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Questionnements d’un jeune papa suite à une première année de maternelle

pere et fils main dans la main

Aujourd’hui, je te propose un billet un peu particulier. Il y a quelques jours, un jeune papa m’a envoyée un mail afin de me faire part d’une situation problématique. Il m’a demandée s’il était possible de témoigner sur le blog (évidemment !). La parole est à toi!

Qu’est ce qui t a amené à me contacter?

Ce qui m’a amené à te contacter, c’est la lecture de ton blog qui, je trouve, est excellent. Il permet de faire déculpabiliser les parents car sur la blogosphère parentale on trouve beaucoup de blogs où tout semble rose, avec de belles photos, en gros “la famille du blond » de Gad Elmaleh. Tu admets que parfois nos enfants nous soulent, que la vie peut paraitre injuste. Cela change et ça fait du bien. De plus tu travailles dans l’éducation nationale et tu es psychologue.

(Je suis très touchée! Merci!) Peux-tu un peu nous parler de toi?

Je suis un papa de 32 ans, père d’un enfant Iloan (4 ans en novembre) et bientôt d’un second en octobre si tout se bien.

Je suis un papa qui travaille de nuit pour me libérer du temps ou plutôt me priver d’un peu de sommeil pour être le + présent pour lui. Par exemple, je quitte le travail à 7:00 et me dépêche de rentrer pour 7:30 et éviter qu’il aille à la garderie avant l’école et se réveille doucement même si pour cela je dois me coucher vers 9:00 pour me lever vers 15:30 au plus tard même si c’est rare car je pars travailler vers 17:00.

J’essaie de faire pas mal de tâches d’intendance à la maison car ma femme travaille de 8:00 à 18:00 du lundi au vendredi donc difficile pour tout ce qui est rendez-vous pour le petit et d’autres choses encore.

Éducation assez stricte ce qui parfois se ressent dans l’éducation de mon fils même si j’essaie de faire attention. Ce qui peut me faire paraître, pour une personne extérieure, comme étant “sans cœur.” Mais il ne faut pas croire que ça ne me touche pas.

J’essaie de donner le meilleur de moi-même pour mon fils, je regarde plein de blogs, de sites pour faire la meilleure éducation qui soit.

Je suis un père aussi un peu geek. Je suis toute l’actualité des nouvelles technologies. Fan du psg, du sport en général. D’ailleurs, j’ai déjà emmené notre fils voir un match.

Tu sembles être un papa très investi!!! Qu’est ce qui t amène a vouloir témoigner sur mon blog?

Je tente de ne pas reproduire le schéma que j’ai connu dirons nous.
Ce qui m’amène à témoigner sur ton blog, c’est la situation de mon fils qui est en première section de maternelle qui m’interroge sur mon rôle de parent, ce que j’ai pu louper ou mal faire et je voulais, par la même, savoir si d’autres parents ont connu cette situation. Je pense ici trouver des échos d’autres parents

Quelle est cette situation a laquelle tu fais référence?

Tout d’abord mon fils est un enfant de fin d’année.

Depuis 1 mois, il suit des cours d’orthophonie car il a du mal à parler. Il y a deux semaines, l’orthophoniste m’a demandé comment cela se passait en classe. Je lui dis que je n’ai pas eu de retour ni  négatif ni positif mais que je vais me renseigner.

Finalement la semaine d’après, l’ortho a pu rencontrer la maîtresse (qui est aussi la directrice de son école). Elle me dit qu’apparemment depuis janvier cela va un peu mieux mais qu’il a toujours du mal à se concentrer, que c’est un garçon très actif, qui a du mal à respecter les consignes et qui n’est pas encore dans l’apprentissage. Sûrement du à son retard de langage m’explique t elle. Peut être aurai-il besoin d’un bilan psychomoteur (mais bon quand on joue je me dis il arrive très bien).

Aujourd’hui, j’en profite pour demander à son atsem comment cela se passe en classe car elle avait un peu de temps. Et là pas de réponse, un peu gênée. Je lui dis bof? Elle me dit oui, vous devez le savoir, il progresse lentement mais sûrement. Elle ajoute il aura un peu de mal.

Après j’ai demandé à la garderie comment cela se passe et on m’a dit super il joue avec tout le monde, il parle, il est ouvert. Il se débrouille très bien.

