Peut-on se plaindre de tout avec tout le monde ?

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Les résultats du baccalauréat récemment publiés, j’avais envie d’aborder une question quelque peu sensible sous la forme d’un sujet de philo : peut se plaindre de tout avec tout le monde ? Vous avez 4 heures !!!

Thèse : Oui, on peut se plaindre de tout avec tout le monde.

La France étant un pays libre d’opinion et d’expression, chacun d’entre nous dispose de ce droit. Par exemple, ici, je peux m’exprimer comme bon me semble sans me soucier de savoir si cela va plaire ou non. Car là est le risque lorsque l’on tient un blog, rédiger des articles qui pourraient avoir en retour des commentaires déplaisants.

Et oui, si j’écris ce post aujourd’hui c’est qu’à force de naviguer sur la blogo, j’ai pu voir les foudres de certaines lectrices s’abattre sur de pauvres articles qui en prenaient pour leur grade ! Car finalement, la liberté d’expression concerne tout le monde : blogeuse mais aussi lectrice. C’est le jeu ! Si tu écris avec toute ta spontanéité et honnêteté, il y a fort à parier que tu obtiennes des commentaires à ton image. Il m’est arrivé ici de me plaindre : de mon homme, de mon fils, de ma vie, etc. Des moments de vie où t’en as juste gros et faut que ça sorte !  Même si dans l’ensemble, ma vie n’est pas trop pourrie, je pense avoir le droit de m’épancher sur ce qui ne va pas, pourrait aller mieux, etc.  sans m’inquiéter de savoir ce qu’il en est pour le reste du monde…

Antithèse : Non, on ne peut pas se plaindre de tout avec tout le monde.

Mais, certaines personnes pensent en effet qu’il est de bon ton de relativiser. Comment, au regard de nos vies « privilégiées », pouvons-nous oser en critiquer l’essence ? Car oui, il y a toujours pire que soi. Lorsque l’on met les choses en perspective, on peut facilement se rendre compte qu’il n’y a pas lieu de se plaindre. D’ailleurs, je ne sais pas vous mais avec l’homme, il nous arrive de dîner devant le JT du soir. Mais le dîner c’est aussi le moment où l’on se raconte notre journée. Ceci donne une scène assez déconante :

–          Moi : « nan mais tu te rends compte ?!? Il m’est passé devant à la machine à café sans s’excuser !!!! »

–          Fond sonore : « et aujourd’hui, un drame dans une petite ville des Etats-Unis, 15 blessés grave »

–          Mon homme : « Abusé !!!! C’est comme moi, l’autre jour à la photocopieuse, 100 pages qu’elle avait à imprimer l’autre !!! »

–          Fond sonore : ceci n’est pas sans nous rappeler l’attentat qui a eu lieu à …

–          Moi : chienne de vie, bande de raclures !

Et effectivement, lorsque tu vois les choses sous cet angle, tu ne peux que relativiser…

Synthèse :

Finalement, nous plaindre ne contribuerait-il pas à nous faire avancer ? Repérer les travers de nos existences ne nous inciterait-il pas à remédier à ces dits travers ? Sans que cela ne devienne un mode d’expression privilégié, la plainte n’aurait elle pas un effet cathartique ? Par ailleurs, la plainte une fois émise, ne permettrait-elle pas de se décharger d’un poids qui nous laisserait plus à même d’être à l’écoute de l’autre ? Dégager de soi le négatif pour être prêt à accueillir les propos d’un autre parfois plus mal au point?

En résumé, tout cela ne renverrait-il pas à la question de l’empathie : sortir de soi et faire l’effort d’entrer dans le monde de l’autre, être au plus près de sa réalité, de son ressenti pour le comprendre?  En effet, si l’on met de côté sa propre existence pour tenter de comprendre pleinement ce que nous dit l’autre, alors oui, il semble bien que l’on puisse se plaindre de tout avec tout le monde…

Alors, j’ai quelle note à mon bac philo???

4 Comments on Peut-on se plaindre de tout avec tout le monde ?

  1. fafa
    7 juillet 2014 at 11:09 (3 années ago)
    Allez moi je t’aurai mis un 19/20. Des fois ça fait du bien de se plaindre et ça ne nous empêche pas de relativiser par la suite. Par contre ceux qui passent leur temps à se plaindre bof bof.
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    • Pasquunemere
      8 juillet 2014 at 07:30 (3 années ago)
      Whaou!!! La vache jamais eu 19 en philo moi!!! Merci! En ce qui concerne ceux qui sont dans la plainte perpétuelle, je te rejoins complètement. La plainte peut être salvatrice dès lors qu’elle permet une mise en mouvement et non lorsqu’elle est source de ruminations…
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  2. unemamanquidechire
    7 juillet 2014 at 19:36 (3 années ago)
    Pareil que Fafa, 19/20. Devoir très bien construit, s’appuyant sur des exemples criant de vérité. Mais il manque la 4e partie où nous devons distinguer « se plaindre » et « se plaindre ». J’ai remarqué que dans la blogo, on aime se plaindre en riant, avec pas mal de dérision, voire d’auto-dérision. Certaines personnes, en revanche, se plaignent au point qu’on a parfois envie de leur dire « pourquoi es-tu encore en vie dans ce cas ? je te propose d’aller te pendre, non ? ». Bref, il y a la plainte positiv(ist)e et la plainte négativ(ist)e. Enfin, d’après moi, hein ! Je suis pas docteur en philo… 😉
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    • Pasquunemere
      8 juillet 2014 at 07:39 (3 années ago)
      Encore un 19! Bon faut que je retrouve ma prof de philo de terminale pour lui montrer tout ça! La plainte positiviste et négativiste, c’est tout à fait ça : celle qui te fait avancer et celle qui te fait faire du sur-place voire te fait régresser! Et bah moi je te le donne ton doctorat en philo 😉
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