Ma wishlist [de maman] pour Noël (partie 1)

cher père Noël

Cher Papa Noël, je me permets de te contacter afin de te faire part de mes souhaits concernant les fêtes de fin d’année…

Avant toute chose, sache que, tout au long de l’année, j’ai été incroyablement bienveillante, extrêmement à l’écoute, merveilleusement empathique avec mes enfants (bon, si tu zappes les fois où j’ai hurlé comme une hyène, puni à tour de bras et menacé à la pelle).

Bref, dans la mesure où je suis une mère extraordinaire, je me suis permise de te rédiger une liste de vœux :

  1. Un bouton on/off sur mes enfants

J’ai déjà remarqué à quel point tu maîtrisais cette fonction sur les jouets que tu offres à nos chères têtes blondes. Alors je me suis dit qu’il te serait peut être possible d’installer cette option sur mes fils (sur un endroit facilement accessible, le dos par exemple). Parce que vois-tu, lorsque je rentre le soir, après une journée de boulot harassante et qu’eux sont dans un état de surexcitation ultime, cela me faciliterait grandement la tâche… J’appuie sur le bouton et tac ! Les gosses jouent tranquillement ensemble, se prêtant les jouets, discutant calmement dans un esprit de convivialité (tu sais, un peu dans le genre de ce que tu nous montres dans les téléfilms de Noël où tous chantent en cœur autour du piano, un verre de lait de poule entre les mains…)

  1. Le pouvoir de persuasion

Ma requête ressemble sensiblement à la précédente. Je souhaiterais que tu me dotes d’une espèce de pouvoir de super-héros : par la force du regard, mes enfants se plieraient à mes attentes (réalistes bien sur les attentes, je ne m’attends pas à ce qu’ils rangent parfaitement leur chambre…). Cela me serait grandement utile lorsque nous sommes en « société » (au supermarché, à la pharmacie, dans la salle d’attente du médecin… Oui, ma « société » est hyper épanouissante, je te l’accorde). Tu sais, ce moment où ils te retournent tout, touchent à tout, quémandent après tout, se jettent au sol…Bref, ces moments où ils se la jouent hystérique, j’aimerais assez, par la force du regard, leur faire comprendre STOP !!!!!!!!!! Et hop, qu’ils redeviennent (ou deviennent tout court d’ailleurs) des enfants sages, dociles et à l’écoute…

  1. Une fonction réveil

Ne te méprends surtout pas ! Ne vas pas t’imaginer que mes enfants peinent à se réveiller le matin… Bien au contraire ! Je souhaiterais qu’ils soient réglés de la même façon que les réveils programmables apparus il y a quelques années. Tu sais, ceux dont on fixe l’heure du coucher et du lever. Tu peux évidemment compter sur moi pour ne pas en abuser. Je les paramètrerai de façon à ce qu’ils puissent profiter un minimum de la journée, genre 8 heures d’éveil par jour…

  1. Une option pyrolyse

Père Noël, j’ignore si tu as des enfants (tiens d’ailleurs, c’est une vraie question ça !) mais tu dois savoir que les enfants, tous autant qu’ils sont, ont un don. Chez les X-Men, on les appellerait les « saligots » (tu l’as vu le jeu de mot ? Je marque un point de plus là non ?). Les gosses, ils sortent du bain, tu les as lustré bien comme il faut, tu tournes la tête histoire de ranger la salle de bain (devenue annexe de piscine municipale) et tu les retrouves avec du feutre sur la figure/de la pâte à modeler sous les ongles/de la farine dans les cheveux… J’aimerais donc, dans la mesure du possible (et je sais que c’est possible puisque l’Homme a été capable de créer ça pour les fours donc me la fais pas à l’envers) que mes enfants aient la fonction pyrolyse. Pour les modalités, je te laisse te débrouiller (chacun son job hein !).

Et voilààààààààààà Père Noël !!!! J’en ai fini !!!! Avec la première partie de ma liste !!! Je te réserve le meilleur dans une seconde partie ! Ca va se compliquer mon bonhomme, je te préviens !!!

Allé, je te bisouille et te dis à très vite !

