Pars…

pars

Pour lire la première partie de mon récit, c’est par ici.

Pour ne pas faire souffrir l’autre avec nos états d’âme, nous n’échangions plus. Allant jusqu’à une rupture totale de communication. Seuls, livrés à nous-mêmes, nous nous sommes peu à peu déconnectés de nos émotions. Ne plus ressentir pour ne plus souffrir. Nous avancions dans la vie, tels des robots. Déshumanisés. La vie est ainsi.

Puis, un jour, la goutte d’eau. La courte nuit de trop, la provocation de trop, le regard de trop… Trop ! Ce jour-là, s’est produit l’évènement qui a tout fait basculer…

C’était un dimanche midi. Comme tous les dimanches midis de cette période, tristes, maussades, sans saveur… Nous nous apprêtions à servir le repas aux enfants. Le quatr’an, qui devait être à sa vingtième « provocation » de la journée, a prononcé la phrase de trop. Le contenu m’en échappe aujourd’hui mais la réaction de son papa, elle, reste bien ancrée…

Dire qu’il s’est transformé ne serait pas être fidèle aux faits. En l’espace de dix petites minutes, il a déversé la colère, l’amertume, la tristesse, la frustration cumulée depuis des mois… Un flot de paroles acerbes, de propos blessants avec, en trame de fond, la phrase suivante :

Je ne vous supporte plus !

Tel était le contenu de sa tirade. Voyant qu’il n’était plus lui-même, comme possédé, j’ai pris la décision de prendre les enfants et de quitter la maison, le temps nécessaire. Le temps qu’il lui fallait pour recouvrer ses esprits, si tant est que cela soit possible.

Nous sommes allés nous « réfugier » chez mes parents. Et, pour la première fois depuis des mois, j’ai parlé… J’ai vidé ce sac bien trop lourd, j’ai posé ce fardeau bien trop pesant… Cette vie, ma vie, n’était pas ce que je voulais. Ces enfants n’étaient pas ceux que j’espérais. Cet homme n’était pas celui que j’aimais.

Des heures durant, je me suis vidée. De ce trop plein, de ce trop vide, de ce tout qui faisait de moi ce que j’estimais être une moins que rien. Puis, le temps d’un instant, j’ai confié mes enfants à mes parents. Afin de ME retrouver. Faire le point. Questionner. Prendre du recul. Et décider. A ce moment précis, un message de l’Homme

Je suis calmé…

L’heure était venue de rentrer à la maison. Bain, dîner, préparation des affaires du lendemain, la vie reprenait son cours. Normalement aux yeux des enfants et de l’Homme. Or, de mon côté, les choses étaient tout autre. Le soir même, je savais que m’attendait l’une des discussions les plus importantes de ma vie. La discussion qui, possiblement, pouvait tout changer. Pour ne plus subir. Pour ne plus errer. Pour vivre !

Rapidement, les enfants furent couchés. Rapidement, l’Homme avança des excuses qu’il pensait à demi-mot. Nous aurions pu nous en tenir là. Nous aurions pu reprendre le chemin de cette vie insipide. Nous aurions pu réajuster nos œillères et continuer à avancer dans cette pénombre.

J’en décidai autrement. Calmement, sans rancœur, sans amertume, sans colère, les mots sortirent de ma bouche comme l’évidence…

Si tu n’es pas heureux avec nous alors pars…

7 Comments on Pars…

  1. Maëva rêves de bulle
    29 mars 2018 at 10:33 (3 mois ago)
    Oh. Difficile de prononcer ces mots… Difficile de vivre tout ça d’ailleurs. Difficile d’être un couple quand le reste autour n’est que routine et prise de bec… J’espère lire un billet plus serein avec un happy end (ensemble ou séparé, le happy end n’est pas forcément un couplé qui se remet ensemble sous la contrainte hein) des câlins ma douce ❤️
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    • Pasquunemere
      30 mars 2018 at 09:46 (3 mois ago)
      Toi je te bisouille!!!
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  2. Léa
    29 mars 2018 at 11:49 (3 mois ago)
    Etant passée par la situation de trop, le comportement de trop, la phrase de trop et la conversation qui suit, la remise en question et tout le reste, je me dis que parfois, il faut avoir touché le fond pour remonter et s’en donner les moyens. Prendre conscience des choses et faire ce qu’il faut pour vivre vraiment et surtout vivre heureux!
    Impatiente de lire la suite..
    bonne journée 🙂
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    • Pasquunemere
      30 mars 2018 at 09:45 (3 mois ago)
      Tant qu’on ne touche pas le fond, impossible de prendre appui pour rebondir 😉 (Merci pour tes mots 🙂 )
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  3. Kwani
    29 mars 2018 at 21:11 (3 mois ago)
    Un jour il a vidé son sac au tél avec un proche. Quand il a raccroché je lui ai proposé de partir. A ce moment j’avais même pas envie de me battre pour le retenir, trop blessée. Alors on a parlé, j’ai vidé mon sac aussi. On a fait des efforts tous les deux, pris du temps pour nous. Les gens nous voient unis, amoureux, stables. Ils ne savent pas qu’on a eu nos bas. On imagine pas le poids du quotidien.
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    • Pasquunemere
      30 mars 2018 at 09:45 (3 mois ago)
      “On imagine pas le poids du quotidien” –> mais tellement!!! Et, comme tu le soulignes, il y a ce que les gens voient et il y a les “coulisses”. Il y a des crises qui séparent mais il y a aussi des crises qui rapprochent. Fort heureusement d’ailleurs 😉
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  4. Delph Dolce
    4 avril 2018 at 13:52 (3 mois ago)
    Je les ai ces mots, ne plus supporter les demandes incessantes de mes propres enfants du matin jusqu au soir non stop tous les jours. Parfois oui je ne les supporte plus :/ Et je m’en veux. J’aurai pu partir si seulement je n’étais pas juste une dingue de mes enfants. J’aurai pu tout claquer par folie dirait on. Je n’ai pas eu ce coup de folie. Quelques mois plus tard, notre couple est au top, mais moi je ne me suis pas retrouvée encore, et c’est un quotidien assez rude.
    Mais je te comprends..
    Courage.
    D.
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