Le temps qui passe…

horloge

« Si cela ne tenait qu’à moi, j’attendrais encore quelques années… ». Voilà ce que m’a confiée une amie hier lors de notre déjeuner. Elle m’a fait part du fait qu’elle comptait arrêter son mode de contraception d’ici peu afin de mettre en route la « machine à bébé ».

Bientôt 31 ans, des amis pour la majorité déjà parents d’un ou plusieurs enfants, une maison, un travail, tous les éléments semblent en effet réunis pour que naisse chez elle cette envie. Sauf que ça n’est pas le cas. Enfin pas vraiment. L’envie est là certes, mais elle n’est pas encore assez impérieuse. Alors pourquoi forcer les choses ?

« Mes parents ne sont plus tout jeunes. Si je veux qu’ils puissent profiter de leurs petits enfants, je ne dois plus tarder ». Triste réalité ? Oui. Mais réalité quand même ! En effet, l’accès à la maternité peut être motivé par plusieurs éléments. Et voir ses propres parents vieillir peut en faire partie…

Est-ce cependant une bonne raison ? J’entends ce que me dit mon amie et je la comprends. Loin de moi l’idée de juger ses choix. Mais, je me suis toutefois permise de la questionner : ce que représente le fait de devenir maman à ses yeux, comment elle s’imagine une vie avec enfant, de quelle façon elle appréhende ce futur quotidien, etc. Et nous avons discuté, encore et encore, de ce vaste sujet qu’est la maternité. Finalement, beaucoup d’angoisse est ressortie de cette conversation. Invoquer le choix de « satisfaire ses parents » semble être le seul levier lui permettant de dépasser ses angoisses pour passer à l’acte.

Discuter de tout cela semble l’avoir apaisée. Quant à moi, cela m’a fait réfléchir. Cette question de voir ses parents vieillir mérite-t-elle vraiment d’être prise en considération lorsque l’on parle d’accès à la maternité ? Ne devient-elle pas encore plus impérieuse lorsque l’un de ses parents est souffrant ? Peut-on alors parler d’un « vrai » projet bébé ou du fait de « faire un enfant pour ses parents » ?

Et toi, tu penses quoi de tout ça ? Le temps qui passe a-t-il pesé dans la balance dans tes projets ?