Parce qu’être parent, c’est aussi ça…

pleine lune parent seul

6 heures du mat’… L’aube, l’aurore, tu ne sais plus… Le silence absolu… Une nuit si sombre que le soleil peine à émerger… Au milieu de cet univers en suspens, tu es là, les yeux bien ouverts et le cerveau en ébullition. Pourquoi un tel état de nerfs ? Pourquoi ce qui-vive permanent ? Pourquoi cette sensibilité exacerbée ? Pourquoi cette inquiétude intérieure ? Parce que tu es mère… Rectification, parce que tu es  une mère privée de repos…

On t’avait pourtant prévenue : « prépare toi, tu vas découvrir les nuits hachées, le sommeil en pointillés, les multiples réveils nocturnes, … ». Des mots, juste des mots… S’il est une chose que l’on ne peut décrire justement, c’est la privation de sommeil… Indescriptible et pourtant universelle… Qui n’a pas connu cet état : après une nuit festive, après une nuit parsemée d’angoisses, après une nuit torride, après une nuit…

Mais rares sont ceux pour lesquels cet état perdure… Et pourtant, ils existent. Ils sont là, à côté de toi au boulot, une tasse de café entre les mains. Ils sont aussi là, dans le train, la tête vrillant au moindre soubresaut. Ils sont là au supermarché, l’œil hagard, comme robotisés. Partout. Ils sont là. L’ombre d’eux-mêmes…

Evidemment, tu te vois prodiguer les conseils de bien-pensants : confie-les, repose-toi, prends du temps, détends-toi, relativise… Ces conseils, la plupart du temps énoncés avec toute la bienveillance du monde, ne font que renforcer ton sentiment de solitude : personne ne me comprend…

Et pourtant… Ces sentiments qui t’animent, savoureux cocktail explosif, ne sont pas étrangers à tous… Cette fatigue éreintante, cette colère permanente, ce sentiment d’injustice, cette hyperréactivité, cette boule logée au plus profond de toi… Je connais tout ça… Je sais qu’il t’est peut être même arrivé, parfois, de regretter… Regretter d’être devenu parent… Puis, l’instant d’après, cette culpabilité qui t’assaille… Comment avoir osé penser ça ?…

Parce qu’être parent, c’est aussi ça…

Le plus grand risque dans ta vie, c’est de ne pas en prendre…

rubrique-vivre-sa-vie

J’ignore encore comment cela m’est arrivée… Cela s’est sans doute installé insidieusement, sans même que je ne sois en mesure de m’en apercevoir. Ou bien l’ai-je vu mais décidé de passer outre, croyant à un petit passage à vide. Seulement cette errance a duré, duré, duré…A tel point qu’aujourd’hui, elle fait partie de moi.

Mes proches m’ont interpellée, me signifiant qu’ils me trouvaient différente. Evidemment, j’avais toujours un contre-argument à leur opposer : fatigue, stress, … A ce moment là, je croyais dur comme fer à ma plaidoirie. J’étais la même, avec quelques tracas supplémentaires certes…

Ne dit-on pas que la vie est faite d’épreuves ? Je l’expérimentais quotidiennement. Chaque jour m’apportait son lot de soucis. Jamais rien de grave. De simples petits riens  qui viennent s’amonceler pour finir par former l’infranchissable, l’insurmontable, l’inextricable.

Le moindre geste du quotidien était devenu dur labeur. Se lever, se doucher, s’occuper des enfants, préparer le repas, … des automatismes effectués sans plaisir aucun. Cela me convenait. Pas de plaisir mais pas de douleur. Mon cœur était bien à l’abri dans sa tour d’ivoire. Inaccessible, rien ni personne ne pouvait m’atteindre.

Et puis, la fois de trop… Un événement lambda a déclenché ma fureur… Comme possédée, j’étais en effet tellement devenue inaccessible que rien ni personne ne pouvait m’apaiser. Et, là, à cet instant, tout a pris sens. L’origine de mon Mal était logé là, juste sous mes yeux. J’acculais le quotidien, les gens, la vie, … Vaste leurre… La personne qui me nuisait le plus n’était autre que moi.

Se protéger de tout en ne vivant rien. S’éloigner des autres qui ne comprennent pas. Etre là sans être là. Toujours en surface. Ne jamais vivre l’instant. Par peur d’être déçue, par anticipation du pire, par crainte de l’avenir… Et finalement devenir spectatrice de sa propre existence. Tel était mon syndrome…

Je ne dis pas qu’aujourd’hui, les choses vont mieux. Mais j’y travaille. Etre là, vraiment. Ne plus incarner cette présence fantomatique. Vivre ma vie, pleinement, sans craindre le pire. Car, à tenter d’esquiver le malheur, je passe simplement à côté du bonheur…

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