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Cet épuisement…

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5h du mat’, j’entends ses premiers gazouillis… De loin, de très loin, comme dans un doux rêve… Du moins, j’espère que c’est un rêve car cela fait à peine 1h que j’ai fermé les yeux… Puis viennent les vocalises, de plus en plus fortes… Alerté, le troizan commence à remuer dans son lit. N’allons pas trop taquiner son audition, il risquerait de croire que l’heure est venue de se lever. Me voilà donc dans le salon avec un bébé tout éveillé dans les bras. Bilan : 4 heures de sommeil, 5 mois que cela dure. « Putain ! j’en peux plus ! »

Je le savais. Avoir deux enfants en bas âge n’allait pas être une partie de plaisir. La fatigue, l’organisation, l’abnégation totale, … Oh oui, je le savais mais je ne le mesurais pas.

5 mois de nuits entrecoupées…

5 mois de bibs toutes les 3 heures…

5 mois de fatigue…

5 mois sans répit ni repos…

Bordel, c’que c’est dur !

Puis, la reprise du boulot, le début de la crèche, l’entrée à l’école… Jongler encore et toujours, courir telle une poule sans tête, penser à tout, penser à rien… Le cerveau en ébullition qui finit par tourner à vide : ne pas oublier le goûter, penser à l’inscription à la garderie, ramener le certificat médical pour la crèche, acheter des couches sur ma petite pause du midi, amener la voiture au garage… Puis le blackout, la surchauffe cérébrale, le néant… Cette fatigue, ce poids sur mes épaules,  la désagréable impression de ne plus avoir cette énergie qui permet de débuter la journée… Mes vêtements, aujourd’hui plus qu’hier et moins que demain, pèsent une tonne…

Se sentir à côté de tout mais au milieu du capharnaüm… Toutefois continuer d’avancer car je ne suis pas seule. Ils sont là. Mes précieux. Ils ont besoin de moi. Plus que jamais. Je suis leur roc. Mais je sens peu à peu la roche s’effriter…

Tenir encore et toujours… Ne pas flancher sous peine de ne plus réussir à se relever…

 

 

Le fonctionnement d’une crèche : réponses d’une éducatrice de jeunes enfants

http://www.hestaux-architecture.com/architecte-amenagement-creche.php http://www.hestaux-architecture.com/architecte-amenagement-creche.php%5B/caption%5D

Si tu me suis, tu sais qu’en ce moment, je galère avec mon tout p’tit. J’ai commencé par te parler de ma convocation chez la directrice puis des blessures que tout cela a réveillées en moi. Lors de la publication d’un de mes articles, Madame Gazouille, éducatrice de jeunes enfants et directrice adjointe d’une crèche, m’a apportée son point de vue. Apaisante, bienveillante et compréhensive, notre échange s’est naturellement poursuivi hors des réseaux sociaux. Aujourd’hui, je vous fait part des questions que je lui ai soumises et de ses réponses ô combien éclairantes (en tous cas elles m’éclairent moi et c’est déjà pas mal !).

 

Est-ce normal que les transmissions se limitent aux besoins vitaux (ce qu’il a mangé, dormi, selles normales ou non, etc.) ? Ou bien, est ce que c’est uniquement dans ma crèche qu’elles fonctionnent ainsi ?

C’est important de communiquer sur ce que l’enfant a mangé et à quelle heure pour les tout-petits ou sur comment il a dormi, sur son transit, son bien-être physique en général pour que les parents puissent assurer une continuité. Et inverse, pour que nous puissions nous adapter après les transmissions du matin. S’il a peu dormi : peut-être le coucher plus tôt ? S’il a eu des selles liquides : privilégier un régime alimentaire en adéquation ? Etc.

On essaie aussi de donner une anecdote sur la journée : l’activité ou la sortie à laquelle il a participé, une réaction, un mot, etc. Mais ce n’est pas évident car souvent les pros qui sont là le soir n’étaient pas présents le matin et il serait difficile pour eux de retenir ce que chacun a fait quand ils n’étaient pas là. Les infos « vitales » sont prioritaires. Et l’après-midi, entre la sieste et le goûter, pas toujours facile de noter un moment plus particulier à raconter. On échangera plus spontanément sur la réaction d’un enfant qui nous a marqué. Par exemple, un loulou qui ne voulait pas toucher la pâte à modeler et observaient les autres jusqu’alors, s’est amusé avec un rouleau sur son morceau de pâte. C’est une étape, on en discute. Je ne minimise pas, ne dévalorise pas, ce que les autres enfants auront fait pendant cette activité mais n’ayant pas le temps de parler de tous, on parlera de celui pour lequel il y a eu un changement.

