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Je n’avais plus envie de le voir…

shouting yelling

Hier, une collègue et moi avons discuté « terrible two ». Pour avoir moi-même vécu ça avec mon fils, elle me demandait conseils et astuces pour gérer la situation. Me replonger dans cette période a fait remonter un tas de souvenirs tous plus désagréables les uns que les autres. « J’en étais arrivée à un point où je n’avais plus envie de le voir », voilà ce que j’ai dit à mon amie lorsque je senti la culpabilité qu’elle éprouvait face à l’ambivalence de ses sentiments à l’égard de sa fille.

La période d’opposition, du « non », du conflit permanent, du « terrible two » a duré presque une année par chez nous… Une bonne crise de pré-ado comme on les aime ! Un an, c’est long surtout lorsqu’on enchaîne conflits sur conflits. Alors oui, il y a des moments où je n’avais plus envie de voir mon enfant. Il est des jours où je ne voulais pas rentrer chez moi, des week-ends que je redoutais. Je n’étais pas enthousiaste à l’idée d’aller le chercher à la crèche. En résumé, mon fils me sortait par les yeux.

Lorsque j’exprimais ce sentiment auprès de mes amis, collègues, famille, la plupart me regardait les yeux écarquillés, choqués par mes propos : « comment une mère peut elle dire ça de son enfant ?!? ». La réponse est simple : c’est une question de survie psychique. Il m’était tout bonnement impossible de faire comme si tout allait. Je ne pouvais pas, avec ce que je vivais, tenir des propos du type « ce n’est rien, c’est mon fils, je l’aime quand même ». Non, à l’époque, je ne pouvais pas penser positif.

Voilà ce que j’ai dit à ma collègue hier : dis tout haut ce que tu penses tout bas car, sache-le, ceux qui te condamneront sont probablement passés par là. Si tu n’as pas envie de la voir, si tu en as assez de faire des efforts, si tu es épuisée de donner pour ne rien recevoir d’autre que du conflit de la part de ta fille, dis le à qui veut bien t’entendre, moi la première !

Ce n’est pas parce que nous sommes mères ou pères que nous devons garder un sourire béat à la simple évocation de nos enfants. Nous sommes humains avant d’être parent. L’amour inconditionnel oui, l’abnégation totale non.

Quand la crise s’apaise…

orgae s'aloigne

A de nombreuses reprises, je t’ai parlé du fait que nous en bavions sévère avec notre terrible deuz ! Des crises en veux-tu, en voilà, des pleurs, des hurlements, de la violence parfois, etc. Bref, notre vie n’était plus que conflit. J’en étais arrivée à un point tel où j’appréhendais d’aller chercher mon fils le soir à la crèche, j’appréhendais les week-ends, j’appréhendais chaque moment passé avec mon enfant… D’ailleurs, si le cœur t’en dit, tu peux lire mon désarroi dans ce billet (j’avais vraiment la tête au fond du seau !).

Mais, comme tu le constates, je parle au passé ce qui est plutôt bon signe… Car, en effet, depuis quelques semaines maintenant, les choses se sont apaisées. J’ai face à moi un enfant qui est plus à même de gérer la frustration, qui est capable de formuler les choses lorsque ça ne va pas. J’ai l’impression qu’il dépense davantage d’énergie à en savoir plus sur le monde qui l’entoure plutôt qu’à chercher à s’affirmer envers et contre tout (la contre partie étant d’entendre environ 1238 fois par jour la question « c’est quoi ça ??? »). Il ne ressent plus le besoin d’hurler pour exister. Le « non !!!! »,  formulé systématiquement à l’époque, est aujourd’hui utilisé avec parcimonie. C’est un enfant qui ne tape plus mais qui continue toutefois de jeter. Rome ne s’étant pas construite en un jour, j’accepte encore quelques « ratés ».

Bref, je t’écris tout cela pour quoi ??? Et bien, d’une part pour te dire que ça va mieux ! Et, d’autre part, pour te rassurer si toi aussi tu penses avoir engendré le diable, que tu penses avoir fauté dans l’éducation de ton enfant, que tu te dis que jamais tu n’en verras le bout… Et bien si, on en voit le bout (ça aura quand même pris une bonne année par chez nous).

Tu sais ce que je me dis ? Et bien que dans le parcours de chaque être humain, une période de « crise » avec le parent est indispensable pour se séparer de lui, pour exister en tant que tel. Et connement, je me dis qu’étant donné que nous en sommes déjà passés par là, la crise d’adolescence (qui semble coton aussi) sera peut être moindre… Bah quoi ??? On peut plus rêver ???

Bon il est acquis que le fait de t’avoir dit tout ça va tout foutre en l’air. Pas grave hein, au moins j’aurai profité pendant quelque temps…

Et chez toi, comment ça se passe ? Terrible deuz or not ? Peut être bien que tu as droit à l’Effroyable Three ou encore à l’Epouvantable Four ???

A l’origine, il y a le couple…

couple enfant

Hier, nous étions invités chez un couple d’amis. Parents d’un petit garçon de 10 mois, le couple s’accoutume difficilement à leur nouvelle vie à trois… Comment ne pas les comprendre ?…

Nous sommes passés par là. Aujourd’hui encore, la vie est faite d’ajustements réciproques et de compromis. Nous les comprenons donc. Or, nous avons assisté à un conflit tel que j’aurais aimé disparaître en un claquement de doigts.

Alors qu’ils ne nous avaient jamais donné accès à ça, nos amis en sont venus aux mots. Violents. Blessants. Le dialogue entre eux ne semble plus possible. La communication est rompue. Chacun défend son point de vue. L’Autre n’existe plus.

Spectateurs impuissants que nous étions, ils nous ont pris à parti. Je n’ai pu me résoudre à intervenir dans ce conflit. La seule chose que j’ai pu faire a été de les séparer. J’ai pris mon amie sous le bras et l’Homme a embarqué son conjoint.

En proie à la colère, elle a continué à vouloir me faire prendre partie. Comment l’en blâmer ?… J’imagine son sentiment de détresse. Se sentir seule dans son couple. Je n’ose imaginer à quel point cela peut être difficile… Je l’ai laissé vider son sac. Ses mots, ses larmes, son corps, tout traduisait son mal être. Il est une chose que je me suis toutefois permise de lui dire : à l’origine, il y a le couple…

Ne jamais oublier cette décision commune qui a été prise de fonder un foyer. De donner naissance à l’amour qui uni un couple. Cet amour qui aujourd’hui les éloigne. On lit souvent qu’à l’arrivée d’un enfant, ce dernier passe au devant de toutes les priorités. Oui, c’est vrai. Mais il me semble important de ne jamais oublier d’où vient cet enfant.

Je ne pense pas qu’elle m’ait entendu, trop aux prises avec sa rancœur. Cette amie, mon amie, je vais la revoir. Je vais l’inviter au resto et nous allons discuter. De tout ce qui la rend malheureuse. De ce statut de conjointe qui ne semble plus aujourd’hui lui convenir. Mais je garde en tête cette phrase que j’ai prononcée : ne jamais oublier qu’à l’origine, il y a le couple… Et ce, quelque soit l’issue finale à cette histoire…

Et toi, comment aurais-tu réagi? As-tu déjà été confronté(e) à telle situation? En as tu été protagoniste?

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