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Et non, il ne tient toujours pas assis…

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Bientôt 8 mois pour mon bébé et toujours pas de position assise en vue… C’est grave docteur ? A mon sens, non… Mais visiblement, ce n’est pas l’avis de tout le monde…

Toutefois, une question me taraude : en quoi cela te regarde ? Est-ce que, sous prétexte que je suis devenue maman, cela te donne le droit me donner ton avis alors même que je ne te l’ai pas demandé ? Est-ce que j’ose, moi, regarder ce qu’il se passe par chez toi afin de te faire part de mon opinion ? Il ne me semble pas… Alors pourquoi ?…

Parce que finalement, moi je vivais bien, jusqu’à présent, le fait que mon fils ne tienne pas assis. Il fait plein d’autres choses par ailleurs, des choses qui me rassurent quant à son développement psychomoteur. Mais tu vois, à me seriner avec tes propos, cachés sous couvert de « bons conseils », tu viens de faire naître une petite voix en moi « et s’il y avait un souci ?... »

Est-ce donc là ton objectif final ? M’inquiéter ? Y a-t-il des soucis dans ton foyer, ressens-tu un mal être qui nécessiterait de créer un sentiment semblable chez l’Autre ? Car, vois-tu, cela me semble être la seule explication…

  • Il ne tient toujours pas assis ???
  • Mais ça t’inquiète pas ?
  • Moi ma fille tenait assise à 4 mois…

J’en passe et des meilleures… Quel est l’intérêt ? Se vanter des progrès de ses propres enfants ? Susciter l’inquiétude voire l’angoisse ? Et bien bravo, tu as réussi ! Car, même si je te dis le contraire, tes propos me touchent. Non, je ne te ferai pas le plaisir de te le montrer… Il ne manquerait plus que cela soit jouissif pour toi ! Mais, voilà, tu as bien visé lorsque tu as jeté ton pavé dans la mare. Tu as su réveiller cette petite voix dans ma tête : et s’il y avait un problème ?…

Alors je ne te remercie pas. Mais s’il est une chose que je ne ferai plus, c’est te parler de moi ou de mes enfants. Tu viens de fermer la porte à toute forme d’échange. C’est pourtant dommage car, en règle générale, j’adore partager, discuter. On en sort toujours plus grand. Sauf lorsqu’il y a jugement. Car oui, à mon sens, ce que tu as fait se rapprochait grandement du jugement.

A toutes ces personnes qui jugent sans savoir, qui donnent leur avis sans qu’on leur demande, qui te bourrent le mou avec des « moi je », je vous prie de bien vouloir passer votre chemin. J’ai déjà suffisamment affaire avec toutes les petites voix dans ma tête. Et elles, malheureusement, difficile pour moi de m’en débarrasser.

Alors ne me reste qu’à te dire « à jamais ! »…

Et toi, ça te parle ces fameux “bons conseils”? 

 

Trois ans d’une relation exclusive…

dolto attendre un petit frère

Cela va bientôt faire trois ans que nous grandissons l’un à côté de l’autre. Tu es arrivé dans nos vies, en plein hiver (à l’époque, il y avait encore des saisons ma bon’dame !). Tu as débarqué, envoyant tout valser sur ton passage. Ce que je pensais connaître de moi, ce que je pensais connaître de ton père, tu as tout chamboulé… Bientôt, nous allons célébrer trois années d’une relation exclusive.

Mais bientôt aussi, un intrus va arriver. Car c’est probablement ce qu’il sera à tes yeux. Celui qui te vole tes parents. Nous, qui avons été présents uniquement pour toi durant tout ce temps, allons devoir t’amputer un peu d’attention, de temps et d’énergie.

Bien sûr, nous ferons le maximum pour que les choses se déroulent de la façon la plus sereine pour toi. Tu n’as connu que ça : nous trois. Quand j’y réfléchis, cela me fait un peu penser à la façon dont j’ai vécu ton arrivée : dans l’ambivalence la plus totale. Je n’imaginais pas possible de ressentir autant d’amour et de désarroi à la fois. Tu m’as animée dans le meilleur comme dans le pire.

En effet, tout n’a pas été tout rose entre nous. Nous sommes passés par des phases difficiles : la maladie, les crises, … Nous avons commis des erreurs mais aussi fait d’incommensurables progrès. Nous avons évolué, main dans la main. Cette étape, l’arrivée de ton petit frère, il faudra qu’on la traverse ensemble.

Car, crois moi, moi aussi j’aurai besoin de toi. Quand je serai en plein doute, en pleine angoisse, en pleine remise en question, il me suffira de te regarder pour voir que j’en suis capable. Car il est une chose qu’il ne faut pas que tu oublies : à tout jamais, c’est toi qui as fait de moi une maman…

La malédiction du « ça fait longtemps que… »

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Samedi soir, mon beau père vient taper une grillade, nous discutons tranquillement à table quand vient la question fatidique : « et niveau sommeil, vous en êtes où ? ». Nous, de lui sortir notre plus grand sourire : « oh la, ça fait des mois qu’on est tranquille de ce côté-là maintenant ! ». Pas besoin d’aller plus loin car je sais que tu as pigé la suite : nous avons passé une nuit de merde. Des mois que ça n’était pas arrivé… Et là, aussi peu croyante tu peux être, tu te dis : quelle force de l’au-delà est en train de se foutre de moi ???

Autre exemple : hier soir, je dis à l’Homme « et si tu décalais le réveil ? De toute façon, le petit est réglé comme une pendule. 6h30 tapantes, nous serons debout… ». Je te le donne en mille : réveillés à 7h30 par les éboueurs. C’est ainsi que nous avons joué le remake de « Maman, j’ai raté l’avion ». La douche, c’est une formalité et le café, c’est pour les faibles ! Autant te dire que c’est avec les yeux en trous de pine que je rédige ce billet…

C’est tout de même incroyable cette capacité qu’ont les enfants à chambouler quelque chose que tu pensais acquis :

  • Mon fils, les bibs, c’est fini depuis bien longtemps ! Et le soir même, tu te retrouves des mois en arrière à donner le biberon à ton gamin
  • Mon enfant est hyper bien adapté à la crèche maintenant, plus de souci ! Et le lendemain, tu as le droit à une scène tout droit sortie d’une dramaturgie shakespearienne…
  • La propreté ! Oh bah nickel maintenant ! Et, quand vient la nuit, tu te retrouves à 3 du mat’ à changer les draps du lit. Enfin ça j’imagine hein, car la propreté, on en est loin (remarque, si je l’écris, peut être que mon fils va daigner aller au pot ce soir qui sait…).

Alors, comme tous les parents, tu deviens superstitieux :

  • Tu touches du bois quand tu dis que tout va bien
  • Tu laisses une lumière allumée le soir car, la dernière fois que tu l’as éteinte, tu as passé la pire nuit de ta vie
  • Tu finis tes phrases par « mais je suis sûre que maintenant que je t’ai dit ça, ça va repartir de plus belle…»
  • Tu n’oses pas jeter les médocs car tu te dis que, sitôt à la poubelle, ton gamin va de nouveau tomber malade…

Bref, devenir parent, c’est aussi devenir un peu pété du casque…

Rassure moi, toi aussi tu as observé ce phénomène ???