mars 2016 archive

« J’élève notre enfant seule… »

élever son enfant seule

Hier, je suis allée boire un thé chez une copine (comment ça OSEF ?). Maman depuis 7 mois maintenant, elle découvre avec bonheur et ravissement les joies de la maternité (tu rajouteras une pointe d’ironie et une dose de sarcasme dans mes propos). Cette copine a, depuis toujours, le projet d’avoir une famille nombreuse. Mais Dame Nature (cette grognasse qui n’en fait parfois qu’à sa tête) en a décidé autrement… Des années d’essai bébé et des années d’échec… Finalement, c’est à l’aide d’un parcours médicalement assisté que notre couple d’amis a pu avoir ce qui est, à leurs yeux, leur petit miracle…

Durant sa grossesse, elle m’expliquait qu’au regard de son « grand » âge (bientôt 40 ans), il ne lui fallait pas tarder avant de relancer la procédure PMA (procréation médicalement assistée). Malgré le fait qu’elle ait renoncé à son rêve de famille nombreuse, elle escomptait néanmoins avoir deux enfants… Mais ça…

Depuis la naissance de son fils, elle voit son projet s’éloigner de jour en jour. Non, il ne s’agit pas d’une quelconque raison médicale. Son principal « frein » n’est autre que son conjoint. Alors qu’elle espérait tant de lui, elle me dit aller de déception en déception. « J’élève notre enfant seule »

Pas une fois en huit mois, son conjoint ne s’est levé la nuit. Il ne s’occupe de son fils que lorsqu’il en est contraint (c’est-à-dire quand elle doit s’absenter). Quand elle est là, elle s’entend dire « si t’es là, tu peux t’en occuper ». Il s’est même permis de lui dire « toi, la fatigue, t’es habituée alors autant continuer… ».

Elle n’est pas seule à vivre cette situation. Une autre de mes amies est confrontée à la même configuration. Un père qui s’investit peu/pas et un projet bébé 2 qui s’éloigne… Epuisées, ces jeunes mamans préfèrent faire une croix (temporaire du moins) sur leur idéal de vie de famille.

Comme ce choix, aussi raisonnable soit-il, doit être difficile… Mais on ne peut que comprendre leurs arguments « jamais je n’aurais l’énergie de m’occuper seule de deux enfants en bas âge». Derrière cette raison, on ne peut qu’entendre le déchirement que ce renoncement implique…

La déception de ne pas voir son conjoint s’accomplir en tant que père… La solitude… La frustration… La colère… L’incompréhension… Tous ces sentiments qui s’entremêlent pour donner un cocktail bien amer…

Alors je tiens à faire un big up à tous ces papas qui s’investissent dans l’éducation de leur enfant. Ces papas qui prennent leur place. Ces papas qui changent les couches/donnent les bibs/se lèvent la nuit/etc. Ces papas qui tiennent une place d’égale importance avec les mères.

Et, une spéciale cassedédi à mon Homme, qui, aussi fou soit-il, a signé pour les nuits de merde-les pleures-les cacas atomiques  bébé 2 ! On va en chier tu sais ?

 

De la considération de la femme enceinte…

caisse prioritaire femme enceinte

Nul besoin d’être psychologue pour connaître la définition de l’empathie… Mais, au cas où tu vives isolé  au fin fond d’une grotte (avec accès internet, va comprendre), je te la rappelle :

Empathie = capacité à se mettre à la place d’autrui afin de comprendre ses émotions, ressentis.

Voilà, ni plus, ni moins. Hyper basique n’est-ce pas ? Prenons un exemple qui puisse te parler. Rappelle-toi le jour où tu as perdu ton animal de compagnie. Blup ton poisson rouge ou Gérard ton gros chat. Tu t’es senti profondément triste. A ce moment là, dans ton entourage, tu as pu trouver du soutien. Des personnes, qui n’ont d‘ailleurs pas forcément connu cette peine, sont venues te donner écoute et réconfort. Ce qui fait que, sans atténuer ta douleur, tu t’es senti moins seul. C’est agréable de se sentir soutenu non ? De se sentir épaulé, écouté et entendu par autrui ? C’est chaud, c’est doux, c’est réconfortant…

De fait, étant entendu que tu as connu, au moins une fois dans ta vie, cette situation d’empathie, je m’attends à ce que, toi aussi, tu sois dans cette dynamique. A minima du moins… Alors je n’ai pas compris. Je n’ai pas compris comment hier, alors que tu m’as vu arrivé avec mon gros bide, tu as pu accélérer le pas pour me passer devant à la caisse prioritaire du supermarché. Qu’est ce qui s’est passé à ce moment là dans ta tête ? (oui tu vois là, j’essaie d’être empathique). Avais-tu une urgence ? Non, vu ton comportement, je ne pense pas. Tu m’as pourtant bien vu (oui, à 9 mois de grossesse, on ne peut  plus trop me louper). Tu souffres peut être d’un handicap ? Pourtant, cela ne semble pas être le cas… Alors quoi ? Cela signifierait-il que tu n’es qu’un connard égocentrique indifférent au reste du monde ? Non, je ne pense pas… Car, pour avoir vécu cet évènement à de nombreuses reprises durant ma grossesse, cela voudrait dire que je suis entourée de connards/connasses. Et ça, je me refuse à y croire…

Pour tenter d’en apprendre davantage sur toi, je regarde le contenu de ton panier : des pâtes, yaourts, jambon, … et des couches ! Serais tu papa ? Ou, sans être papa, tu as dans ton entourage un enfant et donc, potentiellement, une femme qui, un jour a été enceinte. Tu n’es donc pas indifférent au phénomène…

Tu sais donc que, pendant que tu déballes tes petites affaires sur le tapis, j’ai des aiguilles qui me taquinent le bas du dos, un bébé qui fait du trampoline sur ma vessie, tout le sang de mon corps qui vient se loger dans mes pieds, le souffle court, l’aisselle qui commence à envoyer du bois, … Bref, je suis enceinte. Mais ça, tu sembles t’en moquer. Mais tu n’es pas le seul. Il y a cet homme avant toi. Et la caissière également. A aucun moment, l’un d’entre vous n’a été capable d’empathie.

