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Je ne suis pas gentil…

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Voilà, le couperet est tombé… Ses mots, prononcés encore et encore, comme pour se rappeler qui il est… « Je ne suis pas gentil »… Mon troizan… Mon si doux qui se donne des allures de brute… Si sensible, si fragile, si affectueux… Mais dont les coups peuvent partir si vite, qu’il ne les contrôle pas… « Je ne suis pas gentil ».

Voilà la façon dont il se perçoit. Et surtout dont les autres le perçoivent. Hier matin, lorsque nous sommes arrivés à la garderie, une petite fille s’est écriée « oh non ! pas lui ! il est méchant !! ». Et ce matin, en allant le déposer à l’école, cette jolie tête blonde qui dit à sa maman « c’est lui ! il est pas gentil… ».

Mon cœur de maman saigne et chacun de ces mots ne font qu’augmenter la plaie… Non, mon précieux, tu n’es pas méchant. Moi je le sais. Je sais que tu ne parviens pas à canaliser ce flux d’émotions qui t’assaillent. Comme un raz de marée intérieur. Je sais qui tu es et tu n’es pas ce que l’on dit de toi.

Mais alors comment faire ? Tu as beau être un petit garçon intelligent, je ne sais pas si tu es en mesure de comprendre que ce que les autres pensent de toi ne te définit pas. J’ai beau te répéter à longueur de temps que tu es gentil, comment lutter face à cet assaut de remarques négatives ? Que puis-je faire pour que tu ne colles pas à cette étiquette que l’on te colle ? Comment lutter ?…

Alors je te félicite chaque jour. Pour tout mais aussi pour ces petits riens du quotidien. Chaque jour, je me fais l’enduit qui vient combler ta faille narcissique…

On t’en demande tellement mon tout ptit. Etre propre alors qu’il y a deux semaines, tu ne l’étais pas. Faire du 8h-18h, non-stop, dans l’enceinte de l’école. Suivre le rythme infernal imposé par la vie. Rester calme. Ecouter !es consignes. Etre gentil. Se plier aux règles. Assis-debout-à droite-à gauche… Comment ne pas comprendre que, parfois, oui tu débordes. Non, tu ne parviens plus à gérer tes émotions. Oui ça explose. Crois-moi, si je n’avais pas été « conditionnée » par la vie, moi aussi j’exploserais. Oh oui ça, si je le pouvais, je hurlerais, je me roulerais par terre, je pleurerais, je jetterais tout ce qui me passe sous la main.

Non, mon fils, tu n’es pas méchant. Tu es un être absolument formidable. Oui, il t’arrive de ne plus contrôler ce corps qui t’échappe. Mais jamais, je ne te laisserai croire que tu n’es pas gentil. Les autres pourront le dire encore et encore. Alors je parlerai plus fort qu’eux. Ils pourront te dire 20 fois que tu es méchant. Alors je te répéterai 100 fois à quel point tu es gentil.

Pour qu’enfin, tu y crois. Pour qu’enfin tu saches, quel petit garçon adorable tu es…

Cet épuisement…

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5h du mat’, j’entends ses premiers gazouillis… De loin, de très loin, comme dans un doux rêve… Du moins, j’espère que c’est un rêve car cela fait à peine 1h que j’ai fermé les yeux… Puis viennent les vocalises, de plus en plus fortes… Alerté, le troizan commence à remuer dans son lit. N’allons pas trop taquiner son audition, il risquerait de croire que l’heure est venue de se lever. Me voilà donc dans le salon avec un bébé tout éveillé dans les bras. Bilan : 4 heures de sommeil, 5 mois que cela dure. « Putain ! j’en peux plus ! »

Je le savais. Avoir deux enfants en bas âge n’allait pas être une partie de plaisir. La fatigue, l’organisation, l’abnégation totale, … Oh oui, je le savais mais je ne le mesurais pas.

5 mois de nuits entrecoupées…

5 mois de bibs toutes les 3 heures…

5 mois de fatigue…

5 mois sans répit ni repos…

Bordel, c’que c’est dur !

Puis, la reprise du boulot, le début de la crèche, l’entrée à l’école… Jongler encore et toujours, courir telle une poule sans tête, penser à tout, penser à rien… Le cerveau en ébullition qui finit par tourner à vide : ne pas oublier le goûter, penser à l’inscription à la garderie, ramener le certificat médical pour la crèche, acheter des couches sur ma petite pause du midi, amener la voiture au garage… Puis le blackout, la surchauffe cérébrale, le néant… Cette fatigue, ce poids sur mes épaules,  la désagréable impression de ne plus avoir cette énergie qui permet de débuter la journée… Mes vêtements, aujourd’hui plus qu’hier et moins que demain, pèsent une tonne…

Se sentir à côté de tout mais au milieu du capharnaüm… Toutefois continuer d’avancer car je ne suis pas seule. Ils sont là. Mes précieux. Ils ont besoin de moi. Plus que jamais. Je suis leur roc. Mais je sens peu à peu la roche s’effriter…

Tenir encore et toujours… Ne pas flancher sous peine de ne plus réussir à se relever…

 

 

Je vous colle une petite étiquette ?

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Une étiquette ? Comme pour les soldes ? Et bien non !!! Aujourd’hui, j’en ai gros ! Je vais, encore une fois, te parler de mon fils et de la crèche ! T’avais pu assister au volet 1 ici. Et bien voilà la suite tant attendue…

Depuis plusieurs semaines maintenant, lorsque je vais chercher mon tout p’tit à la crèche, j’ai droit à d’agréables réflexions de la part des dames. Vois-tu, nous avons droit, en tant que parent, aux « transmissions ». Façon Meredith qui dirait à Derek Sheperd : « on a donné 50 cc d’albumine et 2 louches d’huile de chaux à Jean-Jacques dans l’après midi ».  Et bah à la crèche, c’est le même principe : activités de la journée, durée de la sieste, repas, selle or not selle, etc.

Bon, t’as le cadre. Et donc, depuis un moment maintenant, les transmissions se sont transformées en : le tout p’tit s’est fâché à tel moment, pour telle raison, il s’en est pris à untel, etc. Alors je suis tout à fait prête à entendre ça. C’est la réalité de sa journée. Mais une chose me gêne extrêmement là dedans : j’ai l’impression que mon fils est déjà fiché…

Parce que vois tu, les dames ne se contentent pas de m’expliquer les faits, j’ai comme l’impression qu’elles ont d’ores et déjà collé une étiquette sur le front de mon fils. En effet, elles rajoutent systématiquement de petites réflexions type « oh bah c’est le tout p’tit hein… », « il est bagarreur », « vous en ferez un rugbyman ».  On a même eu droit à « il a fait son tout p’tit » (retire le « tout p’tit » et mets son prénom, t’as la nouvelle expression à la mode à la crèche). Bref, fais iech !

Non parce que tu vois, je me dis « ok, le gamin il a deux ans et il est déjà wanted quoi ! ». Si jeune et déjà étiqueté… Bien sûr c’est humain, bien sûr c’est que le début des emmerdes, bien sûr que c’est le système qui veut ça… Mais bon, mon tout p’tit fiché comme Hulk et bah ça fait mal au luc !

Et toi, t’as déjà eu ce sentiment concernant tes enfants ?

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