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Face à la crise : rester soudés

maindanslamain

Le tout p’tit, 23 mois, nous en fait voir de toutes les couleurs. Des hurlements stridents. Des crises à se rouler par terre. Des conflits du moment où il pose le pied au sol le matin jusqu’au coucher. Des pleurs qui le dépassent. C’est une période difficile pour lui. C’est une période difficile pour nous, son père et moi. Mais durant cette crise, nous faisons face ensemble dans l’adversité. Notre objectif : rester soudés.

Comme je te le disais dans mon précédent article, je souhaitais écrire sur la permanence du conflit avec le tout p’tit. Puis, j’ai décidé de renverser la tendance et de rédiger sur le positif à tirer de tout ça. Car, il y a du bon à sortir de toute situation (si, si, j’te jure ! C’est le Bouddha qui sommeille en moi qui me l’a dit !).

Donc, depuis plusieurs semaines, on en bave avec le tout p’tit. Le matin, tu as à peine le temps de te sortir la tête du fion que les crises commencent. Parce qu’il voulait une gaufre au lieu des céréales, parce qu’on l’a mis dans le canapé au lieu de la chaise haute, parce qu’il fait 22°2 au lieu de 22°3, etc. La crise, la crise, la crise !

Et donc le matin, avec l’Homme, on se regarde, l’œil encore collé, et l’on se souhaite bon courage. On se prend dans les bras, histoire de partager l’énergie positive que nous avons encore à cette heure. Et nous faisons le taff : explications, fermeté, compréhension, pétage de plombs (oui, oui, faut pas pousser mémé dans la merde non plus hein !), câlin, etc. Et là, tu pars au boulot en ayant déjà bouffé toute ta batterie vitale ! Et pas de bol, y a pas de lit sur ton lieu de travail pour recharger…

Puis, arrive le moment où l’on rentre du boulot. Là je te raconte même pas l’état dans lequel tu es. T’en as plein le dos. Et tu retrouves ton enfant, encore en crise mais cette fois, avec la fatigue en plus. Je te fais pas dessin. Encore une fois, nous avons pris le parti de rester main dans la main avec l’Homme. Quand nous voyons que l’un n’en peut plus, l’autre prend le relai. Lorsque nous sommes au bout du rouleau, nous prenons le parti d’en rire. Nous nous forçons parfois. Car tu n’as pas forcément envie de te taper une franche rigolage après avoir pris de la purée dans l’œil. Mais nous faisons l’effort. Pour le tout p’tit mais aussi pour nous-mêmes. Pour nous préserver.

Nous savons à quel point le couple peut pâtir dans cette phase du « terrible two ». Un reproche sur la façon dont l’autre a réagi. Une parole plus haute que l’autre parce qu’on en a marre. Un regard assassin parce tout nous énerve. Tout ça peut déraper très vite. Mais nous ne voulons pas dépenser le peu d’énergie qu’il nous reste la dedans. Nous préférons largement l’utiliser afin de dérider l’autre. Car il ne faut jamais oublier qu’avant l’enfant, il y avait le couple…

C’est compliqué en ce moment avec le tout p’tit…

tchoupiencolere

Voilà ce qu’a dit la dame de la crèche à l’Homme vendredi soir. Puis, elle a poursuivi « quand on lui dit quelque chose qui ne lui plait pas, soit il s’énerve, soit il nous rit au nez ». L’Homme s’est ainsi retrouvé fort dépourvu, quand la honte fut venue…

– Moi : Et alors, tu lui as répondu quoi ?

– L’Homme : Bah rien, je me suis retrouvé comme un con…

– Moi : Ah…

– L’Homme : Mais pourquoi elles te disent jamais ça à toi ?…

– Moi : Euh, je sais pas…

En fait, si je crois que je sais pourquoi. Tout simplement, parce que je n’aurais sans doute pas laissé passer ce genre de remarque. Selon l’humeur, ça aurait pu donner :

  • Humeur chafouine : dois-je vous rappeler qu’il va avoir deux ans ?!?

Non parce que je pipe pas grand-chose en développement de l’enfant hein… Mais il me semble, qu’à cet âge, se jouent pas mal de choses : frustration, opposition, affirmation, différenciation, etc. Donc à la limite, si vous voulez, je peux vous ramener les quelques bouquins que j’ai à ce sujet…

  • Humeur taquine : ah bon ??? Pourtant à la maison, c’est un ange ! Il met même la table !

Je comprends pas ce à quoi vous faîtes référence. Chez nous, il se plie à toutes les règles qu’on lui fixe. C’est même lui qui nous engueule quand on dit un gros mot alors voyez… C’est peut être votre tête qui ne lui revient pas ?…

  • Humeur provoc’ : Oui, on l’entraîne tous les matins à vous en mettre plein les dents !

On a mis votre photo sur une cible et on lui file des fléchettes ! Bah oui, comprenez, faut bien qu’il sache s’affirmer cet enfant… Donc on s’est dit qu’il n’est jamais trop tôt pour commencer… On compte bien l’inscrire au concours de l’enfant le plus rebelle du monde !

