Étiquette : Colère

C’est compliqué en ce moment avec le tout p’tit…

tchoupiencolere

Voilà ce qu’a dit la dame de la crèche à l’Homme vendredi soir. Puis, elle a poursuivi « quand on lui dit quelque chose qui ne lui plait pas, soit il s’énerve, soit il nous rit au nez ». L’Homme s’est ainsi retrouvé fort dépourvu, quand la honte fut venue…

– Moi : Et alors, tu lui as répondu quoi ?

– L’Homme : Bah rien, je me suis retrouvé comme un con…

– Moi : Ah…

– L’Homme : Mais pourquoi elles te disent jamais ça à toi ?…

– Moi : Euh, je sais pas…

En fait, si je crois que je sais pourquoi. Tout simplement, parce que je n’aurais sans doute pas laissé passer ce genre de remarque. Selon l’humeur, ça aurait pu donner :

  • Humeur chafouine : dois-je vous rappeler qu’il va avoir deux ans ?!?

Non parce que je pipe pas grand-chose en développement de l’enfant hein… Mais il me semble, qu’à cet âge, se jouent pas mal de choses : frustration, opposition, affirmation, différenciation, etc. Donc à la limite, si vous voulez, je peux vous ramener les quelques bouquins que j’ai à ce sujet…

  • Humeur taquine : ah bon ??? Pourtant à la maison, c’est un ange ! Il met même la table !

Je comprends pas ce à quoi vous faîtes référence. Chez nous, il se plie à toutes les règles qu’on lui fixe. C’est même lui qui nous engueule quand on dit un gros mot alors voyez… C’est peut être votre tête qui ne lui revient pas ?…

  • Humeur provoc’ : Oui, on l’entraîne tous les matins à vous en mettre plein les dents !

On a mis votre photo sur une cible et on lui file des fléchettes ! Bah oui, comprenez, faut bien qu’il sache s’affirmer cet enfant… Donc on s’est dit qu’il n’est jamais trop tôt pour commencer… On compte bien l’inscrire au concours de l’enfant le plus rebelle du monde !

Plus sérieusement, je comprends bien que mon enfant ne soit pas des plus faciles en ce moment. Si j’osais, je dirais même qu’en tant que mère attitrée digne de ce nom, je suis hyper bien placée pour le savoir. En fait, là, ce que vous dites ne m’est d’aucune utilité. Par contre, j’aimerais bien, qu’en tant que professionnelle de la petite enfance, vous me filiez des tuyaux. Car je suis sûre que vous avez des connaissances et compétences que je n’ai pas. Alors, oui je veux bien entendre que ça a été difficile pour vous. Mais si on pouvait pousser un peu la réflexion, ça m’arrangerait…

Voilà l’Homme, pourquoi elle te dit ça à toi et pas à moi…

PS : si même T’choupi (le mec le plus gnangan du monde) est en colère, c’est que ce doit être un passage obligé (oui oh ça va, on se rassure comme on peut…)

Faire face à l’opposition : détourner pour désamorcer…

keepcalm

Mon fils a 22 mois. L’âge tendre. L’âge doux. L’âge câlin. Mais bien sûr ! Mon fils a 22 mois et il est possédé. Par quoi, je l’ignore encore mais je sens qu’ils doivent être plusieurs dans sa tête. Car, il peut passer de la joie, aux pleurs ; des rires, aux hurlements tout ça en l’espace de 5 minutes…

Au début, en tant que bonne mère dans le déni, je me disais « oh le pauvre, pour réagir ainsi, il doit avoir mal quelque part : les dents, le ventre, que sais je… ». Puis, après l’avoir fait passer au contrôle technique à de nombreuses reprises, je me suis aperçue qu’il était en parfaite santé (hormis la bobologie classique).

Que pouvait-il bien lui arriver ? Et la, en tant que bonne mère inculte, tu te renseignes. Tu vas sur ton nouveau meilleur ami Google et tu tapes « crises enfant 20 mois » et j’aime autant te dire que tu es servie : opposition, colère, terrible two, étape du non, etc. T’en prends pour ton grade et tu sais que t’es partie pour en chier !

En tant que bonne mère cupide, j’ai donc décidé que c’était pas un petit de 20 mois qui allait faire la loi à la maison. Oui tu peux rire derrière ton écran. Car non seulement il faisait la loi mais à la façon d’un dictateur digne de ce nom ! Haut comme trois pommes, il parvenait à faire vaciller deux adultes de 30 berges. A nous foutre des palpitations le bougre !

