mai 2016 archive

Cette impression de tout faire de travers…

ciel gris

Parfois, tu regardes ta vie et tu es fière. Fière de ce que tu as accompli, de ce que tu as construit, de la personne que tu es. Tout te paraît fluide, aisé, limpide. Les éléments s’imbriquent les uns aux autres, sans que cela ne te demande le moindre effort. La vie te semble belle, douce, juteuse. Mais parfois, le regard que tu portes sur le monde est bien moins rose…

Depuis quelque temps, mon monde est moi est gris. Fort heureusement, je n’ai pas encore atteint le « noir » dans la palette des couleurs. J’aurais du m’en douter pourtant, tout avait tellement bien commencé. Un bébé en parfaite santé, un troizan qui accepte sans difficulté l’arrivée de son petit frère, des moments de repos, des réunions familiales, des soirées festives… Et puis le soufflé a commencé à tomber… Des petites tâches sont venues noircir le tableau…

D’abord un bébé dont l’alimentation commence à devenir problématique. Ce foutu lait qui paraît le faire souffrir. Cette suspicion d’intolérance aux protéines de lait de vache. Ce reflux qui semble lui brûler l’œsophage. Paraître, sembler, suspecter, tels sont les verbes que nous employons à la maison en ce moment. Car nous ne savons pas. Et c’est bien là le problème. Nous supposons. Et supposer rend fou car le cerveau, cherchant mille et une hypothèses, n’est jamais au repos. Il tourne à vide car ne trouve jamais de solution. Que faire ? Pourquoi a-t-il mal ? A-t-il vraiment mal d’ailleurs ? Comment le soulager ? Etc. Des questions, encore des questions, toujours des questions mais jamais de réponse. Et, au milieu de ça, un bébé qui nous semble être en permanence inconfortable…

Puis il y a le troizan. Trois ans et trois mois pour être exact. Cela a toute son importance quand on sait qu’il n’est toujours pas propre. Il sait être propre mais il ne franchit pas le pas. Oh, nous en avons essayé des techniques mais le constat est là : toujours autant de pantalons rentrent souillés de la crèche le soir venu. Et cela est épuisant car nous faisons de sur place depuis des mois…

Et cette opposition qui ne nous quitte pas depuis l’âge de ses deux ans… Le « terrible two », sur lequel je me suis épanchée en long en large et en travers sur le blog, me fait doucement rire. Enfin non, je ne ris plus aujourd’hui. Une étape qu’on me disait… J’aurais tendance à dire « une ère ».

J’ai l’impression de ne pas réussir à apporter de réponses convenables à mes fils. Qu’il s’agisse des besoins physiologiques de l’un aux attentes affectives de l’autre, je me sens à côté de mes pompes. Je ne me sens pas mauvaise mère. Au contraire… Je me sens tellement préoccupée par mes enfants  que je ne parviens plus à m’en occuper convenablement…

Et toi, tu connais ce sentiment?

PS : tu m’excuseras pour l’orthographe, la syntaxe et la tournure de phrases approximatives mais, au moment où j’écris, j’ai mon deux mois dans les bras qui se tortille de toute part…

 

 

Cette image que nous lui renvoyons…

reflet miroir bébé image

Je suis la première à dire à quel point il faut prêter attention aux mots que l’on emploie avec son enfant. Je suis la première à penser que l’enfant colle à l’image qu’on lui renvoie de lui-même. Je suis la première à dire que cela peut laisser des séquelles. Je suis la première à condamner ces étiquettes. Et pourtant, aujourd’hui, je réalise que je suis probablement celle qui a eu le plus eu ce genre de comportement à l’égard de mon fils…

C’est lors d’une soirée entre amis que le déclic s’est produit. Lorsqu’ils nous ont demandé comment se passait la vie à quatre, nous avons souligné le caractère exemplaire de bébé alors que nous avons pointé le comportement exécrable de notre aîné : « provocateur », « ingérable », « n’en fait qu’à sa tête », etc.  Tout cela évidemment, il l’a entendu. Même s’il était occupé à jouer, il est bien trop attentif à son environnement pour ne pas tendre une oreille dès que l’on parle de lui…

Mais alors comment avons-nous pu ? Comment réagirions nous, adulte, si d’autres tenaient de tels propos à notre encontre ? Je suppose que nous nous défendrions, ou au moins, échangerions à ce sujet. Car nous avons les mots pour nous défendre. Ce qui n’est pas le cas de mon troizan… Non, lui son « arme » c’est lui-même, ce qu’il donne de lui, son corps, son attitude.

