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Deux enfants…

deux enfants

Hier soir, je suis allée dîner avec une amie. Maman d’un garçon de bientôt trois ans, elle se questionne quant à l’éventualité d’un petit deuxième. Malgré le fait que l’envie soit belle et bien là, elle s’inquiète : « ça me semble déjà si difficile avec un mais alors deux… Comment tu fais toi ? ». Et bien moi, contre toute attente, je trouve les choses bien plus simples avec deux enfants…

Avec deux enfants, ton attention est partagée. Tu ne te focalises plus sur l’un. Par exemple, lorsque mon grand était encore tout seul, j’épiais le moindre de ses faits et gestes. Est-ce qu’il mange bien ? Dort bien ? Va bien ? Est-ce qu’il ne nous couverait pas quelque chose ? Avec deux enfants, tes angoisses, si tant est que tu en ais, sont partagées. Et non, ce que je redoutais, décuplées.

Avec deux enfants, tu es davantage dans l’action. Tu n’as pas forcément le temps de t’arrêter et te questionner, tergiverser. Ou alors, si tu le fais, il y en a toujours un pour te ramener à la réalité.

Avec deux enfants, tu as acquis de l’expérience. Tu sais que les nuits, aussi pourries soient elles, vont finir par revenir à la normale. Tu sais mieux appréhender les maladies diverses et variées. Tu prends confiance en toi et te sens plus à même de gérer l’ingérable…

Avec deux enfants, tu rognes encore plus sur tes principes éducatifs et, de fait, tu t’adonnes davantage à ce fabuleux concept qu’est le « lâcher prise ». Trois soirs de suite qu’il mange pâtes/jambon ? Pas bien grave ! Pas de bain pendant deux jours ? Il ne devrait pas en garder de grandes séquelles !

Avec deux enfants, tu découvres ce que peut être la fraternité. Etant moi même fille unique, je n’ai pas eu la chance de connaître cette forme de relation. Bien sûr, compte tenu de l’âge de mes fils, il est encore trop tôt pour palper ce lien. Mais tu sais qu’avec le temps,  quelque chose d’unique va se créer entre eux et tu te sens extrêmement chanceuse de pouvoir assister à cela…

Et quand, avec deux enfants, tu estimes que ta famille est au complet, tu découvres une certaine forme de sérénité, un apaisement. Comme si toutes les pièces du puzzle de ta vie prenaient enfin forme. Alors tu profites de chaque moment passé avec eux. Tu graves des souvenirs. Tu te nourris de leur innocence. Et tu grandis à leur côté…

 

C’que c’est dur bordel !

solitude-mere

Samedi matin, je me lève, lasse, fatiguée, désabusée… J’ai pourtant bien besoin de cette énergie qui me fait défaut. Aujourd’hui, je suis seule avec mes deux fils. Et j’’ai beau puiser au plus profond de moi, je n’y trouve rien. Le néant. Une coquille vide. Comment vais-je tenir la journée durant ? Comment maintenir le cap ? Et cette réflexion qui tourne en boucle dans ma tête « c’que c’est dur parfois d’être mère bordel ! ».

S’occuper d’eux, penser à eux, s’inquiéter d’eux, passer après eux. Eux, eux, eux… Constamment… Le jour, la nuit, le soir, le week-end… Sans répit, sans relâche, sans repos. Et cette fatigue qui semble insurmontable mais qu’il faut néanmoins dépasser car ILS ont besoin de toi. Tu ne peux pas être fatiguée.

Il est des jours où cela n’est plus possible. Il est des jours où tu fais les choses, par automatisme. Non, tu n’as pas envie de faire à manger, donner le bain, câliner, jouer… Non, toi tu voudrais juste le calme, le silence. Non, aujourd’hui, tu n’as pas envie de t’occuper d’eux. Tu n’en as plus la force. Cela te semble insurmontable. Et pourtant, tu n’as pas le choix. Ils sont totalement et pleinement dépendants de toi. Tu ne peux pas te dérober. Tu n’as pas d’issue. Il te faut être là, précisément à l’endroit où se trouve ton supplice…

Alors tu serres les dents. Tu essuies ces larmes dans tes yeux. Et tu fais. Tu agis. Tu essaies de ne pas entendre cette petite voix dans ta tête, cette voix qui dit « et moi, qui s’occupe de moi ? ». Tu tentes de ne pas trop prêter attention à cette boule dans le fond de ta gorge. Et tu fais, un pas après l’autre…

Il y a les jours où être mère est le plus cadeau qui soit au monde. Et il y a les autres… Les jours où tu voudrais t’enfuir. T’éloigner d’eux. Partir sans te retourner. Tout abandonner. Mais, tu ne peux pas. Tu n’as pas le droit. Parce qu’être mère, c’est aussi ça…

 

Aujourd’hui, je n’ai plus peur…

petits pieds bébé

Au mois de janvier dernier, je te parlais du fait que l’Homme et moi souhaitions se lancer dans l’aventure bébé 2. Mais, notre projet a été mis à mal, d’abord par la réalité (des vaccins pas à jour) mais aussi et surtout par mes angoisses

Et oui, quoi de plus angoissant, pour une personne comme moi, que de se lancer dans cet inconnu… La peur d’un autre accouchement traumatisant. La peur de donner naissance à un enfant ayant des soucis de santé. La peur de repasser par la case « dépression post partum ». La peur, la peur, la peur…

Alors j’ai différé encore et encore ce projet. Pour des raisons plus ou moins recevables. Je trouve que le désir d’un deuxième enfant n’est pas le même que pour un premier. On sait plus ou moins ce qui nous attend. Sans compter le fait qu’il faille s’occuper de l’aîné.

Certaines personnes mettront facilement leurs appréhensions de côté. Je ne suis pas de celles là.  Je suis quelqu’un qui veut tout maîtriser, tout le temps. Je veux avoir la main sur ma vie, que rien ne m’échappe. Or, s’il est bien une chose qui se soustrait à toute forme de contrôle, c’est bien la maternité.

La maternité, à mes yeux, implique une forme de lâcher prise qui peut se révéler difficilement acceptable. Il faut accepter de laisser le temps faire son œuvre. Accepter de voir se voir son corps ne plus être sien. Accepter de renoncer à son temps, ses envies, ses besoins (dans un premier temps du moins). Accepter de sacrifier une partie de soi.

Mais ce laïus, que je t’ai sorti à de nombreuses reprises, n’a aujourd’hui plus de sens à mes yeux. Aujourd’hui, je désire cet enfant. Je ne te dirai pas que je suis prête car je sais ô combien il est difficile d’affirmer cela. Mais je suis prête à accepter l’incontrôlable. Aujourd’hui, j’ai lâché prise. Aujourd’hui, je veux agrandir ma famille et mes angoisses ne font plus le poids.

Bref, aujourd’hui, je n’ai plus peur…

Et toi, tes envies de bébé, elles ont été impérieuses ou, comme moi, plus nuancées?

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