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Mon accouchement : Fast and Curious [part III]

dormeur

Bon reprenons là où nous nous étions arrêté. D’ailleurs, si tu as raté le début c’est ici et .

Il est 3h du mat’, nous descendons en salle d’accouchement (enfin prendre un bain… fichtre, j’ai zappé de prendre ma fleur de douche !)…

Plus nous approchons de la salle « nature » (à tout moment je m’attends à entendre des grillons), plus la douleur s’intensifie, à tel point que je suis prise de nausées. Pas farouche, j’explique à la sage femme qu’à ce rythme, je vais retapisser sa salle physiologique.

Nous arrivons enfin sur place, lumières tamisées, odeur soutenue de lavande, il n’en fallait pas plus à mon estomac pour se sentir à l’aise. Deux options s’offrent à lui : la baignoire ou le sol. Finalement, c’est dans le lavabo qu’il trouvera ses aises. Je vide donc le contenu de mon dîner (j’aurais préféré que cela sorte par un autre trou, angoissée du lâchage de selles sur la table d’accouchement que je suis). Mais, la Nadine de Rothschild qui sommeille en moi prend tout de même le soin d’essuyer (enfin je crois avoir essuyé… à moins que je n’ai étalé…).

On me prend enfin au sérieux (la sage femme m’avouera plus tard « femme qui vomi, femme qui accouche ». Vache, j’ai du accoucher un sacré nombre de fois avec les cuites que je me suis prises !). On me passe en salle d’accouchement. J’ai droit à un nouveau contrôle de mon col –> 2,5. Mais C’EST QUOI CE BORDEL ?!?! Où est la fucking caméra cachée ?!? Je douille ma race pour gagner un pauvre 0,5 cm ??? Alors que j’ai la tête au fond du seau, la sage femme me propose alors la péridurale. Jamais des mots si doux n’ont été prononcés à mon oreille.

« On va réveiller l’anesthésiste ». Euh pardon ? Le mec qui va me trifouiller la colonne est en train de ronquer là ?  Y aurait pas moyen de lui faire prendre une bonne douche froide avant ? Comme pour me rassurer, le médecin arrive et renverse le plateau de l’anesthésie. Et là, je me dis que je devais vraiment être au bout de ma vie pour accepter d’être piquée par Dormeur !

Alléluia, il est 3h15 et la péri est posée ! Enfin, je crois car cela ne m’a pas l’air hyper efficace… Euh, la douleur là, c’est normal ??? La sage femme me contrôle à nouveau, 4cm. Ca avance ! Bon, par contre les mecs, j’attends désespérément les effets de la Sainte Péri ! Au lieu de ça, me prennent diverses envies plus glamour les unes que les autres.

La sage femme me vide alors la vessie, sensation assez désagréable au passage (bah oui, j’attends encore que l’anesthésie fonctionne). Puis, la Rothschild en moi s’exclame « j’ai envie d’aller à la selle ». Jamais de la vie je n’ai sorti de telles conneries ! J’ai de nouveau droit à un check point du col : je suis à 10 ! Il est 3h25 et, j’ai pris 6 cm en 10 minutes (je t’ai déjà dit que je déroullais ma race ???).

L’heure est venue de pousser ! A 3h30, bébé pointe le bout de son nez. Il vient nous combler de bonheur son papa et moi. Mais la rencontre (tu commences à me connaître maintenant) fera l’objet d’un prochain billet…

PS : j’attends encore que la péri fasse effet…

Et il m’a réparée…

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Mardi dernier, je donnais naissance à mon second enfant… Second et, à priori, dernier enfant. Comme le poids sur ses épaules était lourd. A la fois, j’en attendais le meilleur comme le pire. Je m’étais préparée à ce que les choses soient aussi difficiles qu’avec son grand frère. Je m’étais préparée à un accouchement chaotique. Je m’étais préparée aux pleurs, aux nuits hachées. Je m’étais préparée à me sentir démunie, désemparée, seule face à ce petit être. Traumatisée par la naissance et les premiers mois de vie de mon aîné, les choses ne pouvaient que se reproduire avec mon second… Or, c’est bien le meilleur qui m’attendait…

