Posts Tagged ‘Grossesse’

Mon accouchement, jour 2 : la patience est l’art d’espérer…

0008876319V-849x565

Ils ont remarqué des troubles du rythme cardiaque chez le tout p’tit. Rien d’inquiétant selon elle, juste un petit raté (le rythme du cœur décélère très fortement pour revenir à la normale). Le personnel médical souhaite donc me garder pour la nuit afin de s’assurer que c’est bénin. Selon ce que me dit la sage femme, je pourrai rentrer chez moi le lendemain matin. Nous voilà donc parti pour une nuit à l’hôpital…

Nous sommes accompagnés à l’étage où se trouvent les chambres des femmes ayant déjà accouché. Mon homme et moi, partisans de l’humour à toute épreuve, trouvons la situation assez coquasse. Venus pour un rhume, on se retrouve en suite de couches. Nous sommes toutefois rassurés de savoir que nous regagnerons le domicile conjugal dès le lendemain (enfin dans quelques heures étant donné que la nuit est déjà bien entamée).

Nous restons ensemble toute la nuit, lovés dans les bras l’un de l’autre sur le petit lit de l’hôpital (et avec mon énorme bidon, c’est loin d’être une mince affaire !).

A l’aube, une sage femme vient me voir afin de m’installer un monito, le dernier avant la délivrance ! Je reste encore allongée pendant de nombreuses minutes. Le son des battements de cœur du tout p’tit est nettement moins mélodieux que par le passé. Avec mon homme, nous sommes à l’affût du moindre signal déconnant ! Nous discutons de tout et de rien quand le monito émet un bruit strident au possible. Nous comprenons très vite qu’il y a un souci, les battements du cœur du bébé ayant chuté de manière considérable (ce qui a déclenché l’alarme de la machine). Puis, en l’espace de quelques secondes, retour à la normale. Une sage femme vient éteindre la fameuse alarme qui résonne dans tout le couloir. Rien de plus anxiogène que ce son ! Elle tente de nous rassurer en nous disant que, 99% du temps, le rythme cardiaque du tout p’tit est parfaitement normal. Ce sont juste ces petits ratés qui les intriguent. Un médecin va passer nous voir dans la matinée. Mon homme prend soin d’appeler son employeur afin de lui expliciter la situation. Ce dernier, très compréhensif, l’encourage à rester à mes côtés.

En fin de matinée, le médecin vient nous voir. Très froid, il nous explique que, compte tenu de la situation, ils ne peuvent pas prendre le risque de me laisser rentrer. Je m’en doutais mais, malgré tout, entendre ces mots me font prendre conscience de la gravité de la situation. Il m’explique que je vais devoir passer plusieurs heures sous monito afin de surveiller tout ça.

Un peu sonnés, mon homme et moi tentons tant bien que mal de faire face. Au pire, s’il se passe quelque chose de grave, nous ne pouvons pas être plus en sécurité qu’à l’hôpital.

Je lui demande d’aller me récupérer quelques affaires à la maison. Et oui, partant du principe que j’allais rester quelques heures uniquement, je n’ai pas pris de quoi me laver, me changer, etc.

La journée se passe tranquillement. Nous nous baladons dans l’enceinte de l’hôpital, allons à la cafétéria, bouquinons quelques magasines, etc.  Nous retournons en chambre pour un monito. Au taquet cette fois sur les battements du bébé, c’est tout juste si nous pensons à respirer. Nous attendons encore et encore et puis … rien ! Monito OK ! RAS du côté du rythme cardiaque : «  un tracé comme on en voit dans les livres » me dit la sage femme. Et là c’est comme si on te retirait un poids de 20kg de sur ta poitrine. Toutefois, l’équipe souhaite me garder encore cette nuit pour me refaire un contrôle. Au point où j’en suis…

Je missionne l’homme d’aller se reposer à la maison. Vu la tournure que prennent les évènements, mieux vaut prendre des forces. Je le rassure toutefois sur le fait qu’au regard du dernier monito, il peut partir l’esprit tranquille.

De mon côté, je me retrouve dans cette grande chambre. La solitude s’abat sur moi. Je décide de me coucher tôt espérant chasser de mon esprit toutes ces pensées négatives qui m’assaillent. Contre toute attente, je trouve rapidement le sommeil.

En pleine nuit, je me vois réveillée par une sage femme qui vient pour le fameux contrôle. Je me demande bien la nécessité que celui-ci soit effectué à une telle heure mais je me laisse faire. Je demande juste à ce que l’on coupe ce bruit des battements du cœur que je ne supporte plus. Je me sens persécutée par eux, comme s’ils allaient nécessairement être porteurs de mauvaise nouvelle.

