Je te parle d’un temps…

 

temps de bloguer

Il y a quatre ans, j’ouvrais mon blog… Quasi quotidiennement, je publiais autour de ma nouvelle vie de maman. J’écrivais sur la façon dont je tentais de jongler entre les différents rôles qu’étaient les miens : femme, mère, travailleuse, etc. Mon inspiration était sans fin.

Aujourd’hui, c’est le néant. Mon blog est littéralement à l’abandon. Alors quelles en sont les raisons ?

Est-ce par manque de temps ?

Alors qu’autrefois, je me sentais acculée par un quotidien bien trop lourd, aujourd’hui je pense tenir les rênes de ma vie. Une organisation au millimètre me permet de me dégager du temps que, pour des raisons que j’ignore, je sous exploite.

Est-ce par manque d’inspiration ?

Entre :

  • Mon cinquan, à la personnalité plus qu’affirmée, insatiablement curieux, à la réplique cinglante, qu’il convient de nourrir en permanence (au sens propre comme figuré d’ailleurs)…
  • Mon deuzan aux nuits chaotiques, somnambule en herbe, en quête permanente d’affection…
  • La relation qui les unit, relation qui les amène à se chamailler en permanence mais qui ne peuvent passer plus de cinq minutes séparés l’un de l’autre…
  • Mon couple qui, bien trop souvent malheureusement, pâti de notre rôle de parent…
  • Ma vie à moi, mes envies, mes loisirs, …

Les sujets ne tarissent pas…

Est-ce par manque d’envie ?

Souvent, je pense ouvrir mon PC et poser les mots qui grouillent dans ma tête. Puis, lorsque ce n’est pas le cinquan qui m’alpague pour me parler des dinosaures, le deuzan ne trouve rien de mieux à faire que de tenter le saut de l’ange depuis le meuble à chaussures. Puis vient le moment d’étendre la lessive, de préparer le repas et autre joyeuseté ménagère…

Alors quoi ?

Ce laïus pour en arriver à la conclusion suivante : j’ai envie de reprendre possession des lieux.

Me reste toutefois une crainte : après tant de mois à l’abandon, y aura-t-il encore quelqu’un pour me lire ?…

Cet enfant qui nous pousse à bout…

enfant qui pousse à bout

Il est des jours où il est aisé de voir le bon en lui… Et puis il y a les autres… Ceux où l’on se laisse à penser qu’il est foncièrement méchant. Que, quoique l’on fasse, aucune évolution positive n’est envisageable. Peu importe l’énergie que l’on pourrait déployer, les choses ne changeront pas. Jamais.

D’aussi loin que je m’en souvienne, la vie n’a jamais été un long fleuve tranquille à ses côtés. D’abord à la crèche, puis à l’école, dans ses activités sportives, aujourd’hui au centre de loisirs. Toujours le même constat : il n’en fait qu’à sa tête. Ecrit ainsi, il est difficile d’imaginer à quel point cela peut être invivable. Et pourtant…

Ce matin encore, mon fils, contrarié par le fait que j’ai refusé de jouer avec lui, s’est sauvé de la maison. Après l’avoir convaincu de rentrer, il en est venu aux mains. Puis il a hurlé. Parce qu’ « il n’en fait qu’à sa tête ».

Bien sûr, cela va bien au-delà de ça… Cet enfant, si intelligent au demeurant, ne sait vivre avec ses émotions. Comme s’il apprenait à jongler avec les divers sentiments qui l’assaillent et que, systématiquement, toutes les balles lui retombaient pleine figure. Au même titre que la joie devient l’euphorie, la colère se transforme en rage…

Fort heureusement, nous restons des parents aimants, envers et contre tout. Alors nous nous questionnons. Nous prospectons. Nous nous renseignons. Nous essayons. Que pouvons-nous faire ? Comment l’aider et l’accompagner au mieux ? De quelle façon parvenir à apaiser les choses ?

