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Trois ans d’une relation exclusive…

dolto attendre un petit frère

Cela va bientôt faire trois ans que nous grandissons l’un à côté de l’autre. Tu es arrivé dans nos vies, en plein hiver (à l’époque, il y avait encore des saisons ma bon’dame !). Tu as débarqué, envoyant tout valser sur ton passage. Ce que je pensais connaître de moi, ce que je pensais connaître de ton père, tu as tout chamboulé… Bientôt, nous allons célébrer trois années d’une relation exclusive.

Mais bientôt aussi, un intrus va arriver. Car c’est probablement ce qu’il sera à tes yeux. Celui qui te vole tes parents. Nous, qui avons été présents uniquement pour toi durant tout ce temps, allons devoir t’amputer un peu d’attention, de temps et d’énergie.

Bien sûr, nous ferons le maximum pour que les choses se déroulent de la façon la plus sereine pour toi. Tu n’as connu que ça : nous trois. Quand j’y réfléchis, cela me fait un peu penser à la façon dont j’ai vécu ton arrivée : dans l’ambivalence la plus totale. Je n’imaginais pas possible de ressentir autant d’amour et de désarroi à la fois. Tu m’as animée dans le meilleur comme dans le pire.

En effet, tout n’a pas été tout rose entre nous. Nous sommes passés par des phases difficiles : la maladie, les crises, … Nous avons commis des erreurs mais aussi fait d’incommensurables progrès. Nous avons évolué, main dans la main. Cette étape, l’arrivée de ton petit frère, il faudra qu’on la traverse ensemble.

Car, crois moi, moi aussi j’aurai besoin de toi. Quand je serai en plein doute, en pleine angoisse, en pleine remise en question, il me suffira de te regarder pour voir que j’en suis capable. Car il est une chose qu’il ne faut pas que tu oublies : à tout jamais, c’est toi qui as fait de moi une maman…

La malédiction du « ça fait longtemps que… »

malediction

Samedi soir, mon beau père vient taper une grillade, nous discutons tranquillement à table quand vient la question fatidique : « et niveau sommeil, vous en êtes où ? ». Nous, de lui sortir notre plus grand sourire : « oh la, ça fait des mois qu’on est tranquille de ce côté-là maintenant ! ». Pas besoin d’aller plus loin car je sais que tu as pigé la suite : nous avons passé une nuit de merde. Des mois que ça n’était pas arrivé… Et là, aussi peu croyante tu peux être, tu te dis : quelle force de l’au-delà est en train de se foutre de moi ???

Autre exemple : hier soir, je dis à l’Homme « et si tu décalais le réveil ? De toute façon, le petit est réglé comme une pendule. 6h30 tapantes, nous serons debout… ». Je te le donne en mille : réveillés à 7h30 par les éboueurs. C’est ainsi que nous avons joué le remake de « Maman, j’ai raté l’avion ». La douche, c’est une formalité et le café, c’est pour les faibles ! Autant te dire que c’est avec les yeux en trous de pine que je rédige ce billet…

C’est tout de même incroyable cette capacité qu’ont les enfants à chambouler quelque chose que tu pensais acquis :

  • Mon fils, les bibs, c’est fini depuis bien longtemps ! Et le soir même, tu te retrouves des mois en arrière à donner le biberon à ton gamin
  • Mon enfant est hyper bien adapté à la crèche maintenant, plus de souci ! Et le lendemain, tu as le droit à une scène tout droit sortie d’une dramaturgie shakespearienne…
  • La propreté ! Oh bah nickel maintenant ! Et, quand vient la nuit, tu te retrouves à 3 du mat’ à changer les draps du lit. Enfin ça j’imagine hein, car la propreté, on en est loin (remarque, si je l’écris, peut être que mon fils va daigner aller au pot ce soir qui sait…).

