Un homme, un père…

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Je ne vous apprends rien en vous disant que l’arrivée d’un enfant chamboule considérablement l’homéostasie du couple. L’autre apparaît alors sous un jour nouveau : celui de parent. On lui découvre alors tout un tas de facettes jusqu’alors méconnues. Et là les surprises peuvent être nombreuses que celles-ci soient agréables ou pas…

Par chez nous, l’arrivée du tout p’tit a tout bousculé, que ce soit la propre vision que j’avais de moi-même mais aussi et surtout celle que j’avais de mon cher et tendre.

Par le passé, j’aurais pu qualifier mon homme d’impassible. Bien sûr il ressentait les choses mais ne le montrait pas. L’idée était : plutôt m’arracher un rein que d’avouer que j’ai des sentiments ! Mais, comme dirait l’autre,  ça c’était avant…

Depuis la naissance de notre fils, je découvre un autre homme. En effet, je me trouve face à une personne sensible qui ose exprimer ses ressentis. D’ailleurs, il est le premier à être surpris de ce qui se produit en lui. En tant que bon mâle qui se respecte, il essaie de sauver la face. « Au rythme où je vais, je vais bientôt devoir porter tes soutiens-gorge » m’a-t-il dit dernièrement. Une bonne réflexion machiste sans doute réactionnelle au fait qu’il s’était ému devant un petit chat à la télévision…

A côté de lui, je semble donc être un cœur de pierre sans état d’âme : « oui c’est vrai chouquette, le petit chat était émouvant. Si, si je t’assure. Bah non je suis pas chamboulée. Oui voilà je n’ai pas de cœur ».

Evidemment je caricature mais l’idée est là.

Autre exemple : depuis peu, le tout p’tit tente de manger seul. Je dis bien « tente » car, en règle général, il y en a plus par terre, dans ses cheveux, dans les miens, etc. que dans sa bouche. Et bien l’homme, en voyant ça pour la première fois, a versé sa petite larme. Pendant que moi, à côté, j’étais bien sûr angoissée (comme d’hab !) à l’idée que le tout p’tit s’enfonce trop profondément la cuillère dans la bouche, s’étouffe avec sa purée, se fasse écraser par une météorite ou que sais-je…

Et finalement vivre auprès d’un homme sensible qui ose se laisser aller à ses sentiments me plait assez. Par la même, je me rends compte qu’il faut vraiment que je me détende car je passe à côté de pleins de jolis moments…

Le coucher du tout p’tit : tout un rituel…

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Il y a peu, nous avons décidé mon homme et moi, d’instaurer un rituel du coucher… Le tout p’tit ayant un an passé, il serait temps… Chi va piano, va sano…

Marre de la guerre chaque soir pour s’endormir. D’ailleurs pourquoi une telle lutte contre le sommeil ? Je ne demande que ça moi DORMIR ! Mais lui non, et vas y que je me marre, que je gigote dans tous les sens, que je râle, en bref il est prêt à tout pour ne pas dormir. Si au moins il pouvait nous faire un truc de fou, je sais pas moi, un numéro de claquettes, marcher sur les mains, quelque chose de distrayant quoi ! Bref…

Mon homme a donc décidé de prendre les choses en mains. Il s’est renseigné sur le net (sur le site des maternelles m’a-t-il dit : http://www.france5.fr/emissions/les-maternelles/recherche?s=rituel+coucher ) et m’a proposé tout un rituel auquel j’ai immédiatement adhéré !

Le dit rituel se présente comme suit :

  • 18h : retour à la maison
  • De 18h à 18h30 : jeux
  • 18h30 : bain
  • 19h : biberon puis on reste au calme sur maman, papa ou sur le canapé (le tout p’tit aime bien feuilleter ses imagiers)
  • 19h30 : coucher avec lecture d’une histoire
  • 20h : extinction des feux et ce, que le tout p’tit soit endormi ou non

L’objectif est d’appliquer systématiquement ce rituel tous les jours dans le même ordre et ce, afin que l’enfant ait des repères. Il se peut très bien que vous ayez des courses à faire ou des rendez-vous à honorer. Peu importe… Vous décalez simplement les étapes ou en sauter éventuellement une (je vous déconseille toutefois de sauter l’étape du repas auquel cas vous risqueriez de passer une nuit catastrophique !).

Les premiers jours ont été quelque peu chaotiques notamment la lecture de l’histoire.  Difficile de lire tranquillement alors que le tout p’tit s’égosille dans son lit. Mais nous n’avons rien lâché !

