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Mon accouchement, jour 1 : début des festivités !

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Comme j’ai pu l’évoquer à plusieurs reprises, ma grossesse a été une période magique. Pas de nausées, pas de fatigue ou autre symptôme handicapant…  Comme la vie ne peut pas être constamment sympa, mon accouchement, lui, a été plus « sport ». Attention, il s’est déroulé en plusieurs phases. Et bien sûr, en bonne perverse que je suis, je vais vous en faire le récit sous forme d’épisode.

Ce moment de ma vie reste assez traumatique. J’espère que la mise en mots me permettra d’évacuer, de décharger ce petit quelque chose qui, aujourd’hui encore, reste un point noir qui vient entacher ce moment magique qu’a été la naissance de mon fils. Alors allons-y…

Aujourd’hui j’entame à peine mon 9ème mois de grossesse.  Je suis à 37+2 SA. Depuis quelque temps  maintenant, je me traîne un vieux rhume. La grossesse limitant considérablement les possibilités de traitement, mon état se détériore de jour en jour. Je ne m’inquiète pas outre mesure car j’ai, ce jour même, mon rendez vous du 9ème mois à l’hôpital.

C’est sous la neige (oui oui rappelez vous il a neigé l’hiver dernier) que je me rends sur place. Je rencontre la sage femme. Elle me fait les contrôles de routine (tension, monitoring, contrôle du col, etc.). Bébé se porte comme un charme, c’est l’essentiel ! Je lui parle de mon état de santé. Elle me confirme, qu’effectivement, il ne me reste qu’à attendre que mon corps déploie les défenses nécessaires pour venir à bout du virus. Soit… Elle me prescrit également les dernières prises de sang notamment celles relatives à l’anesthésie.

Je rentre donc chez moi la queue entre les jambes (excusez l’expression mais c’est vraiment ça) et file sous la couette me reposer. Fichu virus qui me pompe toute mon énergie ! Je dors toute la journée. Mon homme rentre du boulot. Je lui raconte mon rendez-vous. Nous dinons. Une soirée des plus tranquille en perspective.

Sur les coups de 23 heures nous décidons d’aller nous coucher. Je m’allonge et me mets à frissonner à tel point qu’il m’est difficile de contrôler mon corps. Je pense tout de suite à une poussée de fièvre et prend ma température : 38°. Rien d’inquiétant à priori sauf que je ne fais jamais de fièvre. Je m’inquiète beaucoup plus pour mon colocataire et décide de contacter la maternité. Je m’attends à ce qu’ils me disent « ce n’est rien, prenez un Doliprane et allez vous coucher ». J’ai juste besoin d’être rassurée. Au lieu de ça, ils m’invitent à venir faire un contrôle à l’hôpital.

Mon homme et moi nous rendons ainsi à la maternité sur les coups de minuit. Dans la salle d’attente, deux couples attendent. Ils semblent très angoissés. Je me sens idiote d’être parmi eux pour un simple rhume. En même temps, durant ma grossesse, les divers personnels que j’ai pu rencontrer n’ont cessé de me dire « au moindre doute, vous venez à l’hôpital ». Je ne fais donc qu’exécuter les ordres.

Nous sommes reçus relativement rapidement. Avant de m’installer pour un monito de contrôle, j’ai droit à la case « petit pipi dans le pot ». Je m’installe sur le lit, me fait sangler le bide (mais si vous savez, pour installer les écouteurs…). La sage femme pratique également un prélèvement vaginal avec des paroles très rassurantes : « avec la fièvre, faut être super vigilant, notamment en ce qui concerne les risques de listeria ». Merci Madame pour votre empathie…

Puis, mon homme et moi restons ainsi pendant un certain moment, bercés par les battements de cœur du tout p’tit que nous entendons grâce au monito. Mon homme commence à s’assoupir sur le fauteuil quand la sage femme revient avec des nouvelles.

Ils ont remarqué des troubles du rythme cardiaque chez le tout p’tit. Rien d’inquiétant selon elle, juste un petit raté (le rythme du cœur décèle très fortement pour revenir à la normale). Le personnel médical souhaite donc me garder pour la nuit afin de s’assurer que c’est bénin. Selon ce que me dit la sage femme, je pourrai rentrer chez moi le lendemain matin. Nous voilà donc parti pour une nuit à l’hôpital…

Tu me fatigues avec tes angoisses !