En tant que bonne mère influençable, je me suis inspirée des conseils pris ici et là en matière d’éducation : se mettre au niveau de l’enfant, lui expliquer les choses, encore et encore, poser des limites, etc.  Après m’être pris des guiches dans la tronche, j’ai cessé de jouer à Super Nanny.

Puis, je me suis mise à sa place. Je connais moi aussi, en tant qu’adulte, la frustration. Car c’est précisément ce qui pose problème. Ne pas avoir accès à tout, tout de suite. La différence entre lui et moi est simple : nos âges. A 30 ans, je parviens à maîtriser mes émotions (si l’Homme me lit : retire ce sourire de ta bouche !). Je peux verbaliser ce qui me gêne. J’ai l’expérience. Le tout p’tit lui, du haut de ses 22 mois, ne peut parvenir à tout cela. L’accès au langage se fait à peine. La cognition est en cours de construction. Mon fils est un chantier en travaux. Donc lorsqu’il ressent un sentiment négatif, il est envahi. Totalement. C’est impérieux et il faut que ça sorte. En soi c’est plutôt positif finalement d’exprimer ses émotions. Mais quand tu es face à un gamin qui se transforme en une espèce d’Hulk, t’en mènes pas large.

Une fois de plus, je me suis mise à sa place et me suis demandée : qu’est ce qui me fait du bien à moi lorsque je me sens mal ? Deux choses :

  • L’exprimer
  • En plaisanter lorsque cela est possible (l’humour et moi, grande histoire d’amour, toussa, toussa)

Et donc, en tant que bonne mère qui tâtonne, j’ai expérimenté. Je me suis comportée avec mon fils de la même façon que j’attends qu’on se comporte avec moi. Dans un premier temps, je le laisse exprimer toutes ces émotions qui l’envahissent. Car je sais à quel point c’est important de pouvoir extérioriser, vider son sac. Puis, lorsque je le sens prêt, je détourne son attention pour le faire rire. Avec tout et n’importe quoi, du moment que ça le fasse marrer ! Une couche sur la tête lorsqu’il ne veut pas s’habiller, les guilis sur le ventre quand il ne veut pas aller dans le siège auto, l’avion quand il ne veut pas aller se coucher (notez au passage, que mon fils ne veut pas grand-chose dans la vie), cache-cache lorsqu’il ne veut pas mettre son manteau, etc. Et figurez vous que ça fonctionne ! Le plus compliqué dans tout cela, c’est de rester zen. Car, quand tu t’es levée à 6 du mat’, que t’as turbiné toute la journée et que le petit te fait une crise à 20h pour le bain, t’as juste envie de le mettre au pieu tout habillé ! C’est à ce moment là qu’il faut se transformer en moine bouddhiste! Puiser l’énergie pour désamorcer ! Prendre sur soi pour contenir et apaiser son enfant, toute une vie…

Quand une amitié s’achève…

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Dans l’un de mes billets, j’ai évoqué très brièvement le fait d’avoir connu une déception amicale. Je souhaitais donc aujourd’hui développer un peu autour de cette histoire.

2002, je viens d’obtenir mon bac. Je quitte le domicile parental, mes amis, mes repères pour aller faire mes études. Certes, je ne pars pas bien loin mais c’est le début d’une nouvelle vie. A moi l’autonomie !

Le quotidien chez mes parents est assez stricte. Discipline sévère, sorties plus que limitées, je suis donc joie de me retrouver seule… D’ailleurs, j’ai souvenir d’avoir pris la voiture, comme ça, pour le plaisir de rouler et de m’être retrouvée paumée sur l’autoroute…

Les premiers jours à la fac se révèlent plus difficiles que je ne l’avais imaginé. Un grand campus, beaucoup d’étudiants, la parfaite recette pour se sentir noyée dans la masse. J’erre donc de cours en cours à la recherche de visages familiers, tâche plus que complexe étant donné qu’en première année, nous sommes près de 600.

Je prends pour habitude de m’installer au fond de l’amphithéâtre. Là, je me sens plus à l’aise, moins étouffée par la masse. Je constate qu’une jeune femme a également pris ce réflexe. De cours en cours, nous nous retrouvons donc souvent à la marge de toute cette cohue. Nous n’osons pas nous parler, difficile d’aborder quelqu’un (enfin pour moi et pour elle aussi visiblement).