11 Comments on Le temps qui passe…

  1. anyo
    28 mai 2015 at 10:36 (2 années ago)
    Bon là tout ce qui me vient en tête en lisant ton article c’est la chanson du groupe Alliage « le temps qui court »… je vais l’avoir dans la tête toute la journée…
    J’avais 23ans pour l’aînée, on ne s’est pas posé la question! C’était plus de l’insouciance/innocence/folie mais une envie forte partagée depuis longtemps! Mais chaque personne à son histoire et ses raisons. Il faut simplement pouvoir en parler et penser à soi quand même! Heureusement qu’elle t’as cette amie!
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    • Pasquunemere
      28 mai 2015 at 11:42 (2 années ago)
      L’abus de mojito est dangereux pour les neurones : risque de boys bandonite aiguë! Plus sérieusement, comme tu le dis, chacun/chacune a ses raisons plus ou moins élaborées! A nous ensuite de faire le point sur nos motivations profondes…
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  2. Emma June
    28 mai 2015 at 10:48 (2 années ago)
    Je n’aurais jamais pensé faire un bébé pour mes parents ou autres… (d’ailleurs ils s’étaient résignés à ce que je sois « no kids »).
    Par contre, le temps qui passe a joué pour moi: m’imaginer vieillir, voir que le temps défilait à la vitesse de l’éclair , je crois que c’est ce qui m’a donné le déclic. Je me suis dis  » si tu veux changer d’avis, c’est maintenant » car je ne voulais pas être une « vieille » maman (l’ayant vu et vécu par intermédiaire, je trouvais cela trop dur pour l’enfant et le parent).
    Bref, un enfant c’est quand même un gros cap donc à ne pas prendre à la légère…
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    • Pasquunemere
      28 mai 2015 at 11:44 (2 années ago)
      Ah tiens, les miens aussi s’étaient résignés à ce que je sois no kids! Et en effet, le temps qui passe n’est pas innocent dans nos prises de décision… Et d’ailleurs parfois c’est plutôt positif dans la mesure où il nous permet de passer à l’acte!
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  3. Estelle
    28 mai 2015 at 11:21 (2 années ago)
    C’est effectivement une bonne question, le pourquoi on fait des enfants. Personnellement, je dirais qu’il vaut mieux les faire parce qu’on le souhaite plutôt que pour faire plaisir à quelqu’un ou pour répondre à une norme imposée par la société, parce que, lorsqu’ils sont là, c’est nous-mêmes qui les assumons et qu’ils changent notre vie et pas tellement celle des autres. Après c’est certain que le moment de faire un enfant est plus ou moins conditionné par l’horloge biologique.
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    • Pasquunemere
      28 mai 2015 at 11:50 (2 années ago)
      Exactement!!! J’avais d’ailleurs rédigé un article sur cette fichue norme que nous impose la société! Tout cela engendre parfois un tel flou dans nos cerveaux qu’on en vient à ne plus savoir pour qui ni pour quoi on fait les choses. D’où l’importance de prendre le temps de se poser et d’en parler…
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  4. lacafouine
    28 mai 2015 at 11:41 (2 années ago)
    Je me reconnais assez dans les propos de ton amie, sauf que moi je n’ai pas pris la décision. Et bébé est arrivé par surprise, à mes 40 ans… et je crois que c’est ce qu’il me fallait, même si ce fut pour le coup un peu tardif, une arrivée non planifiée, un bousculement imprévu; j’avais bien trop les miquettes de prendre la décision!
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    • Pasquunemere
      28 mai 2015 at 11:52 (2 années ago)
      Mais c’est ça!! Le prise de décision impossible! C’est exactement ça qui concerne mon amie! Elle réfléchit énormément, essaie de tout anticiper, contrôler. Elle s’angoisse beaucoup… Du coup se dire « mes parents sont en train de vieillir » est sans doute LE levier qui va lui permettre de passer à l’acte!
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  5. Maman Breizhou
    5 juin 2015 at 09:50 (2 années ago)
    Moi ce qui a pesé dans la balance, c’est l’envie de mon conjoint d’avoir un enfant et l’entourage qui n’arrête pas de te demander « c’est pour quand ? ». J’avais 27 ans quand j’ai arrêté la pilule et suis tombée enceinte peu de temps avant mes 28 ans.
    Je pense que j’ai « cédé » sous la pression…
    J’avais envie d’avoir un enfant, mais honnêtement je n’étais pas encore prête. J’avais une vie active très remplie (travail, assos…) et depuis que j’a
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  6. Maman Breizhou
    5 juin 2015 at 09:54 (2 années ago)
    suite…
    et depuis que j’ai ma fille j’ai du freiner certaines choses qui me tenait à cœur.
    Je peux du coup comprendre le fait de faire un enfant pour que les grands-parents en profitent un peu.
    C’est aussi pour que le père de mon conjoint en profite car il peut ne pas la voir grandir beaucoup.
    Alors comme dans ton article « oui parfois j’ai regretté », oui je regrette parfois d’avoir cédé sous cette pression de faire un enfant. Je regrette parfois car j’ai fini par être épuisée, à bout de force, à pleurer pour un rien alors qu’avoir un enfant doit être une joie immense.
    Oui je voulais un enfant, mais j’aurai pu attendre 3 ans de plus…
    Maintenant, j’ai une fille magnifique, mignonne, (mi ange mi démon…), et je ne regrette pas d’avoir cédé car qui sait quel enfant j’aurais eu 3 ans plus tard ? 🙂
    Maintenant, on me met la pression pour le deuxième. Cette fois-ci, c’est moi qui décide et pour le moment il est hors de question que j’en fasse une deuxième, malgré les « oh mais tu dis ça parce que tu es fatiguée, tu changeras d’avis », « c’est bien d’en avoir deux comme ça ils s’occupent ensembles »… NON ! Je ne cèderai pas si je n’ai pas envie.
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    • Pasquunemere
      8 juin 2015 at 11:06 (2 années ago)
      Et tu as bien raison!!!
      Je pense que nombreux sont les parents qui ont fait des enfants sous la « pression » : sociétale, parentale, biologique, etc. Je pense que, moi même, je n’ai sans doute pas échappé à la règle 😉
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