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Je suis ta mère mais je reste humaine…

anniversaire

Hier soir, je t’ai organisé un petit anniversaire intimiste. Ton père, toi et moi, réunis  pour célébrer tes trois ans. J’ai décoré la maison, emballé tes cadeaux, gonflé ballons, acheté chapeaux, … bref j’ai voulu, pour toi, le meilleur.

Tu es rentré de la crèche. Je t’ai accueilli en chanson, attendant impatiemment que tu souffles ta bougie. Les yeux remplis d’étoile, tu as ouvert des cadeaux. Tu étais heureux, j’étais dans les nuages. Puis, en un quart de seconde, les choses ont basculé. Un évènement anodin a tout chamboulé.

J’ai voulu prendre un gâteau, ce à quoi tu t’es vivement opposé par un incisif « Non !! C’est à moi !! ». Hors de question pour moi d’accepter un tel comportement. J’ai haussé le ton. Tu ne l’as pas supporté. Un coup est parti. Toi, mon fils, celui pour qui je me vrille les neurones depuis des jours pour organiser un anniversaire sympa, tu m’as donné un coup. Je ne l’ai pas supporté.

Oh non, ce n’est pas la première fois que tu lèves la main. Mais cette « phase » semblait être derrière nous. Aujourd’hui, tu gères mieux ta colère, ta frustration. Ou, à défaut de la gérer, tu es en mesure de l’exprimer par des mots. Mais, à ce moment là, tu n’as pas su/pu. Fatigue de la journée, excitation due à l’événement, que sais-je… Tu n’as pas su contrôler ton geste. Et je l’ai pris pleine face, KO par uppercut !

Tu m’as blessée. Pas physiquement non. En plein cœur. Les hormones n’arrangeant rien à l’affaire, c’est une salve de sentiments négatifs qui m’a envahie. De la colère, de la déception, de la peine, de la rancœur, j’ai parcouru le panel de la noirceur des émotions. L’espace d’un instant, au delà d’être ta maman, j’étais humaine et j’étais meurtrie.

Ton père a su prendre la situation en mains. Il s’est fâché. Il t’a expliqué. Il t’a apaisé. Il a tellement bien réagi que tu es venu me voir, un gâteau à la main, en t’excusant. Ca ne m’a pas touchée. J’étais bien trop en colère contre toi. Alors que tu es rapidement passé à autre chose, je n’ai pas su en faire autant. Je n’ai pas réussi à desserrer les dents de la soirée. Je t’en ai voulu de nous avoir gâché tout ça.

Hier soir, je n’ai pas su être ta mère. Hier soir, j’étais humaine tout simplement.

 

Je n’avais plus envie de le voir…

shouting yelling

Hier, une collègue et moi avons discuté « terrible two ». Pour avoir moi-même vécu ça avec mon fils, elle me demandait conseils et astuces pour gérer la situation. Me replonger dans cette période a fait remonter un tas de souvenirs tous plus désagréables les uns que les autres. « J’en étais arrivée à un point où je n’avais plus envie de le voir », voilà ce que j’ai dit à mon amie lorsque je senti la culpabilité qu’elle éprouvait face à l’ambivalence de ses sentiments à l’égard de sa fille.

La période d’opposition, du « non », du conflit permanent, du « terrible two » a duré presque une année par chez nous… Une bonne crise de pré-ado comme on les aime ! Un an, c’est long surtout lorsqu’on enchaîne conflits sur conflits. Alors oui, il y a des moments où je n’avais plus envie de voir mon enfant. Il est des jours où je ne voulais pas rentrer chez moi, des week-ends que je redoutais. Je n’étais pas enthousiaste à l’idée d’aller le chercher à la crèche. En résumé, mon fils me sortait par les yeux.

Lorsque j’exprimais ce sentiment auprès de mes amis, collègues, famille, la plupart me regardait les yeux écarquillés, choqués par mes propos : « comment une mère peut elle dire ça de son enfant ?!? ». La réponse est simple : c’est une question de survie psychique. Il m’était tout bonnement impossible de faire comme si tout allait. Je ne pouvais pas, avec ce que je vivais, tenir des propos du type « ce n’est rien, c’est mon fils, je l’aime quand même ». Non, à l’époque, je ne pouvais pas penser positif.

Voilà ce que j’ai dit à ma collègue hier : dis tout haut ce que tu penses tout bas car, sache-le, ceux qui te condamneront sont probablement passés par là. Si tu n’as pas envie de la voir, si tu en as assez de faire des efforts, si tu es épuisée de donner pour ne rien recevoir d’autre que du conflit de la part de ta fille, dis le à qui veut bien t’entendre, moi la première !

Ce n’est pas parce que nous sommes mères ou pères que nous devons garder un sourire béat à la simple évocation de nos enfants. Nous sommes humains avant d’être parent. L’amour inconditionnel oui, l’abnégation totale non.

Questionnements d’un jeune papa suite à une première année de maternelle

pere et fils main dans la main

Aujourd’hui, je te propose un billet un peu particulier. Il y a quelques jours, un jeune papa m’a envoyée un mail afin de me faire part d’une situation problématique. Il m’a demandée s’il était possible de témoigner sur le blog (évidemment !). La parole est à toi!

