Posts Tagged ‘Mère’

C’que c’est dur bordel !

solitude-mere

Samedi matin, je me lève, lasse, fatiguée, désabusée… J’ai pourtant bien besoin de cette énergie qui me fait défaut. Aujourd’hui, je suis seule avec mes deux fils. Et j’’ai beau puiser au plus profond de moi, je n’y trouve rien. Le néant. Une coquille vide. Comment vais-je tenir la journée durant ? Comment maintenir le cap ? Et cette réflexion qui tourne en boucle dans ma tête « c’que c’est dur parfois d’être mère bordel ! ».

S’occuper d’eux, penser à eux, s’inquiéter d’eux, passer après eux. Eux, eux, eux… Constamment… Le jour, la nuit, le soir, le week-end… Sans répit, sans relâche, sans repos. Et cette fatigue qui semble insurmontable mais qu’il faut néanmoins dépasser car ILS ont besoin de toi. Tu ne peux pas être fatiguée.

Il est des jours où cela n’est plus possible. Il est des jours où tu fais les choses, par automatisme. Non, tu n’as pas envie de faire à manger, donner le bain, câliner, jouer… Non, toi tu voudrais juste le calme, le silence. Non, aujourd’hui, tu n’as pas envie de t’occuper d’eux. Tu n’en as plus la force. Cela te semble insurmontable. Et pourtant, tu n’as pas le choix. Ils sont totalement et pleinement dépendants de toi. Tu ne peux pas te dérober. Tu n’as pas d’issue. Il te faut être là, précisément à l’endroit où se trouve ton supplice…

Alors tu serres les dents. Tu essuies ces larmes dans tes yeux. Et tu fais. Tu agis. Tu essaies de ne pas entendre cette petite voix dans ta tête, cette voix qui dit « et moi, qui s’occupe de moi ? ». Tu tentes de ne pas trop prêter attention à cette boule dans le fond de ta gorge. Et tu fais, un pas après l’autre…

Il y a les jours où être mère est le plus cadeau qui soit au monde. Et il y a les autres… Les jours où tu voudrais t’enfuir. T’éloigner d’eux. Partir sans te retourner. Tout abandonner. Mais, tu ne peux pas. Tu n’as pas le droit. Parce qu’être mère, c’est aussi ça…

 

Je ne veux plus délaisser mon couple…

couple-diner

J’entame aujourd’hui la troisième étape de mon programme « reprise en main ». Pour rappel, les deux premières phases concernaient le fait de « prendre du temps pour soi » et « ne plus passer son temps à courir ». J’essaie d’appliquer au quotidien mes nouvelles résolutions, en particulier celles consistant à s’accorder, chaque jour, un petit plaisir. Et je dois bien avouer que cela me fait beaucoup de bien. Aujourd’hui donc, je reviens pour aborder la thématique « couple ».

Deux enfants en bas âge, deux boulots prenants, la logistique à gérer, la fatigue, rien de tel pour mettre de côté son conjoint. Or, s’il est une donnée que jamais je n’ai oublié c’est qu’à l’origine, il y a le couple. Notre maison, nos enfants, notre foyer, c’est de notre amour qu’est né tout cela. Ainsi, lorsque je vois parfois, qu’avec l’Homme, nous nous croisons à peine le temps d’une journée, cela me désole.

Je pense que, malheureusement, mon conjoint et moi avons perdu en « spontanéité ». C’est somme toute logique lorsque l’on regarde tout ce que nous avons a géré par ailleurs. L’énergie n’est souvent plus là pour se retrouver. Fatigue et lassitude prennent le pas sur le reste. Aujourd’hui, nous préférons nettement grappiller quelques heures de sommeil plutôt que de se poser, le temps d’une soirée, à discuter avec un bon verre de vin (oui, le vin est important pour discuter).

Or, je ne veux plus que les choses soient ainsi. Quoique l’on fasse, la fatigue sera là. Notre sept mois ne fait toujours pas ses nuits. Nous passons nos journées à bosser. Nous avons une maison à gérer. On ne peut pas lutter contre ça. Il nous faut en prendre notre parti : nous sommes fatigués. Toutefois, je pense qu’il est indispensable de distinguer fatigue physique et fatigue psychologique. Selon moi, la première peut difficilement être domptée (sauf en dormant, ce que bébé ne nous permet pas actuellement). Par contre, il me semble que l’on peut davantage agir sur la seconde.