On est bien conscients que s’entendre dire le soir « il a passé une bonne journée » ou « rien de spécial », c’est insuffisant pour le parent qui peut se demander si les pros ont fait attention à son enfant ou s’il a été noyé dans le groupe et auquel on n’aurait pas fait attention… Même si on a rien de particulier à raconter le soir, même si les pros de fermeture ne savent pas ce qu’a fait votre enfant le matin, ce n’est pas pour autant qu’on n’a pas fait attention à lui. Les pros d’ouverture étaient là.

On essaie du coup de donner l’anecdote aux parents quand on les voit, pas forcément le jour J. Par exemple, si je propose de la peinture un matin, j’en parlerai lors des transmissions le lendemain, quand je serai du soir.

Parfois, quand je parle de l’importance de l’anecdote à mes collègues, elles me disent « on a essayé mais tu as l’impression que le parent s’en fiche ». ça dépend de chacun. ça dépend du temps dont disposent les parents le soir. ça dépend de leur disponibilité après une journée de travail… Mais du coup, ça peut refroidir l’équipe.

J’aurais donc envie de dire aux parents : « n’hésitez pas à poser des questions ». Peut-être pas tous les jours parce qu’après, on pourrait se demander si vous n’êtes pas dans l’attente que votre enfant fasse une activité, fasse de la productivité. Mais ça, ça se discute.

Souvent, des parents nous demandent : « est-ce qu’il joue avec les autres ? », « loto sonore ? ça lui a plu ? » Etc. Je crois que, comme dans toute relation humaine, on ne communique pas assez et on interprète trop.

Des « réunions » sont elles organisées au sein de la structure afin de parler des enfants, au cas par cas ? Une espèce de groupe d’analyse de pratique…

Je sais que certaines équipes ont du mal à organiser des réunions d’équipe, par rapport au fonctionnement de la structure par exemple. Elles ont donc des temps informels d’échanges ou des réunions pendant la sieste des enfants mais soyons honnêtes, on n’est pas dispo à 100% à ce qui se dit. Si un loulou se réveille, il faut y aller. Tous les enfants ne dorment pas en même temps donc il faut que certaines pros se détachent pour s’en occuper.

Ca dépend aussi des envies de l’équipe de direction. Pour moi, les réunions d’équipe sont plus que nécessaires. Nous nous retrouvons un soir par mois, à la fermeture de la crèche, pour 2 à 3h. Nous échangeons sur le fonctionnement pour trouver comment l’améliorer, mais aussi pour que l’on soit cohérentes dans nos pratiques. Nous parlons des enfants qui nous interpellent sur le plan moteur, cognitif, affectif, sur leurs comportements, sur tout ce qui nous permettra de les comprendre, d’émettre des hypothèses et de proposer des pistes. ça permet à chacune de confier ses difficultés avec un enfant, avec un parent. Nous discutons aussi des projets : sorties, spectacles, fête des parents, etc.

Dans certaines structures, l’équipe a la chance d’avoir un psychologue qui les rencontre pour une analyse des pratiques. Mais cela a un coût que trop peu peuvent financer…

Est-ce que vous avez des formes de réponses « toutes faites » à proposer aux enfants en fonction du comportement de ce dernier ? Par exemple, l’enfant tape un camarade –> réponse fournie : explication + mise à distance.

Oui, nous avons des conceptions pédagogiques, des façons de répondre à telle réaction ou tel comportement. C’est réfléchi en équipe pour qu’il y ait une cohérence dans les pratiques (en tous cas, ça devrait l’être !). Par exemple, un enfant qui se fait mal, on ne lui dira pas « c’est rien » car ça ne l’est pas pour lui.

Quand un enfant mord ou tape un autre, nous lui expliquons que s’il est en colère (ou autre, en fonction de ce qu’on comprend de la situation), il doit s’exprimer autrement, en disant « non » ou « pas d’accord ». On lui explique que son copain a mal / de la peine. Et si son comportement se répète, on lui demande d’aller un peu plus loin, que s’il agit ainsi, ça ne lui permet pas d’être avec ses copains.

