Étiquette : Parent

Cette image que nous lui renvoyons…

reflet miroir bébé image

Je suis la première à dire à quel point il faut prêter attention aux mots que l’on emploie avec son enfant. Je suis la première à penser que l’enfant colle à l’image qu’on lui renvoie de lui-même. Je suis la première à dire que cela peut laisser des séquelles. Je suis la première à condamner ces étiquettes. Et pourtant, aujourd’hui, je réalise que je suis probablement celle qui a eu le plus eu ce genre de comportement à l’égard de mon fils…

C’est lors d’une soirée entre amis que le déclic s’est produit. Lorsqu’ils nous ont demandé comment se passait la vie à quatre, nous avons souligné le caractère exemplaire de bébé alors que nous avons pointé le comportement exécrable de notre aîné : « provocateur », « ingérable », « n’en fait qu’à sa tête », etc.  Tout cela évidemment, il l’a entendu. Même s’il était occupé à jouer, il est bien trop attentif à son environnement pour ne pas tendre une oreille dès que l’on parle de lui…

Mais alors comment avons-nous pu ? Comment réagirions nous, adulte, si d’autres tenaient de tels propos à notre encontre ? Je suppose que nous nous défendrions, ou au moins, échangerions à ce sujet. Car nous avons les mots pour nous défendre. Ce qui n’est pas le cas de mon troizan… Non, lui son « arme » c’est lui-même, ce qu’il donne de lui, son corps, son attitude.

Nous, ses parents, ces personnes en lesquelles il a le plus confiance, pensons que c’est un petit garçon ingérable. Alors comment être autre chose ? Si papa et maman pensent que je ne suis pas gentil, c’est que cela doit être vrai…

J’écris ces mots et je me rends compte de l’ampleur que les choses ont prises. Des mois et des mois à le complimenter, le rassurer, le féliciter, l’encourager lorsque nous sommes seuls face à lui. Mais, dès lors que notre entourage nous questionne, nous ne nous faisons pas prier pour dire à quel point nous en bavons. Comment croire qu’il n’ait pas pu être impacté par cela ?…

Je ne nous condamne pas. Nous ne pensions évidemment pas à mal. Et puis nous, parent, avons aussi parfois besoin de vider notre sac. Mais je pense que le comportement de notre fils n’est pas sans lien avec tout ce que nous avons pu médire dire de lui…

Alors il va nous falloir être vigilant. Prêter attention aux mots. Modérer nos propos. Le faire participer à la conversation dès lors que l’on parle de lui (car, en ce qui me concerne, je ne tolèrerais pas que l’on parle de moi sans que je puisse en dire quoique ce soit).

Aujourd’hui, enfin, j’ouvre les yeux… Et j’espère bien pouvoir encore changer l’image que mon fils a de lui-même…

Je tiens le miroir dans lequel mes enfants voient leur reflet. A moi de faire en sorte que ce qu’ils y voient soit beau…

Je ne suis pas cette mère décrite dans les livres…

différence maman papa
http://www.minutebuzz.com/insolite–10-photos-tres-droles-qui-illustrent-les-differences-entre-pere-et-mere/

Juste avant d’écrire ce billet, j’étais en train de lire. Plus j’avançais dans ma lecture, plus mon envie d’écrire se faisait pressante. Le livre qui m’anime ainsi n’a rien d’extraordinaire. Il s’agit d’un livre conseils sur le développement de l’enfant. Pour le moment, le contenu même du bouquin m’a semblée plutôt pertinent SAUF qu’il m’a fait réaliser une chose : je ne serai jamais cette mère décrite dans les livres…

Toujours, dans les livres se rapportant au développement de l’enfant, il est fait état du lien si fort qui unit une mère à son bébé. En découle alors une place peu confortable pour le papa qui se doit de venir rompre la symbiose existante. Alors oui, je dois bien l’avouer, il s’agit là de la majorité des situations mère-père-bébé. Mais, il est des cas, comme le mien, où les choses se passent différemment. Les places sont redistribuées et les rôles quasi inversés.

Je n’ai pas connu cet état de symbiose avec mon enfant. Mon conjoint n’a pas été le père, autoritaire, venu rompre un état fusionnel. Plus le temps passe, plus je m’interroge sur les appellations de « mère » et « père ». Les stéréotypes que ces termes véhiculent. Les rôles que chacun se doit d’occuper (sous peine de ne pas se retrouver dans les bouquins). Une mère doit être bienveillante, empathique, totalement dévouée. Un père, lui, doit poser le cadre, les limites par son autorité naturelle.

Alors je me demande : pourquoi une mère ne pourrait-elle pas être père ? Et inversement, un père n’occupe-t-il pas, parfois, le rôle de mère ? Ces termes ou appellations ne nous enfermeraient ils pas dans un costume souvent trop étriqué ? Mon conjoint et moi sommes des mères-pères. Selon la situation, selon le comportement de notre fils, selon notre humeur, etc., nous sommes tantôt mère, tantôt père, chacun à son façon.

Bref, nous sommes parents, tout simplement… Et toi, tu te retrouves dans les bouquins de “puériculture”, “développement de l’enfant”?

Quand les enfants s’occupent des parents…

mains trois générations

Depuis plusieurs années maintenant, l’état de santé de ma mère se fragilise. Jamais rien de dramatique. Jamais rien d’irréversible. Juste des petits riens. Des petits riens qui s’accumulent et qui l’abiment.

Hier, ma mère m’a appelée pour me rendre compte d’un énième rendez vous médical. Un de ceux dont le contenu ne me plaît guère. Des examens pour approfondir encore et toujours. Pour apprendre des nouvelles à chaque fois plus mauvaises. Sans jamais voir de lumière au bout du tunnel. Juste une profonde pénombre qui s’obscurcit à mesure que l’on avance…

Quant à son moral, parlons-en… Lui aussi s’abime dans les méandres de la médecine… A chaque pas effectué vers un diagnostic, c’est une étincelle qui s’étouffe. La maladie n’a pas de limite. Elle mange tout sur son passage. Nos compagnons « vulnérabilité » et « fragilité » ont déjà été engloutis.

Non, elle n’est pas seule. Mon père est là, bien démuni face à tout cela. Son mécanisme de défense : le rejet. Rien n’existe, rien n’est grave, un petit effort et tout sera réglé. Je ne peux pas le blâmer. Chacun fait comme il peut avec les moyens qu’il a.

Et moi, je fais comment ? Tiraillée entre la vie qui pousse en moi et cette faucheuse qui se rappelle à mes bons souvenirs. Le temps qui passe à la fois trop vite et trop lentement. Cette confusion qui s’installe : que faire ? comment faire ? qui protéger ? elle ou nous ? Puis une évidence s’impose : je suis de ceux là, de ceux qui ont franchi la limite, le passage que l’on redoute. Je suis de ces enfants qui doivent s’occuper de leurs parents.

C’est l’ordre naturel des choses je crois. Nos parents donnent pour nous puis, à un moment, c’est à nous de prendre la relève. S’impose alors une double tâche : élever nos enfants vers la vie / accompagner nos parents vers la mort. Comme ces mots sont difficiles à poser mais il s’agit pourtant d’une réalité à assimiler…

Mes propos sont confus, tout comme mon esprit. J’avance pas à pas vers la prise de conscience. C’est un chemin semé de colère, déni, tristesse, abattement… C’est un chemin vers le deuil : le deuil de la mère que j’ai connu, de la petite fille que j’ai été. Il me faut maintenant accepter le fait que je suis seule.

Je suis LA mère…

La mère de mes enfants…

La mère de ma mère…