Un deuxième enfant… Pour réparer ?

envie bébé 2

Depuis quelque temps maintenant, l’Homme et moi nous posons la question d’un deuxième enfant. Nous en discutons encore et encore sans jamais être en mesure d’arrêter notre choix.

Car, voyez vous, j’ai l’impression que décider de faire un deuxième enfant ne relève pas des mêmes mécanismes que pour un premier. Même si l’inconnu est présent pour tout enfant que l’on met au monde, l’expérience du premier apporte tout de même quelques éclairages sur ce qui nous attend. Mais là n’est pas le sujet de mon billet.

Je suis une personne qui se questionne beaucoup (trop ?). Et, au regard de mon introspection, je me demande dans quelle mesure faire un deuxième enfant ne serait-il pas un moyen de « réparer ».

Pour celles et ceux qui m’ont lue, vous aurez pu constater à quel point les premiers mois de vie de mon fils ont été difficiles. Nous avons mis beaucoup de temps à nous apprivoiser. Ce lien mère-enfant s’est créé lentement. Le handicap s’en est mêlé, générant beaucoup d’angoisse, ce qui n’est pas sans expliquer la façon dont j’ai vécu mon congé maternité.

Et cette envie d’un deuxième enfant me questionne : comment, au regard de tout ce que j’ai vécu, avoir ce désir ? La réponse qui me vient spontanément, c’est ce besoin de réparer. Or, je trouve cela totalement injuste : réparer auprès d’un deuxième enfant ce que l’on a fait subir au premier. Mes propos peuvent être perçus comme virulents. Or, c’est mon ressenti. Je suis honnête envers moi-même : je n’ai pas offert à mon fils une jolie entrée dans la vie. Certes, les choses se sont apaisées. Toujours est-il que les faits sont là.

Ce deuxième enfant, alors qu’il est seulement pensé, devrait avoir à porter tout ça… Et ça aussi, c’est injuste. Mais comment faire les choses autrement ? N’agissons nous pas en fonction de nos expériences passées ? Pourtant je culpabilise. Vis-à-vis de mon fils. De cet enfant qui a pâti de mon mal être. Sans rien n’avoir demandé à personne. Et ce deuxième enfant, à peine désiré qu’il doit déjà panser mes blessures…

A mesure que je pose ces mots, je m’interroge : sommes nous, enfin suis-je prête ? Déjà la question s’était posée pour notre fils. La réponse que nous avions alors trouvée à l’époque : nous ne serons jamais prêts. Que signifie être prêt ? Etre prêt à quoi ? Préparer oui mais prêt…

Un deuxième enfant : choix de raison, choix du cœur ?… Il va me falloir encore beaucoup cheminer. En parler encore et encore avec mon Homme. Parler pour exorciser. Parler pour évacuer. Parler pour concrétiser. Parler, parler, parler…

4 Comments on Un deuxième enfant… Pour réparer ?

  1. Happycountdown
    12 novembre 2014 at 13:23 (3 années ago)
    Ton billet me touche parce que même si le projet bébé 2 est lointain pour nous, je sais déjà que je voudrai « réparer » certaines choses (mon accouchement décevant, mon allaitement loupé, etc). Ce n’est pas sain mais c’est pourtant ce que je ressens au fond de moi…
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    • Pasquunemere
      13 novembre 2014 at 09:49 (3 années ago)
      Je pense que c’est humain finalement… Vouloir réparer les erreurs ou échecs passés…
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  2. Mum_issime
    12 novembre 2014 at 17:49 (3 années ago)
    Ne dit on pas souvent quand on parle du second à venir (futur proche ou lointain) « Avec le second je ferai ça différemment » …
    Je pense que, tout comme pour le premier on adore balancer des phrases genre « oh moi ça ? jamais » « la télé avec 6 ans, non mais bien sur non ça va pas » etc etc…, il est obligatoire d’avoir des pensées toutes faites pour le second aussi ! Tu penses que cela va réparer (et tu t’en réjouis comme tu t’en désoles) mais une fois qu’il sera là, je pense que tout s’envolera et que tu ne feras pas en fonction du premier, mais en fonction de ce nouveau qui rentre dans votre vie !
    On n’est jamais prêt effectivement… ni pour un premier, ni pour un second, et on n’a pas de mode d’emploi de la vie à 3, à 4 etc…
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    • Pasquunemere
      13 novembre 2014 at 09:54 (3 années ago)
      Tu as totalement raison! C’est un bel éclairage que tu m’apportes là! Je pense effectivement que, quand il/elle sera là, tout va s’envoler et je ferai, comme pour mon fils, comme je peux (en gardant tout de même l’infime espoir de faire mieux…)
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