Aussi quand  nous sortons de l’école tous les enfants le reconnaissent ceux de son âge ou même les plus âgés comme ceux du primaire.

Mais je pousse un coup de gueule car, si je n’avais pas pris les devants, personne à l’école ne m’aurait renseigné, aidé à me diriger vers des professionnels pour aider mon enfant, l’accompagner. Nous sommes en fin d’année, j’ose penser que vers janvier février on aurait pu m’alerter.

J’ai cette impression que la scolarité de mon fils va être très chaotique voire difficile. En même temps après avoir relu mon carnet de santé, j’ai vu qu’à 4 et demi j’avais toujours très peu de vocabulaire que j’avais du retard finalement j’étais loin d’être bête donc tout n’est pas perdu.

Dernière question : as tu quelque chose à ajouter?

Être parent ou plutôt devenir parent est très difficile. S’il existait un mode d’emploi pour les enfants cela se saurait. Il ne faut pas se décourager même si on a l’impression de tout faire bien.

Est-ce que tu te reconnais dans le témoignage de ce jeune papa ? As-tu déjà vécu quelque chose de similaire ? Est-ce que tu t’es déjà senti en colère et désarmé face au système éducatif ? Comment as-tu réagi ? Bref, raconte-nous tout !

 

 

C’est compliqué en ce moment avec le tout p’tit…

tchoupiencolere

Voilà ce qu’a dit la dame de la crèche à l’Homme vendredi soir. Puis, elle a poursuivi « quand on lui dit quelque chose qui ne lui plait pas, soit il s’énerve, soit il nous rit au nez ». L’Homme s’est ainsi retrouvé fort dépourvu, quand la honte fut venue…

– Moi : Et alors, tu lui as répondu quoi ?

– L’Homme : Bah rien, je me suis retrouvé comme un con…

– Moi : Ah…

– L’Homme : Mais pourquoi elles te disent jamais ça à toi ?…

– Moi : Euh, je sais pas…

En fait, si je crois que je sais pourquoi. Tout simplement, parce que je n’aurais sans doute pas laissé passer ce genre de remarque. Selon l’humeur, ça aurait pu donner :

  • Humeur chafouine : dois-je vous rappeler qu’il va avoir deux ans ?!?

Non parce que je pipe pas grand-chose en développement de l’enfant hein… Mais il me semble, qu’à cet âge, se jouent pas mal de choses : frustration, opposition, affirmation, différenciation, etc. Donc à la limite, si vous voulez, je peux vous ramener les quelques bouquins que j’ai à ce sujet…

  • Humeur taquine : ah bon ??? Pourtant à la maison, c’est un ange ! Il met même la table !

Je comprends pas ce à quoi vous faîtes référence. Chez nous, il se plie à toutes les règles qu’on lui fixe. C’est même lui qui nous engueule quand on dit un gros mot alors voyez… C’est peut être votre tête qui ne lui revient pas ?…

  • Humeur provoc’ : Oui, on l’entraîne tous les matins à vous en mettre plein les dents !

On a mis votre photo sur une cible et on lui file des fléchettes ! Bah oui, comprenez, faut bien qu’il sache s’affirmer cet enfant… Donc on s’est dit qu’il n’est jamais trop tôt pour commencer… On compte bien l’inscrire au concours de l’enfant le plus rebelle du monde !

Plus sérieusement, je comprends bien que mon enfant ne soit pas des plus faciles en ce moment. Si j’osais, je dirais même qu’en tant que mère attitrée digne de ce nom, je suis hyper bien placée pour le savoir. En fait, là, ce que vous dites ne m’est d’aucune utilité. Par contre, j’aimerais bien, qu’en tant que professionnelle de la petite enfance, vous me filiez des tuyaux. Car je suis sûre que vous avez des connaissances et compétences que je n’ai pas. Alors, oui je veux bien entendre que ça a été difficile pour vous. Mais si on pouvait pousser un peu la réflexion, ça m’arrangerait…

Voilà l’Homme, pourquoi elle te dit ça à toi et pas à moi…

PS : si même T’choupi (le mec le plus gnangan du monde) est en colère, c’est que ce doit être un passage obligé (oui oh ça va, on se rassure comme on peut…)