A mon sens, la fatigue psychologique résulte d’un doux mélange de routine et lassitude, où les jours se suivent et se ressemblent sans que rien ne vienne « casser » le train-train quotidien. C’est cette forme de fatigue que je cherche à dompter en m’accordant, chaque jour, un petit plaisir personnel. Et je pense que c’est précisément à cet endroit que le couple peut intervenir. L’échange avec le conjoint, se retrouver en tant qu’homme et femme (et non plus en tant que parent) est une ressource qu’il importe, à mes yeux, de ne pas négliger.

C’est ainsi que, depuis le début de la semaine, nous nous sommes accordés des moments en tête à tête avec mon conjoint : une pause déjeuner, un apéro, … Il ne s’agit pas de passer le maximum de temps ensemble mais du temps de qualité : des moments où les enfants sont couchés, où nous ne pensons pas au boulot, où nous ne sommes pas aux prises avec d’autres activités.

Nous avons donc décidé de systématiser les choses. Nos résolutions : s’accorder deux moments privilégiés dans la semaine, un déjeuner et un dîner. Cela peut sembler assez simpliste mais, en l’état actuel des choses, nous ne pouvons guère mieux. Evidemment, cela ne nous empêchera pas de nous retrouver par ailleurs, si le temps nous le permet. Nous nous sommes également fixés une « mission » : les enfants ne doivent pas être à l’ordre du jour. Il s’agira vraiment de moments où nous nous centrerons sur nous, nos états d’âme, nos envies, nos projets,…

Pour que la mère laisse place à la femme… Et pour ne jamais oublier qu’à l’origine, il y a le couple…

 

Le jour où je ne suis devenue qu’une mère…

soirees21

C’est arrivé insidieusement, sans que je m’en rende véritablement compte… Je m’étais pourtant promis de ne pas m’enfermer dans ce rôle… C’est d’ailleurs dans cette optique que j’ai donné naissance à mon blog « Je ne suis pas qu’une mère ». Et pourtant si, les faits sont là… Aujourd’hui, je ne suis qu’une mère…

Les bains de 2 heures ont laissé place à des douches de 2 minutes ; les virées shopping ont été remplacées par des rallyes courses/médecin/pharmacie ; les soirées entre gonz ont muté en larvage sur canapé avec filament de bave de la mère qui n’a plus qu’un neurone opérationnel…

Je ne l’ai pas vu venir… C’est en postant un énième statut « complainte de la mère au bout du rouleau »  sur les réseaux sociaux, qu’une connaissance m’a dit « hey oh ! n’oublie pas, tu es « Pasquunemère » ! ». Mais si, j’ai oublié. Je me suis oubliée.

Mon temps, lorsque je ne suis pas au boulot, est pleinement consacré à mes enfants. Au-delà de mon temps, c’est mon esprit qui tourne en boucle : est ce que ça se passe bien pour eux ? Qu’est ce que je vais leur faire à manger ? Et si on se prévoyait une sortie au cirque ce week-end ? Il faut que je pense à acheter du lait à la pharmacie. Mince j’ai oublié les photos pour l’école ! Est-ce que j’ai bien pensé à déposer le chèque pour la crèche ? Pour eux, par eux, avec eux… Mon temps, mon esprit, mon énergie…

Je sais que mes enfants sont jeunes et que les choses vont s’apaiser avec le temps… Mais je sais aussi que, pour leur donner le meilleur de moi, je dois me préserver. Pour être pleinement avec eux, il me faut me couper d’eux.

Au moment même où j’écris ce billet, je regarde mes mains tapoter sur le clavier : depuis quand ne me suis-je pas fait les ongles ? Je ne le sais même plus. Cela peut sembler superficiel mais ces ongles nus en disent tellement long sur mon état d’esprit actuel. « Je » n’existe plus. « Je » suis « eux ».

Je ne le vis pas mal pour le moment. Je me suis mise en mode « veille ». Je vis en retrait. Je vis par eux. Mais je sais que d’ici peu, je vais ressentir un manque… Un manque de moi si je puis dire… Alors il me faudra me réorganiser, réorganiser mon temps, réorganiser mes pensées pour me laisser une petite place dans tout cela… Non pas pour m’éloigner d’eux mais juste me rapprocher de moi…

Et toi, tu parviens à t’octroyer des moments? Ou, comme moi, tu es en « stand-by de toi même »?

1 2 3 6