Réinvestir notre foyer…

réinvestir notre foyer

Nous le savions, notre bien être passait par le fait de se réapproprier cette maison… Nous pensions, à tort, qu’il nous fallait des fonds pour finaliser ce projet débuté cinq ans auparavant. Nous nous étions lancés dans l’aventure de la construction afin de faire une maison à notre image. Et elle l’était. Une maison en chantier.

Des stigmates de déménagement avec des cartons jonchant le sol. Des travaux de peinture inachevés. Des meubles installés à la va-vite. Le constat était simple : impossible d’investir cette maison dont l’état était resté sur « pause ».

Nous avons donc pris le temps de penser les choses : comment agencer ces espaces afin de les faire nôtres ? De cette question ont découlé plusieurs objectifs :

  • Faire du tri et se débarrasser du superflu pour ne conserver que l’essentiel
  • Repenser les espaces de vie afin que tout soit plus fluide et pratique pour tous
  • Demander des devis pour les pièces non achevées, nous permettant ainsi de nous projeter

Pour chaque objectif, nous avons décliné des tâches très concrètes et nous sommes fixés des échéances pour les exécuter.

  1. Se débarrasser du superflu

Les dernières vacances scolaires ont été l’occasion pour nous d’atteindre le premier objectif de désencombrement. Une pièce = un jour (ou deux selon l’étendue des « dégâts »). Chaque jour qui passait, je triais en trois catégories : « on jette/on donne/on garde ». L’Homme, quant à lui, s’occupait du transit (à la déchetterie, aux points collectes, aux amis qui souhaitaient récupérer certains de nos biens).

C’est ainsi que nous nous sommes délestés d’un bon tiers de nos biens. Tout y est passé :

  • les vêtements que tu gardes dans un coin « au cas où »
  • le petit électroménager que tu conserves pour le jour où, éventuellement, sur un malentendu, tu pourrais en avoir besoin. Nos amis ont été ravis d’adopter nos yaourtière, machine à pain, crêpière, etc.
  • les jouets des enfants dont tu ne peux te résoudre à te débarrasser car bien trop chargés en affect. Aujourd’hui, ces jouets font le bonheur d’autres bambins
  • la salle de bain y est également passée se délestant de médicaments périmés, de cosmétiques non utilisés…
  • Etc.

En résumé, nous nous sommes débarrassés de tout ce que nous n’utilisions pas quasi quotidiennement. Dès lors, nous avons eu une réelle visibilité de nos biens ce qui a permis d’amorcer le second objectif.

  1. Repenser les espaces

Nous avions une analyse précise de ce que nous possédions. Il était maintenant temps de savoir comment agencer tout cela afin d’avoir des espaces de vie fluides et pratiques.

  • Le grand débarras nous a permis de transformer la petite pièce se situant derrière la cuisine en mini-buanderie. Fini le linge qui sèche partout dans la maison
  • Certains jouets du cinq’ans ont migré dans sa chambre. Nous refusions jusqu’alors qu’il ait des jeux dans cette pièce réservée au sommeil. Or, nous avons changé notre point de vue. Il était en âge d’avoir son espace à lui. Avec ses biens à lui. Lui permettant ainsi de jouer tranquillement, sans être dérangé par son petit frère. Aujourd’hui, il peut passer des heures à jouer seul dans sa chambre sans pour autant que cela n’empiète sur son temps de sommeil
  • La salle de jeux, qui était jusqu’alors un espace bien distinct, a migré dans le salon. Les jouets sont visibles, en libre accès et à portée de mains. De plus, l’Homme et moi partageons cet espace avec les enfants. Que nous soyons dans la cuisine ou dans la salle à manger, ils nous voient ce qui les rassurent et leur permet de jouer de façon sereine sans nous solliciter en permanence.
  • Le salon, et la télévision avec lui, a pris place dans l’ancienne salle de jeux. Non visible, les enfants qui jusqu’alors étaient accrocs au petit écran, n’y pensent plus. Ils ont droit à un dessin animé de temps en temps, les jours où il n’y a pas école. Aujourd’hui, ils ne réclament plus du tout après. Quant à l’Homme et moi, ce nouvel espace nous permet de nous retrouver chaque soir dans une espèce de cocon (la pièce n’excède pas 9m²). Nous pouvons, au choix, partager un moment de discussion, regarder un film ou une série, bouquiner, etc.
  • Notre chambre, qui incarnait le débarras par excellence, a retrouvé sa splendeur. Un coin sommeil et un espace repos ont été distingués. Dans l’espace repos, se trouvent un fauteuil (stigmate de notre ancien salon) et une bibliothèque. Ainsi, quand l’Homme ou moi avons besoin d’un temps calme, nous nous évadons dans cet espace qui est le nôtre afin de nous ressourcer.