Plus sérieusement, je comprends bien que mon enfant ne soit pas des plus faciles en ce moment. Si j’osais, je dirais même qu’en tant que mère attitrée digne de ce nom, je suis hyper bien placée pour le savoir. En fait, là, ce que vous dites ne m’est d’aucune utilité. Par contre, j’aimerais bien, qu’en tant que professionnelle de la petite enfance, vous me filiez des tuyaux. Car je suis sûre que vous avez des connaissances et compétences que je n’ai pas. Alors, oui je veux bien entendre que ça a été difficile pour vous. Mais si on pouvait pousser un peu la réflexion, ça m’arrangerait…

Voilà l’Homme, pourquoi elle te dit ça à toi et pas à moi…

PS : si même T’choupi (le mec le plus gnangan du monde) est en colère, c’est que ce doit être un passage obligé (oui oh ça va, on se rassure comme on peut…)

Faire face à l’opposition : détourner pour désamorcer…

keepcalm

Mon fils a 22 mois. L’âge tendre. L’âge doux. L’âge câlin. Mais bien sûr ! Mon fils a 22 mois et il est possédé. Par quoi, je l’ignore encore mais je sens qu’ils doivent être plusieurs dans sa tête. Car, il peut passer de la joie, aux pleurs ; des rires, aux hurlements tout ça en l’espace de 5 minutes…

Au début, en tant que bonne mère dans le déni, je me disais « oh le pauvre, pour réagir ainsi, il doit avoir mal quelque part : les dents, le ventre, que sais je… ». Puis, après l’avoir fait passer au contrôle technique à de nombreuses reprises, je me suis aperçue qu’il était en parfaite santé (hormis la bobologie classique).

Que pouvait-il bien lui arriver ? Et la, en tant que bonne mère inculte, tu te renseignes. Tu vas sur ton nouveau meilleur ami Google et tu tapes « crises enfant 20 mois » et j’aime autant te dire que tu es servie : opposition, colère, terrible two, étape du non, etc. T’en prends pour ton grade et tu sais que t’es partie pour en chier !

En tant que bonne mère cupide, j’ai donc décidé que c’était pas un petit de 20 mois qui allait faire la loi à la maison. Oui tu peux rire derrière ton écran. Car non seulement il faisait la loi mais à la façon d’un dictateur digne de ce nom ! Haut comme trois pommes, il parvenait à faire vaciller deux adultes de 30 berges. A nous foutre des palpitations le bougre !

En tant que bonne mère influençable, je me suis inspirée des conseils pris ici et là en matière d’éducation : se mettre au niveau de l’enfant, lui expliquer les choses, encore et encore, poser des limites, etc.  Après m’être pris des guiches dans la tronche, j’ai cessé de jouer à Super Nanny.

Puis, je me suis mise à sa place. Je connais moi aussi, en tant qu’adulte, la frustration. Car c’est précisément ce qui pose problème. Ne pas avoir accès à tout, tout de suite. La différence entre lui et moi est simple : nos âges. A 30 ans, je parviens à maîtriser mes émotions (si l’Homme me lit : retire ce sourire de ta bouche !). Je peux verbaliser ce qui me gêne. J’ai l’expérience. Le tout p’tit lui, du haut de ses 22 mois, ne peut parvenir à tout cela. L’accès au langage se fait à peine. La cognition est en cours de construction. Mon fils est un chantier en travaux. Donc lorsqu’il ressent un sentiment négatif, il est envahi. Totalement. C’est impérieux et il faut que ça sorte. En soi c’est plutôt positif finalement d’exprimer ses émotions. Mais quand tu es face à un gamin qui se transforme en une espèce d’Hulk, t’en mènes pas large.

Une fois de plus, je me suis mise à sa place et me suis demandée : qu’est ce qui me fait du bien à moi lorsque je me sens mal ? Deux choses :

  • L’exprimer
  • En plaisanter lorsque cela est possible (l’humour et moi, grande histoire d’amour, toussa, toussa)

Et donc, en tant que bonne mère qui tâtonne, j’ai expérimenté. Je me suis comportée avec mon fils de la même façon que j’attends qu’on se comporte avec moi. Dans un premier temps, je le laisse exprimer toutes ces émotions qui l’envahissent. Car je sais à quel point c’est important de pouvoir extérioriser, vider son sac. Puis, lorsque je le sens prêt, je détourne son attention pour le faire rire. Avec tout et n’importe quoi, du moment que ça le fasse marrer ! Une couche sur la tête lorsqu’il ne veut pas s’habiller, les guilis sur le ventre quand il ne veut pas aller dans le siège auto, l’avion quand il ne veut pas aller se coucher (notez au passage, que mon fils ne veut pas grand-chose dans la vie), cache-cache lorsqu’il ne veut pas mettre son manteau, etc. Et figurez vous que ça fonctionne ! Le plus compliqué dans tout cela, c’est de rester zen. Car, quand tu t’es levée à 6 du mat’, que t’as turbiné toute la journée et que le petit te fait une crise à 20h pour le bain, t’as juste envie de le mettre au pieu tout habillé ! C’est à ce moment là qu’il faut se transformer en moine bouddhiste! Puiser l’énergie pour désamorcer ! Prendre sur soi pour contenir et apaiser son enfant, toute une vie…

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