Si on m’avait écoutée…

trois petits singes

Trop longtemps je me suis fustigée… Je me suis attribuée les pires qualificatifs concernant mon rôle de maman : pas capable, pas à l’écoute, pas compétente, pas en lien, etc. Des mois durant à m’accabler, à me culpabiliser… Ah ça la culpabilité, je suis passée ceinture noire il y a peu… Puis j’ai réfléchi à tout ça : ai-je vraiment été si mauvaise maman ?

Je pense que, parfois, lorsque l’on est aux prises avec de tels sentiments, il est parfois bon de sortir du ressenti pour en revenir au factuel. Certes, je ressens telle et telle émotion mais quels sont les faits qui ont éveillé ça en moi ?

En ce qui me concerne, la relation que j’ai entretenue avec mon enfant a longtemps été problématique. Des mois durant, mon fils a souffert. Souffert d’un RGO sévère. RGO qui a lui-même déclenché une œsophagite aigüe. Le tout étant dû à une Intolérance aux Protéines de Lait de Vache (IPLV) diagnostiquée sur le tard. Très tard. A 11 mois de vie.

Durant presque un an, j’ai vu mon fils souffrir. J’en ai parlé à qui voulait bien m’entendre : médecin, pédiatre, allergologue, gastro-entérologue, etc. Je leur faisais part des signes que j’observais chez mon enfant et qui m’alertais. Des signes que j’interprétais comme de la douleur. Mais, visiblement, les « spécialistes » n’étaient pas de mon avis :

Ca ira mieux lorsque le clapet de son estomac sera efficient

Il faut le temps que son système digestif mûrisse

Vous savez, un bébé ça pleure, c’est normal

Vous lui transmettez vos angoisses

J’en passe et des meilleures… Sauf que, évidemment, de par mon statut de primipare, peu sûre d’elle, vulnérable et influençable au possible, je les ai cru tous ces spécialistes… Qui étais-je, moi, pour les contredire ? Ces personnes qui avaient fait des études et cumulé de l’expérience dans le domaine… Je ne pouvais m’en remettre qu’à elles…

Sauf que les choses ont perduré… Et mon bébé continuait de pleurer, encore et encore. Il souffrait, j’en étais persuadée ! J’ai donc continué à errer de spécialiste en spécialiste. Jusqu’au jour où, enfin, j’ai rencontré quelqu’un qui m’a écoutée, moi, la maman. Et c’est en fonction de mes dires qu’il a suggéré un diagnostic : mon fils souffre d’IPLV. Pendant des mois, j’ai nourri mon fils de ce qui le faisait souffrir. Des centaines de biberon de cet aliment qui le rongeait de l’intérieur.

Aujourd’hui, je ne me sens plus coupable. Ce diagnostic tardivement posé a biaisé nos relations. Si je me suis sentie mauvaise mère, c’est parce que je me suis sentie impuissante. Or, je ne l’étais pas. J’ai déplacé des montagnes pour faire taire cette souffrance qui habitait mon enfant. Aujourd’hui, je me suis pardonnée…

