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Et il m’a réparée…

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Mardi dernier, je donnais naissance à mon second enfant… Second et, à priori, dernier enfant. Comme le poids sur ses épaules était lourd. A la fois, j’en attendais le meilleur comme le pire. Je m’étais préparée à ce que les choses soient aussi difficiles qu’avec son grand frère. Je m’étais préparée à un accouchement chaotique. Je m’étais préparée aux pleurs, aux nuits hachées. Je m’étais préparée à me sentir démunie, désemparée, seule face à ce petit être. Traumatisée par la naissance et les premiers mois de vie de mon aîné, les choses ne pouvaient que se reproduire avec mon second… Or, c’est bien le meilleur qui m’attendait…

Mon accouchement d’abord… Il m’a permis de créer ce lien qui m’avait manqué au premier. 30 minutes d’un peau à peau unique, magique. L’avoir si près de moi, pouvoir faire de cet enfant MON enfant. Le sentir, le toucher, le regarder, faire de lui MON fils. Comme ces premiers moments ont été déterminants pour nous. La connexion était établie. J’étais SA maman.

Puis, ses premiers jours de vie… Je me suis retrouvée face à un enfant calme, serein, apaisé. Ses besoins, il a fait en sorte que je les comprenne. La nourriture, les soins, le sommeil, il a tout facilité… A ses côtés, je me sens « compétente ». A ses côtés, JE SAIS… Je sais ce que ses pleurs expriment. Je sais identifier ses besoins. Je sais y répondre.

Non, je ne m’illusionne pas. Je sais qu’il va m’arriver de me sentir démunie, désarmée face à ce petit être. Mais, chaque jour qui passe, il remplit cette jauge de confiance qui va me permettre de ne pas vaciller au moindre doute.

Cet enfant, en naissant, m’a réparée… Il a complété cette moitié de mère que j’étais jusqu’alors. Il m’a fait me redresser, lever la tête et me tenir droite. Cet enfant, MON enfant, a fait de moi cette mère que j’espérais tant devenir…

« J’élève notre enfant seule… »

élever son enfant seule

Hier, je suis allée boire un thé chez une copine (comment ça OSEF ?). Maman depuis 7 mois maintenant, elle découvre avec bonheur et ravissement les joies de la maternité (tu rajouteras une pointe d’ironie et une dose de sarcasme dans mes propos). Cette copine a, depuis toujours, le projet d’avoir une famille nombreuse. Mais Dame Nature (cette grognasse qui n’en fait parfois qu’à sa tête) en a décidé autrement… Des années d’essai bébé et des années d’échec… Finalement, c’est à l’aide d’un parcours médicalement assisté que notre couple d’amis a pu avoir ce qui est, à leurs yeux, leur petit miracle…

Durant sa grossesse, elle m’expliquait qu’au regard de son « grand » âge (bientôt 40 ans), il ne lui fallait pas tarder avant de relancer la procédure PMA (procréation médicalement assistée). Malgré le fait qu’elle ait renoncé à son rêve de famille nombreuse, elle escomptait néanmoins avoir deux enfants… Mais ça…

Depuis la naissance de son fils, elle voit son projet s’éloigner de jour en jour. Non, il ne s’agit pas d’une quelconque raison médicale. Son principal « frein » n’est autre que son conjoint. Alors qu’elle espérait tant de lui, elle me dit aller de déception en déception. « J’élève notre enfant seule »

Pas une fois en huit mois, son conjoint ne s’est levé la nuit. Il ne s’occupe de son fils que lorsqu’il en est contraint (c’est-à-dire quand elle doit s’absenter). Quand elle est là, elle s’entend dire « si t’es là, tu peux t’en occuper ». Il s’est même permis de lui dire « toi, la fatigue, t’es habituée alors autant continuer… ».

Elle n’est pas seule à vivre cette situation. Une autre de mes amies est confrontée à la même configuration. Un père qui s’investit peu/pas et un projet bébé 2 qui s’éloigne… Epuisées, ces jeunes mamans préfèrent faire une croix (temporaire du moins) sur leur idéal de vie de famille.

Comme ce choix, aussi raisonnable soit-il, doit être difficile… Mais on ne peut que comprendre leurs arguments « jamais je n’aurais l’énergie de m’occuper seule de deux enfants en bas âge». Derrière cette raison, on ne peut qu’entendre le déchirement que ce renoncement implique…

La déception de ne pas voir son conjoint s’accomplir en tant que père… La solitude… La frustration… La colère… L’incompréhension… Tous ces sentiments qui s’entremêlent pour donner un cocktail bien amer…

Alors je tiens à faire un big up à tous ces papas qui s’investissent dans l’éducation de leur enfant. Ces papas qui prennent leur place. Ces papas qui changent les couches/donnent les bibs/se lèvent la nuit/etc. Ces papas qui tiennent une place d’égale importance avec les mères.

