Mon accouchement, jour 5 : il est là !!!

0008876319V-849x565

Vers 8 heures, c’est intenable. Je m’apprête à réveiller mon homme pour lui dire d’appeler une sage femme quand Splash (clin d’œil à l’émission de la veille au soir, ironie quand tu nous tiens) ! Je viens de rompre la poche des eaux…

Mon homme, qui sort de son sommeil, met quelques secondes avant de réaliser ce qu’il vient de se produire. Il appelle de suite une sage femme. Il se passe un petit moment avant que quelqu’un ne vienne me voir. En effet, à 8 heures, c’est le moment du changement de personnel et donc des transitions. Tout le monde est occupé.

De mon côté, suite à la rupture de la poche des eaux, je sens que tout s’accélère et prend une ampleur qui me dépasse. Je ne suis que douleur (d’ailleurs je vomis à plusieurs reprises). Plus rien n’existe autour de moi.

Une sage femme vient m’ausculter.  Mon col est ouvert à deux. Voyant mon visage se déformé sous la douleur, elle prend la décision de me descendre en salle de naissance. Je suis installée sur un brancard. J’entends beaucoup d’agitation autour de moi mais ne parvient pas à discerner précisément les choses. Je me concentre sur la seule voix qui parvient à m’apaiser : celle de mon homme. Ayant été présent lors des séances de préparation à l’accouchement, il me guide en s’appliquant à faire les exercices de respiration avec moi. Je n’entends plus que lui. Durant les quelques secondes de répit que m’accordent les contractions, je tente de faire comprendre qu’il me faut la péridurale.

Je suis enfin en salle de naissance. Nous nous retrouvons seuls mon homme et moi sauf que … « IL EST LA !! » me mets je à hurler. Mon homme, complètement décontenancé, fait part de l’urgence de ma situation à l’équipe. Les sages femmes arrivent et s’appliquent à respecter le protocole : me changer de tenue, mettre leurs gants, masques, etc. Mais vous avez compris ce que je viens de dire bordel de mer** : je le sens, il est là !!! Je pense que mon statut de primipare ne m’a pas aidé. En effet, les sages femmes (sans doute coutumières des fausses alertes) prennent leur temps. Quand enfin une se décide à m’ausculter. En l’espace d’une heure, je suis passée d’un col ouvert à 2 à un col ouvert à 10. D’où l’intensité de la douleur…

Ca y est, enfin je suis prise au sérieux. Tout le monde s’affole autour de moi. On tente de m’installer pour la poussée. Dans la précipitation, tout se fait « à l’arrache ». Il me faut accepter l’idée que je vais devoir accoucher sans péridurale. Au point où j’en suis…

C’est parti ! Il me faut pousser. Les contractions ne me laissent plus aucun répit. Tout va très vite, trop vite. Le monito installé à mes côtés ne fait que bipper. Visiblement, bébé et moi supportons très mal la vitesse à laquelle se déroulent les choses. A un moment, je tombe dans les vapes. Je sais que c’est parce que je suis en hyperventilation. Néanmoins, rétrospectivement, je me demande si ça n’est pas mon cerveau qui a eu besoin d’une pause. Durant ce bref instant, je me sens bien, je me sens légère. J’entends des voix au loin tentant de me ramener à la réalité mais c’est trop dur.

Puis je refais surface. La sage femme m’ordonne « bébé va mal, il va falloir pousser maintenant ! ». Ok, je donne tout ce que j’ai. Mais mes ressources s’amenuisent petit à petit. Voyant que je ne pourrai faire guère mieux, elle décide d’appeler l’obstétricien pour avoir une aide technique (autant dire ventouse). Cette ventouse qu’on m’installe là, sans péridurale, ne peut être la même que celle qu’on m’a montré lors des séances de préparation à l’accouchement. C’est insupportable. L’engin enfin posé, il va me falloir fournir un dernier effort. Lorsqu’enfin, je sens la tête de bébé sortir. Puis alors qu’on me demandait de pousser jusqu’à m’en déchirer (ce qui s’est d’ailleurs produit), il me faut tout arrêter. Bébé a le cordon autour du coup…

L’équipe s’applique à couper ce cordon. Puis, il me faut pousser une dernière fois afin de libérer les épaules. Il est 9h37 et l’on me dit « prenez le, il est là ». J’accueille donc mon bébé. Mais je le trouve très violacé et, surtout, il ne pleure pas. A mon tour de leur donner des ordres : « vous prenez le et occupez vous de lui ! ». Ce qu’ils font. Ils emmènent le tout p’tit dans une salle adjacente à la notre.

Et là, ce moment qui, objectivement ne doit pas excéder quelques minutes, nous semble durer des heures. Puis nous l’entendons enfin, ce cri, ce merveilleux son à nos oreilles. L’équipe le garde encore quelques instants afin de procéder aux différents examens.

De mon côté (je vous passe les détails de la délivrance), je me fais recoudre, toujours sans anesthésie. Je sens tout ce qu’il se passe mais mon esprit est ailleurs. Je n’ai toujours pas vu mon fils.

