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Faire le deuil de la notion de repos…

repos mère http://margauxmotin.typepad.fr/%5B/caption%5D

 

Hier, nous avons reçu un couple d’amis. Pas n’importe quel coupe d’amis puisqu’il s’agit d’un couple de jeunes parents. La fille, je la connais depuis des années. Nous étions en fac de psycho ensemble. Nous sommes entrées dans l’âge adulte ensemble (l’âge adulte, beurk, qu’est ce que c’est que ça ?!?). Je suis devenue maman avant elle. Lorsqu’est venu son tour, elle ne cessait de me demander conseil. L’un de seuls conseils que je me suis permise de lui donner est le suivant : pense tout de suite à faire le deuil de la notion de repos (y a pas que des psys pour sortir des conneries pareilles franchement, non?).

Hier donc, nous les accueillons chez nous avec leur petit bout. Et l’une des premières choses que mon amie me dit : j’ai beau essayer, j’y arrive pas. Je n’ai pas de suite compris ce à quoi elle faisait référence (mon autre ami le Montbazillac m’avait légèrement embué les idées). Puis ses cernes de panda m’ont rappelée à l’ordre…

S’en est suivi le sempiternel débat autour de la fatigue, des enfants, de la fatigue, du quotidien, de la fatigue, de l’alimentation, de la fatigue, etc. Il est vrai que le conseil que je lui avais donné à l’époque semble bien désuet lorsque l’on a le nez dans le guidon. Pourtant, c’est bien l’une des choses que la maternité m’aura apprise : faire le deuil de la notion de repos…

Tu as beau dormir, faire de longues nuits, t’octroyer des siestes, … quoique tu fasses pour tenter de recharger les batteries, rien ne fonctionne totalement ! Je remets une fois de plus sur le tapis le fait que je mets un point d’honneur à distinguer la fatigue physique de la fatigue psychologique. Preuve en est ma journée d’hier :

  • 6h : wake up !!!
  • 7h – 9h : P’tit déj et papa bain (oui c’est le rituel du dimanche, le tout p’tit prend un bain avec son papa)
  • 9h : Courses
  • 11h : Ménage
  • 12h – 17h : repas avec nos amis
  • 19h – 22h : apéro dînatoire improvisé avec un pote

Pas une minute de repos et pourtant quelle bouffée d’oxygène. A aucun moment, je n’ai ressenti de fatigue. J’étais bien. Il ne m’en fallait pas plus. Je me suis couchée épuisée, redoutant le réveil du lendemain. Et pourtant… Ce matin, je me suis réveillée, encore galvanisée par ma journée de la veille.

Faire le deuil de la notion de repos « physique » oui ! A contrario, tout miser sur la récupération « mentale » ! D’ailleurs, les créateurs du jeu « Les Sims » ont tout pigé lorsqu’ils ont inclu les besoins « distraction et vie sociale » pour leurs personnages…

Et toi, as tu fait le deuil de la notion de repos? Ou bien tu y crois encore?  Tu es vivant tant que tu es fort? Tu as la foi tant que tu t’endors la rage au ventre? (tu connais, rassure moi???)

Ne pas s’empêcher de vivre…

sortir de sa grotte

Hier, l’Homme et moi avons demandé à notre entourage s’il leur était possible de garder notre fils pendant quelques heures. Nous souhaitions aller au cinéma pour voir ce film. Comme tu l’as constaté, je parle au passé ce qui signifie que nous nous sommes opposés au refus (pour X ou Y raison) de nos proches. Et là j’ai en eu gros ! Je me suis dit « mais merde, on ne peut pas continuer à s’empêcher de vivre! ».

Et oui, car vois tu, depuis que le tout p’tit est entré dans notre vie, nous nous restreignons vachement ! Plus trop de sorties, plus trop de soirées entre amis, plus trop de fun en fait ! Et pourquoi ? Et bien parce que nous appréhendons ! Qu’il se mette à pleurer, hurler, criser, qu’il soit inconsolable, intenable, etc. Bref, nous anticipons le pire ce que nous empêche de vivre le meilleur…

Et nous avons décidé de dire STOP ! Marre de s’autocensurer ! Marre de se brimer !  Nous n’avons qu’une vie, il faut en profiter… Nous avons donc décidé de reprendre les choses en main. Nous allons faire ce qui nous fait envie au moment où ça nous fait envie (en prenant en compte notre enfant bien sûr).

