Mes humeurs

De l’importance d’être vraie…

 

Ma vie durant, j’ai porté un masque… Parfois consciemment, en guise de protection… Parfois inconsciemment, en guise de réflexe… Aujourd’hui enfin, je saisi l’importance d’être vraie.

De par mon éducation, mon environnement et ma personnalité, j’ai appris à maîtriser mes émotions. Surtout, j’ai appris à les camoufler. Ne jamais montrer que l’on peut être vulnérable au risque d’être abusée. Cet « adage », je le tiens de mes parents. Leur trajectoire de vie respective a fait d’eux des rocs. Dans toute leur bienveillance, dès ma naissance, ils m’ont appris à être un rocher…

Longtemps, j’ai cru que cet aspect de ma personne était une force. Etre capable de dompter ses émotions, rester pragmatique en toutes circonstances, manier l’humour comme mécanisme de défense. J’avançais dans la vie en suivant à la lettre ce mode d’emploi que l’on m’avait transmis, de bien des façons.

Il est bien des événements où j’ai pu m’apercevoir qu’il y avait des rouages dans cette mécanique à priori bien huilée. Ne pas pouvoir exprimer sa détresse quand elle est débordante, retenir des larmes qui s’agrègent en une boule douloureuse au fond le gorge, tenir debout lorsque l’on veut s’effondrer. Toutefois, je me relevais, renforçant ainsi l’impression de tenir le gouvernail de ma vie…

Récemment, j’ai eu une prise de conscience. Elle est survenue subrepticement, au détour d’un dîner entre amis. Nous discutions, de tout, de rien lorsqu’a été prononcée cette phrase, sans méchanceté aucune : « de toute façon, toi, tu te fiches de tout ». A cet instant, j’ai su. J’ai su que cela n’était plus possible…

La première émotion qui m’est venue à l’esprit est alors un immense sentiment de solitude : comment mes proches pouvaient ils avoir pareille représentation de moi ? Comment était-il possible qu’ils me connaissent si peu ? Comment pouvaient-ils être aussi éloignés de ce que je suis ? Au gré de mes questionnements, qui ont perduré des jours durant, j’ai compris…

Je ne donne pas accès à ce que je suis. Foncièrement. Depuis toujours, j’ai pris l’habitude de mettre un voile sur mes ressentis. Taire toute forme de fragilité, de vulnérabilité. Alors comment reprocher aux autres de ne pas accéder à ce coffre-fort émotionnel si je ne leur donne pas le code d’accès ? Comment leur en vouloir de ne pas me comprendre si, en leur présence, je porte ce masque qui met une barrière factice entre eux et moi ?

Alors depuis peu, j’ai décidé d’ouvrir les écoutilles. Et cela me coûte ! Beaucoup ! Il est presque « contre nature » pour moi d’exprimer mes émotions. Pourtant, cela devient vital. Je ne veux plus être une version faussée de moi-même. Je ne veux plus éprouver ce sentiment de solitude alors même que je suis entourée. Je ne veux plus reprocher aux autres de ne pas me comprendre alors que je leur ferme la porte au nez.

Car la vie est bien trop précieuse pour être gâchée par des facticités… Car le temps passe bien trop vite pour être empreint de regret… Car une vie ne peut être vécue dans la solitude…

Un commentaire

  • anais VERRAL

    coucou, je ne sais pas ce qui c’est passé mais je viens juste de voir ton article dans mes mails, il ne c’était pas mis a l’endroit de d’habitude. Bref je te rejoint tout à fait sur ce thème la. Déjà dans mon boulot je me doit de me blinder un peu aussi sinon je pleurerai très souvent ou autre lol. Après ressort souvent ce sentiment de tous porté, d’être forte et de ne pas se laisser abattre mais pourtant laisser sortir ses émotions c’est bon, c’est être humain tous simplement mais c’est pas toujours simple surtout en fonction des personnes que l’on a en face, on ne peut pas exprimer ses émotions avec tous le monde non plus mdr. voila c’est un long travail aussi

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