Le premier jour il s’est endormi d’épuisement ; le 2nd jour il a voulu jouer ; le 3ème il m’a écouté et le 4ème ça l’a bercé. Bon évidemment, il y a des retours en arrière. Il y a des jours où il n’a pas envie de dormir, où il veut jouer, etc. L’idée est de rester constant. C’est 30 minutes de lecture pas 45. Donc si le tout p’tit ne dort toujours pas à l’issue des 30 minutes, je quitte quand même sa chambre en lui souhaitant une bonne nuit et en lui faisant un bisou. S’ensuit généralement une séance de pleurs  qui n’excède jamais les 5 minutes.

Cette technique est loin d’être magique mais elle a fonctionné chez nous. Bon après nous rencontrons bon nombre d’autres difficultés tels, comme je l’ai déjà évoqué, les réveils nocturnes. Ceci étant, je crois que nous sommes les doudous de notre fils… On n’est pas sorti de l’auberge !

L’instinct maternel est un leurre !

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Durant ma grossesse, je me suis imaginée tout un tas de scénarii suite à la naissance de notre enfant. Je nous voyais lui et moi faire de longues ballades, rendre visite à mes proches, jouer ensemble, etc. Or, tout ne s’est pas passé comme prévu, si tant est que l’on puisse prévoir quelque chose avec un nouveau né.

La première chose à savoir c’est que, dès le lendemain de mon retour de la maternité, je me suis retrouvée seule avec mon fils. En effet, pour des raisons logistiques, mon conjoint n’a pu prendre son congé paternité que bien plus tard.

C’est ainsi que je me suis retrouvée en tête à tête avec le tout p’tit alors âgé de 6 jours. Comment pourrais-je décrire alors mon état d’esprit du moment ? Je trouve que les formules type « Mayday » ou encore « SOS » collent totalement à ce que j’ai pu ressentir.

Je me suis sentie totalement désemparée face à ce petit être. Les gestes qu’on m’avait appris à la maternité ne me suffisaient plus. J’étais démunie, débordée, paumée. On m’avait tant parlé d’instinct maternel que je me sentais complètement nulle de ne pas comprendre mon enfant.

Jusqu’à ce que je comprenne qu’en fait le fameux instinct maternel dont on nous rabâche les oreilles n’est qu’un leurre !

En effet, je n’ai pas su spontanément comprendre de mon fils. Il m’a fallu BEAUCOUP de temps pour le connaître. Aujourd’hui encore, j’en apprends sur lui.

Mais pour parvenir à me dire ça, je suis passé par de nombreuses phases allant de l’incompréhension au renoncement en passant par la culpabilité. En effet quelle mère pourrais-je bien être si je ne suis pas capable de comprendre de mon fils ?

Partout on entend, voit, lit à quel point il est merveilleux d’avoir du temps pour profiter des premiers mois de son enfant. Que ce soit à travers les médias ou les discours des uns et des autres, on nous montre que la relation mère-enfant est quelque chose de magique, simple, allant de soi. Je pense aussi qu’il s’agit de quelque chose de socialement et culturellement ancré : le culte de la bonne mère aimante et totalement dévouée à son enfant.

C’est ainsi que le début, voire même l’intégralité, de mon congé maternité a été une véritable souffrance pour moi. J’étais en dissonance totale par rapport à ce que je voyais autour de moi : j’étais plus dans un état d’angoisse que de plénitude par rapport à mon enfant. Je ne prenais aucun plaisir à être 24/24h avec mon fils. Je lui prodiguais les soins dont il avait besoin. Il n’a manqué de rien. Mais je me perdais dans tout ça. Je m’oubliais en tant que femme. Je n’étais plus qu’une mère.

C’est alors que j’ai compris l’importance pour lui et pour moi que je me sorte de cet état. C’est ainsi que j’ai pu compter sur le soutien de mes proches qui m’ont relayée auprès de mon enfant. Mon conjoint, en premier lieu, qui en, en gardant notre fils, m’a permis de m’aérer : aller chez le coiffeur, faire les boutiques, me rendre chez mes amies, etc. Mais il y a également mes parents chez qui j’allais avec le tout p’tit. Cela me permettait d’être à la fois avec lui mais aussi de vaquer à mes activités : bosser mes cours, me laisser aller à faire des siestes, mettre du vernis ou autre grelucherie, etc.

Mais ce qui m’a vraiment permis de sortir la tête de l’eau c’est tout simplement de reprendre le boulot (enfin ma formation). Dès lors que j’ai repris une activité, m’occuper de mon fils a été beaucoup plus agréable. Pour pouvoir être pleinement à mon enfant, il me fallait autre chose. C’est alors que j’ai compris que je n’étais pas une mauvaise mère mais simplement que je n’étais pas qu’une mère…

 

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