Étiquette : fratrie

Je t’aime, moi non plus…

relation frères soeurs

Pris isolément, mes fils sont de vrais petits anges (à une auréole près). Câlins, à l’écoute, calmes, attentifs, c’est un vrai plaisir de passer du temps avec chacun d’eux. Toutefois, dès lors qu’ils sont réunis, une alchimie s’opère pour former un cocktail explosif !

Je suis fille unique. J’ignore donc tout ou presque de ce que peut être un lien fraternel. Mon homme, lui, a deux frères. Il est « l’enfant du milieu ». Lorsque nous nous sommes surpris à nous projeter, avoir deux enfants était l’évidence. Pour des raisons qui nous sont propres, nous souhaitions avoir  ce schéma familial.

Durant de très longs mois après l’arrivée de son petit frère, le cinquan a totalement ignoré l’existence de ce nouveau membre de la famille. Ce n’est que récemment que la « mayonnaise » a pris. Nous assistons à la création de ce lien unique, qui nous interpelle quotidiennement.

« Je t’aime, moi non plus » est vraiment l’expression qui pourrait décrire leur relation. Inséparables dans la chamaillerie, ils ne peuvent rester éloignés plus de 10 minutes l’un de l’autre. Pourtant, dès lors qu’ils sont trop proches, ils se tolèrent difficilement. Un va et vient perpétuel au sein duquel, nous, parents, sommes quelque peu malmenés.

Ils n’ont que faire de ce que nous pouvons leur dire. Lorsqu’ils sont connectés, impossible d’entrer en relation avec eux. Comme s’ils étaient dans une fusion telle que le monde alentour n’existait plus. Puis arrive le moment de trop, où tout bascule sans même que l’on en ait compris les raisons. De l’entente absolue à une discorde explosive en un quart de seconde… Les vilains mots fusent, les cris règnent et, parfois, quelques coups s’échappent.

Ils s’aiment autant qu’ils s’insupportent. Ils s’attirent autant qu’ils se repoussent. Et nous, parents, sommes les arbitres impuissants face à cette relation qui se renforce chaque jour.

Evidemment, nous sommes heureux de voir qu’un puissant lien se crée entre eux… Toutefois, nous ne pouvons nous empêcher d’espérer qu’un peu de sérénité vienne apaiser tout cela. Car, si eux ne semblent pas malmenés par cette ambiance électrique, il est plus difficile pour nous d’en sortir indemne…

Et tes enfants, complices, hostiles ? Ou, comme ici, les deux à la fois ?

 

Vous pensiez que votre grand avait un sacré caractère ? Et bien votre petit dernier n’est pas en reste !

plus ou moins comparaison

Mardi soir, se tenait la réunion de rentrée à la crèche. Malgré le fait que je côtoie cette structure depuis de nombreuses années, je m’y suis rendue car j’avais quelques griefs à leur égard. Problème résolu, là n’est d’ailleurs pas le sujet.

A cette occasion, j’ai pu échanger avec des animatrices qui ont connu mon cinquan et qui, aujourd’hui, voient évoluer mon deuzan. Voici les propos qui m’ont été tenue :

« Vous pensiez que votre grand avait un sacré caractère ? Et bien votre petit dernier n’est pas en reste ! »

Alors, évidemment, je m’en doutais bien… Je le vois, depuis quelques mois maintenant, en pleine crise d’affirmation/opposition/hulkisation (du verbe « se hulker » c’est-à-dire se transformer en bête furieuse).

Les cris, que dis-je, les hurlements qui envahissent la maison deviennent notre lot quotidien.

« Ca m’agace ! »,

« C’est pénible ! »,

« Nooooooooooon ! »,

« Laisse-moi ! »

« Y en a marre ! »

Sont d’ailleurs ses injonctions de prédilection… Personne n’est épargné (bon si, moi, de temps en temps).

Contrairement à ce que m’ont dit les animatrices de la crèche, je ne dirais pas qu’il est pire/moins pire (cette expression m’hérisse le poil mais je n’ai pas trouvé mieux) que son frère.

