Chialer c’est pour les faibles !!!

larme

Pour les femmelettes, les lâches, les gringalets, les mauviettes, etc. Bref, chialer c’est pour les faibles !!! Si tu chiales, c’est que tu n’as pas suffisamment de force de caractère. Chialer c’est pour ceux qui n’ont pas de pudeur. Chialer c’est pour ceux qui ne savent pas affronter la vie.

Ce discours n’est évidemment pas celui que je tiens. Mais c’est celui dans lequel j’ai baigné durant toute mon enfance. Pleurer n’était pas interdit. Pire, pleurer était humiliant. Ainsi, enfant, je ne pleurais pas. Ado, je ne pleurais pas non plus. Adulte, tu connais la suite…

Je ne me cachais pas pour pleurer car, même seule, je ne m’y autorisais pas. D’ailleurs, pourquoi parler au passé alors qu’aujourd’hui encore, c’est le cas. Du haut de mes 31 ans, je ne sais pas pleurer. L’envie est là (encore plus depuis que je suis enceinte d’ailleurs) mais les larmes restent bloquées et forment une boule dans ma gorge.

Le problème est que cela a des répercussions dans mes relations. Je ne me sens pas sincère dans ce que je donne à l’autre. Par exemple, la dernière fois que j’ai eu envie de pleurer (je te passe le reportage animalier où un petit agneau était séparé de sa maman) remonte à mon dernier rendez vous chez la sage femme. Pour que tu y vois plus clair, je vais te copier le message que j’avais alors posté sur Facebook :

Elle prend son doppler. M applique le gel. Pose la sonde sur mon ventre et part a la recherche de ma crevette. 5min passent. Rien. 10minutes. Toujours pas de signe de vie. 15 minutes. Pitié pas ça… Elle décide d arrêter d explorer, se voulant rassurante. Elle choisi de me faire la séance d acupuncture, pensant sans doute que cela ca me détendre. Il n en est rien. 30 minutes. Seule. Des aiguilles enfoncées partout dans le corps. Et ma tête qui s imagine les pires scénarios. C’est fini. Il va me falloir faire mon deuil. Puis la séance arrive à sa fin. La sage femme voit que je suis plus bas que terre. Elle veut retenter le doppler bien qu’elle ne soit pas inquiète. Elle pose a nouveau la sonde sur mon ventre. Et le plus beau son qui soit au monde retentit. Il est là. En moi. En vie.
Bref j avais rdv avec ma sage femme et j ai passé l heure la plus longue de ma vie…

Oh comme j’ai eu envie de pleurer… Et comme ça a été difficile pour moi de ravaler ces larmes qui commençaient à brouiller ma vue. Pourtant je n’ai rien montré. J’ai verbalisé mon angoisse à la sage femme mais rien de plus.

Dans mon entourage plus ou moins proche, je suis « la femme sans cœur ». S’ils savaient…

Et toi, t’autorises tu à ouvrir les vannes ?

