Mon accouchement, jour 3 : je suis un rat de laboratoire

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Et là, alors que je somnole, je vois débouler la sage femme qui me dit « le tracé n’est pas bon, on vous descend en salle de naissance ! ».

Ni une, ni deux, je prends mon téléphone pour prévenir l’homme qui dort à la maison. « C’est une blague ? » me répond-t-il spontanément. Euh oui oui chouquette, je m’emmerdais grandement à l’hôpital donc je me suis dit « tiens, et si je faisais un canular téléphonique ?… ». Non, c’est pas une blague alors ramène tes fesses tout de suite !

Par chance, nous habitions, à l’époque, à 10 minutes de la maternité donc l’homme arrive rapidement. Il me retrouve en salle de naissance. Nous ne comprenons rien à ce qui se passe, les évènements nous échappent. Nous avons l’impression d’être dans une autre réalité.

La sage femme nous explique que, compte tenu du rythme du bébé, il faut accroître la vigilance. Je vais donc devoir passer le reste de la nuit sous monito et, si ça craint, on sort le tout p’tit. Prends-toi ça en pleine tronche ! Nous digérons tant bien que mal la nouvelle.

C’est ainsi que je reste, une fois de plus, branchée à l’engin de malheur (=le monito que je ne supporte plus !). Les sages-femmes ont pris le réflexe de couper le son de la machine, comprenant parfaitement que rien n’est plus anxiogène pour nous que d’entendre le cœur de notre fils.

Mon homme et moi essayons de relativiser. Je suis à plus de 37 SA. Bébé est arrivé à maturation. Tous les examens et contrôles que j’ai passé durant ma grossesse n’ont rien révélé d’inquiétant.  Finalement, ne serions-nous pas prêt à accueillir le tout p’tit ?… Et visiblement, le p’tit bonhomme serait mieux à l’extérieur qu’à l’intérieur. Nous parvenons à renverser la mauvaise nouvelle : nous sommes pressés de le rencontrer !

Nous patientons encore et encore en salle de naissance. Le jour se lève. La sage femme vient nous apporter des nouvelles : les divers enregistrements du monito sont nickels ! On ne touche à rien. On me remonte à l’étage. Comment dire…  What the Fu** ????

Et c’est ainsi qu’en début de matinée, je remonte en suite de couches. Pour nous les choses sont simples : soit on estime que bébé est en danger et on le sort ; soit on pense qu’il ne craint rien et statu quo. Mais pitié qu’on arrête de jouer avec nos nerfs. Une sage femme vient nous expliquer le pourquoi du comment : en réalité, les décisions de ce genre incombent à l’obstétricien de garde. Or, étant donné qu’il y a des roulements et que ce n’est jamais le même, la tournure des évènements change au fil des changements de garde. De mieux en mieux !

Les choses ne s’arrêtent évidemment pas là. L’équipe veut tenter une expérimentation. Ils veulent m’injecter de l’ocytocine, hormone censée aider favoriser les contractions. Ils espèrent ainsi voir de quelle façon le bébé réagit et prendre une décision en fonction des résultats. Au point où nous en sommes, allons-y…

En début d’après midi, nous retournons donc en salle de naissance afin que l’on m’injecte le fameux produit. C’est parti ! Nous attendons patiemment que les hormones fassent effet… Mais rien ne se passe… V’la ti pas que mon corps ne réagit absolument pas au produit. Le personnel en déduit que mon utérus n’est pas prêt pour l’accouchement. De plus, le rythme cardiaque du bébé est parfait. Le médecin que nous rencontrons enfin nous dit que rien ne lui paraît suspect. Selon lui, les ratés du cœur n’en sont pas. Ce serait juste le bébé qui jouerait avec le cordon ombilical ! Seriez-vous en train de nous dire que, depuis le début, le bébé ne fait que « jouer » et qu’on est en train de nous laisser imaginer le pire ? C’est bien ça…

Nous assimilons cette nouvelle donnée. Il semblerait donc que le départ de la maternité soit imminent.  L’équipe veut bien évidemment me garder une dernière nuit pour un ultime monito. Certes…

Mon homme décide de rester passer la nuit à mes côtés (on peut le comprendre, avec le coup qu’il a eu la nuit passée…). Nous nous couchons et tentons de nous reposer un peu. Le monito n’aura lieu qu’en toute fin de nuit. Sur les coups de 5h du matin, la sage femme (qui nous suit depuis le début) vient, avec regret, m’harnacher à nouveau. A force de rester allongée pendant des heures, sans être libre de mes mouvements, j’ai de plus en plus de douleurs aux hanches. Je ne supporte plus, ni physiquement, ni psychiquement, d’être dans cette position. Mais je prends mon mal en patience, sachant que c’est le dernier monito auquel j’ai droit avant de pouvoir rentrer chez moi.

Nous patientons quelques heures avant d’avoir un retour de l’équipe. Nous discutons de tout ce que nous avons vécu ces derniers temps (rappelons le pour un rhume !) lorsque la sage femme arrive dans notre chambre avec une tête déconfite : « on vous déclenche »

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