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Comme vous avez pu le comprendre, je suis une personne quelque peu angoissée… Evidemment, cela me bouffe considérablement l’existence ! Vous imaginez bien que penser que le tout p’tit va s’étouffer pendant la nuit, que mon homme est atteint d’une maladie incurable ou encore que ma maison va prendre feu car j’aurais potentiellement oublié d’éteindre mon fer à lisser exige beaucoup d’énergie de la part de mon cerveau. En effet, il faut qu’il passe par un certain nombre d’étapes afin que l’angoisse puisse être digne de son nom.

  • 1ère étape : choisir une donnée sur laquelle peut s’élaborer l’angoisse. Il faut savoir que le point de départ peut être un élément bénin de la réalité mais aussi quelque chose de complètement fantasmé
  • 2ème étape : à partir de cette donnée, il s’agit alors de laisser aller son imagination. Je pense d’ailleurs que, si jamais je souhaitais me reconvertir, je pourrais envisager une carrière en tant que scénariste de films catastrophes.
  • 3ème étape : place à l’affect ! Après avoir imaginé un scénario bien glauque, il faut l’investir émotionnellement. Et là, je mets le paquet !  Je donne tout ce que j’ai !
  • 4ème étape : se laisser envahir jusqu’à ce que plus rien n’existe à côté. Il faut savoir en effet qu’une angoisse prend beaucoup de place (un peu comme quand mon homme va se coucher et qu’il a un peu trop picolé !). Le reste n’existe plus ; l’attention doit être totalement accaparée par le scénario catastrophe…
  • 5ème et dernière phase : faire chi** le monde. Et oui, l’angoisse est tellement débordante qu’il faut qu’elle s’exprime. Il s’agit alors de choisir une cible (en ce qui me concerne, mon conjoint dans 99,9999% des cas) et tout décharger sur elle.

Stop à la théorie, place à une petite illustration :

  • Un soir, en donnant le bain au tout p’tit, je remarque que l’un de ses doigts de pied est un peu rouge et boursouflé. Je continue le dit bain, lui donne son bib et le couche. Je passe une soirée des plus sereines en zappant cette histoire de doigt de pied gonflé
  • Au moment de me coucher (le moment préféré de mes angoisses pour s’incruster), je repense à cette histoire de pied. Je me demande alors à quoi cela peut-il être dû. Et bim ! C’est parti ! De petite irritation, je passe à piqûre d’araignée pour finir par un ongle incarné qui ne peut que s’achever en panaris. Evidemment le dit panaris va lui-même provoquer une grave infection qui va nécessiter une amputation du pied !
  • C’est un fait maintenant acquis par mon cerveau, si on n’agit pas très rapidement, le tout p’tit va se faire amputer. Je vous laisse imaginer toutes les émotions qui me traversent à ce moment là. A savoir qu’il a du bien s’écouler 2 heures depuis le moment où je me suis couchée.
  • 3 heures du mat’, je ne pense plus qu’à ça. Il faut absolument que demain, dès l’aube, je prenne les choses en main : je vais prendre rendez-vous avec le doc ; non je vais appeler SOS médecin ; non, on va direct aller aux urgences (pour rappel, on part simplement sur un doigt de pied un peu rouge et gonflé). C’est le moment que le tout p’tit choisit pour pleurer (comme toutes les nuits). Evidemment qu’il pleure le pauvre, il a un panaris et va se faire amputer !
  • Je tourne et me retourne dans mon lit mais je ne tiens plus, il faut que j’en parle à mon homme. Je décide donc de le réveiller en pleine nuit (si, si je vous jure ! j’ose !) et lui dit, alors qu’il a à peine ouvert un œil : « je crois que le petit a une infection au pied. Il faut vite réagir parce que si ça se répand c’est l’amputation directe ! ». J’obtiens, pour seule réponse, un grognement suivi d’un « mais t’as des problèmes ! ». Je ne me contente évidemment pas de ça mais attends tout de même que le réveil sonne pour le harceler (oui je suis quelqu’un qui sait prendre sur soi tout de même ! Bon ok j’déconne !).

Monsieur daigne se lever et descend prendre son café. De mon côté, j’aurais évidemment bu une cafetière à moi toute seule en l’attendant. J’attaque direct « bon alors, on fait quoi pour le tout p’tit ? ». Ne se souvenant même pas de l’épisode nocturne, l’homme me demande de préciser pour finir par répondre « ça doit être une piqûre de moustique… Tu me fatigues avec tes angoisses ! ». Une piqûre de moustique !!!!!!! Une piqûre de moustique ??? Ah oui, une piqûre de moustique. J’en suis bourrée moi aussi en ce moment. Oups !