11 Comments on Chialer c’est pour les faibles !!!

  1. Chris8409
    8 octobre 2015 at 10:18 (2 années ago)
    Je ne pleure vraiment que très rarement…..
    Mais j’y arrive…. et je m’en souviens…. les 4 dernières fois : il y a 9 ans quand j’ai perdu un bébé, je me suis effondrée dans les bras de mon mari 5 minutes puis je me suis dit qu’il fallait se ressaisir, et que la vie continue, que j’avais déjà une fille en pleine forme et que donc j’avais beaucoup de chance… 4 mois après j’étais à nouveau enceinte de mes garçons, la vie m’avais rendu mon bébé….
    Quand les garçons ont eu 3 ans environ, ils étaient épuisants vu l’énergie qu’ils deployaient…. j’en pouvais plus et j’ai craqué seule dans ma buanderie…. j’étais à bout…. puis je me suis ressaisie…. mais ça m’a fait du bien…..
    Il y a 1 an le grand père de mon mari est décédé, je l’adorais et mon homme aussi….
    Je ne supporte pas de voir mon mari malheureux….
    Et là dernière fois c’était il y a quelques mois, à la lecture d’un livre d’Agnès Ledig… ça faisait longtemps que je n’avais pas pleuré autant, pourtant c’était un livre….
    Comme toi les gens me juge forte , je ne montre pas mes émotions, à part à mon mari…. du coup on me juge mal, mais en fait je m’en moque…. 😉
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    • Pasquunemere
      30 octobre 2015 at 10:21 (2 années ago)
      Et bien ça me semble très « sain » comme mode de fonctionnement tout ça. Pleurer pour décharger sa peine, sa douleur, son mal être mais aussi pleurer pour se laisser aller à des émotions qui nous envahissent… Tu m as l air de parfaitement te connaître! Quelle chance 🙂
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  2. lacafouine
    8 octobre 2015 at 10:45 (2 années ago)
    alors moi je t’envie, c’est l’inverse je chiale bien trop facilement, dès que je dois parler de trucs problématiques émotionnellement, plouf, et ça m’empêche de discuter sereinement. Ça doit être la fonction des mes pleurs d’ailleurs, je pense. J’ai tellement baigné dans une ambiance, enfant, où on n’exprimait pas beaucoup de choses oralement que ça doit être une façon de bloquer mes paroles. Quoi qu’il en soit, c’est relou!
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    • Pasquunemere
      30 octobre 2015 at 10:22 (2 années ago)
      Pareil, c’est relou! Il semble qu’on soit le strict inverse l’une de l’autre 😉 Et, dans tous les cas, ça fonctionne pas hyper bien malheureusement!
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  3. Weena
    8 octobre 2015 at 12:30 (2 années ago)
    Oui et non,
    Je déteste pleurer en public, parce que j’ai comme tu le dit si bien, l’impression d’être humiliée !!! Pourtant, elles sont souvent pas loin et rarement parce que je suis triste … mais le stress, la panique, la colère, ect. me font monter les larmes aux yeux, alors que je les ravale pour ne pas montrer à mon interlocuteur qu’il a touché un point sensible !
    Par contre, je pleure devant les films ou lors des fortes émotions (mariage, naissance) … mais dans ce cas, ce sont quelques larmes discrètes.
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    • Pasquunemere
      30 octobre 2015 at 10:23 (2 années ago)
      Ah ça, je les connais bien les larmes de colère, d’énervement, d’épuisement… Mais elles restent au statut de larmes dans mes yeux qui ne s’écoulent jamais… Nous sommes, je crois, de grandes sensibles!
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  4. Sandrine Mon carnet déco
    8 octobre 2015 at 13:15 (2 années ago)
    J’ai commencé près mon burn-out, à m’autoriser à pleurer, parce que j’ai enfin compris que ce n’est pas une faiblesse.. C’est juste une soupape… Rien, de se qui existe dans le corps humain, n’est inutile, tout à une fonction, alors pourquoi les empêcher d’agir?
    As-tu lu mon article ou je parle de se laisser couler pour mieux remonter? C’est comme ça que je fonctionne désormais, et c’est tellement plus facile (ou presque…) Je te le remet en lien au cas où, dis moi ce que tu en pense… Courage, si tu savais à quel point je sais ce que tu vis….
    http://www.mon-carnet-deco.com/wonder-maman-la-bienveillance-envers-les-autres-commence-par-soi-meme
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    • Pasquunemere
      30 octobre 2015 at 10:26 (2 années ago)
      Oui je l’avais lu et une phrase en particulier m’avait interpellée « Donnez-vous le droit à la faiblesse… Ce n’est pas une faute ». Tellement vrai mais tellement difficile à faire… Et pareil, de mémoire, la dernière fois que j’ai vraiment pleuré, c’était dans le cabinet de mon médecin qui enfin mettait un mot sur mon mal être : « le burn out »
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  5. Maud
    8 octobre 2015 at 16:37 (2 années ago)
    Mes parents ne nous ont jamais empéché de nous exprimer mais le probleme, dans une grande fratrie, c’est que si certains prennent de la place d’autre doivent s’effacer… j’ai donc rarement pu aller au fond de mes ressentis.
    D’ailleurs je m’applique a ne jamais demander à mon fils de se taire ou pleurer/rire/crier moins fort – et au contraire, je le pousse à sortir de lui tout ce qu’il a de profond.

    <3

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    • Pasquunemere
      30 octobre 2015 at 10:27 (2 années ago)
      Idem! J’en fais une de mes priorités dans l’éducation que je donne à mon fils : si tu as envie de pleurer, alors pleure et après dis moi ce qui se passe…
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  6. Sophie
    30 octobre 2015 at 11:06 (2 années ago)
    Depuis quelques années je M autorise à pleurer sans honte quand j en récent le besoin ça m aide à évacuer et à reprendre le dessus sur de bonne base mais avant ça j étais handicapée de la larme même à un enterrement je M interdisait de pleurer.
    Comme quoi le mental joue sur beaucoup de choses
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