La culpabilité et moi : une grande histoire d’amour…

culpabilité

S’il est une relation que j’entretiens particulièrement, c’est celle que j’ai avec la culpabilité. Des années et des années que je cultive ce désamour qui nous unit. La culpabilité, vois tu, je suis tombée dedans lorsque j’étais petite.

En réalité, tout ça n’est que le résultat d’un conditionnement intensif de la part de ma chère maman. J’adore ma mère. J’aime la relation que nous avons. J’apprécie la complicité qui nous unit. Mais, ma mère reste avant tout un être humain avec ses failles, ses angoisses. Même si je pense qu’elle m’a préservé de pas mal de travers transgénérationnels, il est une chose qu’elle n’a pas pu réprimer : l’art de la culpabilité. Par exemple :

  • Nous te mettons en école privée et tu ne travailles pas. Sais tu combien ça nous coûte ? Sais tu à quel point il faut que je travaille et à quel point cela me fatigue ?
  • Tu as eu un accident avec ta voiture. Et ben voilà, on va devoir annuler nos vacances pour réparer tes bêtises (ce qui est totalement faux)
  • Je suis ta mère et tu ne te rappelles même pas que j’avais rendez vous chez le dentiste ???
  • Etc.

Et ceci n’est absolument pas caricaturé. Je ne lui en veux pas. Elle est comme ça. C’est ma mère mais elle est humaine avant tout. Et donc, elle a des qualités mais aussi des défauts. Il m’a fallu du temps pour comprendre qu’elle me menait par la culpabilité. Et il m’a fallu encore plus de temps pour m’en défaire. Elle essaie toujours mais, aujourd’hui, ses tentatives sont vaines.

Sauf que bah moi, je me suis construite comme ça. La culpabilité fait partie de moi. Même si je la combats, je la ressens pour tout, souvent :

  • Je laisse mon fils à la crèche alors que je suis en repos –> culpabilité (même si c’est pour faire les courses, ménages, rendez-vous divers et variés)
  • Je sors prendre un verre avec des copines (comme ce qui est prévu ce soir par exemple) –> culpabilité vis-à-vis de l’homme qui va se retrouver seul avec son fils (et qui ne m’en tiendra en aucun cas rigueur, bien au contraire)
  • Je suis en week end, ma maison est propre, le tout p’tit à la sieste, tout est nickel, je peux me poser –> culpabilité (et oui, il doit bien y avoir quelque chose à faire plutôt que de glander sur le canap’)

La culpabilité malmène. La culpabilité tiraille. Même si je me fais violence pour aller au-delà, ma pensée ne peut s’empêcher de s’y adonner. Je pense que, malheureusement, elle et moi sommes intrinsèquement liées.

Toutefois, là où j’ai un gros avantage vis-à-vis de ma mère, c’est que moi j’en ai conscience. Et cela est une richesse dans la mesure où je pourrai éviter de reproduire avec mon fils (autant que faire se peut). Il est un âge où l’on peut se détacher de la toute puissance parentale. Il est un âge où l’on peut les voir tels qu’ils sont, dans toute leur humanité. J’ai déjà bien suffisamment de défauts pour me rajouter en plus celui d’apprendre la culpabilité à mon enfant…

10 Comments on La culpabilité et moi : une grande histoire d’amour…

  1. CompletementNad
    17 décembre 2014 at 15:57 (3 années ago)
    Alala cette relation mère fille, bien compliqué tout ça! j’ai l’impression que tu décris ma maman (que j’adore plus que tout). Je pense que notre relation fusionnelle, que j’ai toujours eu avec elle, a du bon comme du moins bon. Je suis enfant unique alors peut être ceci explique cela… Tu es enfant unique toi aussi?
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    • Pasquunemere
      18 décembre 2014 at 10:19 (3 années ago)
      Oui, enfant unique également. Et de la même façon, pendant très longtemps, nous avons vécu une relation fusionnelle… Comme tu le dis, c’est sans doute une piste de réflexion…
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  2. Aurélie
    17 décembre 2014 at 16:20 (3 années ago)
    Oh comme je te comprends, je suis pareille c’est pesant au quotidien. Courage 🙂
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    • Pasquunemere
      18 décembre 2014 at 10:19 (3 années ago)
      Ah oui, ça te parle aussi 😉 Comme tu le dis, ça peut être pesant au quotidien… Il faut faire un vrai travail pour parvenir à se détacher de tout cela…
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  3. anyo
    17 décembre 2014 at 23:26 (3 années ago)
    Quand tu culpabilises sur ton canapé car tu n’as rien à faire, passe à la maison car je suis toujours en pause mais rien n’avance 😉
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    • Pasquunemere
      18 décembre 2014 at 10:22 (3 années ago)
      Hihi! J’y penserais!
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  4. fafa expat
    18 décembre 2014 at 01:27 (3 années ago)
    C’est marrant ma mère aussi est comme ça. Mais tout comme toi je ne lui en veux pas, même si parfois je lui reproche de m’avoir refiler certaines de ses angoisses, elle est comme elle est et c’est une maman merveilleuse.
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    • Pasquunemere
      18 décembre 2014 at 10:25 (3 années ago)
      C’est tout à fait ça. Nos parents, aussi aimants et bienveillants soient ils, restent des humains avec leur lot d’angoisse. Même s’ils essaient de nous préserver de leurs failles (comme, je l’imagine, nous tentons de le faire également avec nos enfants), il n’empêche qu’il est des éléments de notre personnalité qu’il est impossible de réprimer…
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  5. Cendra
    27 décembre 2014 at 14:17 (3 années ago)
    Je compatis! ….
    Comme tu le dis, tu en as conscience, ça permet de briser ce cercle vicieux intergénérationnel!
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    • Pasquunemere
      27 décembre 2014 at 16:58 (3 années ago)
      Oui être conscient de ses « tares » pour mieux les combattre, tout un programme… Même si c’est loin d’être évident 😉
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