Et quand on y regarde de plus près, seul le cinéma est pour le moment inaccessible (va tenir un deuzan au cinoche). Pique nique, ballade, resto, sortie à la mer, virée en week-end, etc. tout est envisageable.

Oui nous sommes couillons de nous en apercevoir seulement maintenant… Mais il n’est jamais trop tard pour rattraper le coup. Et puis si crise il doit y avoir, crise il y aura… Une copinaute (si tu veux aller la voir, c’est la patate douce) m’a fait part d’un mantra : « not a big deal ». Comprends, ce n’est pas dramatique. Même s’il y a une crise, ça va passer. Et tout le monde pensera bien vite à autre chose…

Bref, l’Homme et moi avons décidé de renouer avec la vie…

Et toi, avec l’arrivée de ton/tes enfant(s), tu as su conserver tes loisirs ? Ou tu as connu ce laps de temps (qui n’est plus un laps mais une ère en ce qui me concerne) où tu t’es replié(e) sur toi ?

Ne pas reproduire…

education

Comme je te le disais dans un précédent article, j’ai eu une éducation stricte. Doux euphémisme pour signifier qu’en réalité, mon champ des possibles était plus que restreint… Je pense être devenue une personne bien élevée avec des valeurs… Mais à quel prix ? L’autre question que je me pose est la suivante : comment ne pas reproduire les principes éducatifs auxquels j’ai eu droit ?

Vois tu, lorsque j’étais enfant, et plus tard ado, je n’avais quasi pas le droit de sortir… A 18 ans, j’avais encore un couvre feu à 22h c’est dire… Pas le droit d’aller aux boums, soirées et autre joyeuseté. Les vacances avec les copines (et les parents), non négociables ! Rester à la maison était le mot d’ordre…

Quant à la scolarité, il me fallait être irréprochable ! Si j’avais l’audace de ramener une note en deçà de la moyenne, j’étais punie. Punie de quoi tu vas me répondre (bah oui, quand t’as déjà pas beaucoup de loisirs, ça limite) ? Punie de télé pendant des jours et des jours… Dur dur lorsque c’est ta seule distraction…

Alors attention, je ne blâme pas mes parents. Ils ont fait avec les cartes qu’ils avaient en mains… Mais, pour avoir vécu ça, je sais que je ne souhaite pas reproduire ce schéma avec mon fils. Alors c’est joli sur le papier mais, lorsque je discute avec l’Homme, je constate quand même que j’ai été conditionnée (d’ailleurs la limite entre l’éducation et le conditionnement, on en parle ?…).

Lorsque lui me parle de sa jeunesse, j’en reste pantoise… Lui est nostalgique. Il voudrait offrir à son fils la même enfance que la sienne… Sauf que, à mes yeux, ses parents étaient bien trop laxistes (oui, je juge, tu juges, nous jugeons, vous jugez…). Ce qui est complètement con quand j’y pense. Puisqu’à l’heure actuelle, c’est un homme qui a reçu une éducation avec des valeurs fortes que nous partageons…

Alors, on en arrive où avec tout ça ?… Lui comme moi avons reçu des éducations totalement différentes. Cela ne sera évidemment pas sans répercussion sur celle de notre fils… Il va falloir trouver des compromis, mettre de l’eau dans son vin, accepter de renoncer…

Tout ce que je sais c’est que je souhaite offrir une autre jeunesse que la mienne à mon tout p’tit… Mais je ne suis pas prête à lui offrir celle qu’a vécue l’Homme… On est bien rendu là non ?

Et toi, l’éducation que tu as reçu, tu adhères ? Ou tu pondères ? (Apollinaire sors de ce corps !)

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