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La fatigue…

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Lorsque tu as un enfant en bas âge, tu assimiles vite le fait qu’il va te falloir apprendre à t’accoutumer à une nouvelle compagne : la fatigue.

Elle s’immisce dans ta vie, sans même que tu l’y ais convié. Pas de premier rencard, pas de premier verre, elle file directement dans ton pieu et s’y installe en prenant toute la couverture. Pas besoin de PACS et autre mariage pour t’engager auprès d’elle, elle ne te quittera plus, sois en sûr.

Parfois, tu penseras te débarrasser d’elle. Tu retrouveras ton pote perdu de vue depuis longtemps : le repos. Le repos lui, est plus fourbe, plus farouche. Il se laisse approcher, toucher du doigt pour repartir aussi vite qu’il est venu. Ses cousins proches ne sont autres que Bip Bip, Speedy Gonzales et Usain Bolt.

Par ailleurs, lorsqu’elle s’immisce, la fatigue vient rarement seule. Elle s’arrange toujours pour créer une espèce de projet X dans ta vie. Elle convie tous ses potes afin de foutre un joli bordel. Parmi eux, tu trouveras à coup sûr : yeux-en-trous-de-pine, cernes-jusqu’aux-nibards et perte-de-neurones. Ce dernier est, en règle générale, celui qui fait le plus de dégât. Un peu comme celui qui laisse une grosse tache de vin rouge sur ton canapé blanc. Il te fera faire les pires absurdités possibles. J’ai d’ailleurs accumulé un joli palmarès à mon actif :

– se tromper de route pour aller au boulot (et s’en apercevoir une fois arrivée à mauvais port)

– habiller bébé avec les fringues du troizan (et s’en rendre compte à la crèche)

– faire couler la cafetière sans café (et se dire « l’est un peu palot mon café ce matin »)

– dire « bon appétit » au mec qui te file ta commande au Mac Do (rester polie, en toutes circonstances, mauvaises tant qu’à faire)

– et, le dernier en date, non des moindres, rédiger un texto à l’ensemble de tes amis pour leur dire « venez chouiller avec nous le 31 décembre » et l’envoyer à la principale du collège dans lequel tu bosses…

Ah oui, je t’ai pas dit ! La fatigue ramène évidemment sa meilleure amie : la honte, surnommée « je-me-cache-maintenant-ou-j’attends-un-peu ».  Elle n’a aucune pitié et a tendance à s’inviter dans des moments délicats type entretien avec ton boss (où tu te surprendras à dire « salut » en lieu et place du traditionnel « bonjour »), repas de famille (où tu oublieras qu’il est des sujets qu’il ne faut pas aborder, type le divorce de tes beaux-parents) et autres réunions à l’école (où tu auras zappé que c’était organisé à la mairie et non à l’école et que donc tu arriveras avec 30 minutes de retard, sous les yeux écarquillés des parents parfaitement parfaits et parfaitement à l’heure).

Bref, la fatigue, lorsque tu deviens parent, c’est un peu comme lorsque tu lis « t’choupi » à ton gamin pour la 2500ème fois : c’est chiant et contraignant mais t’as pas le choix !

Et toi, la fatigue, ça te parle ? Elle squatte aussi ? Elle t’a déjà fait faire des boulettes ?

 

Mais comment tu fais ???

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Si tu savais le nombre de fois où j’ai pu entendre cette question ces derniers temps… Comment tu fais pour tenir le coup ? Mais comment tu arrives à gérer ? Et comment tu parviens à assurer ? La réponse est simple : je n’ai pas le choix !

Rapide état des lieux : mon six mois ne fait toujours pas ses nuits. Depuis des mois donc, j’enchaîne les siestes nocturnes (car, soyons honnête, dormir 3 heures ne s’appelle pas une nuit pour moi). En parallèle, mon troizan rencontre des soucis à l’école. Des soucis de comportement pour être précise. Il tape, jette, pousse, j’en passe et des meilleures. Hier encore, nous étions convoqués chez la maîtresse/directrice. En résumé, lorsque ce n’est plus bébé qui nous fait la misère la nuit, c’est le grand qui nous crée des soucis la journée (à ce rythme, dans 5 ans, je suis ridée comme un vieux pruneau).

