Oui, j’ai parfois regretté…

rewind

Quel choc aux oreilles de certaines personnes, qui plus est maman, d’entendre ces mots sortir de ma bouche : « oui, parfois, j’ai regretté mon choix de faire un enfant ». Je le dis aussi simplement que je l’assume. C’est un fait et je pense que ce fait est bien plus courant qu’on ne le dit…

Le week-end dernier, nous étions invités aux 30 ans d’un ami. Étaient présents des vieux parents, jeunes parents, futurs parents, pas parents. Bref, il y avait à boire et à manger. Et, je peux te dire que j’en ai choqué des personnes en assumant si clairement mes propos. J’ai même eu droit à un « mais tu l’as voulu ton fils ou c’était un accident ? ». Bah oui enfin, quelle mère pourrait regretter la venue au monde de son enfant ??? Une mère indigne, une mère qui ne souhaitait pas l’être, une mère malveillante, j’en passe et des meilleures ! Que veux tu, je juge, tu juges, nous jugeons, vous jugez, … le cerveau humain est ainsi fait !

Pourtant, je ne pense pas faire partie de ces mères. Oui, j’ai désiré au plus profond de moi cet enfant et pourtant, une fois présent, j’ai souhaité un impossible retour en arrière. Parce que, mon fils, dès lors qu’il est né, a amené avec lui une angoisse de mort que je ne connaissais pas. Une angoisse qui vous prend aux tripes, jour et nuit. Qui ne vous quitte plus, jamais. Plus jamais serein. Toujours inquiet. Plus jamais apaisé. Toujours sur le qui vive.

Alors oui, j’ai parfois regretté. Plus d’une fois, je me suis dit « mais quelle connerie j’ai fait là ! ».  Et je n’ai pas honte de le dire. Ce n’est pas que je ne voulais pas de mon fils. Je ne voulais juste pas être la personne que j’étais en train de devenir… Une mère hyper-préoccupée par son enfant. Une mère angoissée. Une mère démunie. Une mère désœuvrée. Une mère malheureuse…

C’est en changeant moi-même que j’ai fait évoluer les choses. C’est en vivant avec mon enfant que j’ai appris et que je me suis sentie « mère ». Toujours est-il que, oui, il est une époque où j’ai regretté… Et je n’ai pas peur de l’assumer…