Voilà donc ce que cela peut donner. Mes angoisses me bouffent la vie et pas que la mienne d’ailleurs…

L’une des seules périodes de mon existence qui a été épargnée par ces fichues angoisses reste, aussi surprenant soit il, ma grossesse. J’étais sereine, limite insouciante… Mais bon, je ne peux décemment pas faire des enfants à tour de bras pour retrouver cet état de plénitude.

A tout hasard, les hormones de grossesse ne se vendraient pas en gélules ?…

Alors, il marche ???

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Dès lors que votre enfant commence à avoisiner les 1 an, il vous sera quasi impossible d’échapper à cette question. Alors bien sûr elle pourra émaner de gens bienveillants mais parfois…

Dès l’annonce de ma grossesse, j’ai trouvé que les gens de mon entourage pouvaient se révéler très intrusifs. Pas que les gens de mon entourage d’ailleurs…

Quand on porte la vie en soi, il faut s’attendre à passer du statut de personne lambda à objet publique voire, si j’osais, bête de foire. Il faut partir du principe que ton corps, ton intimité ne t’appartiennent plus. Tu te dois de partager avec tout le monde. Et gare à celles qui ne se prêteront pas au jeu sous peine d’être qualifié de mal-aimable, hautaine, ou autre qualificatif sympathique.

A quand la prochaine écho ? C’est une fille ou un garçon ? Vous allez l’appeler comment ? Et tu penses allaiter ? Ton dernier frottis remonte à quand ? Autant de questions qui peuvent tout à fait sortir de la bouche de parfaits étrangers. Et moi je te demande quel est la taille de ton bonnet de soutien gorge ? A quand remonte ton dernier rapport sexuel ? Ou encore si ta dernière visite chez le gynéco s’est bien passée ?

Bien sûr toutes ces questions ont pour corolaire la flopée de conseils que tu vas prendre en pleine tronche sans, bien sûr, n’avoir rien demandé !

Il faut absolument que tu allaites, c’est mieux pour l’enfant ! Il ne faut pas que tu le portes trop à bras ; il va prendre de mauvaises habitudes ! Il faut que tu le laisses pleurer, sinon t’es pas sortie de l’auberge ! Des conseils qui n’ont absolument aucun sens quand tu veux juste profiter de ta grossesse sereinement.

Bien évidemment, ça ne s’arrête pas là. Les choses s’empirent naturellement dès la naissance de l’enfant. Là, non seulement tu cumules questions + conseils mais tu rajoutes aussi les reproches !

Tu devrais pas lui donner autant à manger ! Il ne faut pas lui laisser sucer son pouce, ça va lui déformer le palais ! Tu devrais pas trop le sortir, il va tomber malade !

Bien sûr, le combo questions-conseils-reproches tombent à pic. Tu es parfaitement en état, toi qui viens d’accoucher, qui vit le grand chamboulement dans ta vie, qui ne dort que quelques heures par jour, à recevoir et accepter avec le sourire toutes ces remarques les plus pertinentes les unes que les autres.

A savoir que les choses ne s’arrêtent pas là. Une fois que l’enfant grandit, tu vas avoir droit à ce que j’appelle la « course à l’acquisition ». Ton enfant va naturellement évoluer et faire pleins de petits trucs qu’il ne faisait pas par le passé. Toi, bien sûr, tu vas t’émerveiller devant tant de progrès. Ton cœur de maman va se remplir de fierté à la vu de tous ces changements. MAIS sache qu’il y a d’autres mamans autour de toi qui, elles, dans un souci de compétition malsaine, te diront toujours que « bah, ça fait longtemps que le mien il fait ça ! ». C’est ainsi que tu reviens à la case départ avec les fameuses questions que j’évoquais plus haut.

Il fait ses nuits ? Il a combien de dents ? Il rampe, fait du 4 pattes, marche ? Il est propre ? Il mesure, pèse combien ? Il porte du quelle taille ? Encore une fois, autant de questions qui, du point de vue de l’enfant, sont tout aussi intrusives. Imaginez vous qu’on vous demande si vous allez à la selle tous les jours, si votre IMC est dans la norme, si vous faites du 38 ou du 44, etc. Vous voyez le genre ?

Bon évidemment, toutes les personnes qui posent ce genre de questions ne sont pas malveillantes. Et je prends grand plaisir à parler de mon tout p’tit (comme vous aurez pu le constater). Mais j’ai du mal à supporter ces gens qui se permettent d’intervenir dans ta vie sans savoir rien de toi, de ce que tu vis, de ton enfant, …

Et pour répondre à la fameuse question de départ : non mon fils ne marche toujours pas. Et, évidemment, selon certaines personnes, je devrais m’en inquiéter… Euh, comment dire ? Fu** !