Tels sont les principaux réaménagements que nous avons effectué, sans surcoût financier, au sein de notre foyer.

  1. Nous projeter

Il est de notoriété publique que, pour avancer, il importe de se projeter. Certaines pièces de notre maison ne nous satisfaisant pas, nous avons pris le temps de réfléchir à comment aller vers une amélioration. Ainsi, nous avons eu l’idée de transformer notre chambre en suite parentale, c’est-à-dire d’y construire un coin « salle de bains ». De la même façon, notre salle de bain actuelle étant peu pratique, nous avons pensé à des aménagements permettant de la rendre plus fluide.

Ces compétences étant hors de notre portée, nous avons fait appel à des artisans afin de monnayer nos projets. Actuellement inaccessibles, ces plans restent dans un coin de notre tête, prêts à bondir dès lors que nous aurons les moyens de les rendre possibles.

Voilà la façon dont nous avons procédé pour nous réapproprier notre maison. Aujourd’hui, nous nous sentons bien dans notre chez-nous. Des espaces communs, des espaces privés, une place pour tous, une place pour chacun…


Et toi, la façon dont est aménagé ton intérieur te convient-il ? Ou, comme nous, y vois-tu encore des choses perfectibles ?

Je te dis à très vite pour mon prochain billet qui s’articulera autour de « comment avons-nous repenser notre rôle de parent »…

 

Nous sommes le problème … mais aussi la solution!

nous sommes le problème et la solution

Au regard de nos différents constats, l’évidence, soudain, nous apparut

Nous étions LE problème…

Qu’il s’agisse de l’état de la maison, de la dégradation de notre couple, du cadre de vie que nous offrions à nos enfants, tout émanait de nous.

Nous n’avions eu de cesse jusqu’alors de nous lamenter « dans la vie, il y a ceux qui ont de la chance puis il y a nous… ». Nous comprimes enfin que c’était notre propre regard sur notre vie qu’il nous fallait changer. Nous avions la vie que nous « méritions ». Si celle-ci ne nous convenait pas, libre à nous d’en changer car…

Nous étions LE problème mais nous étions aussi LA solution…

Nul autre que nous n’avait la main sur nos existences. Il nous fallait cesser d’attendre une solution providentielle à nos difficultés. A nous de sortir de cette position attentiste et d’arrêter de subir…

En parallèle à cette réflexion commune, nous prîmes le temps chacun de procéder à une brève introspection : pourquoi agissions-nous, pensions-nous de la sorte ? Les éléments saillants qui sortirent de cette brève analyse furent les suivants :

J’étais dans l’hyper-contrôle alors que l’Homme était dans la fuite…

Nous savions alors, qu’à côté des changements concrets que nous devions opérer dans notre quotidien, il nous fallait également faire un travail en profondeur. De mon côté, je me devais d’apprendre à lâcher-prise et faire confiance. L’Homme, quant à lui, devait prendre conscience de l’importance de sa place au sein de notre foyer et, de fait, s’y investir conséquemment.

Ce travail « psychique » ne s’effectuant pas en quelques jours, il nous fallait néanmoins commencer à amorcer le renouveau dont nous avions vitalement besoin. Pour se faire, nous nous sommes fixés des objectifs :

Objectif n°1 : réinvestir notre foyer

Objectif n°2 : repenser notre rôle de parent

Objectif n°3 : prendre soin de notre couple

Objectif n°4 : se retrouver en tant qu’individu

Pour chaque objectif, nous avons décliné un ensemble d’actions très concrètes, réalistes et réalisables rapidement. Par exemple, en ce qui concerne notre maison, nous avons listé :

  • Se débarrasser de tout le superflu
  • Réaménager le salon
  • Proposer un espace de jeux spécifiquement pour notre aîné
  • Ne plus avoir d’angle-mort afin de faciliter la « surveillance » des enfants
  • Retirer la télévision de l’espace de vie
  • Etc.

