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Est-ce ma faute ?…

http://www.avisdemamans.com/mag/article/egali-mere-la-culpabilite
http://www.avisdemamans.com/mag/article/egali-mere-la-culpabilite

Si tu me suis, tu sais que je travaille en tant que psychologue dans l’Education Nationale. J’interviens sur deux collèges et un lycée, que ce soit auprès des élèves, parents ou encore équipe éducative. Mes missions sont diverses et variées : de la réflexion autour du projet de formation jusqu’à la prise en charge de jeunes en difficultés (sociales, familiales, psychologiques, médicales, etc.). Je ne sais jamais de quoi mon quotidien sera fait. Mais s’il est une chose que j’ai pu constater, au regard de mon expérience, c’est cette tendance qu’ont les parents à se culpabiliser. L’une des principales questions qu’ils me soumettent lorsque nous discutons de leur enfant est la suivante : est-ce ma faute ?…

Hier encore, j’étais au téléphone avec une maman. Je lui faisais part du bilan pratiqué auprès de sa fille. Après avoir écarté toute forme de problématique « cognitive », je lui ai fait part de mon principal constat à savoir une forme d’immaturité affective chez la jeune fille. Rien de dramatique en soi mais l’on sait très bien, en tant que parent, à quel point nous pouvons être touché par ce genre de constat. Est alors rapidement arrivée la question : est-ce de ma faute ? L’entretien a alors tourné en une réassurance pour cette maman qui se culpabilisait beaucoup d’avoir « mal fait ».

Un parent peut-il mal faire ? Peut-il se reprocher d’avoir « mal agi » auprès de son enfant ? La culpabilité parentale a-t-elle des raisons d’être ? Et bien, de ce que j’ai pu observer, la grande majorité des parents n’ont absolument aucune raison de se fustiger ainsi (je dis la grande majorité car il arrive malheureusement que certains d’entre eux soient malveillants).  Et pourtant, je suis la première à réagir ainsi… Alors pourquoi ?…

Parce que nous croulons sous les ouvrages qui nous narrent un développement linéaire de l’enfant… Parce que nous évoluons dans une société régie par la comparaison sociale… Parce que nous sommes des humains dans une société faite de formatage… Parce que… Parce que… Parce que…

Comment peut-on être amené à penser que nous avons fait des erreurs dans l’éducation de nos enfants ? S’il est un domaine pour lequel il n’est pas de théorie universelle, c’est bien l’éducation. Dès lors, pourquoi nous accusons nous de « mal faire » ? « Mal faire » au regard de quoi ?

Etre parent c’est avancer à tâtons, essayer, se planter, se questionner, tomber pour mieux se relever,… Etre parent est un apprentissage permanent. Nous sommes les premiers à reconnaître le droit à l’erreur pour nos enfants « ce n’est pas grave », « maintenant que tu sais, tu feras mieux la prochaine fois…  », « l’essentiel, c’est de faire de ton mieux ». Alors pourquoi ne nous accordons nous pas ce droit, nous, parent ?

Et puis finalement, faire des erreurs en tant que parent, n’est ce pas montrer à nos enfants qu’eux aussi, peuvent en commettre ? Que rien n’est irrémédiable ? Que, même après être tombé, l’essentiel reste de se relever et continuer à avancer ?…

Faire le deuil de la notion de repos…

repos mère
http://margauxmotin.typepad.fr/

 

Hier, nous avons reçu un couple d’amis. Pas n’importe quel coupe d’amis puisqu’il s’agit d’un couple de jeunes parents. La fille, je la connais depuis des années. Nous étions en fac de psycho ensemble. Nous sommes entrées dans l’âge adulte ensemble (l’âge adulte, beurk, qu’est ce que c’est que ça ?!?). Je suis devenue maman avant elle. Lorsqu’est venu son tour, elle ne cessait de me demander conseil. L’un de seuls conseils que je me suis permise de lui donner est le suivant : pense tout de suite à faire le deuil de la notion de repos (y a pas que des psys pour sortir des conneries pareilles franchement, non?).