Alors, j’ai lu. Beaucoup. Partout. De la discipline positive à l’éducation bienveillante, des bouquins indigérables aux articles plus légers. Evidemment, j’ai demandé conseil. Aux proches, aux professionnels. A qui voulait bien entendre ma détresse et mon impuissance.

Aujourd’hui, mon constat est amer : rien ne change. Peu importe l’énergie que l’on déploie, nous sommes au même endroit qu’il y a quelques années. Ou peut-être pas. Peut-être qu’il y a du progrès et que nous ne le voyons même plus, enfermés dans notre épuisement.

Inutile d’entrer dans les détails de son comportement. Ceux qui le vivent, savent. Quant aux autres, ils ne peuvent imaginer. Oh non, impossible d’imaginer à quel point il est difficile de vivre à ses côtés. Pas tout le temps, fort heureusement. Mais bien trop souvent hélas…

Alors aujourd’hui encore, je vais dépenser une énergie folle à tenter de trouver des solutions. A repenser, questionner, investiguer, aménager…

Car aujourd’hui encore, j’ai cette énergie… Mais qu’en sera-t-il demain ?…

 

Un grand moment

un grand moment

Les enfants, soyez sages, nous allons vivre un grand moment !

C’est quoi un moment ?

C’est un instant  Jean-Jacques

Un-stant ?  Et deux-stants c’est quoi maman ?

Assieds-toi et regarde !

 

Laisse les câbles de la télévision Pierre-José

Noooooooooooooooon !!!!!!!!!!!!!!

On se calme Pierre-José ! Ce n’est pas le moment de s’exciter, papa l’est suffisamment pour nous quatre…

Non maman, on dit « c’est pas le deux-stants de s’exciter »

Oui, allé, si tu veux ! On soumettra ton expression à l’Académie Française plus tard…

 

*Coup de corne de brume*

On se cale, on se cale

Oui, on se calme Pierre-José

Maman, c’était quoi ce bruit ??? Ca fait trop peur !

C’était un coup de corne de brume

Un coup de corne ???? Hannnn !!!! Y a un animaux dans le jardin ???

Mais non Jean-Jacques, c’est comme un instrument de musique

 

Moyen que vous baissiez tous d’une octave ? J’entends que dalle

Venez les enfants, on va laisser papa tranquille. De toute évidence, vous vous sentez aussi concernés par l’évènement que moi par Peppa Pig

Han Maman !!!! On veut regarder Peppa Pig !

Peppa Pi! Peppa Pi!

Merde, mais pourquoi j’ai dit ça!?!?

Merde, merde, merde !

Non Pierre-José, on ne dit pas de vilain mot !

Merde !

 

Bon allé, si on allait jouer dehors ?

Ouiiiiiiiiiiii !!!!!

Mais maman, pourquoi les gens, ils crient comme ça ?

Parce qu’ils sont contents

Ah…. Alors quand tu nous cries dessus, c’est que t’es contente ?

Non pas tout à fait Jean-Jacques

 

Pierre-José, ne mets pas les cailloux dans ta bouche !

Nooooonnnn !!!!!

Tu sauras dire autre chose que « non » un jour ?

Noooonnn !!!!

 

Han, maman, c’est quoi tous ces kaksons ?

Des klaxons Jean-Jacques, on dit des klaxons

Non, c’est pas comme ça qu’on dit ! On dit kaksons !

Je te garantie qu’on dit klaxons Jean-Jacques !

N’importe quoi ! C’est moi qui vient d’apprendre à lire alors je sais mieux que toi ! Toi t’as appris y a trop longtemps alors tu sais plus d’abord !

 


Bref, à ce qu’il paraît, l’équipe de France est championne du monde ! Bravo à eux ! Et bravo à tous les parents qui ont réussi à profiter de l’instant, oups je veux dire du deux-stants avec leurs enfants…. Comme tu peux le constater, ici, ils s’en tapaient allègrement le coquillard !

 

 

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