En tant que maman, j’ai jugé…

wisteria lane

J’habite un petit lotissement, que je me plais parfois à surnommer Wisteria Lane. Je connais le prénom de mes voisins ainsi que ceux des enfants. Nous avons tous plus ou moins la trentaine et nos bambins ont sensiblement le même âge. Nous nous retrouvons parfois, en pleine rue (le bonheur d’habiter une impasse), à l’occasion d’un barbecue ou d’un apéro. Bref, un endroit où il fait bon vivre…

Sauf que parmi cette petite troupe, il est un couple qui questionne beaucoup. Une femme très lunatique qui peut, un jour, venir vous tailler la bavette et, le lendemain, vous ignorer au point de ne pas vous dire bonjour. Un mari toujours à l’extérieur, dans son jardin, en train de faire des travaux ou encore de la mécanique. Et un enfant plus que turbulent, qui cherche constamment des noises aux autres et qui s’exprime uniquement par l’agressivité.

Cette famille a été l’objet de beaucoup de questionnements : que peut-il bien se passer lorsque la porte est fermée ? Puis, une fois les questionnements posés, sont apparus les jugements. « Ils ne savent pas tenir leur enfant » ; « qu’ils sont laxistes ! » ; « il serait peut être bon qu’ils aillent rencontrer un psy… ». Ces vilains ragots, j’y ai participé. J’ai jugé cette famille, sans réellement la connaître…

Car, récemment j’ai appris, que cette famille était bel et bien en souffrance. Il y a quelques semaines, Madame a quitté le domicile, emportant avec elle leur enfant. Monsieur nous a alors appris que sa femme était violente avec lui. Et s’il était en permanence dehors, c’est parce qu’elle refusait qu’il soit là lorsqu’elle était présente. Bien sûr, ses propos sont à prendre avec modération car nous n’avons qu’une version des faits. Toujours est-il que la souffrance est bien là et palpable…

Alors je m’en suis voulue. J’ai jugé cette famille sans la connaître. Et j’aurais sans doute continué si je n’avais pas appris tout cela. J’ai fait tout ce que j’exècre : j’ai jugé cette mère et ce père dans l’éducation de leur enfant.

Cet évènement a été une véritable leçon de vie. On ne sait jamais ce qui se passe chez nos voisins. On ne sait jamais ce qui se passe chez nos amis. J’irais même plus loin, on ne sait jamais totalement ce qui se passe dans notre famille. A l’avenir, avant de dire quoique ce soit, il me faudra me rappeler cette histoire.

Au lieu de médire, juger, pourquoi ne pas gaspiller mon énergie à dialoguer, discuter, échanger ?  Car après tout, qui suis-je pour me permettre de critiquer autrui ?

6 Comments on En tant que maman, j’ai jugé…

  1. Rachel
    2 février 2016 at 17:53 (2 années ago)
    Ce n’est sûrement pas moi qui te jeterais la pierre… Car cela m’est arriver aussi de juger sans réellement connaître. Jusqu’au jour ou… :/ Au moins ça nous sert de leçon.
    Répondre
    • Pasquunemere
      3 février 2016 at 09:31 (2 années ago)
      Exactement! On vit, on apprend! Dommage d’en arriver là mais l’essentiel étant d’en tirer quelque chose…
      Répondre
  2. Cli
    2 février 2016 at 23:57 (2 années ago)
    Je n’aime pas juger ni ragoter, mais il faut bien le reconnaître cela nous arrive à tous.
    Je m’en veux en général après, c’est vrai on ne sait pas ce qui se passe chez les autres!
    Par contre j’imagine ton malaise, je n’ai jamais vécu de pareille situation.
    Répondre
    • Pasquunemere
      3 février 2016 at 09:31 (2 années ago)
      Oui en effet, je suis mal. J’imagine ce monsieur, seul, chez lui. Comme il doit être malheureux… L’occasion ne s’est pas encore présentée mais j’aimerais pouvoir discuter avec lui… J’attends les beaux jours; nous avons plus tendance à sortir…
      Répondre
  3. ptitecarotte
    5 février 2016 at 11:03 (2 années ago)
    ton billet m’a fait penser à celui-ci, qui m’avait beaucoup interpellé aussi :
    http://www.jaddo.fr/2015/09/21/demandez-vous/

    Je ne sais si c’est une histoire de nature humaine de juger, ou si c’est du fait de notre société mais je crois que tout le monde est dans le même cas. J’essaie vraiment de changer de mentalité là-dessus, mais putain que c’est dur parfois -les crocs de certains touristes parisiens me mettent tellement à l’épreuve 😉

    Répondre
    • Pasquunemere
      17 février 2016 at 10:46 (1 année ago)
      Je pense, en effet, que le jugement est dans la nature humaine… Pour exister, nous devons nous comparer aux autres. Et, malheureusement, notre cerveau surajoute à la comparaison de la critique :/
      Répondre

Leave a Reply