Effectivement, ce ne sont pas des « problèmes » tels qu’on peut l’entendre. Mais disons, qu’avec la fatigue, le moindre pet de mouche peut prendre des proportions énormes. Oui, il y a bien plus grave. Non ce n’est pas dramatique. Mais à trop pousser mémé dans les orties, elle se prend la cruche d’eau avec son chat échaudé.

Alors comment je fais ?

Tout d’abord, ce n’est pas comme si j’avais le choix. Je ne peux décemment pas faire un abandon de domicile (non, non, non, ne me tente pas !). Avec un peu de recul (il m’en reste un tantinet dans l’orteil gauche), j’ai tout de même fondé une jolie famille. Si tu enlèves la fatigue, les soucis, les perpétuelles remises en question, la culpabilité et les interrogations permanentes, c’est plutôt très sympa de vivre à leurs côtés.

Ensuite, je me projette. Je me dis que, d’ici quelques années, les choses se seront apaisées. Ou pas, me diras-tu. Mais je préfère croire à un avenir meilleur (sinon ne me reste plus qu’à mettre la tête dans la poubelle à couches et attendre mon dernier souffle).

Enfin, j’utilise l’humour. Beaucoup. Mon meilleur mécanisme de défense. Mon plus fort allié dans l’adversité. Tous les obstacles que je peux rencontrer sont tournés à la dérision. Cela amène un peu de légèreté dans un quotidien parfois bien lourd. Je ne te cache pas que, parfois, je m’effondre. C’est humain. Mais toucher le fond me permet, la plupart du temps, de repartir de meilleur.

Et toi, comment tu tiens le coup au quotidien ?

 

Cet épuisement…

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5h du mat’, j’entends ses premiers gazouillis… De loin, de très loin, comme dans un doux rêve… Du moins, j’espère que c’est un rêve car cela fait à peine 1h que j’ai fermé les yeux… Puis viennent les vocalises, de plus en plus fortes… Alerté, le troizan commence à remuer dans son lit. N’allons pas trop taquiner son audition, il risquerait de croire que l’heure est venue de se lever. Me voilà donc dans le salon avec un bébé tout éveillé dans les bras. Bilan : 4 heures de sommeil, 5 mois que cela dure. « Putain ! j’en peux plus ! »

Je le savais. Avoir deux enfants en bas âge n’allait pas être une partie de plaisir. La fatigue, l’organisation, l’abnégation totale, … Oh oui, je le savais mais je ne le mesurais pas.

5 mois de nuits entrecoupées…

5 mois de bibs toutes les 3 heures…

5 mois de fatigue…

5 mois sans répit ni repos…

Bordel, c’que c’est dur !

Puis, la reprise du boulot, le début de la crèche, l’entrée à l’école… Jongler encore et toujours, courir telle une poule sans tête, penser à tout, penser à rien… Le cerveau en ébullition qui finit par tourner à vide : ne pas oublier le goûter, penser à l’inscription à la garderie, ramener le certificat médical pour la crèche, acheter des couches sur ma petite pause du midi, amener la voiture au garage… Puis le blackout, la surchauffe cérébrale, le néant… Cette fatigue, ce poids sur mes épaules,  la désagréable impression de ne plus avoir cette énergie qui permet de débuter la journée… Mes vêtements, aujourd’hui plus qu’hier et moins que demain, pèsent une tonne…

Se sentir à côté de tout mais au milieu du capharnaüm… Toutefois continuer d’avancer car je ne suis pas seule. Ils sont là. Mes précieux. Ils ont besoin de moi. Plus que jamais. Je suis leur roc. Mais je sens peu à peu la roche s’effriter…

Tenir encore et toujours… Ne pas flancher sous peine de ne plus réussir à se relever…

 

 

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