Y’en a d’autres.

Après, on s’adapte en fonction de la situation, de l’enfant mais on gardera notre cohérence. C’est important.

Logiquement, chaque structure a écrit un projet pédagogique. Au sein de ma crèche, nous le donnons à chaque famille avant l’inscription. Renseigne-toi, tu dois pouvoir le consulter.

Etes-vous vigilants quant au développement (psychomoteur, affectif, etc.) de l’enfant ? Est-ce que vous alertez les parents si certains comportements vous semblent « suspects » ?

Oui bien sûr, après s’être laissé un peu de temps pour observer, pour en discuter en équipe. Rien ne sert d’alarmer les parents mais c’est notre job d’informer et éventuellement orienter vers d’autres professionnels.

Par exemple, un enfant qui marche les pieds en dedans, on voit avec les parents si leur pédiatre l’a remarqué, s’il faut faire quelque chose (massage, position à éviter…). On peut conseiller de voir un ostéopathe. Et les parents iront ou pas. La décision leur appartient complètement !

On passe du temps avec les enfants, on les voit évoluer avec d’autres, on n’a pas la dimension affective, même si on s’attache énormément aux loulous (obligé), ce qui nous permet de prendre plus facilement du recul qu’un parent. C’est douloureux de se dire que son bébé a peut-être un souci, anodin ou plus grave. J’ai connu des parents qui ont préféré fermer les yeux pendant un moment. Il faut que ça chemine. On est là pour accompagner. Pas pour faire à la place, pas pour dire qu’on sait mieux mais pour porter un autre regard, pour informer, prévenir, soutenir.

Est-ce que vous trouvez le temps, pour chaque enfant, de repérer les compétences à renforcer (langage, motricité, sociabilité, etc.) ? Si oui, proposez- vous des activités plus spécifiques en fonction du « profil » de l’enfant ?

Ce n’est pas simple. J’ai souvenir d’un de mes stages où à la fin de celui-ci, quand il a fallu rédiger un rapport, je me suis rendue compte qu’il y avait une petite fille que je n’avais pas vue. Je me souviens encore de son prénom, Iris, parce que ça m’a marquée, et ça fait plus de 10 ans ! Elle était si discrète, si calme… et d’autres loulous si dynamiques, si… accaparants. Tu vois, celui qui se met devant les autres quand tu lis un livre, et qui commente sans arrêt, t’interpelle, etc. Tu ne veux pas lui mettre un vent, alors tu réponds. Sauf que tu l’encourages et il continue. Il ne laisse pas de place aux autres. Depuis, j’y fais très attention et essaie d’avoir un regard sur le groupe. Je vais répondre au loulou qui pose beaucoup de questions mais vais aussi essayer de lui apprendre à écouter les autres, à leur laisser de la place. Je travaille dans une petite crèche, j’imagine que c’est peut-être plus compliqué dans les grandes structures.

Les jeux libres nous permettent aussi d’observer les enfants, quand ils sont au plus naturel. Les activités, les sorties… Tout ça nous permet de mieux connaître chacun et de lui proposer des choses peut-être plus adaptées et avec des enfants d’âge différents pour le stimuler ou au contraire, pour qu’il se sente « le grand » du groupe.

De quelle façon préparez vous les enfants à aller à l’entrée à l’école ?

Bon, je suis un peu une anti préparation à l’école (tout dépend ce qu’on entend par là : motricité en vue de l’écriture, mettre les gommettes selon une consigne, apprendre les couleurs, etc. ? non, pas chez nous). Parce que je pars du principe que le loulou qui vient d’arriver dans notre monde doit déjà se familiariser avec ce et ceux qui l’entourent, apprendre à se mouvoir, à manger, à parler, à se retenir… pas simple tout ça ! Et ensuite, une fois à l’école, le programme augmente, avec un rythme et des contraintes… Alors à la crèche, c’est selon son propre rythme au maximum et on leur laisse le temps de rêver, de rien faire (et encore, c’est selon nous parce qu’ils ne font jamais rien). Du coup, jeux libres le plus souvent et une seule activité dirigée le matin. L’après-midi, c’est sieste. On se réveille tranquillement, on joue, on goûte et on joue.

