Je n’avais plus envie de le voir…

shouting yelling

Hier, une collègue et moi avons discuté « terrible two ». Pour avoir moi-même vécu ça avec mon fils, elle me demandait conseils et astuces pour gérer la situation. Me replonger dans cette période a fait remonter un tas de souvenirs tous plus désagréables les uns que les autres. « J’en étais arrivée à un point où je n’avais plus envie de le voir », voilà ce que j’ai dit à mon amie lorsque je senti la culpabilité qu’elle éprouvait face à l’ambivalence de ses sentiments à l’égard de sa fille.

La période d’opposition, du « non », du conflit permanent, du « terrible two » a duré presque une année par chez nous… Une bonne crise de pré-ado comme on les aime ! Un an, c’est long surtout lorsqu’on enchaîne conflits sur conflits. Alors oui, il y a des moments où je n’avais plus envie de voir mon enfant. Il est des jours où je ne voulais pas rentrer chez moi, des week-ends que je redoutais. Je n’étais pas enthousiaste à l’idée d’aller le chercher à la crèche. En résumé, mon fils me sortait par les yeux.

Lorsque j’exprimais ce sentiment auprès de mes amis, collègues, famille, la plupart me regardait les yeux écarquillés, choqués par mes propos : « comment une mère peut elle dire ça de son enfant ?!? ». La réponse est simple : c’est une question de survie psychique. Il m’était tout bonnement impossible de faire comme si tout allait. Je ne pouvais pas, avec ce que je vivais, tenir des propos du type « ce n’est rien, c’est mon fils, je l’aime quand même ». Non, à l’époque, je ne pouvais pas penser positif.

Voilà ce que j’ai dit à ma collègue hier : dis tout haut ce que tu penses tout bas car, sache-le, ceux qui te condamneront sont probablement passés par là. Si tu n’as pas envie de la voir, si tu en as assez de faire des efforts, si tu es épuisée de donner pour ne rien recevoir d’autre que du conflit de la part de ta fille, dis le à qui veut bien t’entendre, moi la première !

Ce n’est pas parce que nous sommes mères ou pères que nous devons garder un sourire béat à la simple évocation de nos enfants. Nous sommes humains avant d’être parent. L’amour inconditionnel oui, l’abnégation totale non.

9 Comments on Je n’avais plus envie de le voir…

  1. feliemonsters
    5 novembre 2015 at 11:38 (2 années ago)
    Je suis en plein dedans actuellement avec notre petite BOUH (monstre gentille n°4) et depuis son entrée en maternelle c’est comment dire, rock n’roll.
    Mais bon on est passé par là pour les 3 plus grands alors on relativise.
    Je ne ressens pas spécialement le besoin de vider mon sac auprès de mon entourage, mais je sais ce que sais, et je ne manque pas d’en parler si on me pose la question 🙂
    Par contre je suis chanceuse car chez nous, ça dure pas aussi longtemps, en 6 mois en général c’est bouclé (mais bien intensif 😉 )
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    • Pasquunemere
      5 novembre 2015 at 11:51 (2 années ago)
      6 mois, c’est déjà de la belle période en effet!! L’avantage quand tu as eu d’autres enfants, c’est que tu sais que c’est une phase… Quand c’est ton premier tu te dis : Oh punaise, j’en engendré le diable!!!! 😉
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  2. Emma June
    5 novembre 2015 at 11:46 (2 années ago)
    Très rare d’avoir un article aussi honnête (pas sur ton blog hein! en général! ).
    Nous c’était le Terrible 3 mais pareil, ça a été dur et il y a eu des jours où effectivement, tu te tâtes à le laisser un peu plus chez nounou lol.
    Aimer son enfant oui, mais parfois, nos limites physiques/psychologiques sont ébranlées, on n’est qu’humaines! Je tenais dans les moments difficiles en me disant que ca n’était qu’une phase et que ca allait passer (mais ca parait super looong!)

    Ceci étant, je suis totalement euphorique avec le Happy Four actuel de mon fiston…

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    • Pasquunemere
      5 novembre 2015 at 11:50 (2 années ago)
      Happy Four???? Qu’est ce donc??? Vends moi du rêve!!!!!
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  3. lauretteflechette
    5 novembre 2015 at 13:50 (2 années ago)
    Qu’il fait du bien ton article !! Moi j’en arrive presque le temps de quelques secondes de compatir avec les personnes qui les ont jeté par la fenêtre… 😉 Non trève de plaisanterie, j’ai aussi eu droit à ce « terrible two » et oui on peut pas gagner à tous les coups ! Et j’ai une question existentielle à vous poser… Aujourd’hui comment ça se passe ? Parceque j’ai besoin d’entendre que cela se calme un jour ! Enfin en tout cas merci beaucoup pour ce témoignage c’est rassurant de savoir que je suis pas la seule à voir enfanté un monstre des bacs à sable !
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  4. Maman Breizhou
    5 novembre 2015 at 23:08 (2 années ago)
    Que ça fait du bien de lire ton article et même les autres.
    Il n’y a rien de pire que de ne pas pouvoir dire ce qu’on pense parce qu’on se fait juger.
    Alors OUI! Moi aussi parfois Poupette me sort par les yeux, 22 mois et en plein test, opposition, non tout le temps… Ce n’est pas facile tous les jours en effet 🙂
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    • Pasquunemere
      9 novembre 2015 at 12:03 (2 années ago)
      Oh non! C’est même souvent très difficile! Alors pourquoi, sous prétexte qu’ils sont nos enfants, ne pourrait on pas se plaindre?… Au contraire, l’ambivalence des sentiments est le fondement même de l’etre humain!
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  5. Sandrine, Mon Carnet Deco
    6 novembre 2015 at 10:18 (2 années ago)
    Entièrement d’accord, à 100%, arrêtons de nous cacher derrière des sourires de façade, montrons la vie, la vraie ^^
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    • Pasquunemere
      9 novembre 2015 at 12:02 (2 années ago)
      Exactement! Ce n’est pas mentir aux autres qui fait le plus de mal, c’est se mentir à soi même! 😉
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