SESSAD, CLIS, IME, … tous ces sigles qui font peur…

rouagecerveau

En réponse au petit sondage que je mène (d’ailleurs aux bonnes âmes qui ont pris et prendront le temps de répondre : merci !), j’ai décidé aujourd’hui de vous parler un peu de mon boulot…

Pour celles et ceux qui l’ignorent, je suis psychologue dans l’Education Nationale (arf, ne me détestez pas tout de suite, attendez un peu encore ;)). Je travaille plus particulièrement dans le second degré c’est-à-dire dans les collèges et lycées. L’une de mes principales missions est de repérer et d’accompagner les élèves les plus « fragiles ». Alors que met-on derrière le terme « fragile » ? Et bien, il s’agit de ces jeunes pour lesquels une scolarité en milieu ordinaire mérite quelques aménagements ou encore pour lesquels une orientation vers un établissement spécialisé doit être envisagée.

C’est ainsi que, dans un premier temps, doit être mis en place un PPS, Projet Personnalisé de Scolarisation. L’objectif de ce PPS est de répondre aux besoins de l’enfant en indiquant les actions pédagogiques, éducatives et thérapeutiques à mettre en œuvre. Pour pouvoir être mis en place, les parents doivent saisir la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) qui prend en charge diverses formes de handicap : moteur, auditif, visuel, maladie chronique, trouble des apprentissages, troubles psychiques ou encore l’autisme.

Il y existe trois parcours de scolarisation possible :

  • Scolarisation en milieu médicalisé : bien souvent il s’agit de cours par correspondance
  • Scolarisation en milieu spécialisé : on y retrouve les EREA (Etablissement Régional d’Enseignement Adapté), les ITEP (Institut Thérapeutique, Educatif et Pédagogique) ou encore les IME (Institut Médico Educatif).
  • Scolarisation en milieu ordinaire : c’est là que l’on retrouve les CLIS (Classe d’Intégration Scolaire) en primaire et les ULIS (Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire) dans le secondaire

Voici un petit schéma qui pourra peut être vous permettre d’y voir plus clair :

parcours scolarisation

Alors quelle est ma place dans tout ça ? Et bien, lorsqu’un jeune rencontre une difficulté qui, jusqu’alors n’a pas été repérée ; ou encore si son dossier a besoin d’être actualisé car ses besoins ont évolué ; etc., je le rencontre, lui et sa famille, afin de faire le point sur sa situation et de cerner la problématique.

Souvent, cela passe par un bilan psychométrique c’est-à-dire à l’aide d’outils d’évaluation : intellectuelle, anxiété, dépression, troubles de l’attention, etc. Il me faut rencontrer le jeune et sa famille à plusieurs reprises afin de bien cerner les difficultés et proposer l’accompagnement qui sera le plus adéquat. La décision ne me revient pas. C’est la MDPH qui se réunit sous la forme d’une commission afin de statuer sur l’avenir du jeune.

L’une de mes priorités est d’accompagner les parents et les enfants dans ce parcours qui peut se révéler plus que chaotique. Pour certains, il y a un véritable travail de deuil à accomplir, le deuil de l’ « enfant idéal ». Pour d’autres, il s’agit de les porter à bout de bras dans le méandre des démarches à effectuer. C’est un véritable travail d’accompagnement personnalisé selon les personnalités de chacun.

Voilà, en quelques mots, en quoi consiste une partie de mon job. J’espère que mon topo n’aura pas été trop soporifique. Pour ceux et celles qui souhaiteraient en savoir davantage, n’hésitez surtout pas à me le faire savoir.

2 Comments on SESSAD, CLIS, IME, … tous ces sigles qui font peur…

  1. Nath'
    22 octobre 2014 at 17:04 (3 années ago)
    Ce n’est pas un travail facile que tu fais… heureusement d’ailleurs qu’il existe des professions comme la tienne! Ca doit demander un fort mental et ça ne doit pas être simple tout les jours…
    J’ai beaucoup apprécié que tu nous parle plus en détail de ton métier, merci pour cet article.
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    • Pasquunemere
      23 octobre 2014 at 10:50 (3 années ago)
      Merci la miss!! Oui un bon mental comme tu dis! La dernière fois j’ai abordé la piste d’un ITEP (institut pour jeunes avec troubles du comportement) avec des parents et leur fils, j’ai bien cru que j’allais me prendre une patate!
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