avril 2016 archive

Mon accouchement : Fast and Curious [part II]

bain moussant

Bébé me laisse quelques minutes de répit pour te raconter la suite de mon accouchement. Si tu as raté le début, c’est par ici.

SPLASH !!!!!!!!!!!!!!!!! 21h30, l’utérus, outré devant l’ignorance de l’Homme, décide qu’il est grand temps de vidanger (je t’ai déjà dit avoir été poète dans une autre vie ?).

Rompre la poche des eaux ? Non, ce sont carrément les chutes du Niagara sur le canapé (ça tombe bien, on ne l’avait pas nettoyé depuis un moment…). Je me rends aux toilettes ; les deux mains croisées sur mon entrejambe tentent vainement de contenir le flux. J’ai comme l’impression de jouer au Petit Poucet, sauf qu’à la place de cailloux, tu mets des flaques d’eau.

Je dis à l’Homme d’aller réveiller le troizan. Au lieu de ça, il me répond « ok, je vais d’abord fumer une clope ».  Je rétorque alors « mais bien sûr, tu voudrais pas aussi repeindre le plafond de la cuisine tant que t’y es ?!? ». Touchant, il s’agite telle une poule sans tête dans toute la maison, manquant à plusieurs reprises de se péter le coccyx en glissant dans mes petites flaques. J’ai l’impression d’assister à Holiday On Ice.

Les valises dans le coffre, le troizan dans son siège auto, nous prenons enfin la direction de la maternité. L’Homme m’y dépose avant d’aller confier notre fils à ses grands parents (qui, fort heureusement, habitent à 5 minutes de l’hôpital). Il me rejoint juste avant la visite de la sage femme. « Vous avez bien perdu les eaux Madame, on vous garde. Par contre, votre col n’est ouvert qu’à 2 donc nous allons vous monter en chambre le temps que le travail se mette en route. ». Heureusement que ce sont les eaux ma bonne dame, sinon ma vessie et moi aurions eu une grande conversation !

Vers 23h, l’Homme et moi prenons donc nos quartiers dans une chambre, nous rappelant alors notre séjour pour notre troizan. Excités, angoissés, euphoriques, nous savons que la rencontre est imminente. Bientôt, notre famille sera au complet…

J’installe une application afin de contrôler la fréquence de mes contractions. De 23h à 2h, ces dernières sont toujours aussi régulières mais peu voire pas douloureuses. Puis, vers 2h, les choses s’accélèrent. Les contractions s’intensifient de façon alarmante. Je suis envahie par des vagues de douleur d’une intensité inouïe. J’essaie, tant bien que mal, de m’appliquer à faire les exercices de respiration appris lors de mes séances de préparation à l’accouchement. Malheureusement, les contractions sont si rapprochées que j’ai à peine le temps de respirer (je savais que j’aurais du prendre Jacques Mayol en LV2 !).

Après contrôle de la sage femme, j’apprends que mon col n’est encore qu’à 2. WTF ?!?! Je veux un deuxième avis ! Elle a peut être des doigts plus gros que la moyenne ! Elle souhaite me remettre sous monito, ce que je refuse catégoriquement. Je veux descendre en salle d’accouchement. Echaudée par mon premier accouchement, je ne veux pas arriver trop tard.

Il me faut alors négocier durement pour être entendue. La sage femme me soutient qu’un accouchement ne ressemble à aucun autre, que ce n’est pas parce que j’ai pondu à la vitesse de l’éclair pour mon premier, qu’il en sera de même cette fois. Je réponds, enfin vu mon état, je lui grogne un discours à peine compréhensible, alors que je suis à quatre pates sur mon lit (la limite entre une pornstar et une femme sur le point d’accoucher est faible).

Elle semble enfin convaincue et me dit que nous allons descendre en salle « nature ». Euh, je cherche à accoucher moi les gars, pas à faire du jardinage ! Pleine de bonnes intentions, elle me dit qu’un bon bain m’y attend et qu’ainsi, je pourrai me détendre. Un bain ??? Un bain !!!! Bon bah vendu pour le bain, du moment que l’aiguille à péri n’est pas loin…

Il est 3h du mat’, nous descendons en salle d’accouchement (enfin prendre un bain… fichtre, j’ai zappé de prendre ma fleur de douche !)…


 

Quel pavé ! On va éviter l’indigestion alors je te dis à très vite pour la suite !

 

 

Mon accouchement : Fast and Curious

Lundi 4 avril, 6h du mat’, le troizan, égal à lui-même, nous réveille à l’aube. Comme à son habitude, il approche de notre chambre, à pas feutrés (crise cardiaque garantie), et prononce le sempiternel « j’ai faim,  je veux de la salade » (comprendre, en fait, des céréales). De mon côté, je songe sérieusement à acheter un transpalette pour m’aider à extirper mon quintal du lit. La nuit a été tout bonnement merdique, état grippal oblige (parce qu’accoucher en forme c’est « tellement 2015 »).