Qu’est ce qui t a amené à me contacter?

Ce qui m’a amené à te contacter, c’est la lecture de ton blog qui, je trouve, est excellent. Il permet de faire déculpabiliser les parents car sur la blogosphère parentale on trouve beaucoup de blogs où tout semble rose, avec de belles photos, en gros “la famille du blond » de Gad Elmaleh. Tu admets que parfois nos enfants nous soulent, que la vie peut paraitre injuste. Cela change et ça fait du bien. De plus tu travailles dans l’éducation nationale et tu es psychologue.

(Je suis très touchée! Merci!) Peux-tu un peu nous parler de toi?

Je suis un papa de 32 ans, père d’un enfant Iloan (4 ans en novembre) et bientôt d’un second en octobre si tout se bien.

Je suis un papa qui travaille de nuit pour me libérer du temps ou plutôt me priver d’un peu de sommeil pour être le + présent pour lui. Par exemple, je quitte le travail à 7:00 et me dépêche de rentrer pour 7:30 et éviter qu’il aille à la garderie avant l’école et se réveille doucement même si pour cela je dois me coucher vers 9:00 pour me lever vers 15:30 au plus tard même si c’est rare car je pars travailler vers 17:00.

J’essaie de faire pas mal de tâches d’intendance à la maison car ma femme travaille de 8:00 à 18:00 du lundi au vendredi donc difficile pour tout ce qui est rendez-vous pour le petit et d’autres choses encore.

Éducation assez stricte ce qui parfois se ressent dans l’éducation de mon fils même si j’essaie de faire attention. Ce qui peut me faire paraître, pour une personne extérieure, comme étant “sans cœur.” Mais il ne faut pas croire que ça ne me touche pas.

J’essaie de donner le meilleur de moi-même pour mon fils, je regarde plein de blogs, de sites pour faire la meilleure éducation qui soit.

Je suis un père aussi un peu geek. Je suis toute l’actualité des nouvelles technologies. Fan du psg, du sport en général. D’ailleurs, j’ai déjà emmené notre fils voir un match.

Tu sembles être un papa très investi!!! Qu’est ce qui t amène a vouloir témoigner sur mon blog?

Je tente de ne pas reproduire le schéma que j’ai connu dirons nous.
Ce qui m’amène à témoigner sur ton blog, c’est la situation de mon fils qui est en première section de maternelle qui m’interroge sur mon rôle de parent, ce que j’ai pu louper ou mal faire et je voulais, par la même, savoir si d’autres parents ont connu cette situation. Je pense ici trouver des échos d’autres parents

Quelle est cette situation a laquelle tu fais référence?

Tout d’abord mon fils est un enfant de fin d’année.

Depuis 1 mois, il suit des cours d’orthophonie car il a du mal à parler. Il y a deux semaines, l’orthophoniste m’a demandé comment cela se passait en classe. Je lui dis que je n’ai pas eu de retour ni  négatif ni positif mais que je vais me renseigner.

Finalement la semaine d’après, l’ortho a pu rencontrer la maîtresse (qui est aussi la directrice de son école). Elle me dit qu’apparemment depuis janvier cela va un peu mieux mais qu’il a toujours du mal à se concentrer, que c’est un garçon très actif, qui a du mal à respecter les consignes et qui n’est pas encore dans l’apprentissage. Sûrement du à son retard de langage m’explique t elle. Peut être aurai-il besoin d’un bilan psychomoteur (mais bon quand on joue je me dis il arrive très bien).

Aujourd’hui, j’en profite pour demander à son atsem comment cela se passe en classe car elle avait un peu de temps. Et là pas de réponse, un peu gênée. Je lui dis bof? Elle me dit oui, vous devez le savoir, il progresse lentement mais sûrement. Elle ajoute il aura un peu de mal.

Après j’ai demandé à la garderie comment cela se passe et on m’a dit super il joue avec tout le monde, il parle, il est ouvert. Il se débrouille très bien.

Aussi quand  nous sortons de l’école tous les enfants le reconnaissent ceux de son âge ou même les plus âgés comme ceux du primaire.

Mais je pousse un coup de gueule car, si je n’avais pas pris les devants, personne à l’école ne m’aurait renseigné, aidé à me diriger vers des professionnels pour aider mon enfant, l’accompagner. Nous sommes en fin d’année, j’ose penser que vers janvier février on aurait pu m’alerter.

J’ai cette impression que la scolarité de mon fils va être très chaotique voire difficile. En même temps après avoir relu mon carnet de santé, j’ai vu qu’à 4 et demi j’avais toujours très peu de vocabulaire que j’avais du retard finalement j’étais loin d’être bête donc tout n’est pas perdu.

Dernière question : as tu quelque chose à ajouter?

Être parent ou plutôt devenir parent est très difficile. S’il existait un mode d’emploi pour les enfants cela se saurait. Il ne faut pas se décourager même si on a l’impression de tout faire bien.

Est-ce que tu te reconnais dans le témoignage de ce jeune papa ? As-tu déjà vécu quelque chose de similaire ? Est-ce que tu t’es déjà senti en colère et désarmé face au système éducatif ? Comment as-tu réagi ? Bref, raconte-nous tout !