Si seulement on m’avait écoutée…

14 Comments on Si on m’avait écoutée…

  1. Estelle et ses poussières
    13 mai 2015 at 12:00 (2 années ago)
    Savoir se pardonner, c’est tellement difficile, je me suis aussi beaucoup culpabilisé d’avoir choisi une nounou pour ma fille qui s’est révélée ne pas convenir au fil des mois. Je me suis posée beaucoup de questions, pensant que ça venait de moi, et puis j’ai décidé de changer de nounou et quand je vois comment ça se passe maintenant, je me dis que j’ai bien fait. Toutefois, pendant longtemps je me suis culpabilisée pour ce que ma fille pourrait avoir vécu et que je ne saurais jamais vraiment. Ca paraît rien comme ça mais ça a été très dur et puis un jour, je me suis pardonnée et me suis même félicitée d’avoir réagi du plus vite que je pouvais…
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    • Pasquunemere
      18 mai 2015 at 13:51 (2 années ago)
      C’est en effet le plus difficile… On sait pertinemment que nous allons commettre des erreurs avec nos enfants. Pourtant, malgré le fait que l’on réagisse le plus rapidement possible, reste qu’il faut pouvoir se pardonner par la suite… Et puis je pense qu’il ne faut pas oublier que nous ne les mettrons jamais à mal volontairement…
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  2. moimiochesetmechante
    13 mai 2015 at 13:35 (2 années ago)
    J’ai vécu la même situation. Mon premier a souffert plus d’un an et j’ai eu l’impression qu’on m’avait volé cette première année…puis ma deuxième a eu la même chose, et devant les mêmes symptômes je ne me suis pas laissée faire et elle a été prise en charge à un mois et demi…
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    • Pasquunemere
      18 mai 2015 at 13:52 (2 années ago)
      « j’ai eu l’impression qu’on m’avait volé cette première année » –> C’est tout à fait ça! Je n’aurais pas mieux dit!
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    • Pasquunemere
      18 mai 2015 at 13:53 (2 années ago)
      Oh que oui! Je ne comprends pas pourquoi un tel scepticisme devant un mal de plus en plus répandu…
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  3. Maman raconte
    13 mai 2015 at 17:30 (2 années ago)
    Rien ne vaut l’instinct d’une maman et ton l’histoire le montre bien…
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    • Pasquunemere
      18 mai 2015 at 13:56 (2 années ago)
      C’est tellement vrai… Je ne me suis pas fait assez confiance. J’ai baissé les bras parfois me disant que, les enfants, je n’y connaissais rien… Et c’était vrai. Je ne connais pas LES enfants mais je connais MON enfant…
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  4. mon carnet déco
    13 mai 2015 at 20:19 (2 années ago)
    C’est incroyable comme nous avons des points commun!
    Mon fils (mon deuxième) est né, et deux heures après notre rencontre, je l’ai senti… Différent. Il a grandit, puis vers ses 18 mois, les conflits ont commencé à s’enchaînés, trop forts, pleins d’incompréhensions…
    Je n’ai cessé de dire que quelque chose n’allait pas, mais on me répondait toujours que ça venait de moi, que c’était normal… Jusqu’au jour ou mon fils à retapisser la salle de bain avec ses selles. Il avait 4 ans. Et là enfin, « ON » a commencé à reconnaitre que quelque chose n’allait pas. Depuis le temps que je le disais…
    Une amie m’a dit (elle est instit en CP) de le faire tester, car elle le pensait précoce. Avec mes a-priori sur la précocité, je ne le pensait pas. Puis je me suis renseigné, ai pris RDV avec une Pédopsy, qui l’a fait tester. Oui, mon enfant est différent, car la précocité n’est pas une intelligence supérieur, non, c’est une façon de fonctionner qui est différente, et qui induit souvent une hyper activité, une hyper émotivité, une hyperesthésie (trop grande sensibilité physique, qui touche la vue, l’ouïe, l’odorat, le touché…) des DYS… Bref, tout ça ne faisait qu’aggraver notre incompréhension.
    JE LE SAVAIS! Dans ma tête et dans mon cœur! Je n’aurais jamais dû « LES » écouter. Maintenant, je me fait confiance. Je suis leur mère, personne ne les connais mieux que moi!
    Il faut savoir écouter ses instincts, car nous restons des animaux, même si on a oublié d’écouter. Quand ils était bébé, j’arrivais même à savoir, à leur odeur, qu’ils étaient malade.
    Il faut se faire confiance!
    Je t’embrasse!
    Sandrine
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    • Pasquunemere
      18 mai 2015 at 13:59 (2 années ago)
      Quel vécu vous avez ton fils et toi… Tu as repéré dès le début des signaux d’alarme et on ne t’a pas entendu… Quel malheur! Tu as eu la force de te relever de tout ça mais une telle histoire peut détruire des personnalités… C’est incroyable comme certains spécialistes peuvent parfois être totalement hermétiques à la souffrance des gens… Et comme tu le dis, faisons nous confiance, NOUS savons…
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  5. mamanlouve
    13 mai 2015 at 20:22 (2 années ago)
    Tu as été une bonne maman qui n’a juste pas été écouté…Nous avons vécu le RGO puis l’œsophagite…c’est une véritable merde mais dans la malchance j’ai eu la chance d’être tout de suite prise au sérieux et écouté et je me rends compte la chance que j’ai eu en lisant ton témoignage qui me touche particulièrement. Les médecins sont parfois sourds à la douleur de nos enfants et pourtant nous seules, maman, les connaissons mieux que personne. Je suis contente de voir que tu t’es pardonnée car en effet tu en as dépassé des montagnes !
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    • Pasquunemere
      18 mai 2015 at 14:01 (2 années ago)
      Je suis touchée par tes mots… En effet, je pense avoir fait mon possible pour mon fils… Je n’aurais pas pu mieux faire. Mais, nous avons perdu en temps et en complicité avec tout ça… Nous rattrapons tous les jours le « retard » que nous avons cumulé 😉
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  6. Happycountdown
    13 mai 2015 at 22:51 (2 années ago)
    Pas plus tard que ce soir je disais à l’Homme qu’on avait bcp de chance d’avoir notre pédiatre qui a été à l’écoute et a permi une prise en charge rapide du rgo puis de l’iplv de Dali. A lire les nombreux témoignage c’est assez rare de tomber sur un professionnel à l’écoute!
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    • Pasquunemere
      18 mai 2015 at 14:03 (2 années ago)
      Tout à fait!!! Surtout en ce qui concerne l’IPLV… Les médecins semblent hyper précautionneux à l’égard de cette pathologie qui, pourtant, engendre beaucoup de souffrance si elle n’est pas traitée… (Donc le diagnostic d’IPLV a bien été confirmé chez ta puce?)
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