novembre 2014 archive

La sous stimulation…

stimulation

Je fais partie de ces mères qui ne se préoccupent pas du développement psycho-socio-cognitivo-moteur de son enfant. Si, si je vous jure ! Entendons nous, je veille à ce que mon tout p’tit grandisse bien, s’éveille bien, mange bien, dorme bien, etc.

Mais je ne suis pas de celles qui se renseignent sur : que faire pour attiser son intérêt, susciter sa curiosité, stimuler ses capacités ?… Je n’ai aucun bouquin. Rien ! Niet ! Enfin si, j’ai des bouquins. En ce moment, je lis ça. Mais je ne suis pas convaincue du fait que cela me soit d’une grande aide avec mon fils.

Les jouets que j’achète c’est selon le kiff du moment (que ce soit le sien ou le mien) :

  • Il s’éclate avec des crayons dans la salle d’attente du doc : je vais lui acheter des crayons
  • Il kidnappe le poupon de la cousine : je le mets sur la liste de Noël
  • Je vois un truc qui fait des bulles à la caisse du supermarché : je le prends (ouais ça m’éclate)

En aucun cas, je ne me rencarde avant afin de savoir si cela développerait sa préhension fine ou encore stimulerait ses capacités visuo-spatiales. Souvent d’ailleurs, il m’est arrivé de lui prendre des jouets qui n’étaient pas du tout adaptés à son âge parce que je trouvais ça sympa. Par exemple, j’ai acheté ce truc il y a des mois de cela. A l’heure d’aujourd’hui, il n’a toujours pas pigé le principe.

De la même façon, je ne me préoccupe absolument pas de « ce qu’il convient de faire » à partir de tel ou tel âge :

  • Il ne marche pas encore à 16 mois ?! Mais mon Dieu il faut le stimuler cet enfant !!!
  • Il ne parle toujours pas à 18 mois ???? Oh la la, mais tu devrais prévoir des activités pour développer tout ça !
  • Il ne va pas sur le pot à 22 mois ????????? OMG !!! Mais il faut lui proposer et l’inciter ++++ !!!

Et bien non… Il n’a pas envie. Donc, de fait, je ne vais pas avoir envie pour lui. Je ne vais pas le presser pour faire quelque chose qui, visiblement, ne l’attire pas. A priori, à 15 ans, il sera un ado comme les autres qui sait parler, manger, s’habiller, dormir, aller aux toilettes, …

Je lis ça et là des témoignages de parents qui s’inquiètent de trop stimuler leurs enfants. Du coup, je m’interroge : est-ce que je dois m’y mettre un minimum ? ou continuer à suivre son rythme ? Spontanément, j’aurais tendance à faire confiance à mon enfant qui me guide très bien dans tout ça.

Oui je « sous stimule » mon enfant et je le vis très bien !

Elle s’est installée insidieusement…

enfantdevanttélé

Au début, nous envions les parents dont les enfants pouvaient rester de longs instants devant… Nous nous rêvions à avoir, nous aussi, quelques moments de répit. Puis, le jour est arrivé où le tout p’tit s’est intéressé. Un peu, beaucoup, passionnément, trop ! Nous l’avons voulu, nous l’avons eu : un enfant addict aux écrans…

Dans un premier temps, nous avons trouvé ça mignon. Il dansait devant les publicités. Il applaudissait lorsqu’il voyait des images qui lui plaisaient. Mais il continuait à jouer par ailleurs, s’intéressant par intermittence au tube cathodique. Puis les choses ont pris de l’ampleur. Sans que l’on s’en aperçoive. Il était tellement plus facile pour nous, parfois, de le laisser regarder son épisode de Mickey. Etre au calme, ne serait-ce que 10 minutes…

Un jour, nous avons décidé de calmer le jeu. De réduire le temps passé devant les écrans. Ce fut le drame. Nous supposons que le tout p’tit n’a pas compris les raisons pour lesquelles du jour au lendemain, il n’avait plus le droit de rester devant son émission. Et là, nous avons pris conscience de l’ampleur du phénomène. Nous, parents, sans aucune mauvaise intention, avons créé le manque de la télévision chez notre fils.

Récemment, nous avons vécu l’enfer avec notre enfant. Nous avons enchaîné conflit sur conflit. A tel point que nous étions, le papa et moi, totalement dépités par la situation : qu’avions nous fait de travers ? Aurait-on raté quelque chose ? Etait-ce remédiable ? . Nous nous sommes beaucoup questionnés. Nous avons (une fois de plus) beaucoup discuté. Le sujet de la télévision est évidemment venu sur le tapis: serait-ce la responsable?. Trop de télé = trop d’infos = trop de stimulations. Mais ce n’était pas la télévision la coupable. C’était nous.

Le temps des résolutions est alors arrivé. Les choses allaient changer. Rien n’est écrit définitivement. C’est à nous, parent, de faire en sorte d’assurer à notre enfant calme et apaisement (dans la mesure du possible entendons nous). C’est ainsi que nous avons décidé d’instaurer un nouveau rituel du soir.

AVANT

APRES

18h

retour à la maison

(avec allumage systématique de la télé)

18h 

retour à la maison

(avec un point d’honneur à ne pas allumer la télé)

18h – 18h30 

jeux avec papa/maman

18h – 19h

 jeux avec papa/maman

(avec en parallèle préparation du repas)

18h30 – 19h 

repas seul devant la télé

19h – 19h30

repas tous les trois à table

19h – 19h30 

bain

19h30 – 20h 

bain

19h30 – 20h 

endormissement avec maman qui reste au chevet de longues minutes

20h 

au lit avec lecture d’une histoire (10 minutes maximum) puis départ du parent même si le petit ne dort pas

20h30

Repas parents

20h30

Les parents ont dîné, la cuisine est rangée, le tout p’tit dort

De la même façon le matin, alors qu’avant notre fils prenait son petit déjeuner devant la télé, c’est à table en compagnie du parent en stand by (celui qui attend la salle de bain) qu’il mange son repas.

A mesure que j’écris ces lignes, je m’aperçois que nous sommes allés trop loin. Bien sûr, nous ne nous rendions pas compte sur le moment que tout cela pouvait nuire à notre enfant. Depuis que nous avons instauré une vie sans télé, ce dernier est nettement plus calme. Le climat s’est apaisé. A noter qu’il n’a pas demandé une seule fois après la télévision. Il y a encore beaucoup de boulot. Nous savons qu’avec le tout p’tit, nous avançons d’un pas pour reculer de deux. Ainsi va la vie de parent. Jalonnée d’essais et d’erreurs. Mais aussi parfois de réussites.

1 2 3 4 5