24 Comments on Oui, j’ai parfois regretté…

  1. Mum_issime
    4 juin 2015 at 15:47 (2 années ago)
    Alors on sera deux au moins à assumer ! Je ne sais pas si j’appellerai ça des regrets, mais j’ai eu envie de jeter l’éponge, de dire « non finalement désolée je ne suis pas capable » alors que (contrairement à toi) je n’ai pas eu la nouvelle d’un handicap à gérer, je n’ai pas eu de pbs lourds comme d’autres parents, je me sentais juste dépassée à certains moments et comme incapable de faire face.. j’avais (parfois j’ai encore) envie de tout plaquer, et de ne revenir que lorsqu’il serait grand !
    Pourtant j’aime le voir petit…
    Pourtant il était plus que désiré !
    Et pourtant, je l’aime plus loin que l’univers du monde entier ! c’est p-e ça le pb …
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    • Pasquunemere
      4 juin 2015 at 15:52 (2 années ago)
      Je pense que précisément c’est ça le « problème »… Aimer d’un amour incommensurable, à s’en rendre malade, comme on n’a jamais connu… Etre dépassé par tout ça, se dire que notre vie ne sera plus jamais régie que par cet amour là! Que tout tournera autour de cet enfant à présent et que notre bonheur à nous passera nécessairement par le sien… Une forme de deuil de nous, de ce qu’on était, pour devenir une autre personne…
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      • Agathe (Square des mamans)
        5 juin 2015 at 12:37 (2 années ago)
        Bravo, tu mets de jolis mots très justes sur un sentiment difficile à identifier et à qualifier pour beaucoup de mères. S’épanouir en tant que mère c’est pas tellement apprendre à aimer son enfant, c’est plutôt apprendre à ne pas avoir peur. Quand on « donne » la vie à un enfant, on lui confie, on lui donne « sa » vie, celle qu’il va vivre. Et dès ce moment là, on ne peut plus tout contrôler. Il faut l’accepter, c’est une forme de lâcher prise difficile mais nécessaire pour être bien dans ses baskets. Bon, j’y travaille mais c’est pas encore gagné…;-)
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        • Pasquunemere
          8 juin 2015 at 11:08 (2 années ago)
          Rien de plus complexe à mes yeux que ce fameux lâcher prise dont tu parles… En effet, quand on donne naissance à un enfant, on « sacrifie » une partie de soi pour la lui donner… Je pense que c’est un vrai deuil de soi avec tout ce que cela implique…
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  2. petite yaye
    4 juin 2015 at 17:52 (2 années ago)
    J’assume aussi complètement. Je l’ai voulu, je l’adore plus que tout au monde, il me rend très souvent heureuse mais voilà parfois je regrette de l’avoir eu, de devoir être toute seule à m’en occuper, de m’être chargée de la responsailité de ce petit être, de ne pas faire ce que je veux. Peut-être les gens n’ont pas compris la forme mais au fond ça me semble un sentiment assez commun.
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    • Pasquunemere
      8 juin 2015 at 10:55 (2 années ago)
      En effet, je pense que c’est un ressenti partagé… Mais pas forcément assumé par tous malheureusement… Pourtant qu’est ce que ça fait du bien le dire 😉
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  3. ingrid Dussart
    4 juin 2015 at 17:54 (2 années ago)
    Le plus beau cauchemar éveillé d’une mère !!!
    J’ai tellement ressentie la méme chose ….. je te félicite d’avoir le courage d’en parler ouvertement.
    à bientot 🙂
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    • Pasquunemere
      8 juin 2015 at 10:56 (2 années ago)
      Merci 😉 A très vite!
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  4. Vanessa Mère Debordée
    4 juin 2015 at 18:40 (2 années ago)
    J’ai du le penser une centaine de fois. Et j’assume. Comme j’assume d’avoir parfois voulu ne plus avoir de frères et soeurs, de parents….
    On vit avec très bien j’avoue ^^
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    • Pasquunemere
      8 juin 2015 at 10:56 (2 années ago)
      Je dirais même qu’on vit nettement mieux an assumant ce genre de pensées 😉
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  5. Sophie
    4 juin 2015 at 21:19 (2 années ago)
    Oufffff, cet article et les commentaires qui suivent me rassure, j’ai eu mes enfants très jeune, ils étaient désiraient, mais pourtant parfois il m’arrive de me dire « mon dieu mais qu’est ce que j’ai fais » Exactement pour les mêmes raisons que toi. Quand parfois il m’arrive de le dire à haute voix on me regarde, on me juge, ce qui me fais encore plus culpabiliser. Alors j’aime mes enfants du plus profond de mon coeur, mais cet amour me rend malade d’inquiétude en permanence. Ton article en déculpabilisera plus d’une j’en suis sure . Bisous
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    • Pasquunemere
      8 juin 2015 at 10:58 (2 années ago)
      Merci pour tes jolis mots! Et oui, l’amour parental n’est qu’ambivalence… Je trouve ça sain comme sentiment. On ne peut pas être qu’amour pour nos enfants. Nous sommes humains et, donc, forcément, nuancés dans nos ressentis 😉
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  6. Lo
    5 juin 2015 at 08:51 (2 années ago)
    Don’t worry!!
    avec mon conjoint on aime notre fils profondément, je pourrais donner ma vie pour lui mais BIEN SUR qu’il m’est arrivé de regretter ce choix et ce n’est que passager!
    Nous ne sommes pas de mauvais parents pour autant 😉
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    • Pasquunemere
      8 juin 2015 at 10:58 (2 années ago)
      Pour sûr! Nous sommes juste des parents lucides et honnêtes envers nous mêmes 😉
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  7. Maman Breizhou
    5 juin 2015 at 09:45 (2 années ago)
    En fait aujourd’hui on ne nous prépare pas assez à l’arrivée d’un enfant et tout ce que ça chamboule.