Enfin, au bout de quelques minutes, on nous l’amène. Mais, compte tenu de tout ce qu’il a subi, il se retrouve en couveuse. Il est donc là, à côté de moi. Ce petit être pour lequel j’ai vécu tout ça…

 

Voilà donc mon accouchement… Je ne pensais pas m’en souvenir avec autant de détails ; comme si j’avais gardé tout cela en mémoire, pour pouvoir un jour en faire le récit. J’espère n’avoir effrayé personne. Tout ce que l’on a vécu reste atypique. Malgré toute cette technicité, je pense que mon corps n’était simplement pas prêt pour l’accouchement.

En ce qui concerne le cœur du tout p’tit, tout va bien. Il semblerait que, depuis le départ, le cordon se soit positionné de telle façon à faire apparaître ces ratés. En aucun cas, il ne s’agissait de souci du côté de l’activité cardiaque.

Je suis fière d’avoir « survécu » à ça. Je suis fière de mon homme. Je suis fière de mon fils. Cette épreuve que nous avons vécu n’a fait que nous renforcer.

Et mon accouchement, même si traumatique en soi, ne m’empêche absolument pas d’envisager la possibilité d’un p’tit deuz…

8 Comments on Mon accouchement, jour 5 : il est là !!!

    • Pasquunemere
      16 avril 2014 at 09:02 (3 années ago)
      Merci à toi d’avoir pris le temps de le lire!

      Effectivement, ça aurait été une sacrée aventure avec l’impression parfois de me retrouver dans un monde différent du mien, voire même dans la 4ème dimension!

      Répondre
  1. Prune
    31 octobre 2014 at 12:18 (3 années ago)
    quelle épopée! en lisant ton accouchement, je me rends compte que finalement il n’est pas si différent du mien ( si ce n’est que moi, c’était après terme, qu’ils ont passé 20h à hésiter entre déclanchement ou césarienne car je faisais de la tension … et que donc je n’avais pas le droit de manger du tout….. Et que perso, j’ai finalement eu la péridurale, et même un dérivé de morphine car mon bébé vivait très bien l’accouchement mais … était bien trop gros pour le passage qu’il avait!)…
    Mais la vraie différence entre nous deux et donc entre notre vécu de l’accouchement, c’est que de mon côté, je n’ai JAMAIS stressé … jamais eu peur …. juste eu faim!
    Je dois être une éternelle optimiste qui positive toujours ( par ex, quand l’anesthésiste m’a dit qu’il me mettait de la morphine, j’étais super contente, j’e n’ai même pas imaginé que c’était parce qu’il y avait problème!!! c’te cruche!)
    Mais la vérité a fini par se faire ressentir et …. j’ai eu ma deuxième depuis donc… on survit…. mais c’est clair que un accouchement violent, c’est assez traumatisant… ( ps: pour ma seconde, 2 ans et quelques heures plus tard, j’ai eu ta version bébé est là en moins d’un quart d’heure …. j’avais la péri car ENCORE déclanchée mais ça fait très bizarre un tel empressement!)
    Plein de bonheur avec ton fils, et surtout du recul …. et de la zenitude…. Après tout autant vivre les choses agréablement: la vérité de toute façon est assez dure pour ne pas l’anticiper!
    Répondre
  2. Prune
    31 octobre 2014 at 12:26 (3 années ago)
    ps: je pense que ma fille et ton fils ont pratiquement le même âge d’ailleurs … 😀
    Répondre
  3. Doudou Lardon
    27 février 2015 at 20:12 (2 années ago)
    Aie aie aie, j’ai mal pour toi! Quelle violence. Heureusement, tu envisages un 2ème, tu l’as bien vécu. Moi j’ai eu droit à la péridurale mais à 8cm seulement, j’ai eu le temps de profiter un peu des contractions! En revanche, m’imaginer pousser sans péridurale, OUCH!!! La mienne commençait à ne plus faire effet et j’ai eu un sursaut de douleur quand les épaules sont passées, et j’ai senti l’épisio. Alors sans rien brrrrr…
    Bravo à toi, tu as de quoi être fière!
    Répondre
    • Pasquunemere
      28 février 2015 at 10:58 (2 années ago)
      Merci mais tu sais, tu as tellement mal que tu veux juste expulser! il faut que ça sorte, à tout prix!!! Arf oui en effet péri à 8, t’as du douiller aussi!!! Et puis l’effet qui s’estompe à la poussée! Pas glop non plus! Heureusement qu’on oublie tout ça, le cerveau est hyper bien conçu!!!
      Répondre
  4. Elle
    7 mars 2015 at 19:57 (2 années ago)
    Merci pour ce témoignage… Mon accouchement est prévu pour dans 15 jours… L’appréhension commence… La peur de l’inconnu… Ca me fait du bien de lire le récit d’autres Mamans! Tout en sachant pertinemment que chaque histoire est unique…
    Répondre
    • Pasquunemere
      9 mars 2015 at 11:00 (2 années ago)
      Ouh la la! Tu n’aurais put être pas du lire le mien qui est un peu « dark »… Je te souhaite une jolie rencontre avec ton bébé!
      Répondre

Leave a Reply