Oh non, je n’attends pas qu’on me déballe le tapis rouge. En effet, je suis enceinte, pas malade (quoique, si je retrouve celui qui a pondu cet adage, je lui balance mon placenta à la tronche !). Toutefois, lorsque je me rends à une caisse prioritaire, je m’attends à être prioritaire. Lorsque je prends les transports en commun, je m’attends à pouvoir poser mon fion de 36 tonnes sur un petit bout de fauteuil. Quand j’entre dans une salle d’attente bondée, j’espère voir quelqu’un se lever pour me laisser disposer de sa place. Naïve je suis ? Oui… Car, pas une fois durant ma grossesse, cela ne s’est produit…

En tous cas, sache que si tu m’avais laissée passer, je t’aurais remercié du plus profond de mon cœur. Et je t’aurais probablement offert mon plus beau sourire. Certes, ce n’est pas grand-chose mais, peut être alors, tu aurais été fier de ton geste. Et ce sourire que je t’aurais offert, tu aurais pu le transmettre à quelqu’un d’autre. Car il semble que les gens autour de nous aient bien besoin de nos sourires.

Ces gens qui déambulent, qui errent, le regard vide, les gestes automatiques, ces gens, j’en suis sûre, sont capables d’empathie. Mais pas avec tout le monde… Pourquoi est ce si difficile d’être empathique avec l’Inconnu ? Cet Inconnu qu’on méconnaît et donc que l’on redoute…

Or, il suffit parfois d’un sourire pour briser cette vitre qui nous sépare. Un sourire change un visage. Un sourire réchauffe un cœur. Un sourire est un partage. Et si partage il y a, alors nous ne sommes plus des inconnus.

Si, hier, tu avais pris le temps de me regarder dans les yeux, si tu m’avais considérée, tu aurais sans doute vu cet espoir dans mes yeux. Cet espoir que tu étais différent des autres. Que toi peut être, tu étais empathique…

Alors regardons-nous… Ne gardons pas pour nous tout ce qu’offre notre regard. Car regarder c’est déjà donner un peu de soi et accepter de recevoir de l’Autre…

Soyons humains, tout simplement…

 

Les voir se rapprocher et me distancer…

complicité père fils

Depuis le mois de novembre, les consignes sont claires : éviter de prendre la voiture, ne pas porter de charge lourde, se reposer autant que possible, … En résumé, il me faut « couver » en restant chez moi. Mes contractions du début de grossesse n’étant pas restées sans conséquence, j’ai très vite été placée en MAP (= menace d’accouchement prématuré).

Ainsi, depuis le mois de novembre, je m’applique à être la parfaite partisane du moindre effort. Titre très avantageux lorsqu’il s’agit de faire les courses et le ménage. Mais titre ô combien pesant lorsqu’il s’agit de mon fils…

Ce fils dont le quotidien m’échappe… Depuis bien longtemps maintenant, je ne peux plus déposer/récupérer mon enfant à la crèche. Or, son quotidien, c’est bien cette vie en collectivité. Bien sûr j’ai droit aux « transmissions » que me fait son père mais c’est différent. Je ne le surprends plus en pleine activité le soir, je ne me régale plus de le voir partir s’amuser avec ses camarades le matin… D’ailleurs, depuis ces derniers mois, il s’est fait des « amis », amis dont j’ignore tout, à commencer par le visage.

Ce fils dont je ne peux plus m’occuper comme je le souhaiterais… A commencer par le bain… Auparavant, il s’agissait d’un moment privilégié, d’une bulle « de nous ». Aujourd’hui, il m’est tout bonnement impossible de m’adonner à cette activité avec lui. Tout comme il m’est impossible de le porter pour le border le soir… Je ne suis plus celle qu’il voit en dernier avant de s’endormir…

Ce fils que je ne peux plus câliner comme bon me semble… Au début, il était en demande. Il était impossible pour moi de ne pas répondre à ces requêtes. Mais j’en ai vite payé les conséquences. Alors, j’ai usé de stratégie « si tu veux faire un câlin à maman, c’est sur le canapé », stratégie dont il a fini par se lasser. Et les câlins se sont rapidement espacés…

Evidemment, toutes ces choses que je ne peux plus accomplir au quotidien sont brillamment effectuées par le papa. Je ne peux que me réjouir et me sentir rassurée d’avoir un tel Homme à mes côtés. Le revers de la médaille, car il en est toujours un, c’est qu’il n’y a plus que lui aux yeux de notre fils…

C’est son père qu’il appelle le matin, son père dont il demande les câlins, son père qui doit lui lire une histoire, son père qui doit le baigner, etc. J’imagine qu’il s’agit d’un contre coup bien naturel. Je ne peux en vouloir à personne. Mais jamais je n’aurais pensé que ma grossesse m’éloigne à tel point de mon enfant…

Oui, les choses vont revenir dans l’ordre. Evidemment, je ferai les efforts qu’il faut pour retrouver ma place. Naturellement, je reste sa maman. Toujours est-il qu’aujourd’hui, je suis loin de son quotidien, loin de ses activités, loin de ses amis… Aujourd’hui, je suis loin de mon fils…