En effet, mes deux enfants ont des caractères très affirmés (les chiens ne font pas des chats, que veux-tu…). Et je pense que c’est bien là leur seul point commun (hormis leurs bouclettes). Cela m’amène alors à me questionner…

Pourquoi compare-t-on les enfants d’une même fratrie en des termes quantitatifs (il/elle est plus/moins que)? Je suis fille unique mais je suppose que j’aurais moyennement apprécié qu’on me compare à une autre personne avec des +/-.

Quoiqu’il en soit, il me semble que l’un des deux sera heurté par les propos tenus.  « Il est plus sage que sa sœur », « elle est moins colérique que son frère ». Chacun existe en tant qu’individu propre, unique, incomparable. S’il peut y avoir des traits communs, un enfant ne se définit pas en comparaison aux autres membres de sa fratrie…

Nous en discutions récemment avec l’Homme qui, sa scolarité durant, a subi « l’étiquetage » de certains enseignants. Parce qu’il est passé après un grand frère un peu trop agité et insolent, il était lui-même catégorisé comme tel. Or, rien n’est moins vrai.

De fait, je m’interroge : est-ce la norme ? Est-ce que le deuzan, peu importe là où il ira, subira le fait que le cinquan y soit passé avant lui ? Par un comparatif en plus ou moins ? Voire même par une image qui lui collera à la peau parce qu’il est le frère de ?

Tu as un avis à ce sujet ? Comment ça se passe chez toi ? Tes enfants (ou toi-même d’ailleurs) ont-ils “subi” le passage de leurs aînés ?

Deux enfants…

deux enfants

Hier soir, je suis allée dîner avec une amie. Maman d’un garçon de bientôt trois ans, elle se questionne quant à l’éventualité d’un petit deuxième. Malgré le fait que l’envie soit belle et bien là, elle s’inquiète : « ça me semble déjà si difficile avec un mais alors deux… Comment tu fais toi ? ». Et bien moi, contre toute attente, je trouve les choses bien plus simples avec deux enfants…

Avec deux enfants, ton attention est partagée. Tu ne te focalises plus sur l’un. Par exemple, lorsque mon grand était encore tout seul, j’épiais le moindre de ses faits et gestes. Est-ce qu’il mange bien ? Dort bien ? Va bien ? Est-ce qu’il ne nous couverait pas quelque chose ? Avec deux enfants, tes angoisses, si tant est que tu en ais, sont partagées. Et non, ce que je redoutais, décuplées.

Avec deux enfants, tu es davantage dans l’action. Tu n’as pas forcément le temps de t’arrêter et te questionner, tergiverser. Ou alors, si tu le fais, il y en a toujours un pour te ramener à la réalité.

Avec deux enfants, tu as acquis de l’expérience. Tu sais que les nuits, aussi pourries soient elles, vont finir par revenir à la normale. Tu sais mieux appréhender les maladies diverses et variées. Tu prends confiance en toi et te sens plus à même de gérer l’ingérable…

Avec deux enfants, tu rognes encore plus sur tes principes éducatifs et, de fait, tu t’adonnes davantage à ce fabuleux concept qu’est le « lâcher prise ». Trois soirs de suite qu’il mange pâtes/jambon ? Pas bien grave ! Pas de bain pendant deux jours ? Il ne devrait pas en garder de grandes séquelles !

Avec deux enfants, tu découvres ce que peut être la fraternité. Etant moi même fille unique, je n’ai pas eu la chance de connaître cette forme de relation. Bien sûr, compte tenu de l’âge de mes fils, il est encore trop tôt pour palper ce lien. Mais tu sais qu’avec le temps,  quelque chose d’unique va se créer entre eux et tu te sens extrêmement chanceuse de pouvoir assister à cela…

Et quand, avec deux enfants, tu estimes que ta famille est au complet, tu découvres une certaine forme de sérénité, un apaisement. Comme si toutes les pièces du puzzle de ta vie prenaient enfin forme. Alors tu profites de chaque moment passé avec eux. Tu graves des souvenirs. Tu te nourris de leur innocence. Et tu grandis à leur côté…