    Avant c’était simple, le mari travaillait et la femme restait à la maison s’occuper des enfants (je globalise). Elle était programmée pour ça.
    Aujourd’hui, les femmes sont les égales (ou presque) des hommes et font des études, ont une carrière… Financièrement les deux dans le couple doivent travailler si on veut vivre correctement (sauf si un des deux gagne assez pour deux, ce n’est pas mon cas). Alors oui on veut un enfant, mais je pense que la plupart des femmes aujourd’hui en sont pas prêtes. Je n’étais finalement pas prête à tout ça. Je ne m’attendais pas à ce que ça soit si dure. Je ne m’attendais pas à ressentir tout ça. Je ne m’attendais pas à ce que ma vie soit autant chamboulée et oui, comme toi, j’ai parfois regretté, quelques instants, dans les moments durs. Je me suis demandée pourquoi j’ai fais ça, pourquoi j’ai décidé d’avoir un enfant alors que ma vie d’avant me plaisait bien comme ça. Et puis ma puce arrive à faire quelque chose toute seule, me sourit, rigole, me fait un câlin et je ne regrette plus.
    J’aime ma fille de tout mon cœur mais ce nouvel amour a un poids et comme tu le dis on est tout le temps sur le qui vive, toujours inquiet. On ne nous parle pas de ça quand on veut avoir un enfant.
    Le sketch de Laurence Foresti dévoile un peu ce qu’est être mère, mais comme elle le dit « Chuuuuut, il ne faut pas le dire, avoir un enfant ce n’est QUE du bonheur ! ».
    Alors oui, c’est du bonheur. Mais pas que…
    J’ai une amie qui aimerait avoir un enfant mais qui a très peur de la grossesse et de l’accouchement. J’étais pareil qu’elle et là dessus j’essaye de la rassurer (parce que j’ai eu du bol et que tout s’est bien passé). Mais est-ce qu’il faut oser dire que c’est dur d’élever un enfant ? Car peut-être alors que la personne à qui on en parle décidera de ne pas en avoir et ce sera notre faute. Et de l’autre côté, pourquoi le cacher ?
    Nous vivons dans une société qui prône la liberté d’expression mais qui finalement veut contrôler cette expression et c’est bien là le problème, cela rejoint ton article sur le « est-ce ma faute ».
    Merci de ce que tu partage.
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    • Pasquunemere
      8 juin 2015 at 11:02 (2 années ago)
      C’est marrant que tu parles de tout ça parce que, moi, je suis hypra honnête avec mes amies « nullipares ». D’ailleurs, elles disent souvent « si tu veux avoir un enfant, ne parle surtout pas à Myriam ». Et pourtant, elles y songent et certaines se sont lancées… Comme quoi, on aura beau dire toute la vérité et rien que la vérité, cela n’empêchera pas les gens de se reproduire. Mais, comme tu le soulignes si justement, ça préparera peut être les futurs parents à ce qui les attend (même si on ne s’imagine pas, en amont, tout ce que cela implique). D’ailleurs, mes amies qui ont en gros, savent qu’elles peuvent venir vider leur sac avec moi. Jamais je ne les jugerai (je serais très mal placée pour le faire 😉 )
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  8. Cendra
    6 juin 2015 at 01:32 (2 années ago)
    Tu as raison d’assumer! Moi je dis souvent, d’une façon différente mais qui revient au même « je comprends tout à fait les gens qui ne souhaitent pas avoir d’enfants ».
    Je crois qu’avoir un enfant est un bouleversement dont on ne peut mesurer l’importance avant de le vivre.
    Je crois aussi, comme tu le décris, que, devenir parent, cela veut dire devenir « inquiet » pour toujours. On peut apprendre à être zen, mais une énorme part de tes pensées sera toujours occupé pour tes enfants. Je crois que c’est ce changement qui m’a le plus bouleversée!
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    • Pasquunemere
      8 juin 2015 at 11:10 (2 années ago)
      Exactement! Ne plus être libre de son esprit, jamais… Quoique l’on fasse, où que l’on soit, il y a toujours une partie de notre cerveau en activité pour nos enfants… Et tout ça, ça peut être épuisant…
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  9. ibizabelle
    7 juin 2015 at 14:49 (2 années ago)
    C’est drôle … hier une des personnes qui travaillent avec moi est arrivée de mauvaise humeur car comme d’habitude, sa fille n’avait rien trouvé de plus drôle de l’empêcher de dormir alors qu’une dure journée de travail de 14h l’attendait. Elle disait : « je me suis tellement fâchée après elle, j’ai regretté de l’avoir eu, car depuis ma vie est plus difficile, et ensuite, elle est venue me faire un câlin et je me suis sentie une mauvaise mère d’avoir été si en colère et penser cela. Je n’arrive pas à m’imaginer qu’une bonne mère puisse se avoir ce genre de pensées pour finalement si peu »… Et je me suis souvenue que moi aussi, je piquais des colères parce que ma fille me privait de sommeil sous prétexte qu’elle n’arrivait pas à dormir seule (et ce, pendant des longueeeeeeees années), d’avoir regretté qu’elle soit là car elle me volait mon temps, mes moments de quiétude, me vampirisait. Et moi aussi je me sentais une mauvaise mère … alors je l’ai rassuré sur le fait que même si elle se fâchait, criait, sa fille l’aimerait quand même . Et j’ai conclu en riant : « Et tu n’as pas fini, elle n’a que 2 ans 1/2 … la mienne à 14 ans et continue de me pomper l’air, et je suis encore souvent une « mauvaise mère » avec des pensées pas politiquement correcte  » … Ceux qui jugent, je les emmerde, ou alors je leur envoie ma fille en vacances !
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    • Pasquunemere
      8 juin 2015 at 11:11 (2 années ago)
      Ahahahah! Je dis la même chose à certains : « ah ouais, tu crois que j’exagère?!? Bah je te laisse mon fils pendant une semaine et tu verras! ». Quant au terme « vampiriser », je n’aurais pas mieux dit! C’est exactement ça!
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  10. Aurélie
    8 juin 2015 at 17:36 (2 années ago)
    oh mon dieu cet article me fait tellement Echo…

