Au commencement…

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Moi, maman ? Jamais ! Etre mère, c’est pour les autres. Pour les femmes qui ont ce fameux instinct dont tout le monde parle mais qui m’échappe incontestablement. Je ne suis pas de celles là.  J’ai d’autres rêves, que dis-je, de projets car il est vraisemblable que je les touche du doigt.

J’ai 25 ans et je m’apprête à achever mon cursus de psychologie, spécialité criminologie. Je suis la future Clarice Starling. Je le sais. Depuis mes années lycée, j’ai ce projet en tête. Et Dieu seul sait à quel point je me démène pour le mener à bien. Mes livres de chevets ne sont autres que ceux de Stéphane Bourgoin. « Enquête sur les tueurs en série », « Le livre noir des serial killers » sont devenus mes bibles.

Je passe des heures à étudier pour valider ma cinquième et dernière année de psychologie. En parallèle, mon stage en expertise médico-légale me vampirise. J’y croise les pires individus existant en ce bas monde : pédophiles, assassins et autres violeurs. Ils font partie de mon paysage. Les procès en cours d’assise auxquels j’assiste sont devenus mon quotidien. Telle est la vie que je me suis créée.

Malgré tout, je reste une jeune étudiante. Tous les week-ends, se déploie le même rituel. Je quitte mon petit studio pour retrouver la maison qui m’a vu grandir. Mes parents m’attendent, toujours aussi chaleureux. Je retrouve mes repères : cette odeur si particulière de lessive, ces bruits de craquement dans le grenier, mon chat qui vient se nicher dans mon cou… Mes repères. Alors je redeviens, l’espace d’un instant, cette enfant si naïve qui croit en l’existence d’un monde merveilleux… Le soir venu, je pars retrouver mes amis. Je me ressource de leur vitalité. Je me régale de leurs rires. Je m’imprègne de leur candeur.  Je me shoote à la vie. Puis, chaque dimanche soir, je reprends la route pour retourner à ce que cette même vie peut donner de plus obscur.

Ce volte-face est quelquefois usant. Le sourire affiché le week-end cache parfois la noirceur du vécu de la semaine. Mon regard se perd tantôt dans un flash-back, réminiscence de ce trop plein d’émotions que mon cerveau n’a pu assimiler. Du réel à la réalité, tel est d’ailleurs l’intitulé de mon mémoire de fin d’année. S’approprier ce réel inentendable, inacceptable, inconcevable, pour en faire sa propre réalité…

Pourtant, les choses sont comme je l’ai toujours souhaité. Voici la vie dont j’ai toujours rêvé. Ma vie. Et jamais je n’aurais pu penser que LUI allait tout changer…

 

 

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