L’Homme au boulot, le fils à la crèche, je passe ma journée à me lamenter dans mon canapé.  Comme chaque jour depuis environ deux semaines, les gens me harcèlent « t’es toujours là toi ? » –> Envoie-moi encore un message et je mets mon placenta de côté pour te l’envoyer en pleine tronche ! Je n’ai qu’un seul souhait : qu’on me laisse mourir en paix…

Sauf que, mon utérus (qui a du faire l’école du rire) a décidé de s’y mettre. Des contractions, bien que non douloureuses, régulières et ce, la journée durant… J’envoie alors un message à l’Homme « j’ai comme l’intuition que la fin est proche ». Sa réaction est à la mesure de l’investissement qu’il met dans ma grossesse : il me pète une pile en plein vol (note à moi-même = essayer d’économiser l’Homme, je risque d’avoir besoin de lui dans les heures qui suivent…)

Vers 18h30, tout ce joli petit monde rentre à la maison. J’ai tellement passé de temps dans le canap’ que ma peau a fusionné avec le cuir. Le dîner, le bain, les questions existentielles du troizan (« et pourquoi le rouge c’est rouge ? »), … la vie suit son cours tranquillement. Les contractions, elles aussi, vivent leur vie. Toujours régulières et d’intensité plus que modérée.

21h, l’Homme et moi nous installons devant Iron Man 3. Premier film que nous sommes allés voir en n’amoureux après la naissance de notre fils. Un mémorable moment puisque nous avons profité de la séance pour … siester ! Bah quoi, quand t’es jeune parent, toute occasion est bonne pour faire un somme…

« Il est vachement beau Robert quand même non ? »

« Mouais… Tu savais qu’il avait été toxico ? ». Oui, l’Homme se prend régulièrement pour Encarta (cherche pas, si t’as moins de 30 piges, tu peux pas test !)

« Ah ouais, dingue dis donc (façon délicate de lui signifier que je m’en bats les reins) ! Je l’aimais bien dans Ally Mc Beal »

« Ally Mc quoi ??? »

SPLASH !!!!!!!!!!!!!!!!! 21h30, l’utérus, outré devant l’ignorance de l’Homme, décide qu’il est grand temps de vidanger (je t’ai déjà dit avoir été poète dans une autre vie ?).


Ah !!! Je crois qu’on m’appelle pour un bibi ! La suite des évènements très bientôt !

Et il m’a réparée…

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Mardi dernier, je donnais naissance à mon second enfant… Second et, à priori, dernier enfant. Comme le poids sur ses épaules était lourd. A la fois, j’en attendais le meilleur comme le pire. Je m’étais préparée à ce que les choses soient aussi difficiles qu’avec son grand frère. Je m’étais préparée à un accouchement chaotique. Je m’étais préparée aux pleurs, aux nuits hachées. Je m’étais préparée à me sentir démunie, désemparée, seule face à ce petit être. Traumatisée par la naissance et les premiers mois de vie de mon aîné, les choses ne pouvaient que se reproduire avec mon second… Or, c’est bien le meilleur qui m’attendait…

Mon accouchement d’abord… Il m’a permis de créer ce lien qui m’avait manqué au premier. 30 minutes d’un peau à peau unique, magique. L’avoir si près de moi, pouvoir faire de cet enfant MON enfant. Le sentir, le toucher, le regarder, faire de lui MON fils. Comme ces premiers moments ont été déterminants pour nous. La connexion était établie. J’étais SA maman.

Puis, ses premiers jours de vie… Je me suis retrouvée face à un enfant calme, serein, apaisé. Ses besoins, il a fait en sorte que je les comprenne. La nourriture, les soins, le sommeil, il a tout facilité… A ses côtés, je me sens « compétente ». A ses côtés, JE SAIS… Je sais ce que ses pleurs expriment. Je sais identifier ses besoins. Je sais y répondre.

Non, je ne m’illusionne pas. Je sais qu’il va m’arriver de me sentir démunie, désarmée face à ce petit être. Mais, chaque jour qui passe, il remplit cette jauge de confiance qui va me permettre de ne pas vaciller au moindre doute.

Cet enfant, en naissant, m’a réparée… Il a complété cette moitié de mère que j’étais jusqu’alors. Il m’a fait me redresser, lever la tête et me tenir droite. Cet enfant, MON enfant, a fait de moi cette mère que j’espérais tant devenir…