Et, une spéciale cassedédi à mon Homme, qui, aussi fou soit-il, a signé pour les nuits de merde-les pleures-les cacas atomiques  bébé 2 ! On va en chier tu sais ?

 

Ma mère, mon poids et moi…

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Il y a à peine une heure, j’étais au téléphone avec ma mère. Je lui racontais la façon dont s’est déroulé le rendez-vous du 7ème mois dont je sortais à peine : « bébé va bien, maman va bien, tout va bien ». Informations insuffisantes à ses yeux puisqu’elle n’a pu s’empêcher de me demander, et ce comme elle le fait à chaque fois, « et tu as pris combien ? ».

De mes souvenirs les plus lointains, ma mère a toujours été préoccupée par mon poids… Toute petite, j’ai souvenir d’avoir été mise au régime. « Tu n’es pas grosse, tu es dodue » se plaisait-elle à me répéter. Sauf que moi, mon poids je m’en moquais bien. Au début du moins… Parce qu’évidemment, à force d’entendre qu’on est en surpoids, qui plus est de la bouche de sa mère, on finit par s’en convaincre. Je dirais même qu’on finit par coller à l’image qu’on nous renvoie. Et en effet, j’ai toujours été rondelette.

J’ai donc fait des régimes à répétition. J’ai d’ailleurs l’impression que ma « jeunesse » n’a été qu’un bouquin de régime. Evidemment, sans grand effet puisque je suis tombée dans le cercle vicieux qu’est le fameux yoyo : perdre 5 kilos pour en reprendre 7…

Puis, j’ai quitté le domicile parental pour aller faire mes études. Plus ma mère sur les talons, j’étais enfin libre. Sauf que la nourriture était devenue ma meilleure ennemie : manger quand on est heureux, manger quand on est déprimé, manger, manger, manger… Ma mère condamnait ce comportement. Mais, plus elle condamnait, plus je m’empiffrais…

La vie a suivi son cours. J’ai fini mes études. Rencontrer mon homme. Me suis installée. Pacsée. Puis je suis tombée enceinte. J’ai donné naissance à mon premier enfant. Puis, j’ai sombrée dans une belle dépression post partum. Et tous mes kilos se sont envolés. Même plus encore. Avant de tomber enceinte de bébé 2, j’avais atteint un poids que jamais je n’avais connu (depuis l’adolescence du moins). Tout le monde s’inquiétait de me voir fondre comme neige au soleil. Tout le monde sauf ma mère bien sûr. Ah ça, elle se réjouissait bien de voir sa fille entrer dans un 36. Qu’elle était fière ! Peu importe l’enfer par lequel j’étais passée, seul comptait le résultat : sa fille était mince !

Et aujourd’hui, alors que je suis enceinte, ma mère se préoccupe encore et toujours de mon poids. Son inquiétude est la suivante : ne grossis surtout pas trop si tu veux retrouver ta ligne d’avant grossesse. Ainsi, lorsque je lui dis fièrement que je n’ai pris qu’un seul kilo ce mois ci,  voici la première chose qu’elle trouve à répondre « ah… fais attention tout de même ! Ca risque d’être difficile à perdre tout ça… ».

J’aimerais pouvoir me détacher de ses propos. Mais je n’y arrive pas. En l’espace d’un quart de seconde, elle est parvenue à remplacer mon sentiment de fierté par de la honte mêlée à de l’inquiétude : c’est vrai que ça commence à faire pas mal de poids… Et si je ne parvenais pas à les perdre… Et si je redevenais la jeune femme « dodue » que j’ai été…

J’ai beau être devenue adulte, les paroles de ma mère conservent une influence bien trop importante… Bien sûr, je m’en détache davantage que par le passé mais cela n’est pas suffisant. J’ai l’impression que cette question du « poids » me hantera (me pèsera) toujours. Ainsi va la vie…

Mais s’il est une chose dont j’ai conscience, c’est que je ne veux pas reproduire cela avec mes enfants. Chaque mot qui sort de la bouche d’un parent compte. Un mot peut combler mais aussi profondément blesser. Un mot peut rester graver toute une vie….

 

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