L’inassimilable…

puzzle cerveau

Mon premier article après tout « ça » ne pouvait être qu’à mon image : par la raison. Attention, je ne prétends pas être maître Yoda, bien au contraire. Mais ma manière de réagir face aux événements « traumatiques » est d’intellectualiser c’est-à-dire d’étouffer mes émotions pour laisser place à la théorisation…

Aujourd’hui, j’ai donc envie de te faire part de mon analyse de ce que je vois. Pas mon analyse des évènements. Ouh la non ! Mon cerveau n’est pas du tout paramétré pour ça (d’autant qu’avec tout ce que je bouffe en ce moment, il baigne dans l’huile le pauvre). Mais de ce que je peux voir, entendre, lire de mon entourage (proche et moins proche).

De part et d’autre, j’observe des réactions toutes plus différentes les unes que les autres :

  • Celui qui reste branché H24 sur la chaîne info pour connaître le moindre détail de la situation
  • Celle qui ne peut contenir son émotion face à tout cela car elle se sent touchée au plus profond de son intégrité
  • Cet autre qui, pensant tenir un scoop, donne dans la fausse information
  • Lui qui est à la recherche de la moindre photo prise ce soir là
  • Et elle qui dit qu’elle fait le choix de ne plus sortir car elle est tétanisée par tous ces événements…
  • Etc.

Toutes ces réactions, lorsqu’elles ne collent pas aux nôtres, peuvent paraître disproportionnées, déraisonnables voire même exagérées… Pourtant, selon moi, ces réactions sont l’œuvre du cerveau qui travaille à assimiler l’inassimilable. Car ce qui s’est passé vendredi est de l’ordre de l’inassimilable… Guerre, attentat, kamikaze, sont des termes que nous connaissons théoriquement mais qui n’ont pas de « représentation » dans notre psychisme. Si je vous dis « chat », « gâteau » voire même « accident de voiture », vous arriverez en fermant les yeux à vous imaginer les choses. Mais cela n’est pas le cas pour les termes « guerre », « attentat », « kamikaze ». Enfin ça n’était pas le cas, jusqu’à récemment…

Nous avons donc été tous dans l’obligation de réagir face à ces évènements. Certains ont émis le souhait d’en parler encore et encore jusqu’à épuisement. D’autres ont laissé aller leurs émotions afin de se décharger d’une trop grosse peine. Mais il y a aussi ceux qui ont pris le parti d’en rire, de se rassembler, de manifester, … Et puis la vie reprend son cours progressivement pour d’autres. Mais ça n’est pas le cas de tout le monde. D’autres sont encore figés dans l’effroi, dans la haine, dans l’incompréhension. Il ne s’agit pas pour moi de faire un catalogue de toutes les réactions possibles mais de démontrer une chose : il est autant de réaction possible qu’il n’est d’être humain…

Face à l’inassimilable, plusieurs éléments entrent en considération : nos traits de personnalité, notre niveau de connaissance de la situation, nos mécanismes de défense, notre degré d’implication, autant de paramètres qui contribuent à susciter des réactions allant du « trash tragique » à « l’indifférent vindicatif ».

Aucun être humain n’a le même bagage cognitif, affectif, social qu’un autre. Ce qui explique que, parfois, nous ne comprenons pas les réactions de nos semblables. Mais ce qu’il me semble important de garder en mémoire, c’est que chacun fait comme il peut avec les moyens qu’il a… Ce qui me semble exagéré peut te sembler complètement approprié et réciproquement.

Alors que faire de tout cela ? Et bien j’ai envie de te dire : fais en ce que tu en veux. Pour ma part, même si évidemment il m’arrive d’être dans le jugement, je garde ces dits jugements pour moi. Même s’il m’arrive de lever les yeux au ciel en lisant tel ou tel commentaire sur les réseaux sociaux, je ne vais pour autant pas commenter. Même si j’entends ce qui me semble être une absurdité dans une conversation, je vais simplement m’en aller. Je me mets en retrait. Car j’ai fait ce choix là. Le choix de ne pas me perdre dans tout cela…

1 Comment on L’inassimilable…

  1. anyo
    19 novembre 2015 at 15:03 (2 années ago)
    Merci pour cet article sans jugement.
    Depuis vendredi soir je ne dis plus rien. Par manque d’envie et avec le besoin de ne froisser personne.
    Je pratique le « ne rien dire » au risque de paraître lâche pour certains….
    Bon goûter (c’est bientôt l’heure)
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