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Se sentir au « complet »…

Feet of a family sticking out from the quilt

J’ignore si je vais parvenir à trouver les mots pour te traduire ce que je ressens. C’est une émotion si étrange, indescriptible en réalité. Commençons par le commencement…

L’Homme et moi nous sommes rencontrés il y a dix ans maintenant. D’abord amis, il nous aura fallu deux années pour nous décider. Il n’est pas évident de troquer l’amitié contre l’amour mais nous en avons pris le risque. Nous partagions beaucoup de valeurs, intérêts, points communs. Le plus important était sans doute le fait de ne pas vouloir d’enfant. A l’époque, nous rêvions d’une belle carrière et d’une vie de couple sans « boulet » comme nous nous plaisions à le dire. Ni lui, ni moi n’avions cette envie viscérale de descendance.

Puis, l’alchimie aidant, l’envie a pointé le bout de son nez : un mini nous, résultant de l’amour que nous nous portions, engagement ultime l’un envers l’autre. En 2013, notre tout ptit nous a ainsi rejoints, bouleversant tout sur son passage. Un accouchement traumatisant pour le papa comme pour moi, des soucis de santé à n’en plus finir, un bébé extrêmement demandeur, une dépression post-partum, tout cela aurait pu nous fragiliser. Mais c’est l’inverse qui s’est produit. Quelques mois après la naissance de notre fils, après avoir surmonté les épreuves main dans la main, nous étions plus soudés que jamais. Mais aussi très refroidis à l’idée d’avoir un deuxième enfant… Tu connais l’adage « chat échaudé… ».

Puis, nous avons trouvé un équilibre familial, chacun à sa juste place. Nous avions du temps pour lui, du temps pour nous, du temps pour soi. Apaisés, nous avons pensé bébé. Nous avons réfléchi bébé. Encore une fois, loin d’être une envie viscérale, c’est la raison qui a dominé. Nous étions prêts, ou du moins préparés, à accueillir un deuxième enfant.

C’est ainsi qu’en avril dernier, bébé 2 a rejoint le foyer familial. Le raz de marée, qui nous avait emportés pour notre aîné, nous a, cette fois, épargné. Pas de cataclysme, pas de bouleversement, le sol ne s’est pas dérobé sous nos pieds. Au contraire, la plénitude s’est emparée de notre foyer.

Nous sommes fiers et assumons parfaitement nos choix de vie. Il n’y aura pas de troisième enfant (je sais qu’il ne faut jamais dire jamais mais là, ça frôle tout de même la certitude). A nous quatre, nous occupons tout l’espace disponible. Nos projets, nous les pensons pour quatre. Lorsque nous nous imaginons dans quelques années, c’est seulement nous. Rien que nous…

Aujourd’hui, ma famille est au complet et je n’ai jamais connu pareil apaisement…

Et toi, tu connais ce sentiment ? Ou, au contraire, tu ressens un vide à combler ?

Les voir se rapprocher et me distancer…

complicité père fils

Depuis le mois de novembre, les consignes sont claires : éviter de prendre la voiture, ne pas porter de charge lourde, se reposer autant que possible, … En résumé, il me faut « couver » en restant chez moi. Mes contractions du début de grossesse n’étant pas restées sans conséquence, j’ai très vite été placée en MAP (= menace d’accouchement prématuré).

Ainsi, depuis le mois de novembre, je m’applique à être la parfaite partisane du moindre effort. Titre très avantageux lorsqu’il s’agit de faire les courses et le ménage. Mais titre ô combien pesant lorsqu’il s’agit de mon fils…

Ce fils dont le quotidien m’échappe… Depuis bien longtemps maintenant, je ne peux plus déposer/récupérer mon enfant à la crèche. Or, son quotidien, c’est bien cette vie en collectivité. Bien sûr j’ai droit aux « transmissions » que me fait son père mais c’est différent. Je ne le surprends plus en pleine activité le soir, je ne me régale plus de le voir partir s’amuser avec ses camarades le matin… D’ailleurs, depuis ces derniers mois, il s’est fait des « amis », amis dont j’ignore tout, à commencer par le visage.

Ce fils dont je ne peux plus m’occuper comme je le souhaiterais… A commencer par le bain… Auparavant, il s’agissait d’un moment privilégié, d’une bulle « de nous ». Aujourd’hui, il m’est tout bonnement impossible de m’adonner à cette activité avec lui. Tout comme il m’est impossible de le porter pour le border le soir… Je ne suis plus celle qu’il voit en dernier avant de s’endormir…

Ce fils que je ne peux plus câliner comme bon me semble… Au début, il était en demande. Il était impossible pour moi de ne pas répondre à ces requêtes. Mais j’en ai vite payé les conséquences. Alors, j’ai usé de stratégie « si tu veux faire un câlin à maman, c’est sur le canapé », stratégie dont il a fini par se lasser. Et les câlins se sont rapidement espacés…

Evidemment, toutes ces choses que je ne peux plus accomplir au quotidien sont brillamment effectuées par le papa. Je ne peux que me réjouir et me sentir rassurée d’avoir un tel Homme à mes côtés. Le revers de la médaille, car il en est toujours un, c’est qu’il n’y a plus que lui aux yeux de notre fils…

C’est son père qu’il appelle le matin, son père dont il demande les câlins, son père qui doit lui lire une histoire, son père qui doit le baigner, etc. J’imagine qu’il s’agit d’un contre coup bien naturel. Je ne peux en vouloir à personne. Mais jamais je n’aurais pensé que ma grossesse m’éloigne à tel point de mon enfant…

Oui, les choses vont revenir dans l’ordre. Evidemment, je ferai les efforts qu’il faut pour retrouver ma place. Naturellement, je reste sa maman. Toujours est-il qu’aujourd’hui, je suis loin de son quotidien, loin de ses activités, loin de ses amis… Aujourd’hui, je suis loin de mon fils…

 

Questionnements d’un jeune papa suite à une première année de maternelle

pere et fils main dans la main

Aujourd’hui, je te propose un billet un peu particulier. Il y a quelques jours, un jeune papa m’a envoyée un mail afin de me faire part d’une situation problématique. Il m’a demandée s’il était possible de témoigner sur le blog (évidemment !). La parole est à toi!

