Et si l’on essayait de se comprendre…

enfant qui tape

Deuxième billet aujourd’hui mais j’en ai un peu gros (ça change de mon article du matin). Vois-tu, je viens de discuter avec une amie. Et c’est tout naturellement que le sujet des enfants est venu sur le tapis.

Cette dernière a une fille du même âge que mon troizan. La petite a également fait son entrée à l’école cette année. Et, selon la maman, il y aurait une fillette dans la classe qui serait « perturbatrice ». Si tu suis les soucis de comportement de mon fils, tu te doutes qu’il ne m’en fallait pas moins pour réagir…

Lorsque je lui ai demandé de m’en dire davantage au sujet de cette petite, elle m’a décrit une enfant agitée, qui pousse et, parfois, en vient aux mains avec ses camarades (dont sa fille). Elle m’a alors avouée être à deux doigts de convoquer maîtresse, directrice, parents et psychologue scolaire afin de régler le problème.

Avant de réagir, je lui ai demandé quelles étaient ses attentes vis-à-vis d’une telle entrevue. Elle m’a alors dit qu’elle souhaiterait que la maman soit recadrée dans son rôle et que, de ce fait, le comportement de sa petite irait peut être mieux…

Quelle ne fût pas ma réaction… La première chose que je lui ai répondu c’est « mais tu te rends compte que c’est moi que tu convoques là ? ». Elle n’est pourtant pas sans savoir les soucis de comportement que mon troizan rencontre à l’école. Elle connaît ma détresse vis-à-vis de cela. Elle sait à quel point je suis démunie, désarmée. Mais voilà, là, sa fille est concernée puisque victime de la « fillette agressive ».

Alors évidemment, je ne peux que comprendre à quel point ce doit être difficile de voir son enfant victime de violence. J’ignore la façon dont je réagirai. Mon fils, même s’il est plus souvent agresseur, a lui-même été victime. Et je n’ai pas souvenir d’avoir accusé les parents (peut-être parce que je suis l’un d’eux).

Par contre, ce qui me gêne dans tout cela, c’est la réaction de mon amie : convoquer la maman afin de la recadrer. Alors je lui ai expliqué, le plus calmement du monde, que ce n’est pas parce qu’un enfant est violent que son parent est : violent/malmenant/défaillant/absent/etc.

Il arrive qu’il y ait des enfants violents tout simplement parce qu’ils ne tolèrent pas la frustration. Ou encore parce qu’ils ne parviennent pas à verbaliser. Mais aussi parce qu’ils ne contrôlent pas leurs émotions. Voire même parce qu’ils souffrent de troubles ou pathologies.  Il est tout un tas de raisons pour lesquelles un enfant peut se montrer agressif sans pour autant que le parent soit directement responsable….

Alors, à toi mon amie, je t’en prie, réfléchis bien avant de demander cette entrevue… Car tu risquerais peut-être de blesser encore davantage un cœur de maman déjà bien meurtri…

Ps : je te prie de bien vouloir excuser le côté décousu de mon billet mais il est difficile pour moi de trouver les mots « justes » pour évoquer ce sujet qui me semble bien délicat…

4 Comments on Et si l’on essayait de se comprendre…

  1. anyo
    3 février 2017 at 00:25 (7 mois ago)
    Je trouve ta réponse très intelligente !
    Être une mère n’est jamais facile. On a toujours peur que notre enfant soit agité et/ou victime….
    J’ai souvent « recadré » des parents demandant le recadrage de la partie adverse mais ce n’est jamais simple !

    Je l’aime bien ton billet, je le garde en tête pour mes prochains rdv de parents !

    Répondre
  2. Emma June
    3 février 2017 at 08:56 (7 mois ago)
    Alors, je te comprends ET je comprends tout à fait que les parents ne sont pas toujours à l’origine de la violence de leur enfant.
    Mais, mon fils ayant été victime (plus d’un an) je t’assure que là non plus, tu ne peux pas rester sans rien faire. Imagine ton fils pleurant tous les jours, ayant même des traces ou te disant qu’il s’est retrouvé face contre terre dans la cour…
    Alors RECADRER, ca n’est pas du tout le terme que j’emploierais et ca n’est pas du tout ce que j’ai fait d’ailleurs. Mais plutôt ALERTER et non, ca n’est pas anodin (d’un côté comme de l’autre d’ailleurs) . Donc, comme tu le dis, chaque parent doit comprendre l’autre .

    Et pour le reste, la sécurité de mon enfant, et bien je l’ai remise à l’école et leur ai demandé de bien vouloir veiller à les séparer le temps que l’enfant agresseur trouve un moyen de canaliser sa violence. D’ailleurs, à ce jour, ils sont toujours dans la même classe et ça se passe bien.

    Répondre
    • Pasquunemere
      3 février 2017 at 10:29 (7 mois ago)
      Oh mais comme ta réaction est légitime! J aurais sans doute agi de la même façon! Ce qui me gênait dans l’approche de mon amie c’était son optique de « recadrer la maman dans son rôle éducatif », comme si elle était forcément responsable du comportement agressif de son enfant. Je suis contente de voir que les choses se sont apaisées pour ton fils. C’est primordial de savoir son enfant en sécurité
      Répondre
  3. aloréedubois
    3 février 2017 at 12:34 (7 mois ago)
    ces mots me font réfléchir… Moi aussi j’ai déjà eu la même réaction que votre amie. quand c’est notre sang et notre chair, on a du mal à encaisser…
    Mais il ne faut pas oublier qu’on peut tous à un moment ou un autre être le parent d’un enfant perturbateur.
    Répondre

Leave a Reply