    Je une Maman d’une petite de 17 jours, qui plus est adorable et douce, je suis en plein babyblues a me dire bordel mais qu’est ce qu’on a foutu a vouloir un bébé!!! Tellement désirée et pourtant si dur de prendre ce nouveau rythme et de se dire que ca y est, rien ne sera plus comme avant…

    Je voudrais des fois un rewind impossible et en même temps je ‘l’aime déjà tellement!!
    Je voudrais dire Bon Très bien Je reviens dans 1 an ca ira?

    Ta réponse au commentaire de mumissime est parfaite je n’aurais pas dit mieux…
    Il me tarde que cette période passe et cette foutue chute d’hormones qui dévaste tout!

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  11. anyo
    8 juin 2015 at 22:34 (2 années ago)
    J’ai lu ton article le jour où tu l’as publié et cela m’a fait réfléchir (appeler les secours, mon cerveau ne s’en remet pas!)
    J’ai tardé à répondre car ça m’interpelle (et puis les 4 à gérer éventuellement).LaCrapule va avoir 9ans et à sa naissance j’étais insouciante. Ça a duré quelques années et je n’avais pas peur pour elle, pour nous… Je me souviens ne pas avoir compris les parents qui refusaient que leur enfant parte en classe de découverte à 4ans… (maintenant je la laisserai partir moins facilement et je comprend!)
    Je me dit que je leur joue peut-être un mauvais tour car la vie n’est pas facile, qu’il y a des choses atroces qui peuvent leur arriver. En fait je crois que c’est la tuerie de Toulouse qui m’a amenée à avoir peur…
    et puis il y a des soirs comme maintenant où je veux avoir foi en l’humanité. Je viens de voir « sur les chemins de l’école » et je me dis que mes enfants ont beaucoup de chances et que de leur avoir donné la vie est un cadeau pour eux mais j’espère aussi pour les autres car ils pourront aider/partager/changer des petites choses. (Chui pas sûre d’être très claire… je vais aller dormir!)
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  12. Les chouettes fantaisies
    10 juin 2015 at 21:46 (2 années ago)
    Ca me parle drôlement… Cette angoisse qui saisit les tripes et ne les lâche pas… En ce moment je fais pas mal de cauchemars sur le fait qu’il puisse arriver quelque chose à mon fils et que je ne puisse rien empêcher… Et en effet, il me manque, le temps de la sérénité… Mais je le savais! Quand j’ai vu le + sur le test, je me suis dis « fini le temps calme! ». Maintenant, mon nouveau challenge – et pas des moindres : essayer de trouver des clés pour apaiser l’angoisse… Y’a du boulot! 😉
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    • Pasquunemere
      11 juin 2015 at 10:48 (2 années ago)
      Si tu les trouves, surtout pense à moi 😉
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