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La vie est ainsi…

la vie est ainsi

Les vacances de Noël s’étaient bien déroulées. Du repos, des activités en famille, du temps pour soi, du temps pour nous, du temps pour tous… Puis un merveilleux nouvel an entouré d’amis… Les ingrédients étaient réunis pour amorcer un joli début d’année…

Pourtant, le retour à la réalité s’est avéré bien difficile… Etait-ce dû à cette parenthèse enchantée que nous avions connu durant les vacances ? Etait-ce dû à la privation de sommeil que nous faisait toujours bel et bien endurer notre 20 mois ? Etait-ce dû aux trop nombreux problèmes de comportement auxquels nous confrontait notre quatr’an ? Etait-ce dû au boulot ? A notre couple ? A nous-mêmes ? A tout ça…

La dégradation fut progressive et, de fait, bien insidieuse… Telle la grenouille que tu plonges dans l’eau froide avant d’augmenter la température jusqu’au point de non retour… Nous n’avons rien vu venir.

Les réveils matinaux étaient de plus en plus difficiles. « Se réveiller est compliqué pour tout le monde » nous disions-nous. Se rendre au travail nous coûtait également « en même temps, rares sont ceux qui s’éclatent à leur boulot ». Rentrer à la maison et entamer la deuxième journée auprès des enfants était un moment pénible « mais c’est le lot de tous les parents ou presque ». A chaque émotion négative, nous trouvions une explication raisonnable. Emotion/raison, raison/émotion, difficile calibrage avec lequel nous jouions. La vie est ainsi.

L’humeur maussade s’est installée, durablement, profondément, comme faisant irrémédiablement partie de notre foyer. L’Homme et moi étions devenus colocataires, les enfants, nos propriétaires. Ils étaient nos bourreaux. Bourreau de sommeil pour l’un, bourreau provocateur pour l’autre. Nous étions à leur disposition, pour ce que nous estimions tout. Mais en réalité disponible pour rien. Ni pour eux, ni pour notre couple, encore moins pour nous-mêmes.

Bien que nous ne épanouissions pas, nous avancions, avec raison encore, que « La vie est ainsi. Nous profiterons lorsqu’ils seront plus grands ». Espérer, encore et toujours, un avenir meilleur qui n’arrive jamais…

Trimbalé d’un environnement à un autre, boulot, maison, crèche, école, l’Homme et moi subissions. Les décisions de nos employeurs, les désidératas de nos enfants, les griefs de la maîtresse… Telles des éponges, nous absorbions sans jamais pouvoir s’épancher. La vie est ainsi.

Pour ne pas faire souffrir l’autre avec nos états d’âme, nous n’échangions plus. Allant jusqu’à une rupture totale de communication. Seuls, livrés à nous-mêmes, nous nous sommes peu à peu déconnectés de nos émotions. Ne plus ressentir pour ne plus souffrir. Nous avancions dans la vie, tels des robots. Déshumanisés. La vie est ainsi.

Puis, un jour, la goutte d’eau. La courte nuit de trop, la provocation de trop, le regard de trop… Trop ! Ce jour-là, s’est produit l’événement qui a tout fait basculer…

L’instant présent…

l'instant présent

Lorsque j’étais enfant, je rêvais de devenir adolescente…

Je voulais grandir, être plus autonome, me sentir davantage libre de mes faits et gestes… J’avais soif de responsabilité… Mes jeux préférés étaient des jeux d’imitation : faire semblant de faire à manger/conduire/m’occuper d’un bébé (oui, mes gens étaient très genrés)… Je pensais que le meilleur était à venir…

Puis, lorsque je suis devenue adolescente, je rêvais d’être une jeune adulte…

Je me sentais brimée par mes parents, l’Ecole, la société… Envie de tout mais accès à peu de choses… Il me fallait encore trop me soumettre aux diverses invectives que je recevais de part et d’autres… Je pensais que le meilleur était à venir…

Puis, lorsque je suis devenue une jeune adulte, je rêvais d’être une adulte…

Je découvrais la liberté dont je me régalais… Toutefois, j’avais d’autres ambitions : trouver un bon job, rencontrer l’âme sœur, me « poser »… Je pensais que le meilleur était à venir…

Puis, je suis devenue cette adulte…

Je suis précisément là où j’ai toujours rêvé être… Des enfants adorables, un conjoint aimant, un toit sur notre tête, une situation professionnelle stable… Et pourtant… Je me surprends encore parfois à me dire « ça ira mieux lorsque les enfants grandiront… ». Toujours cette quête d’un avenir meilleur…

Sauf que, rétrospectivement, je regrette toutes ces étapes de ma vie dont je n’ai pas su profiter pleinement… Parce que je pensais que le meilleur était à venir…

Non, le meilleur n’est pas à venir… Le meilleur est là, dans l’instant présent… Le meilleur n’est pas quelque chose que l’on projette. Le meilleur se vit, tout de suite, maintenant…

Car je ne veux plus être cette personne qui regarde son passé avec regret… Je veux simplement être cette personne qui profite de l’instant présent…

 

 

Parce qu’être parent, c’est aussi ça…

pleine lune parent seul

6 heures du mat’… L’aube, l’aurore, tu ne sais plus… Le silence absolu… Une nuit si sombre que le soleil peine à émerger… Au milieu de cet univers en suspens, tu es là, les yeux bien ouverts et le cerveau en ébullition. Pourquoi un tel état de nerfs ? Pourquoi ce qui-vive permanent ? Pourquoi cette sensibilité exacerbée ? Pourquoi cette inquiétude intérieure ? Parce que tu es mère… Rectification, parce que tu es  une mère privée de repos…

On t’avait pourtant prévenue : « prépare toi, tu vas découvrir les nuits hachées, le sommeil en pointillés, les multiples réveils nocturnes, … ». Des mots, juste des mots… S’il est une chose que l’on ne peut décrire justement, c’est la privation de sommeil… Indescriptible et pourtant universelle… Qui n’a pas connu cet état : après une nuit festive, après une nuit parsemée d’angoisses, après une nuit torride, après une nuit…

Mais rares sont ceux pour lesquels cet état perdure… Et pourtant, ils existent. Ils sont là, à côté de toi au boulot, une tasse de café entre les mains. Ils sont aussi là, dans le train, la tête vrillant au moindre soubresaut. Ils sont là au supermarché, l’œil hagard, comme robotisés. Partout. Ils sont là. L’ombre d’eux-mêmes…

Evidemment, tu te vois prodiguer les conseils de bien-pensants : confie-les, repose-toi, prends du temps, détends-toi, relativise… Ces conseils, la plupart du temps énoncés avec toute la bienveillance du monde, ne font que renforcer ton sentiment de solitude : personne ne me comprend…

Et pourtant… Ces sentiments qui t’animent, savoureux cocktail explosif, ne sont pas étrangers à tous… Cette fatigue éreintante, cette colère permanente, ce sentiment d’injustice, cette hyperréactivité, cette boule logée au plus profond de toi… Je connais tout ça… Je sais qu’il t’est peut être même arrivé, parfois, de regretter… Regretter d’être devenu parent… Puis, l’instant d’après, cette culpabilité qui t’assaille… Comment avoir osé penser ça ?…

Parce qu’être parent, c’est aussi ça…

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