Quand les enfants s’occupent des parents…

mains trois générations

Depuis plusieurs années maintenant, l’état de santé de ma mère se fragilise. Jamais rien de dramatique. Jamais rien d’irréversible. Juste des petits riens. Des petits riens qui s’accumulent et qui l’abiment.

Hier, ma mère m’a appelée pour me rendre compte d’un énième rendez vous médical. Un de ceux dont le contenu ne me plaît guère. Des examens pour approfondir encore et toujours. Pour apprendre des nouvelles à chaque fois plus mauvaises. Sans jamais voir de lumière au bout du tunnel. Juste une profonde pénombre qui s’obscurcit à mesure que l’on avance…

Quant à son moral, parlons-en… Lui aussi s’abime dans les méandres de la médecine… A chaque pas effectué vers un diagnostic, c’est une étincelle qui s’étouffe. La maladie n’a pas de limite. Elle mange tout sur son passage. Nos compagnons « vulnérabilité » et « fragilité » ont déjà été engloutis.

Non, elle n’est pas seule. Mon père est là, bien démuni face à tout cela. Son mécanisme de défense : le rejet. Rien n’existe, rien n’est grave, un petit effort et tout sera réglé. Je ne peux pas le blâmer. Chacun fait comme il peut avec les moyens qu’il a.

Et moi, je fais comment ? Tiraillée entre la vie qui pousse en moi et cette faucheuse qui se rappelle à mes bons souvenirs. Le temps qui passe à la fois trop vite et trop lentement. Cette confusion qui s’installe : que faire ? comment faire ? qui protéger ? elle ou nous ? Puis une évidence s’impose : je suis de ceux là, de ceux qui ont franchi la limite, le passage que l’on redoute. Je suis de ces enfants qui doivent s’occuper de leurs parents.

C’est l’ordre naturel des choses je crois. Nos parents donnent pour nous puis, à un moment, c’est à nous de prendre la relève. S’impose alors une double tâche : élever nos enfants vers la vie / accompagner nos parents vers la mort. Comme ces mots sont difficiles à poser mais il s’agit pourtant d’une réalité à assimiler…

Mes propos sont confus, tout comme mon esprit. J’avance pas à pas vers la prise de conscience. C’est un chemin semé de colère, déni, tristesse, abattement… C’est un chemin vers le deuil : le deuil de la mère que j’ai connu, de la petite fille que j’ai été. Il me faut maintenant accepter le fait que je suis seule.

Je suis LA mère…

La mère de mes enfants…

La mère de ma mère…

8 Comments on Quand les enfants s’occupent des parents…

  1. Emma June
    8 décembre 2015 at 11:03 (2 années ago)
    Je compatis de tout coeur.
    Cela doit être bien difficile et je ne sais pas du tout comment je réagirai le temps venu…
    Ce cap de n’être plus que celle qui protège et qui choisit demande du courage donc
    Bon courage pour la suite et envoi d’ondes positives en prime.
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    • Pasquunemere
      29 décembre 2015 at 14:58 (2 années ago)
      Merci beaucoup <3 <3 <3
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  2. WonderMômes
    8 décembre 2015 at 14:45 (2 années ago)
    Je suis dans le même cas que toi, depuis 6 ans et demi3 mois après la naissance de mon deuxième). Ma mère est veuve depuis 25 ans (et n’a jamais refait sa vie), je suis fille unique. Heureusement que mon homme m’aide beaucoup. Mais c’est pas évident tous les jours. Je t’envoie plein plein de courage ainsi qu’à ta maman <3
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    • Pasquunemere
      29 décembre 2015 at 14:57 (2 années ago)
      Merci beaucoup! Je suis tes récits sur FB et j’espère que tu as passé de bonnes fêtes avec ta maman <3
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  3. Melle Blanche
    8 décembre 2015 at 15:05 (2 années ago)
    J’en suis aussi et il est sain d’avoir une conversation avec le père qui minimise. La bagarre contre la maladie se fait en équipe. Bon courage.
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    • Pasquunemere
      29 décembre 2015 at 14:56 (2 années ago)
      Tout à fait d’accord. Je n’aurais sans doute pas les épaules pour affronter ça seule sur le long terme… Courage à nous!
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  4. Lorelei
    8 décembre 2015 at 16:49 (2 années ago)
    ma maman s’occupe beaucoup de ses parents aussi et je sais que c’est loin d’être simple….
    bizzz et bon courage
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    • Pasquunemere
      29 décembre 2015 at 14:55 (2 années ago)
      Merci beaucoup 🙂
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