Mon accouchement, jour 2 : la patience est l’art d’espérer…

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Ils ont remarqué des troubles du rythme cardiaque chez le tout p’tit. Rien d’inquiétant selon elle, juste un petit raté (le rythme du cœur décélère très fortement pour revenir à la normale). Le personnel médical souhaite donc me garder pour la nuit afin de s’assurer que c’est bénin. Selon ce que me dit la sage femme, je pourrai rentrer chez moi le lendemain matin. Nous voilà donc parti pour une nuit à l’hôpital…

Nous sommes accompagnés à l’étage où se trouvent les chambres des femmes ayant déjà accouché. Mon homme et moi, partisans de l’humour à toute épreuve, trouvons la situation assez coquasse. Venus pour un rhume, on se retrouve en suite de couches. Nous sommes toutefois rassurés de savoir que nous regagnerons le domicile conjugal dès le lendemain (enfin dans quelques heures étant donné que la nuit est déjà bien entamée).

Nous restons ensemble toute la nuit, lovés dans les bras l’un de l’autre sur le petit lit de l’hôpital (et avec mon énorme bidon, c’est loin d’être une mince affaire !).

A l’aube, une sage femme vient me voir afin de m’installer un monito, le dernier avant la délivrance ! Je reste encore allongée pendant de nombreuses minutes. Le son des battements de cœur du tout p’tit est nettement moins mélodieux que par le passé. Avec mon homme, nous sommes à l’affût du moindre signal déconnant ! Nous discutons de tout et de rien quand le monito émet un bruit strident au possible. Nous comprenons très vite qu’il y a un souci, les battements du cœur du bébé ayant chuté de manière considérable (ce qui a déclenché l’alarme de la machine). Puis, en l’espace de quelques secondes, retour à la normale. Une sage femme vient éteindre la fameuse alarme qui résonne dans tout le couloir. Rien de plus anxiogène que ce son ! Elle tente de nous rassurer en nous disant que, 99% du temps, le rythme cardiaque du tout p’tit est parfaitement normal. Ce sont juste ces petits ratés qui les intriguent. Un médecin va passer nous voir dans la matinée. Mon homme prend soin d’appeler son employeur afin de lui expliciter la situation. Ce dernier, très compréhensif, l’encourage à rester à mes côtés.

En fin de matinée, le médecin vient nous voir. Très froid, il nous explique que, compte tenu de la situation, ils ne peuvent pas prendre le risque de me laisser rentrer. Je m’en doutais mais, malgré tout, entendre ces mots me font prendre conscience de la gravité de la situation. Il m’explique que je vais devoir passer plusieurs heures sous monito afin de surveiller tout ça.

Un peu sonnés, mon homme et moi tentons tant bien que mal de faire face. Au pire, s’il se passe quelque chose de grave, nous ne pouvons pas être plus en sécurité qu’à l’hôpital.

Je lui demande d’aller me récupérer quelques affaires à la maison. Et oui, partant du principe que j’allais rester quelques heures uniquement, je n’ai pas pris de quoi me laver, me changer, etc.

La journée se passe tranquillement. Nous nous baladons dans l’enceinte de l’hôpital, allons à la cafétéria, bouquinons quelques magasines, etc.  Nous retournons en chambre pour un monito. Au taquet cette fois sur les battements du bébé, c’est tout juste si nous pensons à respirer. Nous attendons encore et encore et puis … rien ! Monito OK ! RAS du côté du rythme cardiaque : «  un tracé comme on en voit dans les livres » me dit la sage femme. Et là c’est comme si on te retirait un poids de 20kg de sur ta poitrine. Toutefois, l’équipe souhaite me garder encore cette nuit pour me refaire un contrôle. Au point où j’en suis…

Je missionne l’homme d’aller se reposer à la maison. Vu la tournure que prennent les évènements, mieux vaut prendre des forces. Je le rassure toutefois sur le fait qu’au regard du dernier monito, il peut partir l’esprit tranquille.

De mon côté, je me retrouve dans cette grande chambre. La solitude s’abat sur moi. Je décide de me coucher tôt espérant chasser de mon esprit toutes ces pensées négatives qui m’assaillent. Contre toute attente, je trouve rapidement le sommeil.

En pleine nuit, je me vois réveillée par une sage femme qui vient pour le fameux contrôle. Je me demande bien la nécessité que celui-ci soit effectué à une telle heure mais je me laisse faire. Je demande juste à ce que l’on coupe ce bruit des battements du cœur que je ne supporte plus. Je me sens persécutée par eux, comme s’ils allaient nécessairement être porteurs de mauvaise nouvelle.

Je reste donc dans mon lit, allongée sur le côté gauche (« car c’est mieux pour le bébé ») et ce pendant un très très long moment. A force de rester dans cette position, je commence à sentir des douleurs dans le bassin, douleurs qu’il me faut subir pour qu’ils aient un tracé correct.

Et là, alors que je somnole, je vois débouler la sage femme qui me dit « le tracé n’est pas bon, on vous descend en salle de naissance ! ».

3 Comments on Mon accouchement, jour 2 : la patience est l’art d’espérer…

  1. NexLor
    12 avril 2014 at 15:34 (3 années ago)
    Aaaahhh je veux savoir la suite !! C’est tellement bien raconté… 🙂
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    • Pasquunemere
      12 avril 2014 at 15:41 (3 années ago)
      Merci!

      La suite arrive très vite…

      Répondre
  2. Happycountdown
    15 avril 2014 at 22:33 (3 années ago)
    Je récupère mon retard de lecture…quel suspense!!
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