Mon accouchement d’abord… Il m’a permis de créer ce lien qui m’avait manqué au premier. 30 minutes d’un peau à peau unique, magique. L’avoir si près de moi, pouvoir faire de cet enfant MON enfant. Le sentir, le toucher, le regarder, faire de lui MON fils. Comme ces premiers moments ont été déterminants pour nous. La connexion était établie. J’étais SA maman.

Puis, ses premiers jours de vie… Je me suis retrouvée face à un enfant calme, serein, apaisé. Ses besoins, il a fait en sorte que je les comprenne. La nourriture, les soins, le sommeil, il a tout facilité… A ses côtés, je me sens « compétente ». A ses côtés, JE SAIS… Je sais ce que ses pleurs expriment. Je sais identifier ses besoins. Je sais y répondre.

Non, je ne m’illusionne pas. Je sais qu’il va m’arriver de me sentir démunie, désarmée face à ce petit être. Mais, chaque jour qui passe, il remplit cette jauge de confiance qui va me permettre de ne pas vaciller au moindre doute.

Cet enfant, en naissant, m’a réparée… Il a complété cette moitié de mère que j’étais jusqu’alors. Il m’a fait me redresser, lever la tête et me tenir droite. Cet enfant, MON enfant, a fait de moi cette mère que j’espérais tant devenir…

L’accouchement, déterminant pour la suite?

compte à rebourd accouchement

Hier, un/une inconnu/e a partagé mon article au doux nom de « Mon congé maternité, mon enfer ». Ceci a été l’occasion pour moi de relire ce billet mais aussi de me questionner : comment faire pour ne pas revivre tout cela ? J’ai déjà quelques idées dont je te parlerai très bientôt. Mais s’il est une chose sur laquelle je n’ai aucune prise c’est mon accouchement…

Mon propre vécu, les divers témoignages que j’ai pu recueillir, mes échanges avec d’autres mamans, la majorité des récits convergent vers une seule et même idée : la façon dont est vécu l’accouchement a une influence sur la relation qui s’instaure avec bébé. Attention, je dis bien « la façon dont est vécu » car, selon les sensibilités de chacune, les ressentis vont être différents. Une maman pourra avoir vécu un véritable scénario catastrophe et, pourtant, conserver un merveilleux souvenir de son accouchement. A l’inverse, il peut suffire d’un détail pour que l’accouchement « rêvé » finisse en désillusion…

Plus l’accouchement approche, plus j’appréhende. Je n’espère pas un accouchement parfait. Je suis prête à souffrir plus qu’il n’en faut. Mais s’il est une exigence que j’ai, c’est que mon enfant aille bien. Aujourd’hui,  mon rêve c’est de pouvoir faire du peau à peau. J’imagine les choses ainsi : une dernière poussée, prendre mon fils et le garder près de moi pendant de longues minutes. Voilà ce dont j’ai été privée pour mon aîné et voilà ce dont je rêve aujourd’hui…

Sauf qu’imaginer un accouchement, ça n’est jamais bon. Car, s’il est une chose qui nous échappe complètement, c’est bien ça : l’arrivée dans ce monde de nos enfants. Alors, j’aimerais ne pas imaginer. J’aimerais ne pas espérer. J’’aimerais ne pas me projeter. Mais je crois que, malheureusement, ce sont des processus intrinsèquement humains…

Pour être parfaitement honnête avec toi, j’ai peur. Peur d’un faux départ qui biaise encore les relations que j’aurai avec mon enfant… Comment se préparer à cela? Comment pouvoir le contrecarrer?

Et pour toi, comment se sont passées les choses ? La façon dont tu as vécu ton accouchement a-t-elle eu une incidence sur les liens que tu as tissé avec ton enfant ?

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