Entre l’inné et l’acquis : quelles frontières ?

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Voilà un débat vieux comme le monde. Quelle est la part entre Inné et acquis dans le comportement ? Vaste sujet… Si j’en suis arrivée à me poser ces questions, c’est une fois de plus grâce au tout p’tit (qu’est ce qu’il m’inspire cet enfant…).

Pour celles et ceux qui me suivent, vous savez que depuis peu mon fils a fait son entrée à la crèche. J’ai donc pu observer son comportement en collectivité. Et là, les choses se sont révélées peu probantes je dirais. En effet, chaque soir, lorsque je vais le récupérer, je le retrouve seul à jouer dans son coin. Il ne semble pas malheureux mais il semble simplement préférer rester seul. Dois je en déduire que le tout p’tit est quelqu’un de solitaire ? Est-ce nous, ses parents, qui avons induit ce trait de caractère chez lui ? Il a jusqu’alors été très peu en contact avec d’autres enfants. Mais si tel avait été le cas, aurait il été plus enclin à aller vers autrui ? Cela reviendrait à dire que l’environnement que nous proposons à nos enfants contribuerait à façonner ce qu’ils sont… Ca met la pression non ?

De la même façon, nous trouvons l’homme et moi-même que le tout p’tit est quelqu’un d’assez nerveux. Etant nous-mêmes des personnes quelque peu stressées, nous pensons logiquement que, de par notre attitude, nous avons contribué à cet état de fait. Vision des choses quelque peu négative vous ne trouvez pas ? « Je suis stressé, c’est de famille ». La nervosité serait-elle une donnée inter-générationnelle ? Une sorte d’héritage ? Mais finalement cela ne s’appliquerait-il pas à tous les traits de caractère possibles et imaginables :

–          Je suis peureux comme ma mère

–          Je suis colérique comme mon père

–          Je suis susceptible comme ma grand tante

Moi-même je suis la première à dire que si je suis autant angoissée c’est à cause de ma mère. Comme si moi, je n’y pouvais rien. Il ne s’agit pourtant pas là d’une maladie héréditaire… D’ailleurs il m’a rarement été donnée l’occasion d’entendre quelqu’un me dire qu’il est généreux, joyeux, bienveillant ou encore fidèle comme tonton René. L’être humain a en effet tendance à s’attribuer ses qualités et rejeter ses défauts sur autrui. C’est un mécanisme de défense des plus banals.

Bref, tout ça pour dire quoi ? Et bien que je n’ai pas envie de transmettre mes propres « tares » à mon fils. Angoissée, autoritaire, têtue, nerveuse, là sont mes principaux défauts je pense (je vous vends du rêve là). Je ne souhaite pas que le tout p’tit hérite de tout cela. Mais alors comment faire ? On le sait, l’arrivée d’un enfant change tout. Mais est-il possible de changer une personnalité ? J’aime à croire que oui. Je veux penser que le tout p’tit fera de moi quelqu’un de meilleur. Il ne s’agit pas de devenir une espèce de wonderwoman (au quotidien cela risquerait d’être très chiant). Mais de simplement lui offrir les conditions optimums pour que lui puisse se construire sa propre personnalité sans le parasiter. Bien sûr l’acquis a un rôle à jouer. L’environnement que nous allons lui offrir, les activités que nous allons lui proposer, les moyens que nous allons lui donner, les valeurs que nous allons lui transmettre vont bien évidemment l’aider dans sa quête de lui-même (la vache, c’est beau !).

Finalement, que retenir de tout ça ? Et bien que cette question de l’inné et de l’acquis est-elle réellement importante ? La préoccupation ne devrait elle pas plutôt se situer ailleurs ? A savoir offrir le meilleur pour nos enfants : le meilleur de nous avec tout ce que cela implique en termes de personnalité, de moyens, d’ouverture vers le monde, de valeurs, etc. Sacré challenge n’est ce pas ? Le plus gros qui soit à mes yeux…

Etre parent c’est aussi ça : un juste milieu entre être soi même tout en laissant la place à son enfant pour qu’il grandisse et se construise…

Bon, je viens de me relire et je pense qu’il est grand temps que la journée se termine pour moi. Quand je suis fatiguée, je divague. Et aujourd’hui, je suis très fatiguée. Promis, je reviens très vite avec des choses bien plus légères…

1 Comment on Entre l’inné et l’acquis : quelles frontières ?

  1. manganeseetautreselements
    7 septembre 2014 at 18:04 (3 années ago)
    C’est une réflexion très intéressante qu’on a aussi souvent avec le Père. D’autant qu’entre l’innée et l’acquis, j’ai découvert une troisième composante en lisant un article récemment, qui s’appelle l’épigénétique. En gros, un caractère acquis qui se transmet par des marqueurs génétiques, comme justement un stress dans une situation particulière. Merveille de l’évolution et de l’adaptation. Mais qui te met bien la pression à toi, parent humain.
    Tout comme toi je pense que le principal et de toujours faire de notre mieux pour transmettre le meilleur de nous-même à nos enfants. J’espère transmettre au Petit ma curiosité, mon amour des livres, ma joie d’apprendre. Quant à l’angoisse, à l’impatience, à l’autorité… j’essaie de les réfréner au maximum mais je ne me fais pas d’illusion non plus, c’est moi, je suis comme ça. Et après tout je n’ai pas hérité de TOUTES les tares de mes parents, alors hein ! (oui maman, je t’aime, même quand tu es en colère et qu’on sait pas pourquoi).
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