Je reste donc dans mon lit, allongée sur le côté gauche (« car c’est mieux pour le bébé ») et ce pendant un très très long moment. A force de rester dans cette position, je commence à sentir des douleurs dans le bassin, douleurs qu’il me faut subir pour qu’ils aient un tracé correct.

Et là, alors que je somnole, je vois débouler la sage femme qui me dit « le tracé n’est pas bon, on vous descend en salle de naissance ! ».

Mon accouchement, jour 1 : début des festivités !

0008876319V-849x565

Comme j’ai pu l’évoquer à plusieurs reprises, ma grossesse a été une période magique. Pas de nausées, pas de fatigue ou autre symptôme handicapant…  Comme la vie ne peut pas être constamment sympa, mon accouchement, lui, a été plus « sport ». Attention, il s’est déroulé en plusieurs phases. Et bien sûr, en bonne perverse que je suis, je vais vous en faire le récit sous forme d’épisode.

Ce moment de ma vie reste assez traumatique. J’espère que la mise en mots me permettra d’évacuer, de décharger ce petit quelque chose qui, aujourd’hui encore, reste un point noir qui vient entacher ce moment magique qu’a été la naissance de mon fils. Alors allons-y…

Aujourd’hui j’entame à peine mon 9ème mois de grossesse.  Je suis à 37+2 SA. Depuis quelque temps  maintenant, je me traîne un vieux rhume. La grossesse limitant considérablement les possibilités de traitement, mon état se détériore de jour en jour. Je ne m’inquiète pas outre mesure car j’ai, ce jour même, mon rendez vous du 9ème mois à l’hôpital.

C’est sous la neige (oui oui rappelez vous il a neigé l’hiver dernier) que je me rends sur place. Je rencontre la sage femme. Elle me fait les contrôles de routine (tension, monitoring, contrôle du col, etc.). Bébé se porte comme un charme, c’est l’essentiel ! Je lui parle de mon état de santé. Elle me confirme, qu’effectivement, il ne me reste qu’à attendre que mon corps déploie les défenses nécessaires pour venir à bout du virus. Soit… Elle me prescrit également les dernières prises de sang notamment celles relatives à l’anesthésie.

Je rentre donc chez moi la queue entre les jambes (excusez l’expression mais c’est vraiment ça) et file sous la couette me reposer. Fichu virus qui me pompe toute mon énergie ! Je dors toute la journée. Mon homme rentre du boulot. Je lui raconte mon rendez-vous. Nous dinons. Une soirée des plus tranquille en perspective.

Sur les coups de 23 heures nous décidons d’aller nous coucher. Je m’allonge et me mets à frissonner à tel point qu’il m’est difficile de contrôler mon corps. Je pense tout de suite à une poussée de fièvre et prend ma température : 38°. Rien d’inquiétant à priori sauf que je ne fais jamais de fièvre. Je m’inquiète beaucoup plus pour mon colocataire et décide de contacter la maternité. Je m’attends à ce qu’ils me disent « ce n’est rien, prenez un Doliprane et allez vous coucher ». J’ai juste besoin d’être rassurée. Au lieu de ça, ils m’invitent à venir faire un contrôle à l’hôpital.

Mon homme et moi nous rendons ainsi à la maternité sur les coups de minuit. Dans la salle d’attente, deux couples attendent. Ils semblent très angoissés. Je me sens idiote d’être parmi eux pour un simple rhume. En même temps, durant ma grossesse, les divers personnels que j’ai pu rencontrer n’ont cessé de me dire « au moindre doute, vous venez à l’hôpital ». Je ne fais donc qu’exécuter les ordres.

Nous sommes reçus relativement rapidement. Avant de m’installer pour un monito de contrôle, j’ai droit à la case « petit pipi dans le pot ». Je m’installe sur le lit, me fait sangler le bide (mais si vous savez, pour installer les écouteurs…). La sage femme pratique également un prélèvement vaginal avec des paroles très rassurantes : « avec la fièvre, faut être super vigilant, notamment en ce qui concerne les risques de listeria ». Merci Madame pour votre empathie…

Puis, mon homme et moi restons ainsi pendant un certain moment, bercés par les battements de cœur du tout p’tit que nous entendons grâce au monito. Mon homme commence à s’assoupir sur le fauteuil quand la sage femme revient avec des nouvelles.