Nous, ses parents, ces personnes en lesquelles il a le plus confiance, pensons que c’est un petit garçon ingérable. Alors comment être autre chose ? Si papa et maman pensent que je ne suis pas gentil, c’est que cela doit être vrai…

J’écris ces mots et je me rends compte de l’ampleur que les choses ont prises. Des mois et des mois à le complimenter, le rassurer, le féliciter, l’encourager lorsque nous sommes seuls face à lui. Mais, dès lors que notre entourage nous questionne, nous ne nous faisons pas prier pour dire à quel point nous en bavons. Comment croire qu’il n’ait pas pu être impacté par cela ?…

Je ne nous condamne pas. Nous ne pensions évidemment pas à mal. Et puis nous, parent, avons aussi parfois besoin de vider notre sac. Mais je pense que le comportement de notre fils n’est pas sans lien avec tout ce que nous avons pu médire dire de lui…

Alors il va nous falloir être vigilant. Prêter attention aux mots. Modérer nos propos. Le faire participer à la conversation dès lors que l’on parle de lui (car, en ce qui me concerne, je ne tolèrerais pas que l’on parle de moi sans que je puisse en dire quoique ce soit).

Aujourd’hui, enfin, j’ouvre les yeux… Et j’espère bien pouvoir encore changer l’image que mon fils a de lui-même…

Je tiens le miroir dans lequel mes enfants voient leur reflet. A moi de faire en sorte que ce qu’ils y voient soit beau…

Se sentir au « complet »…

Feet of a family sticking out from the quilt

J’ignore si je vais parvenir à trouver les mots pour te traduire ce que je ressens. C’est une émotion si étrange, indescriptible en réalité. Commençons par le commencement…

L’Homme et moi nous sommes rencontrés il y a dix ans maintenant. D’abord amis, il nous aura fallu deux années pour nous décider. Il n’est pas évident de troquer l’amitié contre l’amour mais nous en avons pris le risque. Nous partagions beaucoup de valeurs, intérêts, points communs. Le plus important était sans doute le fait de ne pas vouloir d’enfant. A l’époque, nous rêvions d’une belle carrière et d’une vie de couple sans « boulet » comme nous nous plaisions à le dire. Ni lui, ni moi n’avions cette envie viscérale de descendance.

Puis, l’alchimie aidant, l’envie a pointé le bout de son nez : un mini nous, résultant de l’amour que nous nous portions, engagement ultime l’un envers l’autre. En 2013, notre tout ptit nous a ainsi rejoints, bouleversant tout sur son passage. Un accouchement traumatisant pour le papa comme pour moi, des soucis de santé à n’en plus finir, un bébé extrêmement demandeur, une dépression post-partum, tout cela aurait pu nous fragiliser. Mais c’est l’inverse qui s’est produit. Quelques mois après la naissance de notre fils, après avoir surmonté les épreuves main dans la main, nous étions plus soudés que jamais. Mais aussi très refroidis à l’idée d’avoir un deuxième enfant… Tu connais l’adage « chat échaudé… ».

Puis, nous avons trouvé un équilibre familial, chacun à sa juste place. Nous avions du temps pour lui, du temps pour nous, du temps pour soi. Apaisés, nous avons pensé bébé. Nous avons réfléchi bébé. Encore une fois, loin d’être une envie viscérale, c’est la raison qui a dominé. Nous étions prêts, ou du moins préparés, à accueillir un deuxième enfant.

C’est ainsi qu’en avril dernier, bébé 2 a rejoint le foyer familial. Le raz de marée, qui nous avait emportés pour notre aîné, nous a, cette fois, épargné. Pas de cataclysme, pas de bouleversement, le sol ne s’est pas dérobé sous nos pieds. Au contraire, la plénitude s’est emparée de notre foyer.

Nous sommes fiers et assumons parfaitement nos choix de vie. Il n’y aura pas de troisième enfant (je sais qu’il ne faut jamais dire jamais mais là, ça frôle tout de même la certitude). A nous quatre, nous occupons tout l’espace disponible. Nos projets, nous les pensons pour quatre. Lorsque nous nous imaginons dans quelques années, c’est seulement nous. Rien que nous…

Aujourd’hui, ma famille est au complet et je n’ai jamais connu pareil apaisement…

Et toi, tu connais ce sentiment ? Ou, au contraire, tu ressens un vide à combler ?

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