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Elle peut pas le garder son gamin, elle est en congé !

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Voici une petite réflexion qu’une de mes copines dit avoir entendu sortir de la bouche de sa nourrice (enfin de la nourrice de sa fille ; ma copine étant maintenant suffisamment autonome pour se garder elle-même). Et oui, quand tu es mère, dès que tu as un jour de repos, il te faut naturellement rester avec ton enfant. Et bien je dis non !

Pour moi être en repos et passer une journée avec son enfant n’a rien à voir. Comparons les deux :

 

Avec le tout p’tit

Sans le tout p’tit

7h

Debout la dedans ! J’ai assez dormi et j’ai les fesses sales ! Y a quelqu’un ???

Zzzzzzzzzzzz (=ça dort)

8h

J’ai faim !!!!!!!!!

Zzzzzzzz

9h

Je veux jouer ! Ah non je veux plus jouer, je veux marcher ! Finalement je veux les bras ! Oh et puis non je veux encore jouer !

Zzzz

10h

Je suis faaaaaaaatigué… Mais non non je ne veux surtout pas dormir ! Je veux jouer ! Bon ok, je dors 20 min et après on joue !

Quel est ce doux son à mes oreilles? Le silence? Très agréable…

11h

Une ballade, une ballade, une ballade !

J’ai besoin d’une paire de chaussures et d’un nouveau pantalon ! Direction les magasins !

12h

A table ! Je mange tout seul maintenant. En parallèle, je refais la déco de la cuisine de mes parents. Décidemment l’orange carotte s’accorde très bien avec leur luminaire !

Salut ma poule, je suis en repos aujourd’hui, on se fait un resto ?

13h

Je suis crevé ! Mes paupières sont tellement lourdes…

Ok un petit dodo me fera pas de mal…

Nan mais tu savais qu’une telle s’était faite larguée par son mec ? Non ! Si, si je te jure et même qu’il lui a dit qu’il a une autre femme le salaud !

14h

Zzzzzzz

T’as vu les petites bottines que je me suis achetées ? Elles sont pas trop belles sérieux ?

15h

On joue ????? Je veux mes LEGO !!!!!!!!!!

T’as besoin d’aller t’acheter du vernis à ongles ? Allé, je t’accompagne !

16h

Les Lego c’est sympa mais ça creuse ! Goûter ! Tiens si je mettais un peu de yaourt au choco dans les cheveux de ma mère…

Bon allé, je file, je dois récupérer le tout p’tit !

17h

Les Lego c’est vraiment ma passion. Ce que j’aime par-dessus tout c’est en foutre partout dans la maison et voir ma mère se casser la tronche en ripant dessus !

Bonjour mon bébé ! Ca s’est bien passé chez tata nounou ???

18h

Ah tiens, je pense qu’elle s’est fait mal là. Tant pis, je lui fais un big sourire et elle va vite oublier ça

On joue aux Lego mon tout p’tit ? Aie! Put***! Je vais finir une jambe dans le plâtre avec ces objets de la mort!

19h

Le bain et le bib, mes deux passions !

Allé, on file au bain! Non on ne tape pas sur l’eau au risque de transformer, encore une fois, la salle de bain en piscine! Oui c’est très drôle de m’asperger d’eau! Comme c’est gentil de me faire pipi dessus alors que j’essaie de te mettre ton pyjama…

Oui maman se dépêche de te faire à manger. Ce n’est pas la peine d’hurler comme ça. Non tu ne vas pas mourir de faim je te rassure!

20h

Bon je suis crevé, c’est un fait mais je ne veux pas dormir !!!!!!!

Mais tu vas t’endormir bon sang de bonsoir (vous imaginez bien que je ne parle pas comme ça dans la vraie vie)

21h

Zzzzzzz

Zzzzzzz

Il faut bien reconnaître que ça n’a rien à voir ! J’avoue avoir la chance de pouvoir me permettre de laisser mon fils chez la nourrice quand le besoin s’en fait ressentir. Et je le fais sans aucun scrupule !