Faire face à l’opposition : détourner pour désamorcer…

keepcalm

Mon fils a 22 mois. L’âge tendre. L’âge doux. L’âge câlin. Mais bien sûr ! Mon fils a 22 mois et il est possédé. Par quoi, je l’ignore encore mais je sens qu’ils doivent être plusieurs dans sa tête. Car, il peut passer de la joie, aux pleurs ; des rires, aux hurlements tout ça en l’espace de 5 minutes…

Au début, en tant que bonne mère dans le déni, je me disais « oh le pauvre, pour réagir ainsi, il doit avoir mal quelque part : les dents, le ventre, que sais je… ». Puis, après l’avoir fait passer au contrôle technique à de nombreuses reprises, je me suis aperçue qu’il était en parfaite santé (hormis la bobologie classique).

Que pouvait-il bien lui arriver ? Et la, en tant que bonne mère inculte, tu te renseignes. Tu vas sur ton nouveau meilleur ami Google et tu tapes « crises enfant 20 mois » et j’aime autant te dire que tu es servie : opposition, colère, terrible two, étape du non, etc. T’en prends pour ton grade et tu sais que t’es partie pour en chier !

En tant que bonne mère cupide, j’ai donc décidé que c’était pas un petit de 20 mois qui allait faire la loi à la maison. Oui tu peux rire derrière ton écran. Car non seulement il faisait la loi mais à la façon d’un dictateur digne de ce nom ! Haut comme trois pommes, il parvenait à faire vaciller deux adultes de 30 berges. A nous foutre des palpitations le bougre !

En tant que bonne mère influençable, je me suis inspirée des conseils pris ici et là en matière d’éducation : se mettre au niveau de l’enfant, lui expliquer les choses, encore et encore, poser des limites, etc.  Après m’être pris des guiches dans la tronche, j’ai cessé de jouer à Super Nanny.

Puis, je me suis mise à sa place. Je connais moi aussi, en tant qu’adulte, la frustration. Car c’est précisément ce qui pose problème. Ne pas avoir accès à tout, tout de suite. La différence entre lui et moi est simple : nos âges. A 30 ans, je parviens à maîtriser mes émotions (si l’Homme me lit : retire ce sourire de ta bouche !). Je peux verbaliser ce qui me gêne. J’ai l’expérience. Le tout p’tit lui, du haut de ses 22 mois, ne peut parvenir à tout cela. L’accès au langage se fait à peine. La cognition est en cours de construction. Mon fils est un chantier en travaux. Donc lorsqu’il ressent un sentiment négatif, il est envahi. Totalement. C’est impérieux et il faut que ça sorte. En soi c’est plutôt positif finalement d’exprimer ses émotions. Mais quand tu es face à un gamin qui se transforme en une espèce d’Hulk, t’en mènes pas large.

Une fois de plus, je me suis mise à sa place et me suis demandée : qu’est ce qui me fait du bien à moi lorsque je me sens mal ? Deux choses :

  • L’exprimer
  • En plaisanter lorsque cela est possible (l’humour et moi, grande histoire d’amour, toussa, toussa)

Et donc, en tant que bonne mère qui tâtonne, j’ai expérimenté. Je me suis comportée avec mon fils de la même façon que j’attends qu’on se comporte avec moi. Dans un premier temps, je le laisse exprimer toutes ces émotions qui l’envahissent. Car je sais à quel point c’est important de pouvoir extérioriser, vider son sac. Puis, lorsque je le sens prêt, je détourne son attention pour le faire rire. Avec tout et n’importe quoi, du moment que ça le fasse marrer ! Une couche sur la tête lorsqu’il ne veut pas s’habiller, les guilis sur le ventre quand il ne veut pas aller dans le siège auto, l’avion quand il ne veut pas aller se coucher (notez au passage, que mon fils ne veut pas grand-chose dans la vie), cache-cache lorsqu’il ne veut pas mettre son manteau, etc. Et figurez vous que ça fonctionne ! Le plus compliqué dans tout cela, c’est de rester zen. Car, quand tu t’es levée à 6 du mat’, que t’as turbiné toute la journée et que le petit te fait une crise à 20h pour le bain, t’as juste envie de le mettre au pieu tout habillé ! C’est à ce moment là qu’il faut se transformer en moine bouddhiste! Puiser l’énergie pour désamorcer ! Prendre sur soi pour contenir et apaiser son enfant, toute une vie…

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