Puis, un jour, à la pause, nous osons enfin. Je ne sais plus qui fait le premier pas. Je me rappelle simplement de quelque chose de naturel, d’allant de soi. Nous parlons dans un premier temps de nous, d’où nous venons. Nous nous apercevons que nous sommes originaires de la même ville, que nous fréquentons les mêmes endroits et ce, sans jamais s’être aperçues… Puis, nous poussons les confidences jusqu’à parler de nos amoureux de l’époque. Nous nous confions à tel point l’une à l’autre que c’en est indécent. Nous oublions même de retourner en cours…

Je n’ai pas pour habitude de me livrer aussi facilement. Je suis désarçonnée par cette rencontre. Nous partageons beaucoup de points communs dont celui d’être seules dans une grande ville. Le lendemain, nous nous retrouvons en cours. Nous discutons encore et encore, avides d’en découvrir davantage l’une sur l’autre.

Notre complicité évolue de jours en jours. A deux, nous nous sentons plus fortes pour affronter cette nouvelle vie. Nous découvrons cette ville qui est désormais la nôtre. A force d’en arpenter les rues, elle n’a bientôt plus de secret pour nous. A la fac, nous sommes le repère l’une de l’autre.

Plus les mois passent et plus la sagesse s’efface. Nous arpentons les pubs, les restos, les boîtes, etc. Nous nous investissons à fond dans notre rôle d’étudiante ! Nous nous créons un groupe de potes mais nous savons que ce qui compte c’est notre amitié. C’est notre phare dans cette vie qui parfois nous échappe.

Le temps passe, nous grandissons. Fini les fiestas à gogo. Nous rencontrons l’une comme l’autre l’Homme. Loin de nous éloigner, nos histoires amoureuses respectives nous rapprochent. Nous partageons la naissance des sentiments, la passion, les pleurs, l’amour.

En 2009, nous obtenons notre diplôme. Fini les études, place à la vie active. Nous retournons donc dans notre ville d’origine où chacune s’installe avec son homme. Nous trouvons du boulot. Nous restons l’une pour l’autre un repère dans cette nouvelle vie d’adulte.

Nous avons pris pour habitude de nous voir une fois par semaine. Il n’est pas question qu’on se laisse bouffer par ce quotidien. Lors de nos rencontres, nous nous surprenons à parler maison, mariage, bébé. Nous grandissons, l’une à côté de l’autre.

En 2010, elle est la première à se lancer dans le projet « maison ». Elle me raconte les méandres des visites décevantes, des simulations de prêts, des compromis qu’elle doit faire compte tenu des envies de son homme, etc. Jusqu’au jour où ils trouvent enfin la maison de leur rêve. Une magnifique maison à la campagne. A sa crémaillère, je la regarde évoluer parmi ses convives. Je suis fière d’elle. Très prise par son rôle de maîtresse de maison, nous trouvons peu de temps pour discuter. Pas grave, me dis-je, nous débrieferons autour de notre rendez-vous hebdomadaire.  Sauf que…

La semaine suivante, je lui envoie un message lui disant à quel point je trouve sa maison superbe, la façon dont  elle m’a impressionnée dans la réalisation de ce projet. Je lui fais part de toute ma fierté. Pas de réponse de sa part. Pas grave, je réitère dans la semaine en lui proposant de se retrouver pour déjeuner. Toujours pas de réponse. Je m’inquiète. Elle ne peut décemment pas ne pas me répondre. Il a du lui arriver quelque chose. J’appelle encore et encore, en vain… Il m’est impossible d’imaginer qu’elle m’ignore.

Pourtant, les jours passent, les semaines passent, et rien… Je n’ai plus aucune nouvelle de sa part. Je ne comprends pas ce qu’il se passe. Je ne parviens pas à m’expliquer ce qui arrive. Comment le pourrais-je ? Mon amie de toujours vient de couper les ponts avec moi du jour au lendemain et ce sans aucune explication. Incompréhension, colère, tristesse, déception, je passe par tout un panel d’émotions qui me malmènent.

Enfin  je réalise : elle ne veut plus de moi dans sa vie. Elle n’a pas le courage de me le dire mais elle a tiré un trait sur notre amitié. 1000 fois dans ma tête je me repasse cette pendaison de crémaillère en me demandant si j’ai pu faire quelque chose qui l’aurait heurté. Je cherche une explication rationnelle à tout ça. Il n’y en a pas. Elle n’a simplement plus eu besoin de moi.

J’ai appris par des connaissances communes qu’elle est maman. J’aurais tellement aimé que l’on partage ça ensemble. Elle a fait le choix du contraire.

En 2012, mon amie a rompu avec moi. Et je ne m’en remets toujours pas…