Dans cet apprentissage du monde et des codes et règles… on cherche à favoriser leur autonomie pour qu’ils aient confiance en eux (se servir seul à table, mettre sa bavette au sale, prendre de petites décisions, etc.) et l’ouverture sur l’extérieur pour qu’ils soient curieux et pour qu’ils aient moins peur de la nouveauté (lieu, personne et situation). Pour moi, c’est la meilleure des préparations.

Bien sûr, on nomme les couleurs pendant une activité mais on va pas leur demander de répéter. Si, lors d’une activité gommettes, l’enfant veut mettre les pommes parterre et non dans l’arbre : pas de souci !! Et faut pas s’inquiéter, quand on lui demandera de le faire à l’école, il tâtonnera peut-être un peu au début mais il y arrivera. Justement parce qu’il a confiance en lui.

On l’accompagne, avec ses parents, dans l’acquisition de la propreté mais on lui fait confiance.

Proposez-vous des formations à votre personnel ?

Oui sauf que… c’est compliqué.

1 : l’enveloppe allouée aux formations dont la somme n’est pas décidée par la structure mais par l’OPCA (ou l’Etat certainement)

2 : les formations obligatoires : secourisme tous les 2 ans (ça plombe le budget !), sécurité incendie, risques électriques (savais-tu qu’il faut être habilité pour changer une ampoule ? eh oui, j’ai donc suivi 14h de formation, avec 4 de mes collègues, pour ça)

3 : les problèmes d’organisation. Difficile parfois d’envoyer une personne en formation quand il y a des absences dans l’équipe. Nous avons des normes d’encadrement à respecter et ne pouvons pas être moins que ce que la loi prévoit… et ce ne serait pas une bonne idée pour l’équipe qui reste et pour les enfants ! Il faut que l’accueil reste de qualité.

4 : certains pros n’en voient pas l’intérêt, malheureusement…

 

Alors, instructif ? Et toi, tu aurais des questions à poser à Madame Gazouille ???

Crèche : la convocation chez la directrice…

convocation parents http://www.huffingtonpost.fr/2014/01/28/theorie-du-genre-ecole_n_4679898.html%5B/caption%5D

 

Tout est dit. Mon tout p’tit, du haut de ses deux ans, va avoir droit à sa première convoc ! Enfin oui et non car je suppose que ce sont surtout nous, parents, qui allons nous faire taper sur les doigts. Les motifs du rendez vous sont les suivants :

  • « il est ingérable »
  • « il rit lorsqu’on le met au coin »
  • « il n’écoute pas ce qu’on lui dit »
  • « il a la main leste avec ses camarades »

Avoue, tu meurs d’envie de rencontrer mon fiston n’est ce pas… En réalité, il ne s’agit pas d’une vraie convocation avec mot dans le carnet (coup de bol, pas encore de carnet à la crèche !). Mais on nous encourage vivement à prendre rendez vous avec la directrice afin de « discuter du cas du tout p’tit » et « peut être pouvoir bénéficier de conseils éducationnels ». Franchement, elle fait pas mal au luc celle la ?!?!

Non seulement, notre fils est un sociopathe en culotte courte mais, nous, parents, sommes des bons à rien qui ne savons pas éduquer notre enfant… Autant te dire que, depuis la semaine dernière, je ne décolère pas.

Deux ans, l’âge d’opposition, de test, de différenciation, d’acceptation progressive de la frustration, etc. ça leur parle ou je leur fais un petit topo ? Alors, oui, chez nous, c’est coton ! Le terrible two a pris possession de mon gamin. Oui. Je sais. Merci.

Par contre, ce que j’attends de la crèche, ce n’est pas qu’on me dise que mon tout p’tit est dur. Ca, c’est acquis. Je n’ai pas besoin non plus d’entendre que je suis une mère en carton. Parce que, déjà que niveau confiance en soi, je suis pas au top, mais si t’en rajoutes une louche, je suis pas sortie…

De la crèche, j’attends qu’on me rassure, qu’on me conseille, qu’on m’accompagne… Pas qu’on me juge, qu’on me sermonne, qu’on m’inquiète. Le pire, c’est que je prends conscience du difficile chemin qui m’attend. Parce que si, déjà à deux ans, tu te fais convoquer parce que ton gamin ne file pas droit, je n’ose imaginer ce qu’il en sera à 6, 10 ou 15…

Et toi, les convocations, tu as connu ? A la crèche, à l’école, au collège ? Comment as-tu vécu cela ?

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