Alors, comme tous les parents, tu deviens superstitieux :

  • Tu touches du bois quand tu dis que tout va bien
  • Tu laisses une lumière allumée le soir car, la dernière fois que tu l’as éteinte, tu as passé la pire nuit de ta vie
  • Tu finis tes phrases par « mais je suis sûre que maintenant que je t’ai dit ça, ça va repartir de plus belle…»
  • Tu n’oses pas jeter les médocs car tu te dis que, sitôt à la poubelle, ton gamin va de nouveau tomber malade…

Bref, devenir parent, c’est aussi devenir un peu pété du casque…

Rassure moi, toi aussi tu as observé ce phénomène ???

Est-ce ma faute ?…

http://www.avisdemamans.com/mag/article/egali-mere-la-culpabilite http://www.avisdemamans.com/mag/article/egali-mere-la-culpabilite%5B/caption%5D

Si tu me suis, tu sais que je travaille en tant que psychologue dans l’Education Nationale. J’interviens sur deux collèges et un lycée, que ce soit auprès des élèves, parents ou encore équipe éducative. Mes missions sont diverses et variées : de la réflexion autour du projet de formation jusqu’à la prise en charge de jeunes en difficultés (sociales, familiales, psychologiques, médicales, etc.). Je ne sais jamais de quoi mon quotidien sera fait. Mais s’il est une chose que j’ai pu constater, au regard de mon expérience, c’est cette tendance qu’ont les parents à se culpabiliser. L’une des principales questions qu’ils me soumettent lorsque nous discutons de leur enfant est la suivante : est-ce ma faute ?…

Hier encore, j’étais au téléphone avec une maman. Je lui faisais part du bilan pratiqué auprès de sa fille. Après avoir écarté toute forme de problématique « cognitive », je lui ai fait part de mon principal constat à savoir une forme d’immaturité affective chez la jeune fille. Rien de dramatique en soi mais l’on sait très bien, en tant que parent, à quel point nous pouvons être touché par ce genre de constat. Est alors rapidement arrivée la question : est-ce de ma faute ? L’entretien a alors tourné en une réassurance pour cette maman qui se culpabilisait beaucoup d’avoir « mal fait ».

Un parent peut-il mal faire ? Peut-il se reprocher d’avoir « mal agi » auprès de son enfant ? La culpabilité parentale a-t-elle des raisons d’être ? Et bien, de ce que j’ai pu observer, la grande majorité des parents n’ont absolument aucune raison de se fustiger ainsi (je dis la grande majorité car il arrive malheureusement que certains d’entre eux soient malveillants).  Et pourtant, je suis la première à réagir ainsi… Alors pourquoi ?…

Parce que nous croulons sous les ouvrages qui nous narrent un développement linéaire de l’enfant… Parce que nous évoluons dans une société régie par la comparaison sociale… Parce que nous sommes des humains dans une société faite de formatage… Parce que… Parce que… Parce que…

Comment peut-on être amené à penser que nous avons fait des erreurs dans l’éducation de nos enfants ? S’il est un domaine pour lequel il n’est pas de théorie universelle, c’est bien l’éducation. Dès lors, pourquoi nous accusons nous de « mal faire » ? « Mal faire » au regard de quoi ?

Etre parent c’est avancer à tâtons, essayer, se planter, se questionner, tomber pour mieux se relever,… Etre parent est un apprentissage permanent. Nous sommes les premiers à reconnaître le droit à l’erreur pour nos enfants « ce n’est pas grave », « maintenant que tu sais, tu feras mieux la prochaine fois…  », « l’essentiel, c’est de faire de ton mieux ». Alors pourquoi ne nous accordons nous pas ce droit, nous, parent ?

Et puis finalement, faire des erreurs en tant que parent, n’est ce pas montrer à nos enfants qu’eux aussi, peuvent en commettre ? Que rien n’est irrémédiable ? Que, même après être tombé, l’essentiel reste de se relever et continuer à avancer ?…

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