme je suis, je n’ai jamais envisagé cette possibilité… T’AS D’AUTRE SUGGESTION A NOUS FAIRE OU T’ES AU MAX LA ?!?!

Evidemment nous avons tenté de différer l’heure du coucher. Mais il est vrai qu’au départ, nous étions un peu frileux à cette idée. Je pense que nous sommes très (trop ?) à l’écoute du tout p’tit. Nous savons qu’à 19h30, on ne peut plus rien en tirer : frottage des yeux, bâillements à s’en décrocher la mâchoire, attrapage d’oreille (oui le doudou de notre fils n’est autre que son oreille). Alors pourquoi lutter contre cela ? C’est ainsi que nous avons décalé de 30 minutes l’heure du coucher (le pauvre, sa tête tombait littéralement). Evidemment les effets ont été bien maigres au matin.

Jusqu’au jour où nous avons décidé de garder le tout p’tit éveillé lorsque nous étions de sortie (jusqu’alors nous le couchions à la même heure dans son lit parapluie). Cela n’est pas systématique mais lorsque nous sentons qu’il est « ambiancé », nous le gardons avec nous. Il y a deux semaines, il a tenu jusque 23 heures ! Il a la pêche cet enfant ! Plein d’espoir, l’homme et moi nous sommes couchés sereinement en nous disant : « il va au moins se lever à 8 heures ». Pfff, comme quoi la naïveté ne s’efface pas avec les années. 6h30 pétantes, notre petit coq s’est mis à chanter. WTF ????

Par contre, là où nous avons vu les bénéfices, c’est que nous ne l’avons pas entendu de la journée : une sieste de 2 heures le matin et une de 3 heures l’après midi. Tels étaient donc les effets d’un coucher tardif…

Alors pitié arrêtez de nous dire cette foutue phrase parce que :

–          Primo, je ne t’ai rien demandé. Non, non quand tu y regardes de plus près, je ne faisais que me plaindre. En aucun cas, je ne t’ai sollicité pour un conseil

–          Secondu, tu as sans doute conscience du fait que le sommeil des enfants est loin d’être une science exacte. On n’est pas dans le E=mc²

–          Tertio sais-tu à quel point j’ai galéré avec le coucher du tout p’tit ? Des mois et des mois pour parvenir à ce fragile équilibre que je ne vais pas chambouler pour ma convenance personnelle.

20h – 6h30 : tel est le rythme de notre fils. Nous le respectons. C’est à nous de nous adapter et non l’inverse. Toutefois, plus il avance en âge, plus nous nous autorisons à le garder près de nous en soirée (même si ça reste marginal). Non pas pour décaler quoique ce soit, mais simplement pour pouvoir profiter avec lui de tous ces moments…

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