 

L’instinct maternel est un leurre !

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Durant ma grossesse, je me suis imaginée tout un tas de scénarii suite à la naissance de notre enfant. Je nous voyais lui et moi faire de longues ballades, rendre visite à mes proches, jouer ensemble, etc. Or, tout ne s’est pas passé comme prévu, si tant est que l’on puisse prévoir quelque chose avec un nouveau né.

La première chose à savoir c’est que, dès le lendemain de mon retour de la maternité, je me suis retrouvée seule avec mon fils. En effet, pour des raisons logistiques, mon conjoint n’a pu prendre son congé paternité que bien plus tard.

C’est ainsi que je me suis retrouvée en tête à tête avec le tout p’tit alors âgé de 6 jours. Comment pourrais-je décrire alors mon état d’esprit du moment ? Je trouve que les formules type « Mayday » ou encore « SOS » collent totalement à ce que j’ai pu ressentir.

Je me suis sentie totalement désemparée face à ce petit être. Les gestes qu’on m’avait appris à la maternité ne me suffisaient plus. J’étais démunie, débordée, paumée. On m’avait tant parlé d’instinct maternel que je me sentais complètement nulle de ne pas comprendre mon enfant.

Jusqu’à ce que je comprenne qu’en fait le fameux instinct maternel dont on nous rabâche les oreilles n’est qu’un leurre !

En effet, je n’ai pas su spontanément comprendre de mon fils. Il m’a fallu BEAUCOUP de temps pour le connaître. Aujourd’hui encore, j’en apprends sur lui.

Mais pour parvenir à me dire ça, je suis passé par de nombreuses phases allant de l’incompréhension au renoncement en passant par la culpabilité. En effet quelle mère pourrais-je bien être si je ne suis pas capable de comprendre de mon fils ?

Partout on entend, voit, lit à quel point il est merveilleux d’avoir du temps pour profiter des premiers mois de son enfant. Que ce soit à travers les médias ou les discours des uns et des autres, on nous montre que la relation mère-enfant est quelque chose de magique, simple, allant de soi. Je pense aussi qu’il s’agit de quelque chose de socialement et culturellement ancré : le culte de la bonne mère aimante et totalement dévouée à son enfant.

C’est ainsi que le début, voire même l’intégralité, de mon congé maternité a été une véritable souffrance pour moi. J’étais en dissonance totale par rapport à ce que je voyais autour de moi : j’étais plus dans un état d’angoisse que de plénitude par rapport à mon enfant. Je ne prenais aucun plaisir à être 24/24h avec mon fils. Je lui prodiguais les soins dont il avait besoin. Il n’a manqué de rien. Mais je me perdais dans tout ça. Je m’oubliais en tant que femme. Je n’étais plus qu’une mère.

C’est alors que j’ai compris l’importance pour lui et pour moi que je me sorte de cet état. C’est ainsi que j’ai pu compter sur le soutien de mes proches qui m’ont relayée auprès de mon enfant. Mon conjoint, en premier lieu, qui en, en gardant notre fils, m’a permis de m’aérer : aller chez le coiffeur, faire les boutiques, me rendre chez mes amies, etc. Mais il y a également mes parents chez qui j’allais avec le tout p’tit. Cela me permettait d’être à la fois avec lui mais aussi de vaquer à mes activités : bosser mes cours, me laisser aller à faire des siestes, mettre du vernis ou autre grelucherie, etc.

Mais ce qui m’a vraiment permis de sortir la tête de l’eau c’est tout simplement de reprendre le boulot (enfin ma formation). Dès lors que j’ai repris une activité, m’occuper de mon fils a été beaucoup plus agréable. Pour pouvoir être pleinement à mon enfant, il me fallait autre chose. C’est alors que j’ai compris que je n’étais pas une mauvaise mère mais simplement que je n’étais pas qu’une mère…

 

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