novembre 2014 archive

Se dire « merci »

merci

Une fois n’est pas coutume, j’ai décidé, aujourd’hui, de vous parler de mon couple. Six années de vie commune, de galères, de bonheurs, d’embuches, de surprises… Et surtout, notre fils ! Notre plus belle œuvre !

Je ne vous apprends rien lorsque je vous dis que l’arrivée d’un enfant chamboule l’homéostasie d’un couple. Le mien n’a donc pas été épargné. Se ré-agencer à partir de ce tout petit être qui prend pourtant tellement de place. Et cette fatigue… Mon dieu mais c’est inhumain ! Cette fatigue qui rend fou ! Cette fatigue qui te fait dévisser en moins de deux ! Cette fatigue qui te donne l’impression d’être dans un cauchemar ! Fatigue, fatigue, fatigue…

Cet homme, Mon homme, devient Père… Et quel père ! Moi qui ramais dans les méandres d’une maternité dont j’avais tellement de mal à me saisir… Lui a géré tout ça avec brio ! Et pourtant, qu’est ce que je pu l’attaquer ! Mes crises de nerfs, mes pleurs, mes colères, mes angoisses, mon mutisme aussi… Il a résisté encore et encore… Et il est toujours là, à mes côtés, à nos côtés…

Je pense que ce qui nous a sauvé (et ce qui nous sauve encore aujourd’hui) repose en grande partie sur le fait que l’on considère que rien n’est acquis. Dès lors que l’un d’entre nous fait quelque chose, l’autre est là pour lui signifier qu’il apprécie. Ceci est valable pour TOUT : du simple fait de faire la vaisselle jusqu’à faire nuit blanche auprès du tout p’tit afin que l’autre se repose. La dernière fois encore, je remerciais l’homme d’être parti un peu plus tard le matin afin de m’aider à gérer le tout p’tit (le diable avait encore pris possession de son corps). Ce à quoi l’Homme m’a répondu : « mais c’est normal ». Oui, mais ça n’est pas parce que c’est normal, que je n’ai pas à te remercier.

Remercier ce n’est pas rien, c’est considérer l’Autre. Si je ne considérais pas mon Homme, je ne noterais pas tout ce qu’il fait au quotidien. Remercier c’est d’abord regarder.

Alors je profite de cet article pour dire à mon Homme tous les « merci » que j’ai en retard :

  • Merci d’avoir posé ta journée demain pour emmener le tout p’tit chez le doc
  • Merci d’avoir vidé le lave vaisselle
  • Merci d’avoir fait le café ce matin
  • Merci de prendre du temps pour les travaux à l’étage
  • Merci d’avoir pris de mes nouvelles aujourd’hui parce que j’ai la goutte au nez
  • Et accessoirement merci d’être toi…

Courir après le temps

lapinquicourt

Il est 7h. Tu as très peu dormi cette nuit. Serait-ce le contrecoup de la nuit que tu as passé chez ta grand-mère vendredi ? Sans doute…Toujours est-il que, ce week-end, tu ne t’es pas reposé. Et voilà la semaine qui arrive… Se lever tôt, si tôt qu’il t’est impossible d’émerger tranquillement…

Et nous, tes parents, te levons chaque jour. Nous prenons notre courage à quatre mains et nous attelons à te sortir d’un sommeil si fragile pourtant… Tu sembles tellement apaisé le matin lorsque tu dors. Et nous, nous t’arrachons à ça… Pour quoi ? Pour t’embarquer avec nous dans nos contraintes d’adulte : les horaires, les rendez-vous, les « responsabilités »…

Te lever tôt ou te réveiller plus tard… Prendre le temps de déjeuner ou avaler une brioche en vitesse… Ne pas te laisser le temps de sortir du sommeil en toute tranquillité. Ou bien faire le choix de te lever aux aurores. Avoir à décider pour toi de ce dont ton corps a besoin.

Te regarder mâchouiller ton gâteau. Etre tiraillé entre l’envie de te laisser aller à ton rythme ou t’imposer le notre. Avons-nous bien le choix ? Alors nous te traînons dans nos préoccupations d’adultes : se lever, déjeuner, s’habiller, vite, vite, vite pour ne pas être en retard…  Etre en retard… Quel concept… La course au temps qui défile… Lutter pour le faire ralentir…

Et toi, dans tout ça ? Et bien tu suis le mouvement… Non sans crise. Comme je te comprends mon tout p’tit. Moi aussi, si tu savais, je crise de te faire subir tout ça. Les week-ends trop courts pour à la fois se reposer mais aussi profiter ensemble. Tu ne veux pas dormir. Tu veux rester près de nous, tes parents, que tu vois si peu la semaine… Comme je te comprends mon tout p’tit. Mais tu ne tiens pas. Tu es fatigué. Tu es exécrable. Tu luttes encore et encore contre ce sommeil qui t’agace. Comme je te comprends mon tout p’tit.

J’aimerais prendre le temps avec toi. Cesser de courir comme une poule sans tête. Courir pour quoi ? Courir pour toi…  Si tu savais, comme on court pour toi mon tout p’tit… J’aimerais prendre le temps… Le temps de vivre…

Le grand jour est arrivé !!!!

exclamation

Comme j’ai attendu ce moment… Des semaines, des mois même ! A espérer, patienter, anticiper, prévoir, organiser, … sans que rien ne se produise.

Et finalement, ce jour est arrivé. Comme ça, sans prévenir. La question s’est posée, les choses se sont concrétisées. Jusqu’au dernier moment, nous avons craint que cela ne soit qu’un doux rêve. Encore à l’heure où j’écris ces lignes, je ne réalise pas. Et surtout je croise les doigts pour que tout se passe comme prévu…

Mais de quoi parle-t-elle enfin ?????

Je ne fais pas durer ce suspens insoutenable plus longtemps. Je vous annonce officiellement que ce soir, mon homme et moi, allons au cinéma !!!!!!!!!!!! Youhou !!!! Danse sur la table du salon !!! Je me demande même si je ne vais pas réserver un orchestre et faire installer un tapis rouge. Mais attendez un peu, la magnificence de l’évènement ne s’arrête pas là… Non seulement, nous allons sortir entre adultes « civilisés » mais EN PLUS le tout p’tit, ce soir, va découcher !!!!! Truc de malade !!! C’est à ce moment là que je peux faire bruler mon soutif ou pas ???

C’est la deuxième fois, en 21 mois, que notre fils va dormir en dehors de la maison. Seule ma belle mère proposait de le garder. Mes parents, pour des raisons qui leur appartiennent, ne se sentent pas encore de le prendre une nuit entière. Bref, toujours est il, que demain matin nous allons pouvoir dormir (ou pas d’ailleurs car je crains que mon sommeil soit quelque peu perturbé par mes inquiétudes de mère angoissée). J’ai, ce matin, déposé mon fils à la crèche pour ne le récupérer que demain soir ! Pump it up !!!!!!!

Donc au programme ce soir : mode ado on –> Mac Do puis ciné. Back to basics ! Se regarder les yeux dans les yeux, sentir le graillon, la mayo dégoulinant sur le coin de la bouche, partager un pop corn, se marrer pour des conneries… Peut être même qu’il y aura un petit smack à la fin de la séance qui sait?… Mon dieu ! J’en chialerais presque !!!!

1 2 3 5