Qu’est ce qui t a amené à me contacter?

Ce qui m’a amené à te contacter, c’est la lecture de ton blog qui, je trouve, est excellent. Il permet de faire déculpabiliser les parents car sur la blogosphère parentale on trouve beaucoup de blogs où tout semble rose, avec de belles photos, en gros « la famille du blond » de Gad Elmaleh. Tu admets que parfois nos enfants nous soulent, que la vie peut paraitre injuste. Cela change et ça fait du bien. De plus tu travailles dans l’éducation nationale et tu es psychologue.

(Je suis très touchée! Merci!) Peux-tu un peu nous parler de toi?

Je suis un papa de 32 ans, père d’un enfant Iloan (4 ans en novembre) et bientôt d’un second en octobre si tout se bien.

Je suis un papa qui travaille de nuit pour me libérer du temps ou plutôt me priver d’un peu de sommeil pour être le + présent pour lui. Par exemple, je quitte le travail à 7:00 et me dépêche de rentrer pour 7:30 et éviter qu’il aille à la garderie avant l’école et se réveille doucement même si pour cela je dois me coucher vers 9:00 pour me lever vers 15:30 au plus tard même si c’est rare car je pars travailler vers 17:00.

J’essaie de faire pas mal de tâches d’intendance à la maison car ma femme travaille de 8:00 à 18:00 du lundi au vendredi donc difficile pour tout ce qui est rendez-vous pour le petit et d’autres choses encore.

Éducation assez stricte ce qui parfois se ressent dans l’éducation de mon fils même si j’essaie de faire attention. Ce qui peut me faire paraître, pour une personne extérieure, comme étant « sans cœur. » Mais il ne faut pas croire que ça ne me touche pas.

J’essaie de donner le meilleur de moi-même pour mon fils, je regarde plein de blogs, de sites pour faire la meilleure éducation qui soit.

Je suis un père aussi un peu geek. Je suis toute l’actualité des nouvelles technologies. Fan du psg, du sport en général. D’ailleurs, j’ai déjà emmené notre fils voir un match.

Tu sembles être un papa très investi!!! Qu’est ce qui t amène a vouloir témoigner sur mon blog?

Je tente de ne pas reproduire le schéma que j’ai connu dirons nous.
Ce qui m’amène à témoigner sur ton blog, c’est la situation de mon fils qui est en première section de maternelle qui m’interroge sur mon rôle de parent, ce que j’ai pu louper ou mal faire et je voulais, par la même, savoir si d’autres parents ont connu cette situation. Je pense ici trouver des échos d’autres parents

Quelle est cette situation a laquelle tu fais référence?

Tout d’abord mon fils est un enfant de fin d’année.

Depuis 1 mois, il suit des cours d’orthophonie car il a du mal à parler. Il y a deux semaines, l’orthophoniste m’a demandé comment cela se passait en classe. Je lui dis que je n’ai pas eu de retour ni  négatif ni positif mais que je vais me renseigner.

Finalement la semaine d’après, l’ortho a pu rencontrer la maîtresse (qui est aussi la directrice de son école). Elle me dit qu’apparemment depuis janvier cela va un peu mieux mais qu’il a toujours du mal à se concentrer, que c’est un garçon très actif, qui a du mal à respecter les consignes et qui n’est pas encore dans l’apprentissage. Sûrement du à son retard de langage m’explique t elle. Peut être aurai-il besoin d’un bilan psychomoteur (mais bon quand on joue je me dis il arrive très bien).

Aujourd’hui, j’en profite pour demander à son atsem comment cela se passe en classe car elle avait un peu de temps. Et là pas de réponse, un peu gênée. Je lui dis bof? Elle me dit oui, vous devez le savoir, il progresse lentement mais sûrement. Elle ajoute il aura un peu de mal.

Après j’ai demandé à la garderie comment cela se passe et on m’a dit super il joue avec tout le monde, il parle, il est ouvert. Il se débrouille très bien.

Aussi quand  nous sortons de l’école tous les enfants le reconnaissent ceux de son âge ou même les plus âgés comme ceux du primaire.

Mais je pousse un coup de gueule car, si je n’avais pas pris les devants, personne à l’école ne m’aurait renseigné, aidé à me diriger vers des professionnels pour aider mon enfant, l’accompagner. Nous sommes en fin d’année, j’ose penser que vers janvier février on aurait pu m’alerter.

J’ai cette impression que la scolarité de mon fils va être très chaotique voire difficile. En même temps après avoir relu mon carnet de santé, j’ai vu qu’à 4 et demi j’avais toujours très peu de vocabulaire que j’avais du retard finalement j’étais loin d’être bête donc tout n’est pas perdu.

Dernière question : as tu quelque chose à ajouter?

Être parent ou plutôt devenir parent est très difficile. S’il existait un mode d’emploi pour les enfants cela se saurait. Il ne faut pas se décourager même si on a l’impression de tout faire bien.

Est-ce que tu te reconnais dans le témoignage de ce jeune papa ? As-tu déjà vécu quelque chose de similaire ? Est-ce que tu t’es déjà senti en colère et désarmé face au système éducatif ? Comment as-tu réagi ? Bref, raconte-nous tout !

 

 

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