Pour se faire, nous nous sommes fixés des échéances. Nous nous sommes créés un agenda commun au sein duquel nous notions nos diverses tâches quotidiennes. Ainsi, chaque jour qui passait voyait la mise en place d’un changement voire d’une amélioration de notre quotidien.

Le meilleur nous attendait…


N’hésite pas à me faire savoir si tu veux que je continue à te présenter notre réaménagement. Je pourrais, par exemple, rédiger un billet par objectif mentionné plus haut (maison/enfant/couple/soi-même).

 

L’heure du bilan…

faire le bilan

Voici le quatrième volet de mon récit (première partie, seconde et troisième)

Les mots étaient posés. Il avait pris sa décision. Il souhaitait rester. Soulagée d’un énorme fardeau, je n’en restais pas moins lucide. Il voulait rester certes, mais pas sans conditions.

Alors le plus gros chantier de notre vie nous attend…

Se furent les seuls mots que nous échangeâmes de la journée, parfaitement conscients que, le soir même, une discussion aurait lieu.

Une fois les enfants couchés, nous nous installâmes  autour d’un verre de vin. Voyant l’Homme réceptif à mes propos, je mis les pieds dans le plat.

Aujourd’hui, nous ne sommes pas heureux…

Je lui proposai alors ce qui me semblait être le plan d’action le plus pertinent : faire le bilan de tout ce qui nous semblait négatif. Pas à la va-vite non. En se donnant le temps de la réflexion. Car, il fallait bien se l’avouer, des choses négatives, dans notre vie, il n’en manquait pas. Je suggérai de nous laisser quelques jours afin de poser tout cela sur papier. Il adhéra.

Le temps s’écoula lentement, tristement, ce qui nous fit prendre conscience, une fois de plus, de l’impériosité d’un changement.

Arriva la fin de semaine. Nous avions chacun fait nos « devoirs ». Etrangement, ou pas, nos constats furent sensiblement identiques. Nos sources d’insatisfaction tournaient autour de plusieurs axes :

  • La maison : cinq ans que nous avions aménagé et pourtant, rien n’avait évolué. Des cartons ici et là. Un espace mal agencé. Des pièces non achevées. Tout cela n’était sans doute pas étranger au fait que nous n’ayons pas le sentiment de nous sentir chez nous
  • Les enfants et cette sensation d’être à côté de tout, en particulier à côté de leurs besoins (de cadre, de limites, d’affection, de protection, de sécurité, …)
  • Notre couple qui n’était plus que l’ombre de lui-même… Plus de communication, plus d’échange, plus de compréhension, plus d’empathie, plus … rien !
  • Nous-mêmes avec cette lassitude permanente. Cet ennui constant. Nous n’étions animés par rien d’autre que l’amertume de subir une vie dont nous ne rêvions pas.

Poser ces mots fut déjà salvateur pour notre couple. Malgré le fait que nous ayons l’impression d’être devenus des étrangers l’un pour l’autre, nous avions deux points communs : nous ressentions la même chose et nous étions animés par l’envie de changer.

Puis, scolairement oserais-je dire, nous avons fait un tableau

Mes problèmes Mes besoins Mes ressources Mon plan d’action
A quelles difficultés étions nous concrètement confrontés ? Quels besoins ce problème nous empêchait-il d’assouvir ? De quels moyens (humains, matériels, financiers, etc.) disposions-nous pour faire face à ces difficultés ? Quelles actions, simples, précises et réalisables pouvions nous mener pour aller vers un mieux-être ?

 

Ce tableau, nous avons mis du temps à le compléter. Un renouveau ne s’improvisant pas, il nous fallait être précis, de façon à ce que nous voyions rapidement les effets de notre investissement mais aussi surtout de façon pérenne.

Puis, vint le moment de passer à l’action…