Hier donc, nous les accueillons chez nous avec leur petit bout. Et l’une des premières choses que mon amie me dit : j’ai beau essayer, j’y arrive pas. Je n’ai pas de suite compris ce à quoi elle faisait référence (mon autre ami le Montbazillac m’avait légèrement embué les idées). Puis ses cernes de panda m’ont rappelée à l’ordre…

S’en est suivi le sempiternel débat autour de la fatigue, des enfants, de la fatigue, du quotidien, de la fatigue, de l’alimentation, de la fatigue, etc. Il est vrai que le conseil que je lui avais donné à l’époque semble bien désuet lorsque l’on a le nez dans le guidon. Pourtant, c’est bien l’une des choses que la maternité m’aura apprise : faire le deuil de la notion de repos…

Tu as beau dormir, faire de longues nuits, t’octroyer des siestes, … quoique tu fasses pour tenter de recharger les batteries, rien ne fonctionne totalement ! Je remets une fois de plus sur le tapis le fait que je mets un point d’honneur à distinguer la fatigue physique de la fatigue psychologique. Preuve en est ma journée d’hier :

  • 6h : wake up !!!
  • 7h – 9h : P’tit déj et papa bain (oui c’est le rituel du dimanche, le tout p’tit prend un bain avec son papa)
  • 9h : Courses
  • 11h : Ménage
  • 12h – 17h : repas avec nos amis
  • 19h – 22h : apéro dînatoire improvisé avec un pote

Pas une minute de repos et pourtant quelle bouffée d’oxygène. A aucun moment, je n’ai ressenti de fatigue. J’étais bien. Il ne m’en fallait pas plus. Je me suis couchée épuisée, redoutant le réveil du lendemain. Et pourtant… Ce matin, je me suis réveillée, encore galvanisée par ma journée de la veille.

Faire le deuil de la notion de repos « physique » oui ! A contrario, tout miser sur la récupération « mentale » ! D’ailleurs, les créateurs du jeu « Les Sims » ont tout pigé lorsqu’ils ont inclu les besoins « distraction et vie sociale » pour leurs personnages…

Et toi, as tu fait le deuil de la notion de repos? Ou bien tu y crois encore?  Tu es vivant tant que tu es fort? Tu as la foi tant que tu t’endors la rage au ventre? (tu connais, rassure moi???)

Ne pas s’empêcher de vivre…

sortir de sa grotte

Hier, l’Homme et moi avons demandé à notre entourage s’il leur était possible de garder notre fils pendant quelques heures. Nous souhaitions aller au cinéma pour voir ce film. Comme tu l’as constaté, je parle au passé ce qui signifie que nous nous sommes opposés au refus (pour X ou Y raison) de nos proches. Et là j’ai en eu gros ! Je me suis dit « mais merde, on ne peut pas continuer à s’empêcher de vivre! ».

Et oui, car vois tu, depuis que le tout p’tit est entré dans notre vie, nous nous restreignons vachement ! Plus trop de sorties, plus trop de soirées entre amis, plus trop de fun en fait ! Et pourquoi ? Et bien parce que nous appréhendons ! Qu’il se mette à pleurer, hurler, criser, qu’il soit inconsolable, intenable, etc. Bref, nous anticipons le pire ce que nous empêche de vivre le meilleur…

Et nous avons décidé de dire STOP ! Marre de s’autocensurer ! Marre de se brimer !  Nous n’avons qu’une vie, il faut en profiter… Nous avons donc décidé de reprendre les choses en main. Nous allons faire ce qui nous fait envie au moment où ça nous fait envie (en prenant en compte notre enfant bien sûr).

Et quand on y regarde de plus près, seul le cinéma est pour le moment inaccessible (va tenir un deuzan au cinoche). Pique nique, ballade, resto, sortie à la mer, virée en week-end, etc. tout est envisageable.

Oui nous sommes couillons de nous en apercevoir seulement maintenant… Mais il n’est jamais trop tard pour rattraper le coup. Et puis si crise il doit y avoir, crise il y aura… Une copinaute (si tu veux aller la voir, c’est la patate douce) m’a fait part d’un mantra : « not a big deal ». Comprends, ce n’est pas dramatique. Même s’il y a une crise, ça va passer. Et tout le monde pensera bien vite à autre chose…

Bref, l’Homme et moi avons décidé de renouer avec la vie…

Et toi, avec l’arrivée de ton/tes enfant(s), tu as su conserver tes loisirs ? Ou tu as connu ce laps de temps (qui n’est plus un laps mais une ère en ce qui me concerne) où tu t’es replié(e) sur toi ?