Ils ont remarqué des troubles du rythme cardiaque chez le tout p’tit. Rien d’inquiétant selon elle, juste un petit raté (le rythme du cœur décèle très fortement pour revenir à la normale). Le personnel médical souhaite donc me garder pour la nuit afin de s’assurer que c’est bénin. Selon ce que me dit la sage femme, je pourrai rentrer chez moi le lendemain matin. Nous voilà donc parti pour une nuit à l’hôpital…

Alors, il marche ???

 0002183128GG-849x565

Dès lors que votre enfant commence à avoisiner les 1 an, il vous sera quasi impossible d’échapper à cette question. Alors bien sûr elle pourra émaner de gens bienveillants mais parfois…

Dès l’annonce de ma grossesse, j’ai trouvé que les gens de mon entourage pouvaient se révéler très intrusifs. Pas que les gens de mon entourage d’ailleurs…

Quand on porte la vie en soi, il faut s’attendre à passer du statut de personne lambda à objet publique voire, si j’osais, bête de foire. Il faut partir du principe que ton corps, ton intimité ne t’appartiennent plus. Tu te dois de partager avec tout le monde. Et gare à celles qui ne se prêteront pas au jeu sous peine d’être qualifié de mal-aimable, hautaine, ou autre qualificatif sympathique.

A quand la prochaine écho ? C’est une fille ou un garçon ? Vous allez l’appeler comment ? Et tu penses allaiter ? Ton dernier frottis remonte à quand ? Autant de questions qui peuvent tout à fait sortir de la bouche de parfaits étrangers. Et moi je te demande quel est la taille de ton bonnet de soutien gorge ? A quand remonte ton dernier rapport sexuel ? Ou encore si ta dernière visite chez le gynéco s’est bien passée ?

Bien sûr toutes ces questions ont pour corolaire la flopée de conseils que tu vas prendre en pleine tronche sans, bien sûr, n’avoir rien demandé !

Il faut absolument que tu allaites, c’est mieux pour l’enfant ! Il ne faut pas que tu le portes trop à bras ; il va prendre de mauvaises habitudes ! Il faut que tu le laisses pleurer, sinon t’es pas sortie de l’auberge ! Des conseils qui n’ont absolument aucun sens quand tu veux juste profiter de ta grossesse sereinement.

Bien évidemment, ça ne s’arrête pas là. Les choses s’empirent naturellement dès la naissance de l’enfant. Là, non seulement tu cumules questions + conseils mais tu rajoutes aussi les reproches !

Tu devrais pas lui donner autant à manger ! Il ne faut pas lui laisser sucer son pouce, ça va lui déformer le palais ! Tu devrais pas trop le sortir, il va tomber malade !

Bien sûr, le combo questions-conseils-reproches tombent à pic. Tu es parfaitement en état, toi qui viens d’accoucher, qui vit le grand chamboulement dans ta vie, qui ne dort que quelques heures par jour, à recevoir et accepter avec le sourire toutes ces remarques les plus pertinentes les unes que les autres.

A savoir que les choses ne s’arrêtent pas là. Une fois que l’enfant grandit, tu vas avoir droit à ce que j’appelle la « course à l’acquisition ». Ton enfant va naturellement évoluer et faire pleins de petits trucs qu’il ne faisait pas par le passé. Toi, bien sûr, tu vas t’émerveiller devant tant de progrès. Ton cœur de maman va se remplir de fierté à la vu de tous ces changements. MAIS sache qu’il y a d’autres mamans autour de toi qui, elles, dans un souci de compétition malsaine, te diront toujours que « bah, ça fait longtemps que le mien il fait ça ! ». C’est ainsi que tu reviens à la case départ avec les fameuses questions que j’évoquais plus haut.

Il fait ses nuits ? Il a combien de dents ? Il rampe, fait du 4 pattes, marche ? Il est propre ? Il mesure, pèse combien ? Il porte du quelle taille ? Encore une fois, autant de questions qui, du point de vue de l’enfant, sont tout aussi intrusives. Imaginez vous qu’on vous demande si vous allez à la selle tous les jours, si votre IMC est dans la norme, si vous faites du 38 ou du 44, etc. Vous voyez le genre ?

Bon évidemment, toutes les personnes qui posent ce genre de questions ne sont pas malveillantes. Et je prends grand plaisir à parler de mon tout p’tit (comme vous aurez pu le constater). Mais j’ai du mal à supporter ces gens qui se permettent d’intervenir dans ta vie sans savoir rien de toi, de ce que tu vis, de ton enfant, …

Et pour répondre à la fameuse question de départ : non mon fils ne marche toujours pas. Et, évidemment, selon certaines personnes, je devrais m’en inquiéter… Euh, comment dire ? Fu** !

1 5 6 7